GLAIRES
Les glaires se manifestent dès le début du travail sous forme de longs flocons visqueux et tenaces qui s'attachent aux doigts qui explorent ou à l'orifice vulvaire. Cette sécrétion provient du col de l'utérus et elle diffère complètement du mucus vaginal crémeux qui se montre dans les derniers temps de la grossesse. Depuis longtemps déjà, on a déterminé exactement h différence des produits de sécrétion appartenant à ces deux organes, et il me semble inexact d'attribuer les glaires de l'accouchement aux follicules du vagin et à ceux du col utérin ; elles appartiennent exclusivement à cette
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dernière région, bien qu'on puisse constater pendant l'accouchement la présence simultanée de ces deux mucus. Au début du travail, les glaires sont incolores et transparentes, cet aspect peut persister sans modification jusqu'à l'expulsion du fœtus. Le plus souvent, à mesure que la dilatation fait des progrès, elles deviennent jaunâtres, verdàtres et présentent des variétés de coloration que Velpeau * compare à celles des crachats des inflammations pulmonaires. On observe également qu'elles sont striées de sang, on dit alors que la femme marque, il a été donné plusieurs explications de la présence du sang dans les glaires ; Moreau l'a attribuée à la rupture des vaisseaux qui se portent de l'utérus aux membranes et à des éraillures du col. Ces causes sont plus admissibles que l'hypothèse de Desormeaux qui croyait à la transsudation du sang à travers les capillaires sans solution de continuité. Le décollement du placenta a été également invoqué comme cause de ces sfrics sanglantes, sous cette influence, 1 hémorrhagie est infiniment plus considérable.
La quantité des glaires est extrêmement variable, parfois elle est assez peu notable pour qu'elles passent inaperçues. On dit alors que le travail se fait à sec, ce qui est fort inexact, car c'est surtout le liquide amniotique qui lubréfie le canal pelvien. Parfois, au contraire, l'écoulement des glaires est extrêmement abondant, elles s'échappent en larges flocons à chaque douleur. Sans admettre complètement l'opinion vulgaire qui consiste à croire que dans ces conditions le travail a une terminaison plus prompte. Velpeau semble disposé à l'accepter dans de certaines limites.
La sécrétion des glaires n'est pas particulière à la femme, on l'observe également chez les autres mammifères où sa durée semble subordonnée a la durée du travail normal. Ainsi chez la jument, qui met bas très-rapidement, elles disparaissent au bout de peu de temps et font bientôt complètement défaut si l'expulsion du fœtus est retardée par une cause pathologique. Chez la vache, au contraire, le paît a une bien plus longue durée et on constate l'écoulement des glaires pendant un temps beaucoup plus long.
Les glaires semblent destinées à lubrèfier le canal pelvien, on prétend que lorsqu'elles font défaut, la période de dilatation est plus douloureuse pour la femme. Leur présence est un signe assez sûr qui annonce l'établissement du travail définitif.