RAPPORTS DES DIMENSIONS DU RASSIN AVEC LES AUTRES
PARTIES Dl SQUELETTE
Il n'existe pas de relations constantes et évidentes entre la stature des femmes et le développement du bassin, lorsque cette stature ne dépasse pas d'une manière extraordinaire, en plus ou en inoins, les moyennes nonnales.
On voit tous les jours des femmes de petite taille accoucher avec beaucoup de facilité, lorsque leur croissance n'a pas été arrêtée par le rachitisme. D'un autre côté, on a quelquefois observé chez des femmes de taille au-dessus de la moyenne, sans traces de maladies osseuses, une étroitesse générale du bassin et qui a cependant nécessité l'intervention chirurgicale. Lorsque nous étudierons les vices de conformation, nous verrons qu'il existe une variété . dans laquelle le bassin, régulièrement développé, présente une diminution de tous les diamètres, et que celte anomalie s'observe au moins aussi souvent chez des femmes dont la taille dépasse la hauteur moyenne que chez celles qui sont petites.
Vclpeau * croit l'étroitesse générale assez fréquente et dit qu'elle s'observe surtout chez les femmes dont la taille est élancée. Je me rends plus volontiers à l'opinion de mou savant maître qu'à celle de Gardien*, qui prétendait que le bassin pris dans son entier est plus spacieux, moins profond chez celles qui sont d'une taille moyenne que chez les autres.
Si on ne peut admettre en principe qu'il existe une relation proportionnelle entre la stature et le bassin, il est cependant une observation qui semble généralement acceptée : c'est que lorsqu'une femme a de longues jambes on doit être rassuré sur l'étendue de son bassin.
L'école allemande, Walther, Meckel, et plus tard Weber, ont voulu établir une concordance intime entre la tète et le bassin. Les différents types crâniens : ovales, ronds, coniques, carrés, correspondraient à des bassins ovales, ronds, etc. De plus, Weber admit que certains diamètres de la tète correspondent aux diamètres pelviens. Ainsi, une ligne tirée du point le plus éle\é d'une arcade zygomatique au même point du côté opposé donnerait le diamètre transversal du détroit supérieur ; le diamètre mesuré par une ligne allant de la racine du nez au menton donnerait le diamètre antéro-
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|Kj;slùri4*iir du même détruit Weber prétendait mémo que les déformations rachitiques du pelvis sont reproduites mu- le crâne; do sorti* que l'inspection de la tête suffirait pour la détermination des dimensions et de la conformation du bassin.
Le bon sens cl l'observation ont l'ait justice de tes étranges théories, qui n ont aucun fondement.
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Il existe entre le bassin de l'homme et celui de la femme des différences plus notables que celles qu'on constate dans aucun autre point du système osseux. (âïs différences, on le comprend, ont toutes pour but de favoriser les fonctions spéciales à la femme: la gestation et la parlurilion. Il suffira, pour les faire ressortir, de les signaler seulement sur le bassin de l'homme ; leur énumération servira à mettre en relief les dispositions contraires, qui sont propres à la femme.
Le bassin de l'homme présente, à sa partie supérieure, un développement et un évasement moindres des fosses iliaques internes; les crêtes iliaques, plus élevées, sont très-contournées, et l'espace compris entre les épines antérieures et supérieures moins étendu. Si on abaisse deux lignes verticales parlant du moignon de l'épaule, le bassin sera compris entre ces deux lignes, tandis que chez la femme les crêtes iliaques les déborderont; ce qui explique la saillie plus prononcée des hanches chez cette dernière. La saillie sacrovertébrale est moindre. Le détroit supérieur, plus rétréci transversalement, est, relativement, plus étendu dans son diamètre antéro-postérieur ; la ligne innommée est donc moins courbe et se porte plus en avant.
L'excavation est plus étroite et plus profonde , le diamètre vertical l'emporte sur l'horizontal. Le sacrum parait à Dubois*, contrairement à l'opinion de Meckel, plus large et constituant le tiers de la circonférence du détroit, au lieu du quart. Il est moins courbe transversalement et verticalement ; en bas, sa courbure est brusque et plus prononcée. La symphyse des pubis est plus développée dans le sens vertical; l'arcade pubienne moins ouverte et le sommet moins obtus ; les bords internes des branches ischio-pubiennes moins déjetés en dehors; les Irous sous-pubiens ovalaires, au lieu d'être triangulaires; ce caractère est le seul qui soit véritablement caractéristique el constant. Les tubérosites de 1 ischion sont plus rapprochées.
Les symphyses, plus serrées, tendent à se souder prématurément, surtout l'articulation sacro-eoccygicnne, dont la mobilité est moins persistante. Les os épais, à surfaces rugueuses, ont plus de force (pic d'élégance, et présentent des empreintes musculaires très-marquées.
Les caractères différentiels ne sont pas toujours aussi tranchés que nous venons de les indiquer, et l'on ne peut souvent apprécier qu'avec une certaine difficulté les nuances qui caractérisent le sexe, surtout si l'on songe que dans des bassins bien conformés la différence du développement du bassin de l'homme et de la femme n'est guère que de 10 à i2 millimètres.
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