NAISSANCE
Code civil, art. 55. Les déclarations de naissance seront faites, dans les trois jours de l'accouchement, à l'officier de l'état civil du lieu : l'enfant lui sera présenté.
Art. 56. La naissance de l'enfant sera déclarée par le père, ou, à défaut du père, par les docteurs en médecine ou en cliirurgie, officiers de santé, sagesfemmes, ou autres personnes qui auront assisté à l'accouchement.
Art. 546. Toute personne qui, ayant assisté à un accouchement, n'aura pas fait la déclaration à elle prescrite par l'art. 56, et dans les délais fixés par l'art. 55, sera punie d'un emprisonnement de six jours à six mois, et d'une amende de 1 6 fr. à 500 fr.
Ces dispositions rendent obligatoire la déclaration de l'accoucheur ou de la sage-femme, en cas d'absence du père. Ce mot absence du père comprend également son abstention. Il faut donc s'enquérir avec soin , lors de la naissance d'un enfant naturel, si le père accepte la paternité, et s'il a accompli les prescriptions civiles. Dans le cas contraire, on doit mettre sa responsabilité a couvert en assistant à la déclaration devant l'officier municipal.
L'obligation de cette mesure s'étend aux mort-nés, même avant tenue. Le 25 mai 1861, le tribunal correctionnel de Tours intenta des poursuites, pour défaut de déclaration de naissance, aux époux P... et à la sage-femme qui avait assisté à la naissance de deux fœtus jumeaux expulsés à environ quatre mois et demi de grossesse , et qui avaient été inhumés dans le jardin de la maison. Les prévenus ne furent acquittés qu'en raison de l'âge des fœlus qui n'avaient pas atteint l'âge de la viabilité légale, c'est-à-dire le sixième mois.
Ce jugement soulève plusieurs questions importantes :
1° La présence du père légitime ne suffit pas pour dégager la responsabilité du médecin ou de la sage-femme lorsqu'il omet de faire la déclaration, puisque dans ce cas la sage-femme a été poursuivie. Cependant ce point parait résolu en sens contraire par des arrêts des tribunaux supérieurs.
2° La déclaration de naissance serait obligatoire lorsque le fœtus a dépassé le sixième mois.
5* Avant cette époque le permis d'autopsie ne serait pas nécessaire , non plus que le permis d'inhumation, et celle-ci pourrait être faite n'importe où. Du moment où il n'y a pas naissance civile , il n'y a pas de déclaration de mort.
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Cette doctrine est acceptée par les Cours de Valence , de Nancy et de Grenoble. Cependant , à propos de l'inhumation d'un mort-né de six mois et demi, faite sans déclaration, la Cour de cassation , qui n'a touché qu'incidemment à ce point de la question , semble exiger que les formalités légales soient accomplies quel que soit l'âge du fœtus. Il est évident qu'au fond la Cour a voulu simplement réserver la question et en laisser l'appréciation aux juges selon la nature de l'affaire, car cela nous conduirait à la conséquence ridicule, de nous forcer a porter à l'état civil un œuf abortif de six semaines, par exemple, pour nous soustraire aux conséquences passibles d'une condamnation judiciaire.
La loi, qui nous impose l'obligation de déclarer la naissance, ne nous force pas à déclarer le nom du père ou de la mère, lorsqu'ils veulent rester inconnus. L'art. 578 du Code pénal punit la révélation des faits qui sont confiés à l'homme de l'art en raison de ses fonctions, d'un emprisonnement d'un à six mois de prison et d'une amende de 100 à 500 francs. On ne pourrait, sans violer cet article, révéler le nom d'une femme accouchée qui veut rester inconnue.
Sur ce point, la jurisprudence est fixée par un arrêt de la Cour de cassation eu date du 16 septembre 1815.
Dans ces circonstances, le médecin où la sage-femme déclarent simplement la naissance. Si l'officier municipal refusait la déclaration comme incomplète, il lui serait fait sommation d'y procéder. Le cas s'est déjà présenté, et l'enregistrement a été ordonné par le tribunal.
SOINS A L FVJAM ET HYGIÈNE DE LA KAI&MASCE Al *EVRA«E
Coloration de la pemm. — Au moment de la naissance, l'enfant présente parfois une coloration uniforme d'un rose vif ou rougeàlre qu'on attribue • à la prédominance de la circulation capillaire. — Cette hypothèse n'est pas parfaitement d'accord avec les données de la physiologie, et la nature du phénomène n'est pas exactement déterminée. Nous noterons seulement que, dans la race nègre, le nouveau-né est presque blanc, ce n'est que plus tard que la sécrétion pigmentaire lui donne la couleur qui appartient à sa race. La coloration rougeûtre du nouveau-né s'efface progressivement et a complètement disparu vers le huitième jour, parfois en faisant place à une teinte jaunâtre qui rappelle le premier degré de l'ecchymose. Cette coloration ne doit être l'objet d'aucun soin spécial, elle s'efface spontanément et disparaît d'une manière passagère sous la pression du doigt, parfois elle persiste un peu plus longtemps sur les pieds et les mains de l'enfant, mais on ne doit y attacher aucune importance à moins cependant qu'elle ne s'accompagne d'une infiltration œdémateuse.
État du ponlM. — La première période de l'existence n'est point à l'abri des maladies, et souvent il est nécessaire de constater l'état du pouls, afin d'apprécier la valeur de certains phénomènes qu'on observe. Diverses causes rendent cette exploration extrêmement difficile. Les difficultés tiennent à la petitesse de l'artère ; à fon peu d'ampliation sous l'effort de l'ondée san-
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guine ; à l'épaisseur du tissu cellulaire qui la recouvre ; à la sensibilité cutanée, qui fait que la moindre pression irrite le nouveau-né, qui cherche par ses mouvements désordonnés à échapper au contact qui l'incommode. Cette sensibilité se manifeste surtout vivement lorsqu'il existe une certaine différence de température entre le doigt qui explore et la peau de l'enfant. Billard a signalé un dédoublement du pouls du nouveau-né, qui bien que rare, augmente, quand il existe, les obstacles à l'exploration.
Il est donc fort difficile de constater l'état du pouls par l'examen de la radiale. L'auscultation du cœur n'est pas beaucoup plus praticable, il faut déshabiller l'enfant, et l'application de l'oreille ou du stéthoscope sur la poitrine fait naître des cris et une agitation qui empêche de se rendre exactement compte du nombre des battements. Le procédé d'exploration le plus exact consiste à glisser le doigt sous ln manche de l'enfant pour atteindre, au pi) du coude, l' humerai e dont les pulsations se font sentir lorsqu'elles ne sont pas perceptibles à la radiale. On peut nombrer les pulsations immédiatement après la naissance ; cependant d'après Letourneau, dans un tiers des cas, cela n'est possible que du deuxième au'quatrième jour. Ce dernier auteur sur un total de 72 observations recueillies sur des enfants depuis le moment delà naissance jusqu'au trente et unième jour, a reconnu, que la moyenne était de tt>4 pulsations par minute. Avec un minimum de 90 et maximum de 160, les résultats sont analogues à ceux indiqués par Trousseau et Garham.
Exfollatlon de j'épiderme. — (j'enveloppe cutanée du fœtus subit au contact de l'air une moditication caractérisée par l'exfoliation de l'èpiderme. D'après Billard, ce phénomène se manifeste à une époque assez variable ; il est rare qu'il commence à se produire dans les trois premiers jours qui suivent la naissance; c'est eu général du quatrième au huitième qu'il se mon- • Ire actif. Sa durée est également variable et elle se prolonge parfois jusqu'au trentième ou quarantième jour. L'exfoliation est plus lente et plus marquée chez les enfants maladifs que chez ceux qui ont une santé vigoureuse. La chute de l'èpiderme est ordinairement insensible, il tombe sous forme de petites écailles furfuracées. Parfois, au contraire, indépendamment de celte forme, l'èpiderme se soulève par plaques d'un diamètre variable, et qu'on observe sur les surfaces larges et planes ; ou par lignes qui se montrent surtout au niveau des plis articulaires.
Ce phénomène ne réclame aucun soin particulier, et si parfois la forme que nous avons signalée en dernier lieu est notée plus particulièrement chez les enfants en état de souffrance, on peut également la constater dans les conditions les plus favorables.
Chute du cordon — Après l'accouchement, la partie du cordon adhérente à l'ombilic du nouveau-né devient un corps étranger ; privé de vie et de circulation, il se détache spontanément du quatrième au sixième jour, rarement plutôt, exceptionnellement le huitième ou le neuvième. Lorsqu'il est très-infiltré de tissu lamineux, sa chute est tardive.
Du premier au deuxième jour, le cordon commence à se flétrir, son épi' derme et le tissu lamineux qu'il contient se dessèchent; il diminue de vo-
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lumc, brunit et se vrille. Ce dernier phénomène n'appartient qu'à l'enfant vivant; chez le mort-né, le cordon se putréfie sans subir cette modification.
En examinant attentivement la peau de la région ombilicale, on voit, surtout cher les nouveau-nés congestionnés, une différence très-sensible entre la vascularitè du tégument abdominal et l'absence des vaisseaux sur l'enveloppe du cordon. Il existe à la base de cet organe un cercle vasculaire trèsaccusé et qui est en connexion avec la veine et l'artère tégumenleuse abdominale. Les tins rameaux qui en émanent s'arrêtent brusquement sur ce point, les vaisseaux se recourbent en anses pour former un réseau très-élégant. Au delà du cercle vasculaire, la couleur de la peau change brusquement et de rosée devient grisâtre. Lorsqu'on tend le cordon, la limite qui sépare les deux teintes, est bien apparente. C'est là que doit s'opérer la séparation, car non-seulement l'enveloppe du cordon n'a de circulation propre ù aucune époque, mais encore les capillaires de ses vaisseaux qui existent dans leur portion intra-abdominale s'arrêtent brusquement au niveau de l'ombilic. Il en résulte que tout élément de nutrition fait défaut dans la tige ombilicale. Sa mort survient au moment où sa fonction cesse, et elle se sépare du nouveauné par le mécanisme d'élimination qui sépare les parties inortiliées des organes ayant vie. Tel est le mécanisme de la chute du cordon et il n'est pas nécessaire pour l'expliquer de faire intervenir, ainsi que le veut Hichct, l'action d un sphincter ombilical opérant la section des vaisseaux comme le ferait une ligature. Robin a démontré que le sphincter ombilical est une erreur anatomique ; l'anneau ne contient pas d'éléments contractiles.
La petite plaie qui succède à la chute du cordon est le siège d'une légère suppuration qui peut se prolonger pendant quelques jours lorsque la tige ombilicale était volumineusc.il est prudent, pour éviter les inflammations dont cette plaie pourrait devenir le siège, de la protéger au moyen d'un pansement jusqu'à ce que la cicatrisation soit complète.
Le premier phénomène qui se produit sur la portion intra-abdominalc des vaisseaux du cordon est une rétraction, qui éloigne de l'anneau l«»ur extrémité libre. Elle commence dans les artères avant la séparation du cordon, et le sixième jour après la naissance, la distance -peut être déplus d'un centimètre. Sur ce point, l'artère n'est plus représentée que par sa tunique adventice, la moyenne en se rétractant a entraîné l'interne. La cavité qui résulte de ce retrait est souvent remplie par un caillot de sang assez consistant et qui teint les parois de la tunique adventice. Cette disposition a une grande importance pratique au point de vue des hémori hagies tardives dont nous parlerons tout à l'heure.
La rétraction des vaisseaux entraîne en dedans la peau du bourrelet ombilical, qui forme bientôt une espèce d'iufundibulum. La dépression [ombilicale n'est pas circulaire, mais limitée par deux lèvres, lune supérieure, plus volumineuse que l'autfe, inférieure. Elles sont adossées, et limitent une fente en croissant, dont la concavité regarde plus souvent en bas que dans le sens opposé.
■émorrhagte» ombilicales tardive*. — Nous avons vu que la chute du cordon produisait une plaie qui se fermait régulièrement après quelques jouis de suppuration. Mais il peut se faire que la cicatrisation soit incomplète et que
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l 'ombilic du nouveau-né devienne le siège d'une hémorrhagie, à peu près certainement mortelle, car Grandidicr n'en signale qu'un cas de guérison spontanée sur 202 cas. L'accident survient ordinairement au moment de la chute du cordon ou dans les six premiers jours qui la suivent. On l'a observé dans un cas tout à fait exceptionnel au cinquante-sixième jour.
La disposition des vaisseaux ombilicaux, que nous avons signalée, et la persistance de leur calibre qui s'oblitère très-tardivement, permettent de comprendre la possibilité des hèmorrhagies survenant après la chute du cordon, et on conçoit que la cicatrisation peu solide ou incomplète de l'anneau ombilical soit une faible barrière à l'issue du sang. Cependant il faut ajouter à cette disposition l'action d'une cause déterminante qui est le plus souvent constituée par un obstacle qui s'oppose d'une manière persistante ou passagère à l'intégrité de la circulation. On a signalé, h ce point de vue, des vices de conformation ou des affections de l'appareil hépatique, du cœur, la persistance du trou de Botal ou du canal artériel ; des efforts violents, des convulsions, l'hémophilie héréditaire, etc.
Dans 1" hémorrhagie ombilicale, le sang s'écoule en nappe et semble surtout artériel. On l a observée plus fréquemment chez les garçons que chez les filles, et dans la proportion de 55 à 40.
Cette accident est assez rare, lloyer n'en a observé qu'un seul cas sur 10,000 nouveau-nés ; llooker, 1 sur 2,8X5, et Fearing, 1 sur -4,000. Cependant Smith en a réuni 75 cas etGrandidier 202. Ce qui prouve que l'accident n'est pas absolument aussi rare que pourraient le faire croire les statistiques des premiers auteurs que nous avons cités.
Le traitement de l'hémorrhagie ombilicale doit être immédiatement énergique, car parfois les enfants succombent rapidement. 11 faut donc mettre de côté les différents moyens slyptiqucs et la compression qu'on emploie dans les hèmorrhagies traumatiques. Il est absolument inutile de chercher à pratiquer la ligature des vaisseaux ; la rétraction qu'ils ont subie rendrait leur recherche illusoire et les manœuvres qu'on pourrait mettre en usage pour obtenir ce résultat présenteraient de sérieux dangers.
Le procédé indiqué par V. Dubois, pour remédier à l'hémorrhagie ombilicale, me parait préférable à tout autre. Il le décrit de la manière suivante: l'enfant est couché sur le dos et soulevé par un oreiller de manière à faire saillir l'abdomen. On traverse avec une épingle, la peau du bourrelet ombilical, puis une seconde épingle est placée perpendiculairement à la première. On fait avec un fil ciré un huit de chiffre sur chaque épingle, et ou assure enfin l'effet de la ligature, en étreignant la base du bourrelet avec des circulaires de fil passant au-dessous des épingles, qui pourront être retirées du quatrième au cinquième jour, on laissera la ligature en place jusqu'à ce qu'elle tombe spontanément. Pour éviter les douleurs extrêmes qui résulteraient pour l'enfant d'une constriction énergique, les fils ne seront serres qu'autant que cela sera nécessaire pour arrêter l'écoulement du sang.
qui suivent la naissance, le nouveau-né perd un peu de son poids. Bouchaud évalue cette diminution à environ 65 grammes pour le premier jour et à 35 pour
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le second. Ce phénomène est normal et ne doit inspirer aucune inquiétude. Cependant si la diminution ne s'arrêtait pas vers le quatrième jour pour faire place à un accroissement progressif, il faudrait rechercher s'il n'existe pas quelque cause morbide de dépérissement. Pendant les premiers mois, le nouveauté augmente de 1Ô0 a 160 grammes par semaine . On conçoit qu'il existe sur ce point de grandes variations et que ces chiffres n'expriment que des moyennes. Après le quatrième mois, l'accroissement suit une proportion moins rapide.