VARIÉTÉS DK FORME DU BASSIN
Théoriquement, les deux moitiés latérales du bassin sont symétriques; mais en réalité rien n'est plus rare que cette symétrie parfaite. La différence
ANATOMIE
porte sur le degré d'inclinaison des fosses iliaques, l'inégalité des arcs pubiens, le développement un peu plus notable d'un des os symétriques, etc. Toutes ces variétés, parfois insensibles, ne sont en général visibles que sur le bassin décharné, soumis à un examen attentif. Mais on comprend qu'en s'exagérant elles peuvent, par des nuances progressives, aboutir aux déformations les plus graves.
Indépendamment du défaut de symétrie, le bassin peut s'écarter dans ses dimensions relatives du type qui a servi à notre description. On constate parfois qu'un des diamètres s'est agrandi sans que les autres soient modifiés: on peut également observer une étroitesse portant sur un seul des diamètres. Quelques auteurs, appartenant surtout à l'Allemagne, ont signalé, en l'absence de toute affection du système osseux, des modifications dans la configuration du détroit supérieur qui lui imprimeraient une physionomie particulière. Ainsi, selon ces auteurs, le détroit supérieur peut présenter une difformité qui donne au diamètre anléro-poslérieur plus d'étendue qu'au transversal. Dans ce cas, la ligne innommée est moins courbe et se dirige plus en avant. La disposition contraire peut être notée, et l'exagération de l'étendue du diamètre transversal du détroit abdominal est ce qui frappe tout d'abord. Les trois diamètres peuvent être égaux, et le détroit prend alors une forme ronde. Enfin, on a noté la forme quadrilatère et cordiforme du détroit supérieur.
Je pense que les auteurs qui ont signalé ces variétés de forme les ont personnellement observées et ne s'en sont pas fiés à la tradition pour les décrire. Mais ces dispositions sont tellement exceptionnelles que je n'ai pu les rencontrer sur aucun des nombreux bassins normaux que j'ai examinés dans mes recherches sur ce point d'anatomie.
L'arcade des pubis présente de fréquentes variétés dans sa hauteur et dans le dégré d'écarlenient de ses piliers.
En général, ces diverses modifications du type normal ne déterminent aueun obstacle à l'accouchement ; il se peut cependant que dans certaines conditions les divers temps de l'évolution fœtale subissent quelques anomalies, surtout le mouvement de rotation de la tète. Mais ce ne sont point là des causes de dystocie bien notables.
Quelques anthropologistes ont prétendu que les femmes ariennes du rameau germanique accouchaient avec, plus de facilité que celles du rameau celtique. Cette assertion dénuée de preuves ne s'appuie sur aucune raison ana- . toinique, et il serait très-peu scientifique de conclure d'un fait qui n'a d'autre valeur qu'une simple affirmation, qu'il existe une différence de capacité entre les bassins de ces deux familles. Dans toutes les races, le diamètre de la cavité pelvienne est en rapport avec le volume du fa'tus qui doit le tra\erser; c'est une loi immuable de la reproduction. Si donc il existe des obstacles ù l'accouchement dépendant de l'étroilesse du bassin, on ne peut les attribuer au type de l'espèce, mais uniquement à des déformations morbides du svstème osseux ; et lorsque l'accouchement semble plus facile dans un des rameaux de la race aryenne, il en faut conclure non pas que le bassin soif plus large, mais que dans ce rameau le rachitisme et l'osléomalacie sont
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moins fréquents, ou encore que les parties molles présentent moins de résis tance.
Les éléments constituants offrent également de fréquentes variétés, qui semblent tenir non-seulement à la différence des races, mais encore à la diversité des positions sociales. Les os sont plus minces, plus gracieux datis leur forme, plus légers chez les femmes de race que dans les classes laborieuses.
Cette observation s'applique non-seulement à la femme, mais encore aux animaux domestiques, dont l'industrie humaine modifie les types au moyen de la sélection, et la charpente osseuse des chevaux de luxe ou de course diffère notablement de celle des animaux de labeur, destinés surtout à produire de la force.