‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 34 sur 183 · de r.l · texte numérisé non relu

de r.l

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La moyenne générale est de 28 jours.

On a cité des femmes qui voyaient irrégulièrement apparaître leurs règles tous les six mois, ou tous les ans. Ces faits sont trop rares pour qu'on ait eu l'occasion de scruter le phénomène intime de ces anomalies.

J'ai donné des soins à une jeune dame qui est seulement réglée deux à trois fois par an, et qui est devenue enceinte plusieurs fois pendant le temps de Tinter-menstruation. Ici l'évolution de l'œuf est complète, seulement l'érection est insuffisante pour déterminer l'hémorrhagie. Cette dame a deux sœurs dans les mêmes conditions physiologiques.

Les anciens et quelques modernes ont émis l'idée singulière que les règles subissaient dans leurs évolutions l'influence de la lune. En ces derniers temps Strohl, de Strasbourg, a voulu ressusciter celte vieille théorie. Il est facile de démontrer que cela n'est point exact, car on voit des femmes dont le début de l'éruption correspond à tous les quantièmes du mois. Dugès prétendait que les périodes marchaient par septénaires, c'est-à-dire les septième, quinzième, vingt et unième et vingt-huitième jours ; celte assertion nVstpas plus exacte que celle que nous venons de réfuter. Les règles apparaissent à tous les jours de l'année et à toutes les heures du jour et de la nuit.

Durée «le l'écoulement menstruel. — Elle est fort variable, non-seulement considérée chez différents sujets, mais encore parfois chez la môme femme. Dubois * a noté cette irrégularité 120 fois sur 000 cas.

Dubois et Brierre de Boismont ont publié sur la durée de la menstruation les deux statistiques qui suivent :

Dciiois (600 on>F.ii*ATin.H. Br.tr.ru (iitii o^ei-.vatkwsi.

Réglées pendant

1 jour . .

Réglées pend.nil

1 jour.. . .

. t IV»

. . ir»

to - . . .

Irrégulièrement.

Malgré 1»' défaut de concordance que ces deux tableaux présentent sur quelques points, on peutVonslater deux maximums; l'un, qui correspond an troisième et l'autre au huitième jour

C'est un fait extrêmement curieux et que rien n'explique. Au lieii d'un chiffre culminant vers lequel les autres convergent et vont en diminuant à mesure qu'ils s'en éloignent, on voit deux dates distinctes, séparées par un intervalle de quatre jours sur douze. 11 est impossible, pour cette raison, d«formuler une moyenne à peu près précise, et on doit renfermer dans les limites du troisième et du huitième jour le maximum de la durée des règles. Cependant il faut noter un fait qui a échappé aux tableaux cités, c'est que parfois la menstruation dure moins d'un jour ; on l'a vue d'une heure à peine chez des femmes en bonne santé.

On a voulu chercher la cause de cette différence dans la durée du flux menstruel, et il a été accordé une certaine importance aux tempéraments et à la manière de vivre. Chez les femmes sanguines, robustes et actives, la durée serait assez courte; chez celles, au contraire, qui ont un tempérament lymphatique, une vie molle et luxurieuse, on observerait qu elle se prolonge davantage. Ces assertions peuvent ôtre vraies dans de certaines limites, mais les exceptions sont si nombreuses, qu'il faut attendre, pour adopter cette manière de voir, des documents plus précis que ceux que nous possédons.

Il est des femmes chez lesquelles les règles s'arrêtent brusquement et facilement, sous l'influence d'une impression morale vive et subite; chez d'autres l'application locale du froid produit le môme résultat, elles ne peuvent faire leur toilette ou mettre les mains dans l'eau froide sans que l'éruption soit troublée ou arrêtée; dans ce cas elle revient parfois le lendemain ou seulement à l'époque suivante. Cette disposition peut être modifiée par l'habitude, et les femmes qui veulent se soustraire à cette sujétion parviennent, avec un peu de persistance et progressivement, à supporter sans inconvénient les injections froides pendant la menstruation.

Les émotions et le coït peuvent agir en sens inverse et faire reparaître rhémorrhagie déjà arrêtée. J'ai observé souvent le même effet produit par le changement prématuré du linge.

Quantité et nature du «an* perdu pendant le* règle*. — Elle est Ordinairement en rapport avec la durée de l'écoulement; nous avons vu tout ô l'heure que cette durée est si variable, même observée chez une seule femme, qu'il est impossible de formuler un chiffre exprimant une moyenne, et cependant les éléments du problème sont dans ce cas faciles à rassembler ; un simple renseignement de la femme suffit pour eclaircir le fait. Il n'en est pas de même en ce qui concerne la quantité de sang perdu ; ici les éléments d'appréciation manquent de la manière j plus*complète ; les approximations qui ont été faites ne reposent absolument sur rien, et bien loin de pouvoir fournir

• Ou plutôt un septième, >elon Dubois, qui fait fort judicieusement remarquer que, dau^ r appréciation, on rompt»» souvent une semaine pour liuit jours, et qu'il est fort probable que le chiffre .lu huitième .oVt èiiv rapport.'- au septième, qui exprime la valeur de I.. -emaine.

un nombre d'observations assez considérable pour qu'on puisse en extraire une moyenne, on serait fort embarrassé pour déterminer exactement la quantité perdue par un unique sujet.

Cette quantité varie entre quelques gouttes et plus d'un kilogramme ; en outre elle n'est pas la même aux différentes périodes, aux différents jours de la période, ni aux différentes heures de la journée ou de la nuit. Si chez quelques femmes riiémorrhagie semble se soutenir d'une manière égale pendant toute sa durée, le plus souvent les variations sont journalières. On voit les règles, peu abondantes au début, progresser, et, après avoir atteint leur summum d'intensité, diminuer jusqu'à la fin; les unes perdent beaucoup le jour, les autres la nuit; enfin il en est chez lesquelles c'est au début et à la terminaison que l'éruption est la plus considérable. Comment serait-il possible de dégager la vérité du milieu de tant de causes d'erreur?

Nous manquons, et nous manquerons probablement toujours des éléments nécessaires pour résoudre le problème, car il n'est pas présumable qu'on rencontre un nombre suffisant de femmes qui veuillent consentir à se soumettre à de pareilles investigations.

Il suffit de rappeler les différentes moyennes qui ont été publiées, pour montrer le désaccord qui existe entre elles, et le peu de confiance qu'on peut leur accorder.

Uippocraie 600 grain. Ilei*ter 240 yrmi

Freind COO — Huliois 190 à 350 —

Galicn 510 — Haller 180 à 300 —

Roussel 540 — Mauriceau 120 —

Pasta i'20 — Oeliaen. !K) a 150 —

Al. Leroy. 90 à 120 -

Hunier 500 - Baudelocqu.» 90 à 130 —

Sauvage* 280 — Émeit 90 —

Un a dit que la température du climat influait d'une manière notable sur la quantité du sang perdu et que les femmes des climats chauds avaient des règles plus abondantes que celles des climats du nord. Je crois que l'influence qu'on a accordée au tempérament sur la quantité du sang perdu n'a point l'importance qu'on lui a attribuée, et que les femmes voluptueuses et même elles qui sont sanguines ne sont pas toujours celles qui perdent le plus.

Les anciens considéraient le sang des règles comme vénéneux; nous ne rappellerons pas les fables qui ont été débitées sur ce point, le temps et l'observation en ont fait justice. Cependant il n'est pas complètement identique à celui qui s'écoule d'une plaie, il est inoins coagulable et plus visqueux. Lavagna et Osiander attribuaient ce défaut de coagulabililé à l'absence de fibrine. Muller admettait seulement que la fibrine cxUlait en moindre quantité que dans le sang ordinaire. Relzius, de Copenhague, niait celte différence cl attribuait l'aspect du sang menstruel à la présence des acides lactique et phospborique à l'état libre. Mandl a donné du fait une explication satisfaisante en prouvant expérimentalement que la moindre quantité de pus ou de mucus mélangée au sang l'empêche de se coaguler. Raciborski partage celle opinion que nous admettons complètement, et attribue l'état du sang des règles à son mélange avec le mucus utérin et vaginal.

piiys:o! or.it-:.

Nous ne possédons on Fiance que deux analyses du sang menstruel, on les doit à Denis et à Mouchardât. A l'étranger, Fraulz, ftindskopf et Lelhby ont fait des recherches analogues qui ont donné des résultats à peu près identiques à ceux des auteurs français.

A5AU.-E t>E Pl:MS. A\aiM DE BOt Cil »lll>AT.

Eau s-2:>.(.n

Globules 64.40

Albumine. "0

Matières extrarlives. 1.10

Matièies gnis-es 5.00

Matières salines. 1*2,00

Mucus. 15.00

Eau 00,08

Matières fixes 6,9*

VUlil lS Fl\E».

Fibrine, albumine, matières colorantes 75.27

Matières exti active*. 0,12

Matières grasses 2, '21

Sels 5,51

Mucus 10.79

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