‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 72 sur 277 · DIAGNOSTIC DE LA «DOSSESSE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE LA «DOSSESSE

Le diagnostic de la grossesse, surtout pendant les premiers mois, est parfo^^ un des problèmes les plus difficiles qu'il soit donné à un praticien de résoudra. . Dans certains cas, les phénomènes qui se manifestent sont tellement accusés et nombreux, qu'on peut presque avec certitude affirmer la conception Hais trop souvent dans la première période, les éléments qui servent de ba» au diagnostic sont trop vagues et trop peu significatifs pour avoir, isolés, aiif valeur suffisante. Ces éléments peuvent même manquer complètement.

L'absence des symptômes, ou leur insignifiance ne sont pas les seules caosts d'erreur qui peuvent mettre en défaut la sagacité du praticien et le problèicf est souvent plus complexe. On peut se trouver en présence de phénoroèoK morbides possédant tous les caractères apparents d'une grossesse à son début, ou même à une période plus avancée bien que la gestation n'existe pas. Dans ces conditions, il est parfois extrêmement diificile de discerner les apparences de la réalité.

Dans ses investigations, le praticien doit naturellement tenir grand compti* des renseignements fournis par la femme, car en dehors des faits matériels qu'il constate, il en est de fort importants qu'il ne peut connaître et appi^ cier, qu'au moyen des confidences qu'il reçoit. Ces renseignements peutent encore être une source d'erreur. Si la femme désire vivement être mèfe, elle peut se faire des illusions et prendre le désir pour la réalité, alors elle donne aux faits une physionomie inexacte, croit à des sensations quelif n'éprouvepas, et, delà meilleure foi du monde, induit en erreur, si lamt^ fiance du praticien n'est pas éveillée par ce puissant désir de maternité.

Si, au contraire, la femme a un intérêt à cacher sa grossesse, elle dissimulera les circonstances les plus significatives, ou les dénaturera. Elle niera la possibilité d'une conception avec une énergie bien capable d'ébranler la cofiviction la mieux fondée. ,

Indépendamment des faits qui se rattachent à la médecine légale, ile$tdc> cas où il devient pour une famille très-important de savoir si la grosse:^ existe, ou non. Dans le monde, on ne tient nullement compte des difficulté qui entourent cette question ; on ignore les causes d'erreur qui peuvent tromper les plus expérimentés ; on veut savoir, et si par hasard le praticien s^ trompe, il est proclamé un ignorant; et on le dira bien haut, ^surtout si ^^ opinion était contraire au vœu de la famille.

Il faut donc apporter la plus extrême prudence dans l'expression d'un dwgnostic formel ; s'il existe le moindre doute dans l'esprit du médecin consultât il doit par de sages réserves mettre à couvert sa responsabilité morale- | doit tenir compte, non-seulement de ce qu'il voit, mais encore scruter, «^ |

DIAG?90ST1C. 395

uelque sorte, la pensée de la femme qu'il interroge, Taire la part des îiluions ou de la mauvaise foi, et dans un examen rapide évoquer toutes les aoses morbides qui peuvent simuler la situation qu'il est appelé à éluider.

Dans une période plus avancée, du quatrième au cinquième mois, la ceiliude commence et de nouveaux symptômes donnent au diagnostic une plus prande précision. '

La grossesse peut donc être caractérisée par des signes qui la font consilérer comme probable, et par d'autres qui ont la valeur d'une certitude.

Depais longtemps cette différence dans la valeur des signes de la grossesse Tait frappé les accoucheurs. Jean Devaux (1722), l'annotateur anonyme de eLimotte, formula leur division, dans l'ouvrage de ce dernier auteur. Il les lassa en deux ordres, les rationnels et les sensibles. Les premiers, dit-il, sont fujvoques et les connaissances qu'on en tire ne nous viennent que du rai- )nnement. Les seconds proviennent du témoignage des sens. Depuis cette poque, tous les auteurs , à quelques rares exceptions près, qui ont établi ne classification des signes de la grossesse ont admis ces dénominations, ien quelles soient absolument inexactes. £n voici la preuve : la coloration fi Taréole et le développement de l'utérus nous sont révélés par le témoinage des sens, et cependant ils appartiennent bien évidemment aux signes ilionnels et non aux signes sensibles. Gupuron a donné une autre division, ladmet trois classes de signes, ceux : 1® qui font présumer la grossesse; 2® qui I rendent vraisemblable ; S* qui la mettent hors de doute : Montgomery n'a lit que changer les mots en admettant les signes de présomption deprohabiité el de certitude^ cette dernière classification a été adoptée par P. I>u- «is, mais je crois qu'elle n'est pas beaucoup meilleure que celle de !• De\aux.

Il n'existe aucune ligne de démarcation tranchée entre les signes de p*é" «mpfioii et de probabilité; et on n'a véritablement aucune raison de placer i plupart des symptômes qui se développent chez la femme sous l'influence ^ la grossesse plutôt dans la première que dans la seconde de ces deux divisions. En les acceptant comme utiles à la pratique et réalisables, on serait ^core obligé de s'en écarter à chaque instant. On a voulu faire de la préemption le premier pas qui conduit à la certitude, et la probabilité serait un P<»nl plus avancé dans cette voie. Eh bien ! il est facile de voir que le même symptôme pourra dans des cas différents être classé dans les deux ca- (egories. Ainsi, par exemple, la suppression des règles chez une femme à raenslniation irréguliére n'aura que la valeur d'une présomption; tandis que "^i elle se manifeste chez un autre sujet qui n'a jamais éprouvé de retards, ce *P€ prendra les proportions d'une probabilité. La meilleure preuve que celte dassilication laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la précision, c'est <pe Dubois, qui l'a acceptée, n'en a pas fait l'application ; il semble avoir laissé 3 chacun la liberté de remplir, à sa guise, le cadre tracé par Gapuron. En résumé, j'admets que le diagnostic de la grossesse se fonde sur l'exis-

l«Dce des signes probables et de signes certains^ Les premiers sont fournis par

^ ^modifications qui se manifestent dans les différents appareils et fonctions

de la femme sous l'influence de la gestation. Les seconds appartiennent n fœtus et riêvèlent d'une manière certaine sa présence et sa vitalité.

Stein avait adopté une division analogue en principe; mais il considènt comme certains des phénomènes qui n'ont nullement ce caractère.

Page 1