DURÉE DU TRAVAIL
La durée du travail est extrêmement variable, et si, en général, lespluii pares accouchent un peu plus rapidement que les multipares, on obsen< sur ce point de nombreuses exceptions.
Madame Lachapelle, sur un total de 2,355 accouchements, a noté que ie travail a duré
12 heures dans 175 cas.
Ce qui donne une moyenne de cinq à six heures. C'est dans les huit p^ miéres heures que Ton observe les plus fréquentes terminaisons.
Merriman a donné une statistique de 226 cas dont la moyenne géoértit ost d'un peu moins de quinze heures. Hawsell en a fourni une autre, baseï' •ur 442 observations, dont la moyenne est d'environ dix heures et defl«<* Fnut-il conclure de la différence qui existent entre les moyennes de cesi^ dorniers accoucheurs et celle de madame Lachapelle que le travail es( p'f^ ïnna r.hcz les Anglaises que dans notre pays? La statistique suivante va dou^ 'contraire, iana un relevé portant sur 15,850 cas a noté que le tratiila^'*
1 heure dans 100 cas. |
DURÉE DU TBATAIL.
[iré: âne heure pour 5,515, d'une à quatre heures pour 7,474, et de quatre douze heures pour 4,097 ; les 706 cas restants se sont terminés à des époques lus éloignées et variables. Cette statistique donne des résultats très-différents scellés de Merriman et de Hawsell, et comme elle porte sur un plus grand unbre de cas, il est probable qu'on doit la considérer comme l'expression Iqs exacte de la réalité.
Il existe une indépendance complète entre les différents temps du travail, lies diverses phases d'un même temps. L'accouchement très-lent au début, eut prendre subitement une marche rapide et se ralentir de nouveau. Cette Kmiance de calme et d'activité peut se manifester à plusieurs reprises sans le rien ne permette de prévoir de semblables fluctuations. Aussi est-il prust de ne jamais pronostiquer exactement Theure de la délivrance, quelle te soit la marche du travail qui s'est déjà accompli. Un brusque changement ut déconcerter les prévisions qui semblaient les mieux justifiées, et l'événeent \iient donner un désagréable démenti à l'accoucheur. L'erreur en pareil ts n'est pas sans importance au point de vue de la patiente, qui est presque ujours disposée à interpréter les choses d'une manière fâcheuse. Si le travail ^sse les limites qu'on lui a assignées, elle s'imagine qu'un accident imivn complique sa situation , et il faut éviter avec soin tout ce qui peut outer à ses appréhensions. Comme cette question est toujours posée par la itiente et qu'elle y revient à chaque instant avec insistance, il faut y répondre une manière évasive et ne rien préciser.
En général la période de dilatation est beaucoup plus longue que celle expulsion, et il m'a paru que Cazeaux ^ en admettant que la première est à la '<^nde comme 2 ou 5 est à 1, a donné une proportion un peu faible, il me îiûble que celle de 4 ou 5 :: 1 , serait plus exacte.
Churchill a noté dans 981 cas la durée du temps écoulé depuis le cornlenceroent du travail jusqu'à la rupture des membranes. Voici le résultat de die recherche
ïwz 167 femmes, la durée a été de
- 53 ^ ~ iO — —
Ce qui donne une moyenne d'environ sept heures et demie. ^ns 812 cas le même auteur a noté le temps écoulé depuis la rup- ^re des membranes jusqu'à l'expulsion complète et il a trouvé les chiffres
suivants:
é de 2 h.
Chez 8 femmes,
la durée a été de 50 à 58 h
— eoTiron 50
ii 18 '
— environ 70
^"* 506 cas, ce temps a été de
1 heure.
Dans 11 cas, ce temps a été de 20 heures.
Ces deux tableaux ne peuvent se compléter, car évidemment le second comprend des faits de dyslocie ou de ruptures préftiaturées des membranes. Bien que cette dernière condition n'enlève pas à Taccouchement son caractèn; physiologique, elle constitue cependant une anomalie qui empêche d*uUliser les résultats de ce tableau au point de vue de la comparaison rigoureuse de la durée des deux périodes. En acceptant ces chiffres on trouve une moyenne d'un peu moins de deux heures et demie. Hais si on retranche les observations dans lesquelles l'expulsion du fœtus a eu lieu plus de quinze heures après la rupture des membranes, on fait encore une large part aux mauvaises conditions, celte moyenne s'abaisse à environ une heure et demi", Cependant je ne veux pas admettre comme décisifs des chiffres aussi peu ctTtains, et je crois que de nouvelles recherches sont nécessaires pour élncider ce point de la question.
L'âge avancé de l'accouchée n'a pas d'influence très-sensible sur la durée du travail, même dans les cas de primiparité. Cazeaux* accorde que rhêrèdilé en exerce une notable sur la lenteur ou la rapidité de Taccouchement, et l'on verrait dans trois ou quatre générations le travail s'accomplir de la roèm** manière. Dans ces cas, les renseignements qui portent sur quatre gènéralii>ns proviennent évidemment de la tradition de la famille et il est dtfficilt* de beaucoup compter sur l'exactitude de pareils documents. J'émettrai un doute semblable sur la valeur des récits qui nous ont été transmis par les voyageurs, au sujet de la courte durée et de la facilité de Taccouchenient chez les peuplades à l'état de barbarie, et, malgré les autorités citées par Burn*', je crois que nous ne savons rien de ce qui se passe chez les peuplades «îe l'Afrique, de l'Inde et du Groenland. Avec des statistiques assez complète'-, nous n'avons pu encore déterminer chez nous exactement la durée moyenne de la parturilion, et le récit d'un voyageur, le plus souvent étranger à la médecin» et qui n'a rien observé par lui-même, deviendrait pour nous une autorité î G^ serait se montrer de trop facile composition. Il est possible que ce fait, h généralement admis en ce qui concerne les peuplades à l'état primitif, <*-i\ vrai dans de certaines limites, mais la preuve scientifique n'en a pas encun été faite.
C'est probablement de cette croyance qu'est sortie l'opinion que les femnn^ de la campagne accouchent plus rapidement que celles qui sont élevées dan> la mollesse et l'oisiveté. Il est certain que chez ces dernières les phénomène > nerveux prennent plus d'intensité et que, en raison de cette disposition « 1»*suites de couche sont plus souvent fâcheuses, mais aucun document autre qiu* l'opinion vulgaire n'établit une différence daiis la longueur du travail rht*7 les femmes des villes ou des campagnes.