SEVRAGE
Le sevrage est une circonstance importante de la vie de l'enfant. On ne peut » donc pas en fixer la date à l'avance, ou la subordonner au caprice 'des parents. Les considérations déterminantes seront basées sur l'état des forces et du développement de l'enfant, mais surtout sur la période d évolution de sa dentition.
L'arrêt de la sécrétion lactée n'oblige à un sevrage prématuré que lorsqu'il se produit à une époque très-rapprochée de celle qui paraît convenable, sans cela on poursuivrait 1 allaitement en ayant recours à une autre femme.
Il n'est pas nécessaire d'attendre que toutes les dents soient sorties pour conseiller le sevrage, car leur évolution complète n'a lieu souvent que vers deux ans ou deux ans et demi, et une nourriture aussi prolongée pourrait épuiser la femme.
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Les dents sortent par groupes distincts, dont l'apparition successive, accompagnée en général de troubles fonctionnels, est séparée par des intervalles de calme.
I" groupe. — Incisives médians* inférieures. Elles apparaissent vers le septième mois. Elles sortent ensemble dans l'espace de vingt-quatre heures, dr deux jours, de huit jours au plus. Ce sont les seules qui présentent cette particularité.
2e groupe. — Incisives médiane* supérieures. Elles se montrent six semaines ou deux mois après les premières. Leur apparition n'est point aussi simultanée, elle peut être séparée par un intervalle de huit à trente jours.
.V groupe. — Incisive* latérales supérieures. Elles sortent après un mois de repos, c'est-à-dire vers un an, leur évolution est analogue a celle du groupe précèdent.
\e groupe. — Incisives latérales inférieures et premières molaires. — Ces dents se montrent dans un ordre assez irrégulier. L'éruption en est terminée vers dix-sept ou dix-huit mois.
.V groupe. — Canines. Elles sortent du vingt au vingt-quatrième mois, parfois plus tard.
tV" groupe. — Dernières molaires. Après un repos de six mois elles apparaissent, c'est-à-dire du vingt-six au trentième mois et la première dentition se trouve complète.
Les accidents qui accompagnent souvent l'éruption d'un groupe de dents, sont parfois très-péniblement supportés par l'enfant. Il se manifeste ordinairement de la diarrhée, qu'un préjugé assez répandu considère comme utile. Si les troubles intestinaux sont peu intenses et passagers, on peut attendre, mais s'ils présentent un caractère de persistance ou de gravité, il faut intervenir. On donnera à l'enfant une ou deux gouttes par jour de laudanum dans un très-petit lavement. Il est rai e que ce moyen ne réussisse pas.
On conçoit que si on sevrait l'enfant dans ces conditions, on aggraverait la situation en le privant d'un aliment d'autant plus nécessaire qu'il refuse tout, excepté le sein.
La règle essentielle du sevrage consiste donc à profiter de l'intervalle qui sépare l'évolution de deux groupes dentaires. Après que le quatrième groupe est sorti, l'enfant a seize ou dix-huit mois et le moment est favorable.
Les périodes d'évolution que j'ai signalées sont assez régulières, cependant on observe sur ce point des irrégularités dont il faut savoir tenir compte. '
On a discuté s'il était plus convenable de sevrer brusquement l'enfant que de le faire progressivement. Pour justifier la première manière de voir on a dit qu'en diminuant peu à peu les traites, le lait séjourne, s'altère dans les mamelles et que les femmes sont exposées aux engorgements de la glande. Ce sont là des vues théoriques qui ne reposent nullement sur l'observation des faits. Il me parait de beaucoup préférable que le sevrage soit progressif, d'abord pendant la nuit, puis pendant le -jour en diminuant peu à peu le nombre des tetées. On évite ainsi pour la mère et pour l'enfant les résultats fâcheux de la brusque suppression d'une habitude ou d'une sécrétion impur»
DfcS SOINS A I.WaNT. 71!)
tante. Si l'enfant se montre trop exigeant on le dégoûte du sein en enduisant le mamelon d'une substance dont le goût est désagréable, comme une soinlion d'aloès, de sulfate de quinine ou avec de la moutarde.