‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 39 sur 277 · OVOL0GI£ ET EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

OVOL0GI£ ET EMBRYOLOGIE

rhomme rimpuissance est déterminée par l'absence de la verge ou l'impossibilité de l'érection: chez la femme par l'absence ou l'occlusion complète du vagin. Non intention est de ne m*06cuper ici que de la stérilité ; je passerai donc sous silence ce qui se rapporte à l'impuissance.

De Là stérilité chbs l'homme. — La stérilité reconnaît des causes fort diverses dont le résultat est VasffermatUme ou absence d*éjaculation, et Téjacuiation d'un liquide absolument privé de spermatoioaires; je nommerai ce dernier état Xaspermatatie, S. Cosmao-Dumenez a publié sur l'aspermatisme un mémoire qui contient des observations intéressantes.

Dans certains cas d'aspermattsme l'affection semble tenir à une simple atonie des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs. Parfois elle succède à des causes traumatiques : opérations de taille» plaies et contusioa«i du périnée, cicatrices du canal de l'uréthre. Elle peut tenir encore à one dégénérescence ou à l'hypertrophie de la prostate» à un rétrécissement» à h contraction spasmodique de l'uréthre (cette dernière cause n'est pas absolue, car le sperme s'écoule en bavant lorsque l'érection a cessé). Dsos ces cas, le sujet éprouve le spasme erotique ; il est puissant, mais stérile, aucune éjaculation ne se produit ; le liquide spermatique est arrêté par une barrière infranchiBsable; l'obstade est situé en avant des vésicules séminales, dont le produit est également retenu. Le résultat est le même lorsque l'obstade à l'éjaculation tient à une direction vicieuse imprimée par une cicatrice aui canaux éjaculateurs, le sperme tombe alors dans la vessie et se mêle aux urines. Le traitement varie naturellement avec les causes de l'aspermatisme, le plus souvent l'art est impuissant à remédier aux cicatrices vicieuses de l'appareil séminal. Cependant l'électricité a été employée avec succès par Hicquet et par Schulz, dans des cas d atonie, et il est possible qu'elle soit utile pour remédier au spasme de lurèthre.

La seconde forme de la stérilité chez l'homme tient à l'absence d'animalcules dans le sperme éjaculé : aspermaUnie. L'anorchidie et la cryptor- -chidie sont des causes irrémédiables de stérilité. Que le suyet ait été privé congénitalement ou accidentellement des testicules, ou que ces organes soient retenus dans la cavité abdominale, le résultat est le même, et cependant l'érection peut se produire, on l'observe même chez les eunuques. Les criptorchides ont le sens génésique très -développé, ils ressentent vivement K* spasme erotique, mais le liquide éjaculé est complètement dépourvu de spermatozoaires. 11 est uniquement constitué par le produit des vésicules séminales et des glandes de l'appareil sécréteur. Godard a observé que la stérilité persiste lorsque les testicules, retenus dans l'abdomen jusqu'à la puberté, descendent à cette époque dans le scrotum. La monorchidie n'entraine pas la perte de la fonction génératrice, et le testicule sain sufBt à la fécondation. Hirtz a constaté assez {réquemment l'absence des spermatozoaires dans le produit de l'éjaculation chez des hommes salaces, sans qu'on pût trouver l'explication du fait dans une maladie antérieure ou présente.

Les inOaminations pai^enchymateuses qui portent sur les deux glandes séminales peuvent entraîner la stérilité définitive, qui résulte, soit de l'oblitération du canal déférent, soit de. l'arrêt de la sécrétion spermatique persistant

FÊGOEIDATIOIf. 161

après que l'inflammation est dissipée. Dans quelques cas, les traces de la lésion disparaissent assez complètement pour que le malade reprenne ses facultés prolifiques. Gosselin est le premier qui ait étudié a^ec détails la lésion anatomique des canaux déférents oblitérés à la suite de l'épididymite blennorrbagique ; l'inflammation qui reconnaît cette cause peut s^établir au niveaD de la queue de Torgane et former un obstacle à l'arrivée du sperme dans les vésicules séminales. Lorsque les oblitérations se produisent dans la tète de l'èpididyme, elles peuvent n'intercepter qu'une partie des canaux afTéreots et laisser les autres perméables. Si l'affect ioa que nous venons de décrire atteint, dans sa forme grave, un seul testicule, le malade se trouve dans les conditions du monorchide et conserve son aptitude à la fécondation; mais si les deux èpididymes sont atteints, comme cela arrive assez souvent, soit simultanément» soit successivement , il devient stérile.

Godard a signalé une variété de tumeurs épididymaires constituées par rac4!oroulation de phosphate de chaux dans cet organe et dans le canal déférant. Les voies spermatiques sont oblitérées, le liquide continue à être sécrété et forme des tumeurs spermatiques qui peuvent amener la rupture des canaux testiculaires. L'affection survenue des deux côtés entraîne forcément la stérilité.

Les tubercules de la glande séminale déterminent un résultat semblable, même lorsqu'un seul des organes est atteint, Godard a noté à ce propos un fait assez remarquable : c'est que la stérilité précède, dans ces cas, d'un an ou deuile développement apparent des tubercules testiculaires. L'impuissance accompagne la stérilité quand les deux glandes] sont atteintes. La diathèse tuberailcuse,- limitée au poumon, lorsqu'elle se manifeste avant la puberté, empêche la sécrétion du sperme. La phthisie qui s'établit chez l'adulte n'a , aucune influence sur la sécrétion de ce liquide. Les causes de stérilité tenant à une lésiou de texture et qui viennent d'être énumérées sont en général permanentes, mais il en est de passagères ; l'épuisement consécutif aux «ces vénériens peut s'accompagner de la disparition plus ou moins complète, et pendant un temps variable, des animalcules du liquide fécondant. U en est de même des maladies aiguës de longue durée qui ébranlent fortement Vorganisme.

L«s maladies spéciales aux spermatozoaires ont été peu étudiées ; cependant • Godard a fait sur ce sujet nouveau des observations intéressantes. Il a confié plusieurs fois que des individus éjaculent du sperme contenant des animalcules en apparence normaux, mais complètement privés de mouvement; ces hommes sont stériles. Le même auteur a noté chez quelques malades atteints de pertes séminales, que les spermatozoaires du liquide èjacolé pendant les efforts de la défécation étaient privés de vie, tandis que ^^^ qui sortaient pendant le coït étaient parfaitement vivants. Godard attrifcw leur mort dans les premiers cas à leur mélange avec l'urine, qui s'opère pendant l'émission lente du sperme dans les pertes séminales.

On a attribué aux unions consanguines une certaine influence sur la stéri" IHè ; mais cette question est loin d'être résolue, et les affirmations pour et contre nous obligent à suspendre notre jugement.

WUX ACC. il

162 OVOLOGIE ET EMBRTOUXSIE.

On sait que les produits de Thybridité sont en général stériles, et que le mulet ne possède jamais de spermatozoaires. Cependant la stérilité n'est pas une loi absolue dans ces sortes d'unions, et Ton voit des hybrides jusqu'à un certain point aptes à la reproduction lorsqu'ils proviennent du croisement d'animaux d'une même famille, présentant entre eux de grandes ressemblances, comme le chien et le loup. Hais si on unit les produits de ces croisements, leur fécondité ne s'étend pas au delà de quelques générations et bientôt ils deviennent slériles. L'observation de ces faits est un argument important en faveur de l'unité du genre homme ; car les croisements de ses diverses races donnent naissance à des métis qui sont féconds à tous les degrés de leur descendance. Le diagnostic de la stérilité est toujours facile chez l'homme, le microscope permet de constater avec certitude la présence et la vitalité des spermatozoaires qui constituent l'élément essentiel du germe mâle.

De la stérilité chez la feiine. — Elle dépend de causes encore plus cornplexes et plus obscures ; les éléments de diagnostic échappent souvent à notre investigation. On peut diviser en trois groupes les causes de la stérilité de la femme : i° sécrétions anormales agissant d'une manière défavorable sur le germe mâle ; 2® obstacles mécaniques à l'imprégnation ; o^ lésions fonctionnelles de l'organe producteur du germe.

La sécrétion anormale du liquide utéro-vaginal peut avoir une certain influence sur la vitalité des spermatozalres, mais je crois* qu'on en a exagéré l'importance en ce qui concerne le vagin. Donné, a observé que le m ucii trop acide sécrété par la muqueuse vaginale tue rapidement les animalcules. Cela est exact lorsqu'on opère sous le microscope av/pc de petites quantités ; le contact des deux éléments de l'expérimentation est bientôt intime et l'effet signalé se produit. Il n'en est pas de même dans l'acte de la copulation, le sperme est déposé en masse dans la cavité vaginale, sa viscosité est un obstacle au mélange. Il se trouve donc en quelque sorte juxtaposé au liquide leucorrhéique qui agit seulement sur une mince couche de sa périphérie. J'en ai plusieurs fois renouvelé l'expérience avec des acides beaucoup plus énergiques que celui assez faible dont on invoque l'action. J'ai pour cela employé la solution du sulfate d'alumine et de potasse à différents degrés de concentration ; j'ai observé que pour obtenir dans ces conditions la mort des spermatozoaires il fallait opérer une espèce de battage qui mélangerait exactement les liquides en présence, sans cela les animalcules qui ne sont pas placés vers la périphérie des gouttes du liquide fécondant échappent à l'action de l'acide. Il suffit d'examiner ce qui se passe dans le coït, pour comprendre que dans les pires conditions la plus grande partie do sperme conserve ses propriétés normales.

Je suis au contraire tout disposé à admettre qu'on n'a rien exagéré en ce qui concerne la sécrétion utérine anormale, bien qu'elle soit alcaline. Les alcalis ont sur la vitalité des spermatozoaires une action beaucoup moins énergique que les acides, mais la faible quantité de sperme qui traverse la matrice forme une couche mince et dans un état de division notable ; il est donc probable que l'action du milieu se fait sentir ici d'une manière plus

FÉGO!IDATIOIf . i 63

inévitable que dans la cavité vaginale. De plus, la sécrétion utérine est trèsïisqaeuse et peut former jusqu'à un certain point un obstacle à la pénétra* tion du liquide fécondant, surtout dans les trompes. Les sécrétions anormales ^ lient le plus souvent à des inflammations plus ou moins aiguës des divers élémoits ànatomiques de la région : lésions qui peuvent entrer pour une part dans les obstacles à l'imprégnation. Le traitement est donc complexe et doittandre à faire disparaître ces lésions.

Lesdtoad£« mécaniques à Vimprégnatian ont pour siège le vagin, l'utérus et les trompes.

Le mgin peut ètre'obturé par des brides cicatricielles, des cloisons ou un rétrécissement. La persistance de l'hymen très-dèveloppé et résistant appartient à ce groupe d'obstacles, qu'on peut considérer plutôt comme des conditions défavorables à l'imprégnation, que comme des causes essentielles et irrémédiables de stérilité. L'écoulement des règles prouve que le passage est à la rigueur perméable, et la fécondation a été observée dans des circonstances où la comnnunication se faisait au moyen d'un pertuis à peine perceptible. Je n'insisterai pas sur ces lésions dont le diagnostic est en général facile. Si l'obturation est complète et congénitale, les règles accumulées derrière Tobstacle ne se sont jamais écoulées au dehors. Dans ces cas, la fécondation est impossible jusqu'à ce qu'une opération fasse disparaître cette anomalie.

U est une affection du vagin, encore peu étudiée, qui peut être un obstacle à la copulation, et secondairement diminuer les chances de fécondation : c'est la contraction spasmodique du vagin. Dans cette maladie, sur la- <7DeUe Qiarrier a fait une thèse agsez complète, l'introduction dans le canal ^igioal d'un corps étranger, même peu volumineux, détermine des douleurs parfois assez vives pour produire la syncope. Le coït est donc impossible. te causes de la contraction spasmodique du vagin sont assez diverses; elle gnént en général au moyen de la dilatation brusque employée pour la fissore à l'anus.

L'ttténu peut manquer; son absence ou son état rudimentaire entraînent nalnrellement une stérilité absolue. Il en est de même de l'imperforation de son col, jusqu'à ce qu'on y ait porté remède.

Le rétrécissement qui siège à l'orifîce interne du col utérin est une' des causes les plus, fréquentes de l'infécondité. On l'observe surtout chez les nuUipares. Nais les femmes qui ont eu des enfants présentent parfois cette disposition qui coïncide le plus souvent avec une étroitesse extrême de la canté ^cervicale. L'imbrication des plis de l'arbre de vie, bien décrite par Guyon, rend compte des difficultés qui s'opposent à la progression du ^P^nne. Avant que la sonde utérine ne fût introduite dans la pratique, on miéconiiaissait cette cause de stérilité qui s'accompagne en général des phénomènes de la dysménorrhée. On en triomphe assez facilement lorsque la femme désire vivement être mère, et qu'elle est décidée à suivre exactement le traitement nécessaire. Ce traitement consiste à dilater la région rétrécie. Husieurs corps dilatants ont été proposés pour cela. Je leur préfère l'éponge préparée en cylindre de 5 à 6 millimètres de diamètre, pour commencer.

164 OVOLOGIE ET EMBaTOLOGIE.

J*ai obtenu deux succès par ce procédé, Becquerel quatre et Heisteler accuse sept succès sur neuf cas. Dans les prenùères applicatioi^s Téponge ne franchit pas rorifice interne ; elle dilate simplement le col, mais plus lard cet orifice devient perméable. L* éponge appliquée se gonfle immédiatement, et la femme peut vaquer à ses affaires sans ressentir aucune inoonmiodilé. Au bout de vingt*quatre heures on la retire au moyen d*un cordon attaché à son extrémité inférieure. Si on néglige de Tenlever, en général vers le Iroisième jour il se fait un écoulement d*un liquide clair, abondant et fétide, qui disparaît aussitôt qu'on retire le corps dilatant. Je renouvelle ces applications deux fois par mois, dix jours avant et après les règles. Aussitôt que la dilatation est suffisante, je suspens les applications pour les reprendre plus tard, lorsque le rétrécissement tend à se reproduire, car Tamélioration nest que temporaire. Coghlan a proposé pour détruire Tatrésie cervicale le débridément avec un nrélhrolome. Cette pratique est usitée en Angleterre; Simpson et Spencer Wels s*en montrent partisans. 11 est certain que Tincision se cicatrise en laissant les choses dans l'état où elles étaient avant l'opération, à moins qu'on n'emploie simultanément les corps dilatants ; comme ce dernier moyen rend l'incision inutile et ne présente aucun danger, il est beaucoup plus simple d'y avoir recours. Le plus grand obstacle au succès du tinitement est l'impatience des femmes qui négligent de s'y soumettre aussi longtemps qu'il le faudrait; cependant le premier bénéfice qu'elles eo retirent est la disparition des accidents dysménorrhéiques qui accompagnent le plus souvent le rétrécissement du col utérin.

On a fait jouer aux déviations utérines un rôle important comjne cau^de stérilité. Cette opinion est basée sur ia croyance, qui me parait complétcmeul erronée, que pendant la copulation l'extrémité de la verge doit se trouver directement en rapport avec l'orifice utérin. 11 m'est facile de démontrer que cette idée, acceptée sans réflexion, a été répétée de même. La verge en érection a une longueur de 10 à 12 centimètres ; la partie inférieure du museau de tanche n'est distante de la vulve que d'environ 7 centimètres, comme il est facile de s'en assurer par le toucher ; le doigt indicateur l'atteint et !♦' dépasse même facilement. Si, pendant la copulation, les deux organes se trouvaient dans le rapport direct qu'on a indiqué, l'utérus subirait à chaque secousse un brusque mouvement de déplacement de lotaUté qui serait horriblement douloureux pour la femme ; c'est ce qui se produit justement dan^ l'anté version de l'utérus, lorsque le col, porté en arrière vei*s la cavité du sacrum, reçoit directement les chocs de la copulation.

A l'état physiologique, lorsque l'intromission est complète, rextrépûlé du pénis ne se place pas vis-à-vis du col, mais passe en arrière dam le çul-desac utéro-vaginal, de sorte que l'ébranlement douloureux est évité; le sperme est simplement déposé dans la cavité vaginale, et non dardé, comme on le croyait, dans l'orifice utérin.

Il résulte de ce fait que les déplacements de l'organe ne sont point de^ obstacles sérieux à la conception.

Cependant il peut survenir que, dans les flexions utérines intenses, l'angle que forme le corps avec le col produise un rétrécissement artificiel asseï

notable poar qu'on doive entenir compte ; mais alors les accidents dysménorrfaéiques pourront révéler l'importance delà lésion.

Ia dégénérescence cancéreuse de l'utérus, le développement de polypes ou de tumeurs fibreuses dans sa cavité ne sont point des obstacles qui rendent fimprégnation impossible.

Les fr0n^£« peuvent être imperméables au liquide fécondant. Mercier a démonïré que leur oblitération n'est pas absolument rare, et il est certain

que cette altération, se produisant sur les deux organes, est une cause absolue de stérilité. Hais il faut bien reconnaître que le diagnostic de cette cause est à peu près impossible. ]1 peut se faire que l'oblitération des trompes soft dae à leur inflammation, à l'extension d'une phlegmasie utérine, péritonéale, ou du tissu cellulaire qui les environne. Elles peuvent être comprises dans les altérations de tissus qui se développent dans les régions voisines, etc.

Tyler Sroitli a proposé de pratiquer le cathétcrisme des trompes au moyen d'instruments qu'il a imaginés dans ce but ! Et il expose des expériences à Vappai de celte singulière idée qu'il nous est impossible d'accepter.

Les lésions fonctionnelles de Vorgane producteur du germe sont des causes certaines de stérilité, lorsque les deux ovaires sont atteints. Les dégénérescences cancéreuses, tuberculeuses, fibreuses, kystiques, etc., arrêtent naturellement d'une façon définitive le travail de l'ovulation et rendent l'impfêgnalion impossible. On a parlé de certains états où l'ovaire, sain en apparence, ne sécrète plus de follicules; mais le fait n'a jamais été démontré; l'absence momentanée ou même prolongée des règles ne prouve pas la feion de sécrétion de l'ovaire, car on a souvent vu des femmes devenir enceintes dans ces conditions. 11 en est d'autres qui sont restées stériles et chez lesquelles les règles ne se sont jamais manifestées. Dans ces cas il y avait absence ou atrophie des ovaires. L'inflammation de ces organes peut également déterminer une stérilité incurable.

Une opinion assez répandue, surtout en Angleterre, que Burns * reproduit ^na\ouant son incompétence à la résoudre, et qu'Év. Home semblait assez disposé à partager, consiste à admettre que les femmes nées jumelles avec un enfant du sexe masculin sont infécondes. Cette croyance était née de l'ob- ^rvalion de ce qui se produit, en pareil cas, chez certains femelles domestiques unipares.

i. Hunter avait remarqué que la vache née dans ces conditions est stérile. La vulve et le vagin sont bien conformés ; mais l'utérus et les trompes ont snbi un arrêt de développement, et les ovaires présentent un aspect analogue au testicule du mâle.

^«rpa, Gurlt, AUnalt et Simpson confirmèrent ce fait déjà entrevu par les anciens. Cependant, de nouvelles observations démontrèrent que cette règle subissait des exceptions et qu'elle ne s'étendait pas à toutes les espèces bovines,

Simpson rechercha dans quelles limites l'opinion qui étendait cette dispoation à la femme était vraie. En dehors des faits publiés par Cribb, au nombre de sept, et dans lesquels six femmes devinrent mères, et d'un autre de

166 OTOLOtaE ET EUBUTOLOGIE.

Meckel, relatif aune femme également féconde, Simpson réunit 113 observations dans lesquelles 103 fois les mariages produisirent des enfants ; iOfois ils furent stériles, c'est-Â-dire 1 fois sur 10. On n'a aucune raison de croire que, dans ces derniers cas, la stérilité fût la conséquence de la naissance gémellaire ; et cette proportion n'excède pas celle qu'on observe dans la généralité des mariages ; sur un chiffre de Vlbi mariages ordinaires réunis par Simpson à ce point de vue, 146, c'est-à-dire 1 sur 8 i/7, ne donnèrent lieu à aucune descendance. On peut conclure de ce qui précède que la naissance gémellaire n'implique point la stérilité.

Telles sont les causes de la stérilité chez les fenunes. On conçoit qu'elb peuvent se combiner entre elles de manière à rendre absolument impossible un diagnostic qui est déjà souvent fort difficile, lorsqu'on se trouve en présence d'un seul élément patliologique. A ces causes très-réelles de la stérilité on en a ajouté d'autres très-hypothétiques, telles que certains tempéraments, l'embonpoint, la maigreur, un défaut de convenance entre les époux ou plutôt entre leurs germes, l'excès de volume du clitoris, etc. Je crois que tout cela ne mérite point de fixer l'attention. Il ne faut pas laisser usurper aux produits de l'imagination une place qui doit être réservée aux réi>ultats de l'observation.

Les recherches de Benoiston de Chateauneuf, Sadler, Quetelet, Far, cICm sur la fécondité des mariages en Europe, fournissent des résultats assez coqcordants et donnent une moyenne de 4, 2 enfants par union.

RÈSrMÉ

GO»ULATIOn, FÉCOHDATIOH, STÉRII.1TÉ

Fécoaéacloa. La génération est une fonction qui a pour but la reproduction des Hks —Elle comprend : 1* la copulation; 2' fô fécondation ; 5* la migration de Tœuf; 4* la gesla- (ion(raccouchenient.= La copuution n'est pas rigoureusement nécessaire à la fêixHidalion. ~ L'instinct de la copulation peut être indépendant de Taptitude à la repnxluclion. = Fécokdatior. Les anciens on! admis sur la fécondation deux doctrines principales: 1* La fécondation se faisait au moyen du sperme animant le sang des r^les ; 2* la fenimf (x^sséilait un liquide S4'>minal qui |>roduisait le nouvel être en s*unissant au sperme A* riioiume. — U^s modernes admettent le sperme, germe mâle; et Tovule sécrété p.v lovaire. germe femelle. = Spentèt. Liquiile laiteux, légèrement alcalin, plus lourd q*' l'eau ; — il laisst» déposer |Kir Tévaporation des cristaux île phosphates calcaire et ainmoniacoHinagiiésien ; — coni|X)sé d'eau, de spermatine et de sels ; — il contient le> liquides dt^ glandes, prostate de Mér>- et de Littre. — Examiné au microscope, on yolv^ sene:1» un liquide; 2- des gianulalions élémentaires; 5* des cellules d'épithéliuni : 4r des œllules sptTmatiques ; 5' des six»nnatoioaires. = Spermatazoaires. Animalcules di* 0,05. ayant à ^nni près la fonne du lét;uti, — extrêmement mobiles: leurs mouvements semblent dirigés jku- uik» volonté instinctive, — leur pn^gression a lieu toujours en avant et par un mouvement d'ondulation de leur eitrémiti' caudale. — Us peuvent iwnx>urii* un centimètre en quatre minutes. — Les wfixs^' ts a^ssent sous l'inûuence des teni|iératures extrêmes. — On peut en retrouver A'

FÉOONDATION. 167

Tinots huit jours après leur migration dans les organes de la femelle. — Certains liquides de réoonomie leur [lennettent .de vivre jusqu'à 72 heures en dehors de Toi^ ganisme: d'autres les font mourir rapidement. •— Les acides et les poisons les tuent instanlfflément. — Lear activité augmente dans le sang des régies. = Quelques auteurs les eonsidérent comme des corpuscules analogues aux celllues d'épithélium vibrat3e,- (Taatres comme des animaux ayant une vitalité propre; c'est Topinion que j'adople. = Les spermatozoaires naissent d'un ovule analogue à celui de l'ovaire et subissent égiiownt la segmentation. =r Les ovules qui donnent naissance aux spermatosoaires sont des rêsicules sphériques de 0,020, à 0, 030, à contenu granuleux, se développant dins \n canaux séminiféres. — En se segmentant, ces vésicules donnent naissance par nHiltiplkation endogène à des cellules plus petites dans lesquelles se forme l'animalnik: — elles peuvent avorter et ne subissent pas alors la -segmentation. — L'évolution de$ ovules spermatiques et de leur contenu se fait dans le trajet du testicule aux vésicules séminales. = Les spermatozoaires se montrent vers l'époque de la puberté, et le plus souvent on les obsene encore chez les vieillards. = Ovule. Au milieu du disque protigère, et sur un point de la périphérie de la vésicule, on voit l'ovule composé : 1* de m eDTeloppe externe : membrane vilelline, qui contient une substance granuleuse : tMmm jaune; dans le vitellus existe : la vésicule germinatiue ou vésicule de PurktJtfe, qui disparait presque aussitôt que Tœuf quitte la vésicule de Graaf ; sur la paroi de h ^cole gennînative on aperçoit parfois quelques corpuscules agglomérés. — Toclus germinatives découvertes par R. Wagner.— L'ovule à l'état de maturité mesure 0,i ïQ.l^D est sphérique, et se développe dans la couche ovigène. = Union des germes. bfêamdation résulte deTunion des germes possédant toute leur vitalité. — La féconàlkn ï dblance est une erreur qui a donné lieu aux doctrines de l'aura seminalis, de rvtioD magnétique du sperme et de son absorption par la circulation. — Les dinigmoes séparés par la plus faible distance sont inféconds, — aussi bien que la va- JWff (ta sperme en contact avec les œufs. = Dans le sperme l'élément fécondant est Taflinfijcule.— Le sperme privé d'animalcules est infécond. — Leuwenlioeck pensait que le spennatoioaire était l'embryon qui se logeait dans l'œuf; Lillemand, Prévost et Dumas, qu'il formait seulement son système nerveux; la doctrine moderne consiste à admettre i|uele$pennatozoaire agit sur l'œuf comme une espèce de ferment. — L'animalcule traverse la membrane vitelline et se dissout au contact du jaune. — On ignore comment cette p^nêlraiion se produit chez l'homme, car la membrane vitelline n'a point d'ouverture (^meon l'observe chez quelques animaux. = La fécondation s'opère non dans l'utén^« comme le croyaient les anciens, mais sur l'ovaire et dans la partie de la trompe la P'os rapprochée du pavillon. — Coste croit qu'elle peut s'accomplir dans l'ovaire. — -L'œuf non fécondé se décompose peu après son engagement dans la trompe. — Chez (^Ds maininifères fœuf, indépendamment de sa tendance à la décomposition, s'entoure dans l'oviducte d'une couche d'albumine imperméable aux animalcules. = La progression des spermatozoaires est exclusivement due à leurs propres mouvements. — L'action ^ dis vibratiles de la muqueuse utérine : l'aspiration, les contractions de cet organe, ^ WDl pas mieux démontrées que l'action de la caï>illarité. — Avant de pénétrer dans l'utérus, l'animalcule séjourne 30 minutes dans le vagin ; il met de huit à douze heures ^îlleindre l'ovaire. = L'époque la plus favorable à l'imprégnation est celle des régies, ou ay moins les jours qui s'en rapprochent le plus. — Cependant la fécondation est possible ^ toute la période inter-menstruelle. — L'imprégnation n'a pas lieu au moment du coitt mais au moins douze heures après; elle s'accomplit sans que la femme en soit jamais avertie par aucun signe particulier.

Stérilité. — La stérilité est l'inaptitude à le fécondation. Cet état diffère de l'impuis- «ncequi est caractérisée' par Timpossibilitè d'accomplir la copulation. — Chez Vhomme

168 OTOLOGIE ET ESf BRYOLOGIE .

la stérilité est déterminée par Vaspermatisme, et VaspermalOTsie. — L'aspermatisme reconnaît pour causes Tatonie des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs, ou des obstacles à l'émission du spenne, placés sur tous les points des conduits excréteurs, à partir des vésicules séminales; Téjaculation manque dans ces cas.= Vaspermatozie est déterminée par Tanordiidic, la cryptorchidie, les orchites, Toblitération du canal déférent, les tubercules du testicule. Eteins ces cas, Tobstacle réside en arrière des vésicules séminales; il y a éjaculation, mais le liquide est dépourvu d'animalcules spermatiqiies. — Le sperme qui contient des spermatozoaires privés de mouvements est stérile. — Le microscope permet de diagnostiquer avec précision la présence et la vitalité des spermatozoaires. = La stérilité cfiez la femme est causée : 1* par la sécrétion anormale du liquide utéro-vaginal ; —^ par des obstacles mécaniques à Timprégnation : brides, cloisons, rétrécissement du vagin, persistance d'un liymen très-developpé; par l'absence de l'utérus ou le rétrécissement de son orifice; on triomphe de cette dernière cause par la dilatation.— Les déviations utérines ne sont point des causes sérieuses de stérilité, excepté les flexions. — Dans la copulation, l'extrémité de la verge n'est point en rapport direct avecrorilice utérin; elle passé en arriére du col, dans le cul-de-sac ùtéro-vaginal postérieur. — L'oblitération des trompes entraine la stérilité. «» 3* Les lésions fonctionnelles des ovaires, qui empêchent l'évolution des vésicules, sont des causes aussi certaines de stérilité que leur absence et leur atrophie. = Les causes que je viens de signaler peuvent se combiner entre elles de manière à rendre le diagnostic impossible. = Le tempérament, la maigreur, l'embonpoint, l'excès de volume du clitoris, etc., qu'on avait signalés comme des causes de stérilité, ne constituent pas des obstacles sérieux à l'imprégnation.

BIBLIOGRAPHIE

OÉMÉRATIOH, FÉCOHDATIOH, STÉRILITÉ

Adelojt, Génération. Dict. de méd. en 30. — ÂKOimiB, Dissertations anatomiques sur la génération de l'homme. Paris, 1706. — Abahtios, De format, fœtus. Opéra omnia, cap. 1. — Aucna, De fecundatione. Montp. 1743. — Baer. Epistola de ovis mammalium et hominû genesi. Lcip. 1827. — Balhum, Recher. sur la constitu. du germe dans l'œuf animal a^-aut la féconda. Acad. des scien.f 1864. — Barri, Kecher. sur l'embryo. l'* série. Philo. Traïu., 1838. — Baiirt, Introduction du spermatoz. dans l'œuf. Philo. Trans.^ 1840. — Du Mém. L'œuf examiné hors de l'ovaire après la fécond. Mémejouni. 1848. — De Hêue, Preuve que Meisner est le premier qui ait confirmé la pénétrât, des spermatoz. dans Tceuf du lapin- The Monih. Joum. of Med. Scien. of Edént., 1855. ~ Bartbolix. G., Pe ovariis mulienun et generationis historia. Roma, 1677. — Badmers, Bissertatio de animali générât, et speciaUm de humana natura. Erford, 175i. — J. Béclard, Traité de physiologie. — Do %tut, Rcmar. critiq. sur la nouvelle théorie de la fécondation. Gaz. méti, 1845. -^ Berkhart, Symbole ad ovi mammalium historiam. Vrat., 1834. — Biscboff, Histoire du développe, de l'homme et des animaux. Paris, 1843. — Do MfiME, Sur le détachement et la fécondation des œufs humains et des mammifères. Acad. des scien. ^ 1843. — Dn Même, La maturation et l'expulsion des ovules indépendamm. du coït chez les mammifères. Lan. Med, Gaz., 1845. — Dd Même, Lettre sur le temps et le lieu où s'opère la fécondation de l'œuf chez les mammifëres. Gaz, méd.^ 1847. — Du Même, De la fécond.' et du r6le que jouent les spermatoidans cette fonction. Muller's Archives^ 1847. — Du Même, Étude sur la théorie de la menstruation et delà fécondation. Archives gétié. de méd., 1854.— Bluitdbl, Sur la fécondation. Med. chir. Trans. 1819. — Boerbaave/ De conceptu. Prœlect. Academ. Francf. 1761 — Bompas, De la génération spontanée. Paris, 1858. — Bonnet, considérât, sur les corps organisés. — Emhoitement des germes. Amst., 1762. — Bort Saint- Vincent, Zpospermes. Dict- Classi. Whist, natu. 1830. — BonmKR, Quelques considérât, sur un point obscur de la générât. Acad, de méd., 1856. — Camfbarius, De gênerai, human. et animalium. Tobin, 1715.

15S OVOL061B ET ESniRTOLOGIE.

Ml moment où il arrive à sa destination, c'est-à-dire dans la cavité utérine. Pour le spermatozoaire, on n'otNserve rien de semblable ; il doit trouver dans sa motilité les éléments de progression pour parcourir les différents milieui qu'il traverse, et dans son instinct la direction qu'il doit suivre pour arriver à l'ovaire, dont il est parfois séparé par une distance de prés de 25 r^ntimètresvlorsqu'il est déposé prés de la vulve.

J'ajouterai que pour les animaux à fécondation extérieure on ne peul invoquer une autre cause que l'iAstinct directeur qui les pousse vers l'œuf auquel ils doivent douner la vie; car au moment de leur émission ces dem germes smit séparés, dans le milieu liquide où ils sont déposés, par un intervalle parfois relativement assez considérable.

Après la copulation, le sparmatozoaire séjourne dans le vagin, puis, au bout de vingt à trente minutes, il s'engage dans la cavité utérine et dans les trompes ; ce voyage s'accomplit daiis l'espace de huit à douze heures. Arrivé à l'extrémité libre de la trompe, il parvient sur l'ovaire] au moyen de la frange qui unit le pavillon à cet organe. Nous verrons plus tard que si la migration du sperme se fait au moment de la déhiscence de l'œuf, le contact des spermatozoaires avec l'ovaire est facile, car il est embrassé à ce moment par le pavillon de la trompe. Ausûtôt que les animalcules touchent l'œuf, é l'entourent et le suivent dans sa migration; chez les animaux, où il s'enveloppe d'une couche d'albumine, on les voit s'agiter entre l'ovule et cette couche, puis subir la dissolution que nous avons signalée plus haut.

Époque de la fécondation, -r La vitalité persistante des animalcules permet de comprendre qu un coït pratiqué en dehors des périodes menstruelles de la femme devienne fécondant à cette époque ; il se peut faire que le germe du mAle déposé, dans l'organisme de la femelle un certain temps avant la déhiscence de l'œuf, se joigne à lui au moment où il quitte l'ovaire. Il est p)u< difficile, ai on admet la rapide décomposition de l'œuf après son expulsion de la vésicule, d'expliquer les fécondations qui ont lieu plusieurs jours aprê^ cette déhiscence. Faut4l admettre avec Coste la fécondation intra-ovarienno. hypothèse que je n'ose accepter, ou. une autre explication qu'il a donnée de^ fécondations inter-menstruelles?

« Le rut, dit cet auteur, est le signe de la déhiscence ; chez la femme ia rx>habitation permanente peut ramener plus souvent la phlogose amoureuse ei la chute de l'œuf qni eu est la conséquence, c'est-à-dire des ovulations supplémentaires se produisant dans les époques inter-menstruelles. La déhiscencf de l'œuf détermine une hémorrhagie; mai^, ajoute-t-ij, on ne doit p^s oubliai qu'ici la cause même qui contribue à provoquer la chute de l'œuf est aussi celle qui le féconde, et qu'en le fécondant elle fait avorter l'hémorrhagi^ avant même qu'elle ait eu le temps de se manifester, j»

Je crois que cette opinion de Coste n'est pas admissible, en voici la raison : Chez beaucoup de femmes, l'orgasme vénérien reçoit des satisfactions journalières; or si l'excitation génitale déterminait l'ovulation avec ses const" quences, il faudrait de toute nécessité, pour expliquer l'absehce d'hémorrhagie, que la femme fût presque constamment en état de gestation; une grossesse succéderait à l'autre, à de faiblQ9 intervalles. Ou si elle échappait à ciHlc

FÉCONDÀTKm* iqO

sitoatiaD, elle subirait inéntablemeni des menstruations à chaque instant répétées et qui seraient la eonséquenoe de la chute d'un œuf non fécondé, ce qui est nûmifestement en désaccord atec l'observation.

L'époque la plus fayorable à l'imprégnation est celle des règles, ou au nrniwlaqiuelqttesjoQrs qui les précèdent et les suivent. Ce fait a frappé même les médecins de la période antique. Hais il n'est pas moins vrai qu'on a souvestobservé aussi h fécondation pendant tous les jours intermédiaires à cettepériode. Il est peu d'accoucheurs qui conservent des dout^ sur ce poiot, et les statistiques de la Clinique peuvent en fournir la preuve basée sur BDehfgeédielle.

Mteit avouer que dans l'état actuel de la science il est difficile d' expliquer* Qg phénomène, à nmins d'admettre la fécondation intra-ovarienne, ou bien ffK rœof ches la femme conserve sa vitalité plus longtemps que celui des autres mammil&res.

Les andais croyaient que la fécondation s'opérait instantanément et au moment du coït ; ce que nous venons de dire nous dispense de réfuter cette erreur. Les deux actes wmX séparés au mains par le temps que les animalcules metteot à accomplir leur migration à travers l'utérus et les trompes. Le ^1 fécondant ne se révèle par aucun phénomène spécial, la femme n'a pas coosdence de l'impr^ation et le^ assertions qu'elle formule sur ce point sont des prédictions après l'événement, auxquelles il ne faut attacher aueone importance. Cependant il en est de tellement fécondes, que lorsqu'elles Qég^gent les précautiims qui les met à l'abri d'une grossesse elles peuvent JQsqn'à im certain point annoncer l'imprégnation : cette prévision est le résul- Ut, non pas d'une sensation spéciale, mais uniquement de leur expérience.

Depuis l'antiquité on a fait de stériles efforts pour découvrir la loi mysttV rieuse qui préside à la procréation des sexes. Hippocrate pensait que chacun des testicules était destiné à un sexe spécial ; que celui du côté droit formait les miles et qu'il fallait le lier avant le coït pour obtenir des filles. Les travaux <ie Godard ont confirmé ce qu'on savait depuis longtemps : c'est que des moûofchides ont donné naissance à des filles et à des garçons. Hillot, à la fin dn dernier siècle, a attribué cette influence aux ovaires ; le droit fournirait des œufs mâles, et la femme qui veut des filles devrait pour concevoir se coucher sur le côté gauche pendant la copulation. Cette hypothèse n'est pas mieux finidée que la précédente, et les preuves sur lesquelles il prétend l'appuyer n'ont aucune valeur. Les femmes qui accidentellement ou de naissance ont ^té privées d'un ovaire ont eu des enfants de l'un et l'autre sexe. Girou de Buzareinguesa prétendu que la vigueur de l'un des parents déterminait le plas auvent le sexe de l'enfant, et qu'un père vigoureux procrée surtout des mÛes. ^Wi% exposerons les idées de cet auteur au paragraphe consacré à l'étude de ^^ proporUm des sexeê dans les naissances.

Page 1