LAMA
jcvr.ST.
pc rcutir.
Caséine
J'emprunte le tableau suivant au Dictionnaire des sciences médicales et vétérinaires. ' •
lait
ot: rr.VMt.
nftvu.
JCMr.XT.
Densité
Parties solides . . .
Sucre
Caseum et matières .
extractives. . . .
Beurre
Si Ton compare les résultats partiels contenus dans les Irois tableaux que nous venons d'enregistrer. Il est fort difficile de dire, comme on l'a fait, quelle est la femelle animale dont le lait se rapproche le plus de celui de la femme. La proportion des matériaux solides présente des combinaisons si diverses, qu'au moyen des chiffres seuls, et, en enlevant l'indication delà provenance du lait, un chimiste serait fort empêché de dire s'il vient d'une femme ou d'un animal'. Nous avons vu, dans le premier tableau, la quantité de caséum
1 Cela ne s'applique pas au lait de la chienne dont nous avons donné l'analyse à titre de simple renseignement. Par sa composition, il s'écarte trop de celui des autres animaux, qui font partie du même tableau, pour qu'on puisse tenter de l'employer à l'allaitement de l'entant.
ACCOICHKMENT.
varier, pour la femme, entre 0,14 et 5,09 ; le beurre entre 3,00 et 8,97; la lactine entre 1,20 et 7,95 ; l'eau et les sels entre 86,62 et 89,08.
Les proportions indiquées chez les animaux oscillent entre ces extrêmes, û quelques chiffres près, dont la valeur disparaîtrait probablement, si le nombre des analyses était plus grand. Les différences qu'on peut noter sont : pour la jument une augmentation légère de l'eau ; pour la chèvre et la brebis, une proportion un peu plus élevée du caséum. Chez la femme, les sels traités par [incinération présentent un chiffre plus élevé. Ajoutons à cela que, chez les animaux, la saveur et l'odeur du lait ont un caractère eu général qui permet d'en reconnaître la provenance.
En traitant des divers modes d'allaitement, nous exposerons les inconvénients qui résultent, pour l'enfant, de son alimentation par un lait autre que celui de la femme.
Indépendamment des différences qu'on observe dans la composition du lait chez les divers sujets, on en constate de très-notables, à l'état physiologique, chez la même femme ou le même animal, selon que le liquide est extrait d'une mamelle pleine ou ayant subi un commencement de dèplétion. Le lait s'appauvrit et devient plus séreux quand il séjourne longtemps dans la mamelle, et sa richesse en éléments nutritifs augmente presque immédiatement sous l'influence de la succion. L'Héritier a donné l'analyse comparative suivante du lait d'une femme extrait dans ces deux conditions :
LUI EXTRAIT APnl» LAIT HCCCEIIXI APREt 40 HEORO Dr ■.EVRAOC. rt.UllEL'*S MKCJOIfr.
Caséum 0,19 1,50
Bourre 3,40 3,05
tartine .»,8:» . 7,80
Sels \ . . 0,i5 0.45
Eau 90.11 80,80
Une opinion vulgaire consiste ù admettre que le lait des femmes brunes est plus riche en principes nutritifs que celui des femmes blondes. L'Héritier a fait, sur ce point, des analyses qui semblent confirmer l'exactitude de cette opinion. Le tableau suivant donne le maximum et le minimum des résultats obtenus, et ses observations ont été faites sur des femmes du même âge et sensiblement dans des conditions physiologiques identiques.
M 24 «Ri. DK 22 AS*.
Caséum 1,00 = 0,95 1,02= 1,70
Beurre 3.55 = 4,05 5,48= 5,03
Lactine 5,85 = 0.40 7,12 — 7,00
Sels 0,40 = 0,45 0,45 = 0,45
Eau 89,20 = 88,15 85,33 = 85,30
Le résultat de ces analyses, qui se trouve confirmé par les recherches de Vernois et Becquerel, justifie la préférence qu'on accorde aux nourrices brunes.
La digestion ou l'absorption de certaines substances laissent dans le lait des traces de leur passage. L'ail lui communique sou odeur, l'absinthe le rend amer, l'anis lui donne son arôme, et la garance le colore en rose.
DES SOINS A l/ENFANT.
Henry et Chevallier se sont assurés, par de nombreuses analyses, qu'on retrouve dans le lait des animaux en expérimentation, du chlorure de sodium, de l'iodure de potassium, du fer, du nitrate de bismuth, etc., qu'on leur avait fait absorber. $ les réactifs n'ont pu, dans ces conditions, mettre en évidence le mercure et quelques autres sels, les observations cliniques démontrent que les sels mercuriels agissent sur le lait, puisqu'on emploie avec succès cette voie ponr guérir la syphilis des nouveau-nés. Le chloroforme inhalé par la mère détermine, chez l'enfant qui prend le sein, peu après son administration, des vomissements et des accidents qui prouvent son mélange avec la sécrétion mammaire.
Altération de» qualité* du lait. — Certains états morbides que nous allons examiner peuvent modifier la composition du lait ou en altérer les principes constituants d'une manière sérieuse. En dehors des altérations appréciables au moyen de l'analyse, ce liquide peut, sous l'influence de causes spéciales, devenir nuisible pour le nouveau-né. La connaissance de ces causes, et l'examen clinique de l'enfant qui souffre et dépérit, éclairent le praticien et lui indiquent le traitement qu'il doit opposer aux accidents.
Je ne m'occuperai pas ici des fraudes commerciales qui dénaturent ou altèrent le lait livré à la consommation, et dont les plus fréquentes sont la , soustraction de la crème et l'addition de l'eau. Quand on est dans la fâcheuse nécessité d'avoir recours à l'allaitement artificiel, on doit prendre toutes les précautions possibles pour se mettre à l'abri des sophistications qui augmentent considérablement pour l'enfant les dangers d'un pareil régime.
Altération dd lait i>ar le colostrum. — Ordinairement, les éléments du colostrum disparaissent progressivement pendant les jours qui suivent la fièvre de lait. Il est rare, lorsque les conditions physiologiques sont bonnes, qu'on découvre au moyen du microscope des corps granuleux plus de io jours après l'accouchement. Cependant, chez certaines femmes à constitution affaiblie ou maladive, ils peuvent persister presque indéfiniment. On peut encore voir les éléments du colostrum reparaître dans le cours de l'allaitement, lorsqu'un état morbide général ou localisé vient ébranler l'organisme.
Donné croit la sécrétion lactée ainsi altérée peu compatible avec un bon état de santé de l'enfant, qui dépérit et souffre de diarrhées fréquemment
A A| Ado
répétées.
Lorsqu'on a constaté dans le lait la présence des corps granuleux, il faut changer la nourrice.
Altération pu lait par le pus. — Les phlegmons de la mamelle sont assez fréquents pendant la lactation, surtout dans ses premiers temps. Us se terminent en général par des abcès dont le siège peut être, soit dans le tissu cellulaire qui enveloppe la glande, soit dans celui qui sépare les lobules, et alors la substance de l'organe s'enflamme également. Cette dernière condition est la moins fréquente, mais elle devient un danger pour l'enfant. Le pus mélangé au lait est absorbé par lui et peut avoir sur sa santé une action funeste. Le diagnostic précis du siège des abcès du sein est souvent fort difficile, surtout lorsqu'ils sont profonds, et on ne peut déterminer par l'étude seule des symptômes, le moment où le pus apparaît dans la sécrétion mam-
ACCOUi HKMKNT.
maire. On doit donc, aussitôt qu'on soupçonne une inflammation du sein, exercer une grande surveillance et examiner fréquemment le lait au moyen du microscope, pour éviter à l'enfant les dangers qui résulteraient pour lui d'un pareil mélange. On limiterait immédiatement l'allaitement à l'organe sain, et s'il devient nécessaire de dégorger celui qui est malade on le fait artificiellement.
Nous reviendrons sur les abcès du sein et sur les affections dont H est le siège pendant la lactation en traitant de la pathologie de la femme en couches.
Altération do lait par son mkla.ige avkc lb sang. — On peut observer ce phénomène chez les femmes ayant des crevasses du mamelon et qui persistent à allaiter. Les efforts de la succion déterminent des hômorrhagies parfois assez notables. Alors l'enfant avale le sang qu'il ne peut digérer et il le rejette par le vomissement, ou plus ou moins altéré dans les évacuations alvines. La nature des vomissements et l'aspect des gardes-robes chez un enfant dont la mère présente des crevasses au sein, indiquent suffisamment la conduite à tenir, et la nécessité de prendre une nourrice.
Altératioh do lait par excès de l'on de ses prihcipes constitoakts. — La proportion des principes constituants du lait est assez variable comme le prouvent les tableaux que nous avons donnés plus haut. Cependant l'écart avec les moyennes, est parfois plus notable, et le lait devient alors moins propre à la nutrition de l'enfant. La différence la plus facilement constatable porte sur la proportion du beurre ou du lait.
Excès (le l'eau. — L'excès de l'eau dans le produit de la sécrétion mammaire constitue un lait pauvre et peu nutritif. Il est clair, séreux, les globules sont peu nombreux et petits, on observe parfois en même temps qu'il contient une proportion un peu plus forte de lactine et de caséum.
Les causes de l'appauvrissement du lait sont diverses. Cet état peut tenir à la constitution délicate de la femme, à une mauvaise alimentation, à des affections chroniques, etc. La pauvreté du lait est indépendante de sa quantité absolue, parfois la sécrétion est peu abondante, parfois, au contraire, elle est exagérée et constitue la galactorrhée.
L'insuffisance des éléments gras dans le lait a des conséquences fâcheuses pour la santé de l'enfant. 11 maigrit, subit un dépérissement progressif. 11 est atteint de diarrhée, de coliques, de vomissements. On doit se hâter pour remédier à cet état, qui pourrait prendre un haut degré de gravité, de le nourrir avec un lait plus en rapport avec ses besoins.
Excès des éléments gras. — On dit que le lait est trop riche lorsqu'il y existe une augmentation absolue dans le chiffre de ses globules.
On a prétendu que dansées conditions le lait détermine des indigestions fréquentes, de la diarrhée, et qu'on voit parfois survenir sous cette influence des croûtes laiteuses, etc. Il est possible que cela soit vrai pour les nouveaunés faibles et maladifs, mais la question n'a pas été examinée d'une manière assez spéciale, et d'après des faits assez nombreux pour qu'on ait sur ce point quelque certitude. L'étal du nouveau-né maladif est complexe et il faudrait pouvoir distinguer les accidents qui tiennent à l'état natif, de ceux qu'on attribue à l'alimenta lion.
DES SOINS A LOFANT. 69
Chez un enfant vigoureux ou seulement dans de bonnes conditions physiologiques, il est douteux que le lait très-riche en globules soit nuisible ; si l'ou voit le nourrisson se gorger outre mesure d'un lait trop séreux pour apaiser son besoin d'aliments, on observe aussi qu'il en prend une quantité beaucoup moindre lorsque ce liquide contient en abondance des éléments nutritifs.
Dans l'hypothèse des accidents qui pourrait faire naître un lait trop plastique, on a conseillé de ne laisser prendre à l'enfant que la partie devenue plus séreuse, par son séjour dans la mamelle, et qui s'écoule au moment où il commence à teter ; et de l'obliger u quitter le sein quand le liquide s'épaissit sous l'influence de la succion. Puis après un intervalle de temps suffisant, pour que le lait ait le temps de revenir plus séreux par son séjour dans lorgane, on recommencerait ces tetées incomplètes. C'est se faire une étrange idée des nécessités de l'allaitement que de croire au succès d'une pareille manœuvre, et le remède deviendrait pire que le mal. La nutrition serait absolument insuffisante et on substituerait une inanition certaine à une indigestion douteuse.
On a conseillé de faire prendre un peu d'eau sucrée à l'enfant avant de lui donner le sein. L'inconvénient de ce moyen réside dans la difficulté de doser la quantité d'eau destinée a opérer la dilution du lait , et on est exposé à dépasser les limites et à faire artificiellement du lait trop séreux, et surtout à diluer les sels et autres matériaux qui peuvent ne pas dépasser la quantité normale.
On a conseillé également, dans ces cas, de compter sur la facilité des vomissements qui permettent au nouveau-né de se débarrasser d'un lait trop nutritif. De semblables opinions doivent être repoussèes, le vomissement journellement répété est loin d'être tout à fait innocent.
Pour apprécier exactement les phénomènes fâcheux qui résultent de l'excès de richesse du lait, il faut l'attention éclairée et soutenue du médecin, car on est souvent disposé à attribuer à certaines causes des phénomènes qui, chez le nouveau-né, reconnaissent des causes très -différentes. Sans nier les inconvénients d'un lait trop plastique, je crois qu'ils sont, dans les conditions normales, beaucoup plus rares qu'on veut l'admettre. Si cependant les inconvénients devenaient évidents, le parti le plus sage serait de changer de nourrice.
Chez les enfants chèlifs, souffrants et qui digèrent mal, même le lait ordinaire, j'ai l'habitude, avant chaque telée, de leur faire administrer 10 centigr. de pepsine en poudre, en dissolution dans quelques gouttes d'eau. Ce moyen, qui peut être employé dans tous les cas de vomissements du lait prétendu trop riche, m'a le plus souvent donné d'excellents résultats ; la chymification artificielle, qui s'opère sous l'influence de cet agent, arrête l'indigestion. C'est un médicament que je considère comme très-précieux dans la thérapeutique du premier âge.
Altération du lait sors l'influence df.s maladies. — Becquerel et Vernois ont trouvé dans leurs recherches que le lait subit des modifications de composition sous l'influence des maladies aiguës. La proportion d'eau peut diminuer ainsi que la lactine. Le beurre, le caséum et les sels, se trouvent au
contraire en augmenlalion. On voil également sous cette influence les éléments du colostrum reparaître.
Les affections chroniques , qui s'accompagnent d'une débilité générale , peuvent déterminer l'appauvrissement du lait et les conséquences que nous avons signalées.
L'état de l'enfant est le meilleur guide à consulter dans ces circonstances , si les fonctions digestives s'altèrent, et si l'affection menace de se prolonger, on change la nourrice.
Altération du lait sous l'influence des émotions vives. — Les émotions vives ont une action manifeste sur les qualités du lait. L'altération qui en résulte n'est pas toujours appréciable par l'analyse, bien que Becquerel et Vernois aient pu, dans un cas, constater une augmentation immédiate de la proportion de leau. Les exemples de morts subites, chez des enfants qui ont pris le sein après une émotion très-violente de la nourrice, sont trop nombreux pour qu'on puisse conserver le moindre doute sur l'influence funeste du lait dans ces conditions. Sous en a réuni un grand nombre d'observations auxquelles on pourrait en joindre bien d'autres. La colère, la peur, la joie, la jalousie, les sensations vénériennes trop vives, etc., exigent qu'on éloigne l'enfant du sein pendant une ou plusieurs heures, et jusqu'à ce que toute trace de l'ébranlement nerveux ait disparu.
Une émotion excessive et passagère peut déterminer des accidents convulsifs presque immédiatement mortels.
Lorsque la nourrice est irritable et que les émotions , sans être très-vives , se répètent pour elle fréquemment, indépendamment des accidents convulsifs, on observe, et cela d'une façon plus fréquente, des troubles digestifs chez l'enfant; il maigrit, dépérit, est atteint de diarrhée sans que l'examen le plus attentif du lait puisse révéler la moindre altération.
J'ai été, dans un cas de cette nature, obligé de changer une nourrice trèsbonne sous tous les autres rapports. Son caractère s'était aigri , ses exigences envers les autres domestiques amenaient des querelles journalières , et l'enfant, fort bien portant jusque-là, fut pris d'accidents diarrhétiques qui ne cessèrent que lorsque j'eus fait choix d'une antre nourrice.
Agaiactie. — Insuffisance de la sécrétion lactée. — Souvent l'agalactie est primitive, la fonction mammaire est mal développée, les efforts de succion exercés par le nouveau-né ou par un enfant plus vigoureux sont impuissants pour faire sécréter à l'organe une quantité de lait suffisante pour la nutrition. Le meilleur parti qu'on ait à prendre est d'avoir recours à une nourrice.
L'agalactie est parfois secondaire, sous l'influence d'une émotion, de maladie passagère, ou même, sans cause appréciable , la source du lait se tarit et les excitations par succion sont impuissantes à lui rendre son abondance ; il faut alors avoir recours, pour l'enfant, au parti que nous venons de conseiller.
On a vanté une foule d'agents dits galactopoiétiques, tels que : la cascarille, l'anis, le fenouille, les lentilles, les cataplasmes de feuilles de ricin appliqués sur les seins , etc., ce sont là des moyens insignifiants et sur lesquels on ne peut sérieusement compter.
L'électricité semble avoir donné quelques bons résultats entre les mains
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d'Aubert, de Becquerel H mais les faits sont encore trop peu nombreux pour qu'on puisse en affirmer la valeur. Cependant c'est un moyen qu'on peut essayer.
tialaetorraée. — Sécrétion exagérée du lait. — L'appauvrissement du lait n'est pas la conséquence nécessaire de la galactorrlièe, cependant on l'observe assez souvent dans ces conditions chez les femmes débiles que l'excès de la sécrétion lactée affaiblit. Ce liquide présente alors pour l'enfant les inconvénients que nous avons signalés en parlant du lait pauvre en globules ; nous n'avons rien à ajouter sur ce point.
La galactorrhéc sera étudiée au point de vue de la santé de la mère, en traitant de la pathologie des femmes accouchées.
Procédés d'examen du laie. — On se contente en général, pour apprécier les qualités du lait, de le recevoir dans une cUeillère, de constater son aspect et sa saveur. Les anciens accoucheurs jugeaient de sa consistance en plaçant une goutte de lait sur l'ongle du pouce , dont on tournait en bas la face dorsale. Si la goutte restait adhérente, ils en concluaient que ses principes nutritifs étaient en quantité suffisante; quand, au contraire, elle se détachait, ils considéraient le lait comme aqueux et pauvre. Ce procédé d'investigation, absolument insuffisant, fournit de renseignements beaucoup trop vagues pour qu'on s'en contente. Il est donc nécessaire d'avoir recours aux méthodes d'examen que nous allons décrire ; elles ne sont pas aussi parfaites qu'on pourrait le désirer, car elles sont loin de donner la proportion relative de tous les éléments. Celte proportion ne peut être obtenue qu'au moyen d'une analyse longue, minutieuse et très-difficile à pratiquer. Cependant les moyens d'investigalion sommaire sont suffisants, en général, pour apprécier la valeur du lait, cl pour constater la présence des éléments étrangers qui pourraient l'altérer.
, Examen microscopique. — Le microscope est le meilleur instrument qu'on puisse employer dans cette étude. Son usage se vulgarise heureusement de plus en plus, et les services qu'il rend dans la pratique générale sont si manifestes que bientôt il sera entre les mains de tous les médecins éclairés.
Le lait examiné au microscope parait exclusivement constitué par un liquide clair contenant en suspension un nombre considérable de globules parfaitement sphériques et réguliers de volume, tellement variables qu'il est difficile de leur assigner un diamètre moven; les uns ont 0,05, d'autres sont deux ou trois fois plus gros ; d'antres enfin sont tellement petits, qu'ils apparaissent comme une fine poussière. Ils sont constitués par de la graisse, représentant le beurre du lait, et ont les mômes réactions que les éléments gra> ordinaires.
L'abondance des globules indique le degré de richesse du lait. Devergie a établi une classification basée sur leur volume. Il admet, à ce point de vue, trois espèces de lait : 1° à gros globules ; k> à globules moyens ; 3° à petits globules. Celui de la première série est le plus nourrissant.
Le microscope permet également de constater les déformations des globules; la présence du pus ou des éléments du colostrum qui pourrait altérer le lait.
ACCOCCHFMKM.
Tube éprouvette de Donné. — Cest un tube divisé en cent parties, on le remplit de lait, qu'on laisse déposer, pendant vingt-quatre ou trente-six heures, pour que la crème ait le temps de monter au-dessus du sérum. Le bon lait de femme marque o degrés sur 1 éprouvette, ce qui constitue une proportion de 5 p. 100. Celui de vache en fournit une proportion beaucoup plus considérable, et qui s'élève, d'après Donné, jusqu'à 10, K> et même 20 p. 100.
Je dois faire remarquer que, dans les tableaux que j'ai donnés plus haut, sur la composition du lait, les différences sont infiniment moins grandes entre le lait de la femme et de la vache.
Lactoscope, de Donné. — Col instrument consiste en une espèce de lorgnette formée par deux tubes rentrant l'un dans l'autre, à frottement, et munis de deux verres parallèles, qu'on éloigne ou qu'on rapproche jusqu'au contact, au moyen d'un pas de vis. Lorsque les verres sont en contact, l'instrument marque 0 sur une échelle divisée en 50 degrés, fixée sur le tube intérieur. On introduit le lait dans l'instrument aii moyen d'un entonnoir placé à sa partie supérieure. Le liquide descend en couche, égale en épaisseur à l'écartementdes deuxièmes. Ou regarde à travers cette couche une bougie placée à la distance d'un métré et l'on écarte ou on rapproche les lames de manière à augmenter ou à diminuer l'épaisseur de la couche de liquide jusqu'à ce qu'on ait trouvé le point précis où la flamme de la bougie cesse d'être visible. On lit sur les divisions de l'échelle le degré d'écartement qui correspond à celui de l'opacité du liquide, c'est-à-dire à la proportion de la crème.
Ces instruments n'indiquent que la proportion de la crème, les renseignements qu'ils donnent sont donc moins complets que ceux fournis par le microscope. C'est donc ce dernier qu'il faut préférer.
Du pronostic de la sécrétion lactée par l'examen du colostrum. — Il est, jusqu'à un certain point, possible, dans les dernière temps de la grossesse, de reconnaître par l'examen du colostrum si la quantité et la qualité du lait seront satisfaisantes. Chez les femmes qui possèdent les qualités des bonnes nourrices, la sécrétion du colostrum est assez abondante. Extrait du sein, il contient une matière jaune, plus ou moins épaisse,, plus consistante que le reste du liquide au milieu duquel il forme des stries jaunâtres. Examiné au microscope, on voit des corps granuleux nombreux et des globules laiteux, abondants, bien formés, volumineux et sans mélange de globules muqueux, Le colostrum, dans ces conditions, annonce un lait riche en principes nutritifs, et on peut assurer qu'il aura toutes les qualités désirables.
Lorsque, au contraire, le colostrum, bien qu'abondant, est clair, aqueux, semblable à une légère solution d'eau gommée ; lorsqu'il est dépourvu de stries jaunâtres et pauvres en globules laiteux, que ces derniers sont petits et mal formés, on peut affirmer que le lait sera séreux et peu substantiel.
Enfin, chez quelques femmes, le colostrum est en si faible quantité, qu'on peut à peine en obtenir une goutte pour l'analyse, et les caractères qu'on ob» serve sont, sauf l'abondance du liquide, ceux que nous venons de noter. Dans ces conditions, on peut presque affirmer, selon Donné, que le lait sera, par sa qualité et par sa quantité, insuffisant pour nourrir l'enfant.
DES SOliNS A lWaHT.