VÉSICULE OMBILICALE
fions qu'Q présente, nous avons été nécessairement conduit à décrire i'amnios et le chorion dont il fournit les éléments. Puis, pour ne pas interrompre riiistoîre des enveloppes de l'œuf, nous avons examiné la caduque. Il nous faat revenir maintenant à la vésicule blastodermique, car il nous reste à étudier son feuillet interne ou muqueux, qui est l'origine de la vésicule ambilicaie.
La tache embryonnaire se développe entre les deux feuillets du blastoderme; le léger relief qu'elle forme sur un point de la circonférence de son feuillet externe semble indiquer qu'elle prend naissance dans son épaisseur. Cela parait vrai, en effet, pour la plus grande partie du nouvel être; et nous Terrons plus tard dans quelles limites le phénomène se produit. Cependant le feuillet interne ne doit pas rester étranger à sa genèse, et il lui fournit au moins une partie des organes qui seront contenus dans la cavité abdominale et certainement le tube intestinal.
Primitivement, les deux feuillets représentent simplement deux vésicules sphériques emboîtées l'une dans l'autre et à parois contiguës ; mais, aussitôt que les capuchons supérieurs marchent l'un vers l'autre pour former ]'amnios,ils déterminent sur le feuillet interne un étranglement circulaire d'abord peu marqué» qui se dessine rapidement et indique une division, plus tard un pédicule qui séparera la vésicule en deux parties : l'une, plus petite, cavité Mmùtale de l'embryon; l'autre, plus développée, vésicule ombilicale; le point d'intersection prend le nom d'ombilic intestinal. Ces deux parties commaniqoent d'abord largement entre elles, puis, d'une, manière plus restJ^inte.au moyen du pédicule, qui persistera jusqu'au irente-cinquiéme jour à l'état de canal, qu'on appelle conduit omphalo-mésentérique.
Diemerbroek et quelques anciens anatomistes semblent avoir entrevu la vésicule ombilicale, qu'ils nommaient aUantoïde ; mais c'est Albinus, qui, le premier, l'a étudiée avec un peu de soin. Aune époque plus récente, Wrisberg, Hunter et Sœmmering ont ajouté quelques documents à cette étude imparfaite. Lobstein (1802) a établi assez exactement ses rapports avec l'embryon. Enfin Velpeau (1833) en a donné, d'après l'examen d'un nombre • considérable d!œufs abortifs, une excellente description, largement mise à contribution par une foule d'auteurs qui ont souvent oublié de le citer. Bobin (1861) en a complété l'étude en faisant connaître la structure iotime de ses parois.
La. vésicule ombilicale est un organe transitoire du fœtus; son évolution est rapide : aussitôt que Tallantoîde se développe, elle semble perdre m utilité ; et, si l'on peut en retrouver assez longtemps les traces entre les iiiembranes de l'œuf, ses fonctions dans l'espèce humaine deviennent nulles au bout de peu de temps.
A la troisième et à la quatrième semaine, elle est ovoïde, longue de 5 millimètres sur 3 millimètres et demi de large, demi-transparente, d'un gris un peu rosé, ce qui tient à la présence des capillaires qui rampent dans son épaisseur. Son pédicule, épais de 1 millimètre et long de 4, communique a^ecune anse de l'intestin, grêle qui fait saillie hors de l'ombilic. Ce pédicule wnaliculè est continu «Nec l'anse intestinale qui fait saillie dans un cordon
OYOLOGIE KT EMBRYOLOGIE.
umbilinil irniiBiiareiil et rerillé en fuseau. Le contenu de la vésicule est u|j liquidi' clair t peine opalescent. Plus tard il devient d'un gris jaunâtre ; pa^
hiUi *lvs X »*#H i» t^ uàiifcl lie* rttti I-
Fig. 09. — MwLomvEifT db l'ammos. ^ . membrane vitelline. — 2. Feuillet oterne du blastoderme constituant le second chorion. — 3. Feuillet interne formant la vésicule ombilicale. — 5. Capuchon inférieurs céphalique et caudal, se contimiant pour former en haut les capucboni^ supérieurs. —. 6. Embryon. -- 7. V^icule allanloîde.
UiN li^ iHUUtînm At 11 vî^siewU% friable ou pulpeux, tient en suspension des |i4iMut»4(ii>U'« j*^^Hlo^<l liliiv:^. 4 1 lies
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fHiiùim^ iHirrne. — Sur les œufs
iiiirlM, iii'lh* liiMi(|ii*' i'>l trois fuis plus
^|lilpmMllM»|i^lll^rHO;«lk^estmullO. p^^. ^o. - Wvau>rrn,EXT b. u .Lmchl. cm..^
— Dans les figures 56, 57. 58 on voit la vésicule ombilicale 3 et 4 se vasculariser et se pédiculiser sous l'influence du rapprochement des capuchons supérieurs de la membrane amniotique fo
IliiililM v\ r*iltiM''**|>*irla jiixtîipnsilion
a^n^m^A ((ro>>w*** ri'lliili*^ pi^ii îulliô-
^„..*^^ ^'t{y^^ iiihifi, ilii^pom'^es ^ijrjilu-
%, ïtm pliiH internes se
voie de formation.
IV ee IN II' giniHlc facilité ; elles ne sont point serrées et aplaties firiili itne ronctio drpithélium. On trouve ces cellules dans toute ,0 lit viHiniile et ni unie dans son pédicule evant son atrophie. Elles
TÉSICULE OMBlUCàLE. 207
sont arrondies partout où dles ne se compriment pas mutuellement ; dans cette dernière condition leur forme est polyédrique. Leur diamètre varie entre 0,017 et 0,039 ; dans les trois quarts on trouve un noyau transparent, à cootoor pâle, sans nudëole ; rarement il en exbte deux. Ces cellules ne peuvent être confondues avec celles de la tache embryonnaire, qui sont moins grandes et moins granuleuses.
TttmfÊô moyenne. — Cest entre celle-ci et la précédente que rampent les vnssenix. Elle est formée de cellules polyédriques par pression réciproque; leur diamètre est de 0,17 à 0,028. Elles sont transparentes, incolores, molles, iaaïes à déchirer, à bords pâles, peu réguliers ; elles renferment un noyau dair. On observe des noyaux libres entre les cellules.
Tmque extérieure. — Elle se forme plus tardivement que les autres et pendant que le magma réticulé se trouve repoussé et comprimé entre Tamaios et le diorion. Cette mince tunique est composée de fibres lamineuses fines disposées en nappes entre-croisées, dont la transparence permet d'aperce- Toir les capillaires qui rampent entre les deux autres membranes. Elle adhère f»his intimement à la tunique moyenne qu'au magma réticulé. ^ '
Les tissus des parois de la vésicule et du canal omphalo-mésentérique n'ont (oint une structure semblable à celle de Tanse intestinale avec laquelle elles sontencommunication. Les éléments constituantschangentau point de contact la circulation de la vésicule ombilicale est très-active. Il existe d*abord quatre vaisseaux, deux artères et deux veines ; 'nais une artère et une veine disparûsMnt rapidement, et il ne reste bientôt i je deux vaisseaux qui portent le nom à'omf^uUiHnéêentériques. hà veine naît, par de fines radicules, d'un espace limité dans le champ blastodermique par une ligne courbe, circulaire, eicentrique à l'aire transparente, et qui porte le nom d'area vasculosa; elle suit le canal omphalo-mésentérique et se jette dans le cœur; mais lorsque ia seconde circulation commence à se développer, elle contourne le duodénum et va s'ouvrir dans la veine ombilicale au moment où cette dernière va quitter le foie ; elle reçoit des branches de l'estomac et de l'intestin et donne an tronc volumineux au foie. Cette portion persiste sous le nom de veine-porte hépatique. Uartèrct née de l'aorte, gagne l'anse intestinale, en donnant des branches au mésentère et à l'intestin, puis elle atteint le pédicule de la vésicule ombilicale, dans laquelle elle se ramifie. Les anastomoses de ces deux vaisseaux forment des mailles polygonales à angles arrondis, sur un plan uoifonne, sans pénétration dans la tunique interne. Ces capillaires, dont les plus fins ont de 0,015 à 0,020, présentent la même structure que chez i adulte. L'artère persiste dans l'abdomen sous le nom d'artère mésentérique. Sur les œufs de cinquante jours environ, lorsque le cordon ombilical est <léiàlong de 3 à 4 centimètres, on voit encore dans son épaisseur l'artère et 1^ veine omphalo-mésentériques, soit seules, soit accompagnées d'un petit filament grisâtre, large de 0,1 à 0,2. On peut suivre ces vaisseaux jusque dans la cavité abdominale.
La circulation omphalo-mésentérique est la première circulation de Teml^'on; nous y reviendrons en étudiant la circulation du fœtus. La vésicule ombilicale n'augmente pas avec Fœuf; elle a de 5 à 7 millimètres
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de diamètre; à mesure que ramnios se développe, elle est repoussée pai cette membrane et se trouve placée entre elle et la face externe du chorioii dans le magma réticulé. Elle s'atrophie très-vite ; vers la quatrième semaine, elle se flétrit, se ride, et, après la sixième, elle n'a plus que deux à trois millimètres; alors elle reste stationnaire et disparait complètement vers le quatrième mois. BischofT l'a retrouvée une fois entre le chorion et l'amnios à la fin de la gestation ; l'artère omphalo-mésentérique était perméable au sang, mais Hohl considère avec raison cette persistance comme une trèsrare eiEception.
A mesuré que l'amnios se développe, la vésicule ombilicale estrepoussée loin de Tt^mbryon ; elle prend alors un pédicule de 4 à 12 millimètres de longueur; le pédicule est divisé en deux régions par un léger rétrécissement qui indique le lieu où sera l'ombilic. Jusqu'à cinq semaines ce pédicule est canaliculé et on peut, comme l'a démontré Velpeau, faire refluer dans l'intestin le liquide de la vésicule, et vice vef^sd; mais alors il s'oblitère, s'allonge, devient de fvius en plus ténu et finit par se rompre. Sa portion extra-ombilicale se perd dans le cordon, où on peut le suivre pendant un certain temps, sous forme d'un filament grisâtre.
M dgréson faible volume et son existence éphémère, il n'est pas douteui que la vésicule ombilicale ne fournisse à l'embryon ses éléments de nutrition ju!§t|u*ù ce que la circulation allantoîdienne établisse des rapports nouveaux ejUre l'œuf et la mère.
.tnatoiMle «oaimurée. — Dans quelques espèces animales, la vésicule ombilicale disparaît de bonne heure; chez d'autres elle persiste jusqu'à la naismnvi\ soit entière, soit atrophiée. Chez les ruminants et la truie, la vésicule ombilicale disparait très-promptement. Chez la chienne, elle est très-grande et à Tètat de véritable vésicule à la n^ssance, mais elle ne contient plus do liquide. Elle forme un long cordon d'un rouge très-vif dont la couleur est due à la présence des vaisseaux omphalo-mésentériques, qui sont encore biendéveli>ppùs. Si on insuffle le cordon, on obtient une vésicule qui ressemble {)ar sa foi tue à la vessie natatoire des poissons, sauf que Tètranglement médian est tnoins prononcé, l^e pédicule ne communique pas avec l'intestin.
Chez les solipêdes^ elle ne conserve pas aussi longtemps sa cavité; on eu retixmve cependant les traces, dans les enveloppes fœtales, sous forme d'un simple cordon rouge vif, jusqu'à la parturition.
Lu persistance de ces vaisseaux chez les carnassiers et les solipèdes semble indiquer que lorsqu'elle cesse de fonctionner comme organe de nutrition, elle remplit encore dans la vie fœtale un rôle qui nous est inconnu.
Chez les oiseaux, la vésicule ombilicale persiste au delà de la naissance ; elle contient la masse du jaune qui non-seulement nourrit le foetus pendant toute la durée de son existence dans l'oraf, mais encore pendant les premiers jours qui suivent l'êclosion; mais alors elle est contenue dans l'intérieur de la cavité abdominale.
Les poissons naissent avec une vésicule ombilicale très-dé veloppée, située
en dehors de l'abdomen, et la conservent durant un certain temps. Pendant
le existe, l'animal ne prend aucune nourriture et ce n'est qu'au moment
OÙ elle disparait qu'il commence à manger. Cette disparition ne se fait pas brusquement, mais progressivement et par absorption de son contenu. Chez 1« truitfô elle persiste jusqu'à la quatrième semaine, et jusqu'à la sixième chez le saumon.
Le rôle de la vésicule ombilicale comme organe de nutrition est manifeste dans les trois classes des vertébrés que nous venons d'examiner, surtou t chez les oiseainetles poissons. Son existence chez la femme et les autres mammifères a une durée plus éphémère il est vrai, mais il est cependant impossible de lui assigner une autre fonction que celle de nourrir l'embryon dans les premiers (ejopsde son développement.
11 est peu d'organes de la vie embryonnaire qui aient donné lieu à plus de discQssions et de controverses que rallautoide. Le désaccord ne portait pas seulement sur son mode d'évolution, mais sur son existence même dont on niait la réalité. Chez les animaux il est facile de l'observer en raison de sa (lersisUnce ; dans l'espèce humaine au contraire sa recherche est entourée dedifficultés'à cause des transformations rapides qu'elle subit à une époque très-rapprochée du début de l'imprégnation. Il fallait donc une grande habitude de ce genre de recherche, et les chances favorables d'un véritable hasard, pour démontrer anatomiquement l'existence de l'allantoîde sur des embryons faumains n'ayant que quelques millimètres de longueur; car c'est dans cette période seulement qu'elle peut être observée à l'état de vésicule.
Son apparition constante chez les mammifères semblait bien prouver que son évolution était le résultat d'une loi fondamentale de l'embryogénie, qui devait s'étendre à l'homme. Mais quelque puissantes que fussent les raisons d'une pareille analogie, les esprits exacts exigeaient, avant de se rendre, une preuve matérielle qui s'est fait longtemps attendre.
L'anatomie comparée fournissait une cause d'erreur sérieuse ; les enveloppes du fœtus animal sont également au nombre de trois, mais elles ne ^>nt pas les mêmes dans l'œuf humain. Les animaux mammifères n'ont point de caduque, et chez eux l'allantoîde persiste sous forme de sac jusqu'à la fin de la gestation. On comprend l'erreur des auteurs qui ont traité cette ques tion depuis la découverte de la caduque par Hunter ; ils retrouvaient à l'œuf humain trois membranes et leur assignaient les mêmes fonctions que chez les animaux. Aussi vit-on Haie, Neufville et bien d'autres prendre le chorion on l'amnios pour l'allantoîde.
La solution de cette question est trop récente, trop importante, pour qu'il n y ait pas quelque intérêt à indiquer au moins l'historique de ses phases.
Ce qu'il y a d'étrange dans l'histoire de cet organe, c'est que les premiers auteurs qui en ont abordé l'étude exacte ont presque formulé la doctrine qu'on accepte aujourd'hui, sauf bien entendu les détails de développement qu'ils ne pouvaient connaître.
Spigel (1626) avait affirmé l'existence de l'allantoîde, sans en donner
210 OYOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
aucune description ; il ne faisait que répéter l'opinion de Galien et de Rufiis d'Éphèse, qui certainement ne Tavaient jamais observée.
De Graaf, conduit par l'analogie, après avoir étudié Tallantoîde des animaux, considéra le magma réticulé comme représentant cet organe dans l'œuf humain; il indiqua ses rapports avec le chorion et l'amnios, l'insuffla sur place, à travers le chorion, chez un fœtus de trois mois, et dans le dessin qu'il en publia il en représenta une portion séparée de Tamnios. Néedham (1668), en Angleterre, professait la même opinion, indiquait les rapports du magma réticulé, et signalait son adhérence au chorion. Ruysch- (1701) reconnut aussi dans le magma réticulé quelque chose d'analogue à l'allantoïde, qu'il nomme, comme de Graaf et Needham, pseudo-allantoide, à cause de la différence qui séparait cet organe de celui des animaux. Il lui donna par l'insufllation la forme membraneuse, et en publia la figure dans son Thésaurus anatomicus.
On comprend que si la donnée était vraie, le procédé de démonstration était vicieux. L'insufflation dans un tissu aréolaire produira toujours des vésicules, mais elles seront artificielles comme celles de Graaf et Ruysch, qui les obtenaient chez des fœtus parvenus à une période de leur développement où le magma réticulé a subi un commencement d'aplatissement et de condensation et où il n'existe plus à l'état de cavité limitée par des parois distinctes.
Ces expériences fautives et leur interprétation erronée eurent Tinconvénient de diriger les investigations dans une voie absolument stérile. Hebenstreit (1777) et Littre (1714), opérant par l'insufllation, obtiennent des résultats aussi peu exacts, et ce dernier, après avoir découvert chez un fœtus monstrueux, âgé de huit mois, une petite collection de liquide dans une espèce de loge située entre le chorion et l'amnios, crut avoir trouvé l'allantoïde. L'anatomie pathologique n'était paS un guide très-sûr dans cette circonstance.
Rouhault (1714) constata entre le chorion et l'amnios une membrane qu'il nomma moyenne ; il lui assignait la fonction de fournir une gaine à tous les vaisseaux du placenta et lui refusait le nom d'allantoîde, parce qu'elle ne contenait pas d'urine comme chez les animaux. Robin, dans ces derniers tomps, a attribué le môme rôle au magma réticulé qui est la membrane de Rouhault ; l'analogie que ce dernier cherchait inutilement entre Thomme et les autres mammifères Ta seul empêché de compléter sa découverte. Haller (1739) refusa d'admettre l'allantoïde de l'œuf humain, parce qu'il n'y trouva pas, comme chez les autres animaux, un ouraque faisant communiquer cet organe avec la vessie, et Rœderfer (1750) embrassa cette doctrine, tout en publiant deux faits qui auraient dû ébranler son opinion s'il avait été moins ardent à la soutenir.
VVrisberg (1764), sur deux œufs déjà un peu avancés, étudia avec soin la couche du magma réticulé, qu'il considérait comme l'allantoïde, et sembla, dans un des cas, l'avoir isolée des autres membranes et lui avoir reconnu luie tunique enveloppante^
Ces faits que nous venons d'exposer avaient eu un faible retentissement dans la science, et en général les esprits, quoiqu'un peu dominés par la loi
ÀLLAXiTOIDE. 21t
des analogies, sans nier l'allantolde de l'embryon humain, attendaient cependant une démonstration plus complète de son existence.
Pockels (1825) rqprit l'étude de cette question, depuis longtemps stationnaire, et imprima à ses investigations une direction plus heureuse ; il rechercha Tallantoîde sur des œufs de deux à trois semaines, et le premier il l^obsena sous forme de vésicule. Par une singulière aberration il la prit pour un organe non décrit jusqu'alors, et lui donna le nom de vésicule érythrofde. Cêtaft jeter sur cette question si obscure un nouveau voile. Il avait bien apejto dans son intérieur des globules sanguins, mais les vaisseaux lui avaient échappé, et bien qu'il l'ait vue se transformer en cordon ombilical, il la croyait d*une autre nature que l'allantoîde. Malgré cette erreur de Pockels, la description qu'il donna est assez complète pour que les faits observés depuis permettent d'affirmer qu'il est bien le véritable auteur de la découverte de l'allantoîde à l'état de vésicule.
Velpeau, de 1822 à 1853, examina un très-grand nombre d*œufs humains âgés seulement de quelques semaines, et il fit du magma réticulé, qu'il nomma d'abord sac réticulé, une étude très-complète. Il substitua aux esquisses vapes et trop laconiques des auteurs qui l'ont précédé une description mi- DQtiense et basée sur de nombreux faits. 11 a suivi cette substance dans le cordon presque jusqu'à l'embryon. Il reconnut « l'analogie la plus exacte » entre l'allantoîde des ovipares et le magma réticulé. Bien qu'il n'ait point observé le sacrétienlé à Tétat de vésicule, mais seulement entre l'amnios et le chorion,il admit cependant que son développement doit s'opérer au moyen d'une vésicule à transformations rajiides, et dépendante de la cavité ventrale de l'embiyon. Pourtant il hésite à l'accepter franchement ; une des causes de son indécision tient à ce qu'il a toujours rencontré l'ouraqué non canaliculé. Cependant il termine son étude par ces mots qui contiennent une reconnaissance complète : a Je crois pouvoir dire qu'il existe une allantoïde dans l'œuf humain, i
Nous verrons tout à l'heure que cette doctrine est vraie; mais ce n'est qu'environ trente ans plus tard que les travaux de Ch. Robin lui ont donné une consécration définitive ; pendant toute cette période elle a été repoussée par les embryologistcs. Seulement on doit regretter une lacune importante dans la découverte de notre illustre maître ; Velpeau n'avait point assisté au développement des vaisseaux de l'allantoîde, et il croyait cet organe étranger ^ la formation du placenta.
Coste, en 1855, présenta à l'Institut deux œufs sur lesquels on pouvait obsener cet organe à l'état de vésicule. Il le considéra comme essentiellement transitoire , et disparaissant après avoir porté au contact du chorion lesxaisseaux allantoidiens auxquels il formerait ime enveloppe. Pour lui, et c'est là son erreur, le magma réticulé est absolument étranger à l'allantoîde ; il serait préexistant à cet organe et constitué seulement par la coagulation des fluides dont l'œuf est imbibé. En 1843, il développa ses idées sans modifications dans un nouveau travail. Serres, la même année, communiqua à rinstitut un mémoire sur ce sujet. Les idées qu'il y expose sont à peu près celles de Coste ; seulement il déclare comme anatomiquement impossible que
212 OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
les vaisseaux allanloïdiens s*anasloinosenl avec ceux des villosités pour donner naissance au placenta.
La dorli îiie de Coste fut généralement acceptée et Ton considéra l'allantoïdc coiinne un organe disparaissant aussitôt après avoir porté ses vaisseaux sur la portion du chorion où ils doivent former le placenta.
Fiobin en 1854 démontra que les vaisseaux allantoïdiens s'attachaient nou pas sur un point limité du chorion, mais qu'ils s étalent sur toule sa périphérie. 11 prouva de plus en 1861 que le magma réticulé était la portion persistante de rallantoïde.
Enfin, dans mes recherches sur la membrane lamineuse, j*ai établi que cette dernière était constituée par le tissu allantoidien condensé à la face fœtale du placenta.
Comme on le voit, personne ne peut revendiquer d'une manière exclusive la découverte de Tallantoîde, et son évolution, qui semble maintenant défiiiitivemenl bien établie, n*a été éclaircie que par une longue suite de travaux.
Dans le bref historique que nous venons de faire nous avons dit ce qu'est i rallantoïde etia fonction qu'il remplit; examinons maintenant ses éléments.
Uèpoqm de son apparition esidïîTicWe d déterminer d'une manière rigoureuse : d'abord parce qu'il est à peu près impossible d'apprécier exactement l'âge des embryons dans les premiers temps de leur développement, de plus il se pourrait qu'elle se montrât plus ou moins tardivement chez les différents sujets. Il est probable que c'est vers le vingtième jour après la conception que cet organe apparaît sous forme de vésicule d'abord ronde, ensuite pyriforme (fig. 55 cl 5C»). Alors lamnios est formé et la vésicule ombilicale pédiculée.
Origim. — On voit saillir la vésicule allantoide de l'extrémité inférieure de Tembrpn, mais on n'est pas d'accord sur son origine. Baer et Valentin la considèrent comme un diverticulum de la portion terminale del'intestin, avec lequel elle communiquerait au début. Reichert pense qu'elle se développe d'abord â rextrémité du corps de Wolff sous forme de deux élévations qui se soudent bientôt pour (ormerune éminence aplatie rapidement transformée en vésicule. Sulvajit Coste, elle procéderait immédiatement de la vésicule blastodermique. Apres que celle-ci a commencé à se diviser en embryon et en vésicule ombilicale, elle s'en détacherait sous forme de prolongement creux, sur le point où le capuclicin caudal supérieur est en rapport de continuité avec l'embrjon. L'opinion de Baer est plus généralement acceptée. La vésicule allantoide naîtrait donc de la portion terminale de l'intestin, sur ce point où dans les premierîï jours de la vie embryonnaire la vessie et le rectum sont confondus sous le nom de cloaque.
Développement, — Lorsque l'allantoide a pris la forme d'une vésicule, elle s accroît d'une manière rapide; elle franchit l'ouverture ventrale du fœtus en suivant le pédicule de la vésicule ombihcale; mais le rapprochement des capuchons amniotiques supérieurs, et des lames viscérales qui vont fermer la paroi abdomîjLaledu fœtus, étrangle son pédicule et la divise en deux parties, dont Id plus petite est renfermée dans le ventre de l'embryon où elle se ^tamorphosera en vessie urinaire. Au niveau de l'ombilic, elle se resserre
en un canal, puis plus tard en un cordon ligamenteux qui a reçu le nom à'ouraque dajis la portion qui avoisine la vessie.
Les vaisseaux et les pédicules de Tallantoïde et de la vésicule ombilicale réunis en un faisseau formeront le cordon ombilical auquel Tamiiios fourmra une gaine, qui contient une anse d^ntestin chez les fœtus peu avancés. La portion extra-embryonnaire de Tallantoïde, dans son développement rapide, ne tarde pas à se mettre en contact du chorion. Alors elle remplit complélement l'espace périphérique qui sépare cette dernière membrane de ïmnm et se répand à toute la circonférence interne de F œuf
sous forme de magma réticulé,
après avoir jeté dans les villosilés
du chorion les vaisseaux qu'elle
renferme. Ces modifications s'accomplissent avec une extrême
rapidité, et c'est la raison qui en
arendu la découverte si difficile. Vaisseaux. — La circulation
de l'allantoîde est très-riche ;
elle est constituée au début par
deux artères et deux veines. Les
artèrei naissent des deux aortes j
inférieures ; elles persistent dans „.
. *^ . Fig. 71. — Dkvkloppemeîtts de lallaktoïde, dont on a vu
une partie de leur trajet pelvien révolution progressive dans les n^ures .«is etî;«. —
sous le nom d'hVDOo-astriaueS ''•Son pédicule naît de rexlréinilé* caudale de l'em- " Jr rt M • bryon, et ses vaisseaux se distribuent à toutes les
Les artères allantOÎdienneS SUi- vlllosités de la périphérie de l'œuf.
vent le développement de la vésicule qui les porte ; elles vont se distribuer à toute la périphérie du chorion et animer ses villosités ; elles prennent alors le nom d*artères ombilicales. Les veines d'abord au nombre de quatre prennent leur origine dans les villosités choriales ; elles ne donnent aucune branche dans le trajet du pédicule. Arrivées à l'embryon, elles forment un beau réseau vasculaire qui se distribue à ses parois thoracique et abdominale. Ce réseau transitoire disparait rapidement sans laisser de traces. Enfin elles se jettent dans la veine ompbalo-mésentérique. La veine du côté droit persiste sous le nom de veine ombilicale: celle du côté gauche disparait complètement vers le trentième on le quarantième jour.
La circulation que l'allantoîde fournit à la périphérie du chorion n'est ppint permanente dans toutes ses parties. Nous avons vu, en étudiant cette dernière membrane, que chacune des villosités, aussi bien celles qui sont en rapport avec la muqueuse utéroplacentaire que celles qui pénètrent dans le feuillet réfléchi de la caduque; est animée d'une veinule et d'une aitèriole séparées entre elles et delà paroi villeusepar une mince couche de Tallantoîde (magma réticulé) qui les a accompagnées. Bientôt la circulation disparaît sur toutes les villosités qui ne sont point en rapport avec la muqueuse utéro-placentaire; le phénomène se produit par l'oblitération des capillaires. Ch. Robin