NUTRITION DU FŒTUS
L'absorption des éléments plastiques destinés à la nutrition du élre s'accomplit de trois manières différentes correspondant à des périodi flistiiictef; du développement de l'œuf. La première de ces périodes comm^ii au nioinent où l'œuf quitte l'ovaire, et finit lorsqu'il se fixe dans l'utènisj moyeu de ses villosilés, après avoir traversé la trompe. La seconde ce avec le développement de la circulation omphalo-mésentérique. La trois 5'éiend depuis l'instant où l'allantoïde jette son réseau vasculaire dans lesvj IfisUes jiisqtrâla naissance.
FrtHùitK TËRioDE DE NUTRITION. — Pendant son passage à travers la tromp l*œur j eçntt peu de matériaux plastiques ; complètement dépourvu d'éléioeiy vasculaues, il est entièrement libre et mobile dans l'organisme maternd. { iititrîlîon ne peut donc se faire que par endosmose. Dans la trompe, Tœuf i tnuive en contact avec le mucus qui tapisse la face interne de cet orpauJ On i^ait que le mucus est réfractaire à la digestion intestinale ; mais on rgnor SI quelques-uns de ses principes constituants ne sont pas absorbés au prol^ nutrition, ou s'ils n'agissent pas comme une espèce de ferment analogu astasc ou à la pepsine sur les granulations du disque proligère qui i^
KUTIUTION. 293
\-ironnent l'œuf dans la première moiiié de la trompe. Dans la seconde
moitié» les granulations sont remplacées, chez certains mammifères, par une
couche d*albumine dont la présence n*a pas été nettement observée chez
l'homme; on ne saurait donc affirmer que le nouvel être lui emprunte des
éléments d'accroissement. L'œuf augmente de volume, donc il se nourrit; il
est fort difficile de dire si c'est aux dépens des granulations proligéres, du
mucus, d'iine couche d'albumine ou d'un liquide spécial que la trompe
sécréterait pendant le temps de la migration de l'œur.
DnrxTfHB période de hotritior. — Elle correspond à la durée de la pre* miére circulation, car les relations de la nutrition avec la circulation sont intinaes ; aussitôt que les vaisseaux apparaissent, ils sont les agents de transport des éléments plastiques. Les vaisseaux de Tarea vasculosa qui constituent les premiers rudiments de la circulation omphalo-mésentérique enveloppent la vésicule ombilicale. Nous savons que les fonctions de ce dernier organe sont très-éphémères, et qu'elles cessent vers l'époque où les villosités périphériques de l'œuf sont animées par les vaisseaux allantoïdiens, lesquels forment une nouvelle circulation et un nouveau modie de nutrition. L'antagonisme qui existe entre ces deux organes prouve l'identité de leurs fonctions. La diminution de la vésicule ombilicale est d'autant plus rapide, d'après (Io<te, que Tallantoide se développe avec plus de vigueur. H est donc évident que pendant la durée de la première circulation, c'est de la vésicule ombilicale f(ue l'embryon doit tirer ses éléments plastiques. Elle ne renferme point d'éléments identiques à ceux qu'on observe dans le jaune de l'oiseau. Mais, dans fœuf humain, son rôle est fort court, tandis que chez l'oiseau il dure jusqu'après la naissance.
En même temps que le fœtus est en relation avec la vésicule ombilicale, il existe à la périphérie de l'œuf des appendices villeux qui sont implantés dans la muqueuse utérine. Il est hors de doute que ces villosités ne sont pas seulement destinées à fixer l'œuf, mais qu'elles absorbent des liquides puisés dans Tutérus. Faut-il admettre que ces liquides se rendent dans la vésicule ombilicale pour remplacer les matériaux absorbés, comme semble le croire Longet, CD qu'ils pénètrent dans l'embryon par imbibilion ? Je ne le crois pas. L'organe de nutrition est parfaitement déterminé, c'est la vésicule ombilicale et sa circulation. 11 est donc probable que le nouvel être n'emprunte rien au reste du milieu quil'enloure. Mais il estdes éléments nouveaux : la membrane anmiotique et son liquide qui semblent n'avoir pas de rapports avec la circulation dont nous venons de parler. Je pense que les liquides absorbés par les villosités de la surface de l'œuf, lesquelles ne sont point vasculaires à cette époque, sont destinées à l'accroissement des membranes et formeront le liquide amniotique.
Troisiève période db nutrition. — Au moment où les vaisseaux allantoidiens touchent la périphérie de l'œuf, ils animent toutes les villosités. Alors ces appendices sont à peine ramifiés et offrent un petit volume. Les vaisseaux utérins n'ont point encore subi de modifications bien sensibles et l'échange des matériaux plastiques n'est pas fort actif entre la mère et le fœtus, aussi la
surlace d'absorption s'étend-elle à toute la périphérie de l'œuf. Aussitôt que
OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
les viitosiiés qui doivent constiluer le placenta ont pris plus de volume en se ramifiant, les autres perdent leurs vaisseaux et s'oblitérenL Les sinus utérins ^e forment peu à peu et Ton voit s'établir entre la niêre et le Tcptus te rapports vasculaires que nous avons décrits en étudiant le placenta.
Pour moi le seul organe de nutrition du fœtus pendant celte période «^ le placenta. Cette opinion est à peu près celle de tous leîi; phygicdogtstes de nos jours. Cependant parmi les nombreuses hypothèses des anciens sur ce point d'embryologie, il en est une qui n'est pas encore fonnellenieïit rejel**^ bien qu'on n'y croie plus guère; elle consiste à placer la source de Vsc^:i< seraent du fœlus dans le liquide amniotique. Il est vrai qu'en général le; i. Tenseurs de celte opinon acceptent que la nutrition se fait en même temps par le placenta.
je vais essayer de prouver que les faits qui ont été invoqués pour déniùn* trer le rôle du liquide amniotique dans la nutrition n'ont aucune valeur ont été bien des fois enregistrés, mais jamais discutés, relie doctrine n -i qu une simple hypothèse qui attend encore ses preuves. Les auteiu-s ijui loiit soutenue ne sont pas d'accord sur la manière dont le liquide aniniotîqne pénèirerait dans l'organisme. Lesunsavec Hervey,Graaf, Verheyen, Diemerbr* : Heîsler, Trew, Gilson, Haller, Darwin, Osiander, Scheel, elc,,admeltaieni 4 ce liquide est dégluti. D'autres, comme Hoboken, Vieusseiis» Levret, Lamottf ^ Lobsteïn, Burdach, qu'il est absorbé par la peau.
Il aurait fallu d'abord démontrer que l'eau de l'amnios contient df^ principes nutritifs, ce qu'on n'était pas en mesure d'établir avant la miêre analyse faite par Vauquelin. Depuis ce chimiste, on a^ en effet, lr< > qu'elle renferme des éléments plastiques, ce qui n'a rien de snrpreiiaiit, [ qu'il provient de l'organisme maternel; mais ils n'y sont pas en prapoi' beaucoup plus notable que dans la salive, le suc pancréatique ou les lanu -, qui n'ont jamais passé pour des liquides nutritifs; et ils ^'y rencontrenl en qtiatitité infiniment moins considérable que dans le sérum du sang, qui cot^ icnt 78 pour 1,000 d'albumine, tandis que le liquide amniotique nm contient que de 6 à 9.
W( ydlich, prétend avoir nourri un veau nouveau-né eiclusivenjent avec àc Vqhm de l'amnios fraîche, pendant quinze jours, et que Taninial était dans d'aussi bonnes conditions que s'il eût été nourri avec du lait. Il suffît, pour prouver l'invraisemblance de cette assertion, de reproduire Tanalyse compiralive de ces deux liquides.
A!(ALTSB DO LIQOIDB AMKIOTIQUB.
lîilï. 983,4
ALbunùne et traces de graisse 5,9
ÂlbumiDate et chlorure de soude 6,1
Nalière extraclive. urée, chlorure de soude. 4,6
Eau.. . SBCii
Caséum et sels solublei. , . ^M Beurre. ...,,.,.. âfiji Sucre de lait cl sth soliibles. 19 J*
iowio
Comme on le voit, le liquide amniotique est si peu riche en éléments nii- Iritita, comparé aux autres liquides qui méritent ce nom, qu'il ii>5t guenpcruiis de lui accorder un pareil rôle, surtout sijon ajoute qu'il contient ît ^
NCTBITIOII. 295
exorétionâ da fœtus, des poils, souvent de Turine et du méconium, qui, celles ne sont point de nature à augmenter ses propriétés plastiques.
Pour prouver l'absorption de Teau de l'amnios par la peau, Burdach cite une seule expérience publiée par Brugmans, lequel crut voir chez des fœtus extraits de Tamnios les vaisseaux lymphatiques de la peau gonflés, tandis que ceux de l'intestin ne Tétaient pas. Alors, après avoir étreint le membre par une ligature, il le plongea dans ce liquide, et con^ata au bout de quelque temps la replétion des lymphatiques situés au-dessous de la ligature. OUe manière d'expérimenter n'est ni assez précise ni assez exacte pour <|a'âfl accepte la conclusion de l'auteur, reproduite par Lobstein et par un \mà nombre tie modernes. Personne, de nos jours, ne s'aviserait d'employer Ci procédé sommaire pour étudier les lymphatiques. De pareilles recherches demandent une habitude et une compétence qui manquaient à Brugmans: Il a laissé une certaine réputation, comme botaniste, comme chimiste et comme administrateur, mais il n'a point laissé de travaux qui lui donnent de l'autorité cumme physiologiste.
Ici se place l'observation d'Otto, trop souvent citée sans commentaires. Cet auteur rapporte qu'un fœtus de cinq mois, dont la mère avait été empoisonnée par l'acidesulfurique, avait la peau d'un rouge brun et entièrement parcheminée, sans qu'aucun autre de ses organes présentât des altérations. Donc la pénétration de la substance toxique avait eu lieu dans le liquide amniotique non par la circulation fœtale, mais par la périphérie de l'œuf.
La quantité de ce liquide est d'environ un kilogr. à cette époque de la grossesse; a-t-on réfléchi a la dose énorme d'acide dont l'ingestion eût été néces- 2}airepour que la petite fraction parvenue dans J'œuf et diluée dans un kilopamme de liquide albumineux ait pu altérer à ce point la peau du fœtus? Êndemroent il y a là une grosse méprise. Il est impossible d'admettre laction diimique invoquée par l'auteur, et le résultat de cette action est également uicroyable, la peau d'un fœtus plongé dans un milieu liquide ne peut être
Labsorption de l'eau par l'enveloppe cutanée est entièrement à démontrer. ^ns les derniers mois de la gestation, l'enduit sébacé qui recouvre souvent la pluë grande partie du fœtus rendrait à cette époque la pénétration impos-
îAle.
La théorie de la déglutition n'a pas des bases plus sérieuses; elle repose sur li** deux observations de Heister et de Trow, qui ont vu, sur des œufs de vache gelés, un filet de glace qui s étendait sans interruption des lèvres à l'estomac <^Q fœtus. Ces faits sont physiologiquemenl impossibles : l'œsophage n'est pas un tube inerte qui se laisse distendre dans toute sa longueur sans se contrac- Kct Ton n a jamais observé pendant la déglutition une semblable continuité <ian8 la colonne liu liquide ingéré. L'elfrayante fécondité de Heister et la crédulité qu'il montre souvent ne sont point des titres à une confiance aveugle, surtout lorsqu'il s*agit de choses qui sont en contradiction formelle avec ce que la science de nos jours nous apprend; de plus, son observation et celles de jrow remontent à une époque dont les travaux de celte nature ne peuvent ^ire en général acceptés sans une nouvelle vérification.
tJ^'ILiHilE HT
BTOLOGIE.
i|BàiL4fiifs ^ibr plus» HMienfe» cilêspar Vel|>eâii, et doiil l un api^ii ni&^ j^mblàHit tflahiîr «pi'oa a ci)fb»laté daiiâ 1 estomac du fcrUiï «la lûfoùifti iiiriulii|nig jgt Ltfs sn^ances qu'il cou lie ni eu suspon-i* I^s poàit» du BiKinuiiai. ua b loadêre coloraïUe injectée dans m^ î> un. n est poTssblt? i{ae dais ifselques cas où la circnlali I Vest trutt^et; iiit«fjmiiiipa/e« âuit pocssa^èremenl, soit par la mai i , y éeCxs ^I66e4es e[f«ir^ oiMrvukH& et qu'il se produise quelques > Ji* iL'i;iutitiiHi. luis on aetstp» «a droit de conclure qut •^ W nf<tti£it aiiJL acte ph3n>h>lo^ique ; pas plus, coinnit' tog j»6irwiwi*HH'ttt Veîpaïa. ^i ou ae;^ en droit de couclure que le na tel aaËirt^iiii^nt ^ Lena, ponre ^tm en trouve daiLS L*eslùiiiac d
G$ 4^ ^uimtr^ euàT^Kr^* oiàfta «{ue le nîsoiiBenient la fausseté d^ <hhiri%c'iKt l e!(amif{i à»fî> Jceplial»?Sy ie!> ;Ktoaes» des fœtus, dont Tœ^O} fst mpiT^rv . Kil^^r^ ce^î^ «ibtîtscUfs inv iiiciUis à b pèiiètralioii du Vu^u 1 1^ lia I:^ le^v.(uiiic. If s eoiiiiifis nés dons ces conditions 5C»tit i
iru lie^elappe^ «fi «m tiwuve du OKCiNÙttui dans leur iiiiL>stiu. Hîni et bei»ti6^v NjifK-4iii.iini ont r^^foiidit l'opiniou de \Viiisli«v, . nu c\iafc?btx; d*iiii»'ttre [d'' l: a<{tiide amniotique pénètre daii- ' }^ar x mbir axe elabomUou. viui W reiide propre à la nui: taoie» Ws hyj*itkèîï*îî> cfous** sur ire sujet, il uen est pn^ li rar«r^> iLbioui» srà piiR> lacde i i«f!lAMIin^r. Les poumons du fœtu^ " 'T^ " Lit Aucun ti^uid**.
luoteuteru di^ ;^^a)lkfr Kf^ pnèteuàiies oLtsenations de Tœliis i> viv uit^ ivei: aae rupture i<itt t^ «lodlxiicale» duttt ïe^ deux bouts aiu aie oi^mif -nhi ime ck;iln>atioa cviuiçl^ète. TbMwt k5 a réunis dap> ^ aiéiuûii'* jur la cîczitrè^iKi in ciinliia. |Ihi$ fêtât actuel de la &cieni < . mî miu'tt^iit oièBie pde> d%^tr* c^vfièk Tu cas^ phis rêcenl a été pu h II modaïaie iuufi8HiQrE)ujtxt6i«« : u(aj2> il < it^^ssait sàBuplement d'une év. t, <!hrx im tœtus inî»rt'^iè. et t Abc^^etiof i»e coouurmicatioDS entre la mère ii>luit pds zni»f{t:L ivfuoutrv^ «^tte ptMur les aatn?:^. m hes C3S t^ui ^Mit {?ct tn.>mt*er dbes «^Aiîerfateaf^ superficiels ou in il à jup:>{siit i^ to-t!is Duca.>trufcfuci aiec éventratîop, circonslan renii i^âTlbb a:«^z dillicii^ la rvv*à^rv-&)e <fe$ ^;sc)sea«x ombilieaui ; on bi n ï àri^ foftiss a».*cic la ai!K.4rt nKMM^ûf^aît pour cause la solutio-: i ^éi iconiiicu S r<t%>tr^»i*î^ i'i c\»ciioa c><t p*:> d «ae tiWessîiè absolue pour ta nul ■a* ti z^tti:u^^ i^^ pikTJUL i.:> ùiiÈ> uQUMmbt^LUes rebliÊi aui anomal n mr^ è^ dè^^lof^çi^LUtftit. au:i ai!iMtslnft^c»3le:s^ •• a ait jamais observé u , aitirt #a Tiifjtat. d^rt'ortu d ool^cùit. fmnœ qu'on a trouvé qiui ia:pèr*«> p :ir la B>m da<&s feou ée TamaiiS^ iJ nVn faut p ^fa'eOe est éfêtuM^ à fia ntlrùàMi. teftaw médîcajiients absoib l stfgrvr E'eoHiiyàr et ^e^ iueiiii^:er «a fevâttits de sécrétion, d ^M a cii««tUe daiKs ces ^att\ la pcvsetb^^ du savait et nkéme, disir dia ■hflnmre. «i a ui;t ta wé«fte «4iserratiia s«r le lait des feinm> m <^nmà<të à I actàia de <^ Mt^^KaBWSls.
KlTBITiO?(. 297
£» résumé, Je rôle du liquide amniotique dans la nutrition du fœtus est nui ; non-seulement l'opinion contraire ne s'appuie sur aucune observation sérieuse, mais encore Ja composition chimique du liquide montre que les éléments plastiques qu'il contient sont en proportions trop faibles pour qu'il puisse être utilisé comme aliment.
Lanotntion du produit de la conception a douft lieu exclusivement par le placenta, au moyen des villositès qui absorbent par leur immense surface les parties nutritives du sang contenu dans les larges sinus utérins.
Les difi'érents obstacles que j'ai examinés (voir page 255) , et qui empêchent lec^lacl direct du sang maternel et fœtal, ne s'opposent qu'a la pénétration (ies glubules et permettent le passage des matériaux plastiques qui sont en solution dans le sérum.
Quelques auteurs, tout en admettant ce principe, ont voulu l'interpréter d'une manière un peu différente.
Eschricht considérait le placenta surtout comme un organe de respiration. 11 pensait que les matériaux plastiques sont puisés, non pas dans les sinus utérins dont il a méconnu l'existence, mais dans les glandes utriculaires de la muqueuse utéro-placentaire et au moyen de branches spéciales des vaisseaux ombilicaux, différentes de celles qui servent à la respiration. Us recherches d'Eschricht ont été pratiquées seulement chez les animaux, etil fait ses réserves en ce qui concerne l'homme. 11 n'existe aucune raison pour admettre que les branches d'un même vaisseau aient une fonction difîèrenie les unes des autres, et que les unes servent à la nutrition et les antres à la respiration. De plus, un fait qui infirme complètement la théorie dEschrischt, c'est que les glandes utriculaires s'oblitèrent et disparaissent, ûimroe nous l'avons exposé en décrivant le placenta, au moment où cet organe (Isvient frondogum. Elles ne peuvent donc fonctionner, puisqu'elles n'existent plus.
Prévost etMorin, dont les recherches ont été pratiquées sur l'œuf des ruminants, ont cru que l'élément nutritif était élaboré par l'utérus et sous forme ion liquide blanchâtre, dont ils ont donné l'analyse, et qui se trouverait déposé entre les cotylédons utéijns et les villosités placentaires. Ce liquide, d'àprésJolly de Toulouse, ne serait que du mucus; il ne faut pas le confondre 4vec ta liqueur lactescente qui pénètre les cotylédons, qu'on en exprime en les <^rasaut, et qui se rapproche beaucoup du colostrum.
Nais en admettant, ce qui est loin d'être démontré, que la mutrition se ^ au moyen de ce mécanisme chez les ruminants, on n'en pourrait nulleiDenl conclure qu'il en soit ainsi pour l'homme. Il n'existe pas de rapports d identité dans les connexions du placenta entre les deux espèces, et le 11- <iwde dont nous venons de parler ne se trouve à aucune époque de la gestation chez la femme. La théorie de Prévost et Morin ne peut donc être admise.
^zeaux * semble croire que les villosités pleines, très-peu nombreuses du l'esté, qu'on observe dans le placenta normal, sont destinées à puiser des élé- «'Cûtsde nutrition dans les follicules utriculaires de la muqueuse utero- pla- <^ntaire. Cette opinion formulée pour la première fois par Berres, qui attri-
ouait une semblable destination à toutes les villosités, n'est pas acceptable. Les
OVOLOGIE ET EMBRYOl.OGIf:.
rolliciilcs s*oblilèrent comme nous venons de le rappeler; fe yolume des villcisiti^s rameuses est supérieur au calibre des <^landules à canal simple;^ villosités pleines sont le résultat d*un fait pathoki*:ique, elles ont min fi >" tialinn du tissu lamineux, et ont perdu leur foncUon ; enfin elles sont ir peu nombreuses dans le placenta normal pour jouer un rôle important cli& la nutrition.
Les villosités sont les agents exclusifs et essentiels de la nutrition du fcrtrif, cela ne peut faire actuellement l'objet d'un doutf. tlepcndant les fatlsqu exposés dans mes Recherches anatomiques sur la m(mihrane l/îminemr ont ; consi'quence de modifier la doctrine acceptée sur les connexions des viîli nvvc les sinus utérins. On admet que les villosités baignent dans Ic^ simiriris, qu'il sont uniquement séparés du sang maternel par Ja mince pan ; sinus, et par la couche hypertrophiée de répithéliunt de la muqu
ntêriïie, La nutrition du fœtus se ferait donr an inayen de roclmngie
i^lî^ments sanguins à travers ce tissu ; le contact ne serait pas iminè^ eanse de ces obstacles, mais il serait direct.
OUe théorie est vraie, mais elle présente une lanme assez import^int^ elle suppose naturellement que lé sang des sinus utérins est en eontart < tous les points des villosités. Or cela est absolument inadmissible. La i villeuse, qui a parfois plus de 3 centimètres d't'paisseur» est tontà (ait ho» rapport par son volume avec la profondeur des sinus. H est de plus tri dent que le sang maternel ne pénètre pas dans les espaces intercol naires, et que la surface de contact entre le placenta et Fntérus est pr»^ plane. A l'aide de l'opinion qui supposait une base d^niplanUition un if aux villosités sur la membrane lamineuse qti on prenait pour le cbo retle doctrine pouvait encore être acceptée dans lîc certaines limites. Car on pouvait croire aune direction régulièrement perpendiculaire des villi dont au moins les extrémités terminales atteindraient les sinus. Il l'cpendant encore à expliquer, au point de vue de labsorption, le rAle i)rani hes secondaires des villosités qui se terminent on lacis înextrji sur des points éloignés des sinus. Si l'on suppose une loi générale, il ne pas qu'elle s*applique seulement à une portion limitée des phénoniènei^ en constituent la base. La nutrition du fœtus s'opéranl, d'après celte doi par le contact presque immédiat des villosités avec le san^ des j^tnas, «iéjnande quel est le rôle, dans cet acte important, de la majeure p\ I haque villosité ()ui se termine sur un antre point trésH^loigné desi^^ itialernels. Notons qu'il faut admettre, dans ces conditions, la direction l^endiculaire, relativement à l'axe du placenta, de tous les appendices ti11< riont la portion terminale au moins doit atteindre les sinus; sans cek Ihênrie n'aurait plus sa raison d'être, puisque tout appendice vi lieux qui une autre direction perd son rôle fonctionnel et devient inutile à la nulntfôfï;
Je crois avoir établi, en examinant le mode d'implantation des villesiU^s qu'elle n'a nullement lieu sur un plan unilorme. Elles sont, au cnntrsin?, diri;^^ées dans tous les sens, et, pour un grand nombre, rextrèmite tenmnali est tournée vers la surface fœtale du placenta , et la base d'implantatimi ^^ côté des sinus utérins. Ce fait établi, et sa vérilication est trop facile en sm*
NUTBITIO:!. 299
lot les indications que j'ai données pour qu on le conteste après examen, je m que la doctrine de la péné-
DâN» LK l'LACBHTA. —
Villosités insérées sur les terminaisons des ramuscules vasculaires et affectant tontes les directions. — 3. Couche d'épithélium de la muqueuse qu'on observe sur la lace utérine du placenta après la délivrance. — 4. Sinns utérins. — 5. Matière amorphe procédant de la couche d'épithélium et remplissant rintervalle des villosités.
ation des villosités dans les DUS est insuffisante pour expHaer la nutrition du fœtus.
Voici le complément qu'il me «raît nécessaire de lui ajouer.
L« appendices villeux sont m entre eux par une substance œ^'rj)h€, élastique, grisâtre, irtout continue avec elle-même.
Bon retrouve dans toute l'éibseur du placenta jusqu'à la embrane lamineuse. Elle conînt des granulations molécules et des cellules hvpertro- ^^f^- ^- — i>isp«sïtior db^villosités d
ïi^ présentant dans leur ^- Vaisseau phicentaire.-Î.Villosi
nne les altérations les plus verses. Cette substance est une nanation de Tépithélium de
muqueuse utéro-placentaire, f'H: lequel elle se continue manifestement. Sa constitution est la même. ï^ns le placenta, dont la structure anatomique est si peu compliquée, ^<ïue élément doit avoir son importance. Quel est donc le rôle de celte '^nce qui environne chaque subdivision des villosités? Évidemment elle f P«it jouer le rôle d'obstacle ; elle doit donc être un agent actif de la cir- ^alion de la mère au fœtus.
Il me paraît que cette substance est en effet l'agent de transmission qui wie le liquide nourricier au contact des villosités par un phénomène de *piilariié. Il s'établirait, par son intermédiaire, un courant d'endosmose «W de la mère au fœtus, et d'exosmose du fœtus à la mère pour les élé- B«nls d'excrétion. La modiflcation que j'apporte à la doctrine actuelle est ^^^ndreàtoutc la substance intervilleuse le phénomène qu'on limite à sa ^rtion qui tapisse la paroi des sinus. Cette modification change compléle- ■^l le mécanisme de l'acte nutritif tel qu'on le comprenait.
w pénétration fort problématique d'une très-petite portion des villosités
^^nnuint les sinus ne serait donc plus nécessaire pour expliquer la fonction
'* "^*S8e villeuse qui reste éloignée des réservoirs utérins. On concevrait
*»OTs comment toutes les villosités, quels que soient leurs points d'implanta-
'«n ou la direction de leurs rameaux, pourraient concourir à la nutrition
^^œius. L'épaisseur plus grande de ce tissu entre les lobes placentaires arable destinée à favoriser sur ces points l'ascension d'un courant plus.éner-
'^^^ du liquide nutritif, qui se distribuerait ensuite dans les espaces inter-
vilieux.
^^ matière amorphe est parfaitement disposée pour remplir un pareil