‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 43 sur 183 · EUE DU MALE, SPERME · texte numérisé non relu

EUE DU MALE, SPERME

Le sperme èjaculé est un liquide assez complexe, car à l'élément fondamental fourni par le testicule viennent s'ajouter les liquides sécrétés par le canal déférent, les vésicules séminales, la prostate, les glands de Méry et de Litre. Ces divers liquides ont pour but de rendre le sperme plus fluide et de faciliter sa progression. Il leur emprunte son aspect laiteux, sa réaction légèrement alcaline et son odeur spéciale, qu'on a comparée à celle de la râpure d'os, de la fleur de marronnier, du liquide amniotique.

Le sperme est visqueux, blanchâtre, plus lourd que l'eau, soluble dans ce liquide ; coagulaJMc par l'alcool, sa demi -transparence est due au mélange en proportions variables d'une matière blanche ou opaque avec une matière plus translucide, l'eu de temps après l'éjaculalion il se liquéfie complètement; abandonné à lui-même, il laisse déposer des cristaux prismatiques à quatre pans terminés par de longues pyramides quadrangulaires , groupées en étoiles, et qui sont composées de phosphates calcaire et ammoniaco-magnésien. Desséché, il perd 90 parties d'eau et forme une lamelle jaunâtre, fend il-

OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.

léc, insoluble dans l'eau, et qui répand, lorsqu'on la brûle, une odeur de corne brûlée.

La seule analyse quantitative du sperme que nous possédions appartient à Vauquelin; il se trouve compose de :

La spermaline correspond vraisemblablement aux particules organiques en suspension dans le sperme; cette matière a de l'analogie avec la fibrine et le mucus, mais elle en diffère par quelques réactions.

L'examen microscopique du sperme au moyen d'un grossissement d'environ 500 diamètres permet de constater la présence des éléments suivants :

4° un liquide; 2° des granulations élémentaires semblables à celles contenues dans tous les liquides de sécrétion ; 5° des cellules d epithélium qui proviennent des canaux traversés par le sperme ; 4* des globules appelés cellules spermatiques, d'un volume variable, et qui sont les premières phases de développement des vésicules génératrices que nous étudierons tout à l'heure en examinant la formation des spermatozoaires. Ces cellules sont d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche d'avantage du testicule ; on en compte plus que de spermatozoaires dans les canaux sérainifères', car elles n'ont pas encore subi leur évolution, mais leur nombre diminue déjà dans l'épididyme et on en voit à peine quelques-unes dans le sperme éjaculé; 5° enfin une quantité prodigieuse de petits corps filiformes appelés zoospermes, animalcules spermatiques, spermatozoïdes, spermatozoaires, selon l'idée qu'on s'est faite de leur nature, et qui constituent la partie la plus importante du fluide séminal. — C'est surtout ce dernier élément que nous allons étudier.

Spermatozoaires. — Leur découverte date de 1677. Elle appartient à Louis Hamm et non à Leuwenhoeck qui s'en fit l'éditeur. On les rencontre nonseulement chez tous les vertébrés, mais encore chez les mollusques, les insectes et chez un grand nombre de rayonnés ou d'infusoires. Ils présentent dans la série animale des différences d'aspect souvent considérables. Le spermatozoaire de l'homme est formé de deux parties distinctes : l'une renflée, qu'on appelle corps ou tète, est discoïde, aplatie verticalement, bombée sur une face, excavée sur l'autre, mais seulement en avant, mesurant environ 0,005 de longueur sur une largeur un peu moindre de 0,001 à 0,002 d'épaisseur; l'autre partie, appendice filiforme, appelée queue, s'amincit progressivement jusqu'à son extrémité libre (fig. 40). La longueur totale du spermatozoaire est de 0,050. Ces animalcules se meuvent avec une activité très-variable ; les uns traversent avec rapidité le champ du microscope, d'autres exécutent des mouvements avec une certaine lenteur ou ondulent sur place, comme s'ils étaient retenus par quelques obstacles invisibles qu'ils ne

Eau

Spennatinc

Phosphate calcaire et autres sels.

Soude

FÉCONDATION

peuvent surmonter; parfois, après des efforts soutenus, ils parviennent à passer outre et s'éloignent avec rapidité comme pour fuir un danger. Lorsqu'ils sont retenus par leur extrémité caudale comprimée parles cadavres de quelques-uns de leurs morts, ou saisis dans une portion épaissie de la gouttelette qui les contient, ils déploient la même ténacité de mouvements et la même ardeur à s'éloigner. J'ai pu bien des fois observer ces faits, déjà signalés par Haller, et que Pajot a rappelés en ces derniers temps. Lorsqu'on étudie patiemment les évolutions des spermatozoaires, on voit que la volition chez eux n'est point seulement éveillée par le sentiment de la conservation : ainsi lorsqu'ils sont arrêtés dans leur marche par un obstacle, après des efforts impuissants pour le franchir ils le tournent, reviennent sur leurs pas et choisissent une autre route.

La distance relativement considérable qui sépare le vagin de l'ovaire, et qu'ils franchissent en un temps assez court, me parait encore une preuve de la volition dirigée par l'instinct. Je sais qu'on a invoqué comme causes de migration les mouvements de l'épithélium vibratile, la capillarité, les mouvements propres de l'utérus, la contraction de la trompe; mais ces causes, que j'examinerai plus tard, pourraient être invoquées tout au plus pour la progression d'un liquide inerte ; je les crois absolument insuffisantes pour diriger un être à motilité aussi active que te spermatozoaire, si son instinct ne le poussait pas vers l'ovaire.

On ne peut du reste accepter aucune de ces causes pour expliquer la marche et la direction des spermatozoaires chez les animaux à fécondation extérieure; c'est bien à sa propre impulsion, à l'instinct qui le guide, qu'est due sa rencontre avec l'œuf qu'il doit féconder.

On ne saurait méconnaître dans ces faits la manifestation évidente d'une volonté instinctive dont nous tiendrons compte en examinant la nature des animalcules spermatiques. Dans leur marche, ils affectent l'allure capricieuse de la mouche, quittent une place, y reviennent, s'éloignent, puis retournent au lieu qu'ils ont abandonné, et, loin de suivre une ligne droite et de subir l'impulsion d'un mouvement régulier et uniforme, ils changent à chaque instant de direction et se contournent sur eux-mêmes en passant sur leur queue. Leur progression se fait toujours en avant et par un mouvement d'ondulation de l'extrémité caudale analogue ù celui des têtards, avec lesquels ils ont beaucoup de ressemblance sous le rapport de La forme. Henle, qui a mesuré leur vitesse, estime qu'ils parcourent environ un centimètre en quatre minutes.

Godard a démontré que les mouvements cessent sous l'influence des températures extrêmes et se reproduisent lorsqu'on ramène le liquide qui les contient ù la température du milieu où ils se développent. Dans ces conditions, ils peuvent donner des signes de vie pendant 48 et même 72 heures. Recueillis sur le cadavre, on peut en trouver encore de vivants plus de 2 i heures après la mort. Lorsqu'ils sont déposés par le coït dans les organes génitaux, leur vitalité persiste beaucoup plus longtemps. Leuwenhoeck, BischofT, Prévost et Dumas les ont vus se mouvoir dans les trompes des chiennes et des lapins sept à huit jours après la copulation. Leur motilité se conserve assez bien dans le

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mucus, le sang, le lait et même le pus. Godard prétend que l'urine agit comme les acides et leur donne la mort. Cet auteur a observé que le sang des règles augmente leurs mouvements, qui deviennent désordonnés ; ils déplacent alors les globules sanguins et se frayent un passage au milieu d'eux. 11 n'en est pas de môme du liquide leucorrhéique qui a sur leur vitalité une influence rapidement funeste. Donné a fait la même observation pour la sécrétion utérine lorsque son alcalinité est exagérée. Prévost et Dumas ont noté que la décharge électrique les tue, tandis que le courant voltaïque n'a pas sur eux d'action manifeste. Les narcotiques, l'acide cyanhydrique, leur donnent instantanément la mort ; et Wagner a vu la striclinine produire le même résultat après une agitation en quelque sorte convulsive.

La persistance de la vie après leur éjaculation est fort variable dans les différents groupes du règne animal. De Quatrefages a constaté que chez les poissons elle est très-éphémère. Chez le brochet elle est de 8 minutes 10 secondes, et d'environ 2 minutes chez la perche et le barbillon.

Nature des spermatozoaires. — Longet, Coste, J. Bèclard et Robin refusent aux spermatozoaires les caractères de l'animalité ; ils les considèrent comme des éléments anatomiques doués de propriétés spéciales, analogues aux cellules de l'épithélium vibratile. Cette opinion est basée sur l'absence des organes de nutrition et de reproduction. Je crois qu'il n'est pas absolument nécessaire qu'on constate toutes les fonctions d'un être avant de lui accorder l'animalité. Il suffît pour cela qu'il manifeste par une série d'actes sa vitalité propre, son indépendance complète du milieu où il s'est développé. En admettant que l'appareil digestif que Valentin et Pouchet ont cru leur reconnaître soit une illusion, aussi bien que la découverte de leurs organes génitaux par Gerbert, il n'en reste pas moins des témoignages considérables de leur existence animale : l'instinct de la conservation, la motilité et la volition sont manifestes dans les actes que nous avons signalés plus haut, et j'ajouterai que cette vie indépendante se trouve subitement éteinte par les poisons qui tuent les êtres vivants. Existe-t-il dans l'économie une particule organique qui jouisse de semblables propriétés?

G. Pouchet a donné un nouvel argument en faveur de l'animalité. Tous les éléments histologiques du corps humain sont symétriques autour d'un point, excepté les cellules d'épithélium cylindrique qui présentent cette disposition autour d'un axe. Les spermatozoaires sont symétriques non pas autour d'un point ou d'un axe, mais bien de chaque côté d'un plan médium, et c'est un caractère d'une véritable importance.

La faculté de reproduction est la fonction essentielle de l'animalité; mais si on considère le but spécial du spermatozoaire, il est évident qu'il ne peut émaner que du mâle môme. La fécondation de l'ovule, la perpétuité des races, ne peuvent être confiées à une espèce d'entozoaire (comme le croyait Burdach) confiné dans les organes à litre de simple dépôt, ayant sa genèse propre, son rut et sa fécondation déterminés par des éléments fécondants qui eux-mêmes subiraient les mêmes nécessités de succession. Ce serait renouveler pour les spermatozoaires la fable de l'emboitement des germes que Vallisncri, Haller et Bonnet appliquaient à l'œuf ovarien, car ces animalcules de-

FÉCOSDATIO.N

v raient être pourvus d'éléments reproducteurs et furmeraienl les premiers anneaux d'une chaîne germinative animalculaire ascendante, qui aboutirait à l'absurde.

Les organes digestifs du spermatozoaire ne sont pas manifestement apparents, mais ce n'est pas une raison pour que leur existence éphémère reste étrangère à la nutrition; aux derniers degrés de la série animale on rencontre des êtres chez lesquels elle s opère par une simple imbibition des tissus. Km opérant d'après la méthode d'Ehremberg, qui teignait le liquide ambiant pour démontrer la nutrition des infusoires, on a noté que les spermatozoaires ne se coloraient pas et on a conclu de là à l'absence de nutrition. Mais ces expériences ont été pratiquées dans un milieu artificiel où leurs fonctions subissent une altération profonde, car leur existence, qui se prolonge huit jours dans les organes de la femme, s'éteint ordinairement au bout de quelques heures lorsque l'expérimentation se fait en dehors de ce milieu. On ne peut donc point conclure de ce qui se passe dans un verre de montre à ce qui se produit dans l'organisme. La lie ma nd a observé que les animalcules spermatiques de la raie acquièrent des proportions à peu près doubles en parcourant !»• canal déférent ; comment expliquer cet accroissement en l'absence de la nutrition ?

Je crois donc avec Ehremberg, Valentin, Gerber, Czermack, Pouchet, etc., que les spermatozoaires ont une vie propre et appartiennent à l'animalité.

Est-on bien fondé à reléguer au bas de l'échelle de tels éléments organiques, de refuser l'animalité àun produit au développement duquel la nature a spécialement consacré un appareil aussi important, aussi compliqué que l'appareil séminal ; à un produit dont l'union avec l'ovule suffit pour donner si souvent à l'enfant qui doit naître non-seulement la ressemblance physique du père, mais encore le tempérament, la constitution, enfin cet ensemble de caractères qui forment l'hérédité.

Origine des spermatozoaires. — Les animalcules spermatiques naissent d'un u'uf analogue à celui que produit l'ovaire, et l'analogie ne s'arrête pas à la l'orme, car tous les deux sont le siège d'une segmentation. R. Wagner a le premier étudié, en 1840, chez les oiseaux, le phénomène de la génération des spermatozoaires ; Lallemaud poursuivit cette étude sur l'homme et sur un ^rrand nombre d'animaux, mais c'est surtout Kôlliker qui en a le mieux déterminé l'évolution. Ch. Robin, en 1858, a ajouté quelques documents nouveaux à la question et donné le nom d'ovule mâle aux cellules génératrices des spermatozoaires, que Godard en 1857 avait déjà nommées cellules mères.

Les ovules mâles sont des vésicules sphériques de 0,020 à 0,050, a contenu granuleux, qui se développent dans le liquide des canalicules spermatiques. Ces vésicules sont fécondes ou stériles,c' est-à-dire qu'elles subissent la segmentation dont le résultat est la production dans leur intérieur de cellule* embryonnaires mâles (cellules filles de Godard), donnant naissance à l'animalcule, ou qu'elles avortent sans se segmenter ni fournir de produit.

Le contenu des ovules mâles féconds est analogue au vilellus de l'œuf ovarien et se segmente en un certain nombre de cellules embryonnaires

146 OVOL0G1E KT EMBRYOLOGIE.

par multiplication endogène ; on en voit d'abord deux, puis bientôt quatre , huit, et plus, qui sont incluses dans l'ovule et mesurent de Om,OIO à O^OIT» de diamètre, parfaitement sphèriques ; elles sont plus granuleuses et plu> denses que le contenu de Vovule mâle dont elles naissent. Les granulations qu'elles contiennent se condensent sur un point de leur périphérie el forment un noyau qui sera la tète du spermatozoaire ; elle apparaît d'abord : l'extrémité caudale se dessine ensuite et prend des contours très- nets; on aperçoit bientôt l'animalcule spermatique immobile et enroulé sur luimême dans sa cellule. Bientôt son enveloppe se détruit, et il se trouve libre dans Vovule mâle avec les autres spermatozoaire s qui ont subi la même évolution. Alors ils se groupent, disposés parallèlement, les têtes ensemble, lev queues en faisceau recourbé ; puis enfin les parois de l'ovule nulle se détruisent, les animalcules se trouvent en liberté et se détachent les uns »!.•> autres.

Ces changements se produisent dans le trajet qui sépare les canaux séminifères des vésicules séminales. C'est ce qui explique que dans le testicule on rencontre des ovules mâles et peu de spermatozoaires; tandis que dans le sperme éjaeulé on ne trouve plus que ces derniers et point d'ovules, si ce n'est les ovules avortés qui forment les granulations que nous avons notées dans ce liquide.

N*. 41. — DrttMorpr.nr.iT *r* srciouiozoAiiœ* cas* l'houhr, d'amik» Codaro. — 1. Granules speinu tiques. - 1. Grande cellule (ovule nulle, cellule mère) contenant les granules spermaUquej. Grande cellule qui contient une petite cellule embryonnaire (cellule Mlle). — t. Cellule plu» avancée contenant un spermatozoaire en voie de formation dans la cellule embryonnaire - ri. Petite cellule embryonnaire isolée. — fi. U même, dans laquelle les rudiments du <petmalozoaire sont mieux accusés. — 7. le «permatosoaire est complètement développé. 8. Rupture de la cellule embryonnaire et expulsion de son contenu. - 0. Spermatozoaire aoi»sou eipulsion de la cellule, et encore contourne. — W. État plus avancé. - 11. Spermatnrnair. normal.

Il arrive parfois que le spermatozoaire est simplement contenu tlaus la celuUe embryonnaire; cela tient probablement à la rupture prématuive il,- Vovule mdle, qui, dans ce cas, se romprait avant la cellule embryonnaire.

Godard n'admettait pas la segmentation pour Vovule mdle, ou, comme il l'appelait, la cellule mère de l'homme. 11 avait observé que le contenu granuleux se condensait pour donner naissance à une seule cellule fille (cellule

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embryonnaire) cl qu'il ne se formait qu'un seul spermatozouii e par ovule mâle, au lieu d'un nombre plus ou moins grand existant chez les animaux. \\ admettait aussi que normalement la grande cellule se rompt avant la petite. L'animalcule après son entier développement brise à son tour la petite cellule et conserve dans les premiers temps de sa naissance la situation qu'il occupait dans sa prison ; sa queue est recourbée et il a la forme annulaire. A part son état d'isolement, son évolution serait identique à celle qu'on observe chez les animaux.

Les enveloppes que nous venons de décrire sont d'une fragilité et d'une ténuité extrême; l'action de l'eau suffit pour les faire éclater. Arrivés au terme de leur développement, chez les mammifères, ils se rompent sans laisser de traces. Les spermatozoaires des animaux peuvent exécuter des mouvements avant d'être arrivés à l'état parfait ; chez l'homme ils ne se meuvent qu'après l'éclosion, et surtout lorsque leur queue s'est dénudée.

Epoque de 1* apparition des spermatozoaires. — Les spermatozoaires commencent à se moulrer à l'époque de la puberté. Alors le testicule prend un volume plus notable, on voit apparaître des ovule* mâle* qui deviennent de plus en plus nombreux à mesure que le sujet acquiert une aptitude plus complète à la fécondation ; une fois la puberté établie, leur évolution est permanente chez l'homme, et on les retrouve, dans l'état physiologique, à toutes les périodes de la vie, même à l'âge sénile. Les travaux de Duplay prouvent, contrairement aux idées admises, que le plus souvent le sperme des vieillards contient des animalcules ; il en a trouvé "»7 fois sut oi sujets examinés à ce point de vue ; chez sept, dont le moins âgé avait 75 ans et le plus âgé 82, il les a rencontrés aussi nombreux que chez l'adulte.

Nous avons noté une certaine analogie entre la genèse des spermatozoaires et celle de l'œuf ovarien ; il semblerait que cette sécrétion permanente des animalcules spermatiques dût rompre l'espèce de similitude qu'on avait entrevue entre l'évolution des deux germes, l'émission de l'ovule féminin n'ayant lieu qu'une seule fois par mois. En effet, l'analogie cesse pour l'homme et les animaux domestiqués, mais elle se poursuit chez ces derniers vivant A l'état sauvage. Nous savons que le rut de la femelle marque l'évolution de l'œuf; chez les mâles , la production des animalcules spermatiques suit la même intermittence : à l'époque du rut les testicules se gonflent, le sperme les distend, l'animal retrouve sa puberté; mais, une fois cette période passée, il la perd de nouveau, les animalcules disparaissent du sperme et ne reviennent qu'à l'époque suivante.

ovn.K

Niais avons examiné, en décrivant la vésicule de Graaf, le milieu dans lequel se développent l'ovule et les accessoires qui sont indispensables à son volution. Au moment où il abandonne la vésicule, il est entouré par les granulations du disque proligère. Une fois qu'il a quitté l'ovaire, il devient

OYOLOGIE ET KMTlU VOI.tHill. .

libre de lout lien, et pendant une certaine période, que nous étudierons plus

tard, il changera de lieu, subira de véritables transformations , et , molécule inerte, il suivra cependant sa route sous l'impulsion mystérieuse de la nature, aussi sûrement que l'être qui se meut et raisonne.

Examinons l'ovule au incluent où il brise son envel'acr. - 1. V&icute de Graar.- t, 3 et 6. Granulations de 10PPe el a>aiU MU » n*u ta membrane granuleuse et du disque pruligtre. — 4, Vc- subi déS modifications . mciiIi*. germination. - 5. Ovule. ^ rf.^^ rfe ^

resta stérile pendant une longue suite d'années. In siècle après lui, Cruishanks aperçut les ovules dans la trompe d'une chienne ; mais il ne sut pas interpréter ce fait important et en tira des conclusions erronées. Prévost et Dumas, en 1825, virent sur l'ovule de la chienne l'œuf dans la vésicule ; enfin, deux ans après, Baer mit un terme aux incertitudes de la science, et, par ses remarquables travaux, érigea en doctrine ce qui avait été entrevu à l'étal de faits isolés.

Cependant la découverte de Baer, qui s'est trouvée être une vérité, avait d'abord pris sous sa plume la forme d'une erreur. Ignorant l'existence de la vésicule germinative chez l'homme, il voulait trouver dans l'œuf humain une analogie complète avec celui des oiseaux. 11 considérait donc la vésicult de Graaf comme partie intégrante de l'œuf et l'ovule comme un élément identique à la vésicule germinative que Purkiuge avait découvert chez les oiseaux.

Coste, en démontrant chez les mammifères l'existence de la vésicule germinative, rendit aux faits leur véritable signification et compléta la découverte de Baer.

L'œuf humain est un petit corps sphérique, parfois oblong,de couleur jaunâtre, présentant un diamètre de 0,1 à 0,2 dan> l'état de maturité. Il occupe dans le follicule le point le plus voisin de la périphérie de l'ovaire. Coste expose ainsi sa genèse : Un globule moléculaire nait du stroma de Œir hoiuin. - i. Membrane r0Vaire et occupe une des loges de cet or-

vilellinc. - ï. Vitellus. - ... Vesiru|„ r o

««•rminative. - 4. Tadic germinative. gane. I) abord plein et homogène , il se creuse bientôt et se transforme en vésicule transparente ; aussitôt un globule apparait dans celte cavité et la remplit complètement; mais, progressivement, une matière granuleuse s'interpose entre la vésicule et le globule nouvellement formé et les isole ; ce dernier n'occupe bientôt plus qu'une place très-reslreinte dans la vésicule distendue. Les découvertes récentes sur |.i couche ovigène de l'ovaire prouvent que la théorie de Coste doit être modi-

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fiée an moins à propos du lieu où se développe l'ovule. Sur le globule, on voit parfois une ou plusieurs macules.

Tels sont les éléments primitifs de l'œuf; ils se dessinent peu à peu et, sans se modifier, deviennent plus apparents à l'époque de la maturation. Alors l'œuf se compose d'une enveloppe : membrane viteUiney qui contient une substance granuleuse : vitellus ; dans le vite 1 lus se trouve la vésicule germinative, sur laquelle on aperçoit parfois quelques corpuscules agglomérés : taches germinatives.

La membrane viteUine forme l'enveloppe extérieure de l'œuf; elle est hyaline, amorphe, transparente, élastique et fort résistante. Sa transparence est telle, qu'au microscope on aperçoit comme un double anneau les lignes qui limitent ses surfaces interne et externe. L'épaisseur de sa paroi est de 0,000 à 0,010. La résistance qu'elle oppose à la compression ne permet pas •l'admettre qu'elle est constituée par une simple couche d'albumine.

La membrane vitelline est une vésicu le close sans texture et sans vaisseaux, qui sert d'enveloppe protectrice à l'œuf avec lequel elle «'a aucun lieu de continuité, et cependant cet organisme si élémentaire, si dépourvu des attributs de la vitalité, devient le siège de modifications qui annoncent une puissance vitale assez énergique : lisse et polie au moment de la rupture de la vésicule de Graaf, à son arrivée dans l'utérus elle se hérisse d'appendices villeux qui servent à fixer l'œuf dans la cavité utérine, et probablement à le nourrir dans les premiers jours de son développement.

Le vitellus ou jaune est constitué par de très-fines granulations unies ensemble au moyen d'un liquide visqueux qui donne à la masse une certaine cohérence. Lorsque l'eau pénèlre par endosmose la membrane vitelline, son contenu subit un mouvement de retrait qui laisse un espace entre le vitellus et son enveloppe. Cette particularité avait fait croire à tort qu'il existait une membrane plus interne appliquée immédiatement sur le jaune. Le vitellus n'est nullement identique au jaune de l'œuf des oiseaux, ni dans sa composition histologiquc, ni dans son usage. Le jaune des oiseaux est formé de vésicules à noyaux et de grandes vésicules granuleuses qu'on ne rencontre jamais dans le vitellus de l'œuf humain. De plus, il n'est chez l'oiseau qu'un amas de matière nutritive destinée à alimenter le futur embryon, tandis que chez les mammifères il est un élément essentiellement germinateur ; la nutrition s'opère chez ce dernier au moyen de la circulation utéro-placentaire. Dans l'œuf des oiseaux, la partie véritablement analogue au vitellus des mammifères n'est pas le jaune, mais bien la cicatricule.

La vésicule germinative transparente, incolore, très-fragile et parfaitement sphéroïde, est située h'abord au milieu du vitellus; mais, à mesure que l'ouif marche vers la maturité, elle se rapproche de sa périphérie. Son diamètre «•si de 0,035 à 0,040. Elle contient un liquide limpide et albumineux. Elle nait de très-bonne heure. On la retrouve dans les œufs les plus petits qu'on ait observés, et son volume est alors assez considérable pour occuper la plus grande partie de la cavité. Plus tard elle ne suit pas le développement ultérieur de l'œuf, et augmente de volume dans des proportion> beaucoup moindres. La vésicule germinative, découverte par l'urkinge chez les oiseaux,

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a été observée pour la première fois dans l'espèce humaine par Coste, en 18Ô5. Le nom qu'elle porte ne doit point faire préjuger du rôle qu'elle joue dans la fécondation, ni de son importance, car elle s'efface aussitôt que l'oeuf a quitté l'ovaire ; elle semble donc en être un élément transitoire qui disparait à la maturité.

La tache germinative, découverte par R. Wagner en 1856, forme sur la paroi de la vésicule que nous venons de décrire un noyau large de O°\007. R. Wagner lui attribuait une importance extrême dans la génération ; il eu faisait l'élément essentiel de l'œuf. Cette manière de voir est loin d'être acceptée, et, malgré les hypothèses émises sur ce point par Bary, Vogt. Bischoff, etc., Coste et Courty refusent toute importance à la tache germinative, non-seulement parce qu'elle disparait en même temps que la vésicule germinative, mais encore parce qu'elle présente dans les espèces des différences telles qu'on ne saurait l'admettre comme un élément fondamental. I nique chez l'homme, elle manque chez un certain nombre d'oiseaux et de poissons, et semble multiple au contraire chez d'autres animaux d'ordres très-différents. La tache germinative parait être simplement un élément transitoire de l'œuf qui se lie d'une manière inconnue :'• son développement.

Bonnet avait imaginé un singulier système pour expliquer la genèse de l'œuf. H prétendait que l'ovaire de la première femme contenait, emboîtés le> uns dans les autres, dans un seul de ses œufs, les œufs de toutes les gênérations qui doivent se succéder sur la terre jusqu'à la destruction de noti • planète. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'une pareille niaiserie ait joui d'une certaine importance était, été acceptée par des hommes de la valeur de Spallanz.ini, Vallisneri et Haller.

USÎUK DES DEIX GERMES

Le contact matériel du sperme et de l'ovule, animés de leur vitalité, e>r la condition essentielle de la fécondation, et la fusion intime de ces deux élément* est seule capable de donner naissance au nouvel être. Nous avons vu que le coït n'est pas indispensable et que le spasme érotique de la femme ne joue absolument aucun rôle dans la fécondation ; mais, si un obstacle quelconque empêche le contact des deux germes, la conception est impossible.

Les anciens, dans leur ignorance de cette nécessité, avaient expliqué l'imprégnation au moyen d'hypothèses. Harvey ne croyait pas à la pénétration du sperme dans l'utérus et pensait qu'il exerce son influence sur cet organe par une espèce d'action magnétique. Fabrice de Ililden croyait a quelque chose de semblable qu'il appelait aura semitwlis; Gardien, parmi les accoucheur^ français, fut le dernier défenseur de cette doctrine. Knfln Chaussier admettait que le sperme absorbé par le vagin arrivait à l'ovaire par le torrent de la circulation.

Ces hypothèses étaient, jusqu'à un certain point, pardonnables à des hommes qui n'avaient jamais pu constater la présence du sperme ni dans l'utérus, ni dans les trompes, et qui, de plus, avaient noté des cas de grossesse chez des femmes dont l'hymen, complètement intact, prouvait qu'elles n'avaient

FÉCONDATION

jamais subi le coït. Mais ces faits, rares du reste, ne pouvaient atténuer en Hen les observations des nombreux auteurs qui, depuis Leuwenhoeck, avaient constate la présence du sperme dans l'utérus, les trompes et jusque sur

l'ovaire.

Les belles expériences de Spallanzani, en 4787, auraient dû cependant inspirer aux modernes des idées plus vraies et éclairer un peu leur ignorance des phénomènes intimes de la fécondation ; mais, au milieu du conflit des discussions, elles ont été 'oubliées, et l'on doit à Prévost et Dumas, qui les (»nt reprises en 182-4, d'avoir établi expérimentalement l'impossibilité de l'imprégnation à distance. Ces observateurs ont placé des œufs et du sperme de grenouilles dans des verres de montre plats et superposés de manière à ne laisser entre les deux éléments qu'une distance aussi faible que possible ; jamais dans ces conditions, malgré l'évaporation sensible du liquide, la fécondation n'a été obtenue. Ces mêmes œufs, au contraire, touchés par de faibles quantités de sperme, ont donné naissance à des êtres vivants.

Hayton, en 4797, avait également démontré la nécessité d'un contact matériel, en liant chez une lapine la trompe d'un seul côté ; la copulation ne détermina l'imprégnation que sur l'ovaire dont la trompe était libre; de l'autre côté, les œufs restèrent stériles. Nunck, Grasemeyer, Blundel et Hausseman virent le même résultat se produire à la suite d'expériences analogues.

Action du sperme sur l'œuf. — Nous avons vu que le liquide spermatique «•tait composé d'éléments assez complexes dont il n'élait pas facile de déterminer le rôle spécial. Aussi deux opinions qui ont encore l'une et l'autre aujourd'hui des partisans ont été émises sur ce sujet. Spallanzani, Vallisneri, Bory, Saint-Vincent, Valentin, Bischoff, etc., n'accordaient aux spermatozoaires qu'un rôle très-secondaire ; pour eux, c'était le liquide testiculaire qui agissait dans la fécondation, abstraction faite des différents fluides qui s'y mêlent dans le parcours des organes génitaux. Leuwenhoeck, Prévost et Dumas, Barry, Cosle, Courty, Gerbe, Longet, etc., considèrent seulement ce liquide comme une menstrue destinée à faciliter les mouvements des sperinatozoaires, élément essentiel.

Spallanzani crut avoir obtenu la fécondation au moyen du sperme privé d'animalcules. On sait qu'il en existe dans une seule goutte un nombre prodigieux ; il est donc difficile d'admettre que, même dans un état de dilution extrême, la liqueur fécondante n'en contenait pas quelques-uns qui ont échappé à son attention. Prévost et Dumas en opérant avec plus de précision, sont arrivés à un résultat tout à fait opposé. Us ont filtré, dans cinq filtres emboités, le liquide séminal, et le produit obtenu mis en contact avec les œufs les a laissés stériles, tandis qu'au contraire la fécondation a été déterminée au moyen du produit resté sur les filtres, fait déjà constaté par Spallanzani, qui n'en a pas assez apprécié la portée. Les mêmes observateurs ont cherché la confirmation de ce résultat dans d'autres expériences moins concluantes ; ils ont tué lesspermatozoairesau moyen d'une décharge électrique; par la dessiccation ; ils ont employé le sperme trente-six heures après son émission, mais ils s'étaient placés dans des conditions Irop anormales pour que les résultats négatif qu'ils ont obtenus aient une grande importance.

OYOLOGIE ET EMBttYOI.WIL.

Coste, poursuivant la môme recherche, a apporté à la solution de la question un argument beaucoup plus décisif. Le mâle de la grenouille commune présente une disposition tout à fait particulière de l'appareil séminal. Les deux éléments du sperme se trouvent séparés; la portion fluide constituée par un liquide abondant et transparent est retenue dans une poche située à 1 extrémité de chaque canal déférent, la partie solide exclusivement formée de spermatozoaires est contenue dans le testicule. On peut doncopérer séparément avec chacun de ces deux éléments exempts de tout mélange. Coste, dans ses expériences, a constamment vu le liquide infécond, et le spermatozoaire au contraire vivifiait les a*nfs, qui donnaient naissance à des têtards. Le pouvoir fécondant des animalcules semble lié à leur motilité, car il diminue èl s'éteint complètement avec leurs mouvements.

Il n'est donc plus douteux que l'animalcule est dans le sperme l'agent important delà fécondation. Je noterai seulement le rôle que les adversaires de cette conclusion accordaient aux spermalozoaires. Vallisneri prétendait qu'ils étaient destinés à entretenir la fluidité du liquide; Valentin et BischofT, à maintenir, par leur agitation, la composition chimique du sperme; Bory Saint-Vincent leur attribuait seulement le transport sur l'ovaire de la partie fluide dont ils sont englués. L'expérimentation de Coste, que nous venons d'exposer, démontre le peu de valeur de ces théories qu'il serait sans intérêt maintenant de discuter.

Le rôle des globules qu'on rencontre dans le sperme est absolument nul. Nous savons maintenant qu'ils sont formés par des vésicules spermatiques stériles. Il en est de même des cellules èpithèliales qui sont dues à la desquamation des muqueuses génitales. Les liquides fournis par les glandes, prostate de Cowper, de Litre, etc., jouent un rôle dans l'émission du sperme, mais sont absolument inertes dans la fécondation.

L'importance du spermatozoaire étant admise, on a voulu expliquer le mécanisme intime de son action sur le germe femelle. On peut réunir en deux groupes les théories qui ont été formulées sur ce point. Dans le premier, les auteurs ont vu dans le spermatazoaire Yhomuncul-us, l'embryon lui-même, ou au moins une de ses parties. Les partisans du second considérèrent simplement l'animalcule comme une espèce de ferment qui se combine avec l'œuf et lui imprime des propriétés nouvelles. Leuwenhoeck vit dans le spermatozoaire l'embryon microscopique et dans l'œuf un simple nid préparé pour le contenir et favoriser son développement. Les animalculùtes de son époque partagèrent cette opinion qui diminuait l'importance du rôle que les ovistex attribuaient à la femme dans l'acte de la fécondation. La femme recevait seulement l'embryon tout formé contenu dans le sperme du niAle. Cette doctrine subit des chances diverses jusqu'à Prévost et Dumas;qni la modifièrent,ainsi que Lallemand. Ces auteurs admirent que l'animalcule constituait seulement le système nerveux du nouvel être. Celte opinion n'est pas plus soir lenableque la précédente, et les observations récentes qui ont permis de suivre en quelque sorte pas à pas les premiers développements de l'œuf fécondé nous obligent à les reléguer parmi les erreurs du passé. La doctrine qui considère l'action des spermatozoaires comme un espèce de ferment s'appuie sur

FÉCONDATION. 153

«les faits assez précis ponr rencontrer aujourd'hui peu de contradicteurs. Comme dans la théorie précédente, on admet la pénétration de l'animalcule dans l'œuf.

On sait que la membrane vitelline qui forme son enveloppe externe ne présente chez les mammifères aucune solution de continuité; il était donc difficile de croire à priori à la pénétration de l'animalcule à travers cette membrane; il est vrai que les anciens pensaient qu'il existait un pertuis destiné à la favoriser. Cette idée avait même été acceptée par Prévost et Dumas. Barry, en 1840, lui donna une nouvelle importance en décrivant une ouverture sur l'œuf de la lapine et en affirmant qu'il avait vu s'y engager quelque chose qui ressemblait beaucoup à un spermatozoaire. Les recherches de Bischoff et de Coste ne leur permirent pas d'adopter cette manière de voir, et l'existence du canal vitellin fut à peu près unanimement niée chez les mammifères. Cependant si le mode de pénétration du spermatozoaire nous échappe, .il est hors de doute maintenant qu'elle se produise. Meissner, en 1854, vit sur l'œuf de la lapine des spermatozoaires en dedans de la membrane vitelline, et en contact immédiat avec le jaune. Le fait a été constaté par R. Wagner, Henle, Muller et F. Weber. Ils ont vu les animalcules sur le vitellus disparaître en se dissociant. Leurs mouvements d'abord actifs se ralentissent peu à peu, les animalcules restent immobiles et disparaissent par liquéfaction. Peut-être en subissant cette métamorphose régressive se transforment-ils en granulations pour concourir à la formation du blastoderme que nous étudierons plus tard.

On comprend combien il est important de démontrer cette fusion, cette pénétration des germes. Le fait établi prend les proportion d une loi générale; si l'on peut prouver qu'il est vrai pour une seule espèce, elle s'appliquera à tous les êtres de la série animale pourvus d'ovaires.

Nous trouverons dans les travaux de Coste et de Keber une nouvelle sanction de la découverte de Meissner. Coste a décrit sur l'œuf des poissons osseux un ombilic au centre duquel existe un trou microscopique traversant la membrane vitelline, et muni en dedans d'une petite soupape. Ce micropyle parait bien réellement destiné à donner passage à la semence du mâle, car il s'oblitère lorsque la fécondation est accomplie. Keber a observé le micropyle sur l'Unio et l'Anodonte, et de plus il a vu un spermatozoaire engagédans ce canal, et a constaté son incorporation au vitellus et les modifications ultérieures qu'il subit au contact du jaune.

La pénétration des spermatozoaires dans l'œuf des poissons osseux et de quelques mollusques est donc un fait démontré, et si chez les mammifères on n'a pas encore découvert la route qu'il suit, il n'en est pas moins prouvé par l'observation de Meissner que le phénomène est le même chez les mammifères.

La quantité de sperme nécessaire pour obtenir la fécondation est extrêmement faible. Spallanzani a fécondé des œufs en les touchant avec une gouttelette de liquide empruntée à une solution de 15 centigrammes de sperme dans 540 grammes d'eau. Il estime qu'il suftit de toucher un œuf avec la vingtmillième partie d'un milligramme de sperme pour l'animer. Prévost et

OVOLOGIE ET EMBHYOLOGIK

Dumas ont tu 22a spermatozoaires féconder 61 œufs sur 300. Si, comme on le voit, des quantités infiniment petites du liquide spermalique sont su (lisantes pour obtenir ce résultat, il semble cependant nécessaire que les animalcules soient plus nombreux que les œufs qu'ils doivent imprégner.

Lieu où s'opère la fécondation . — Nous noterons seulement pour mémoire l'opinion des anciens qui pensaient que la fécondation se produit exclusivement dans l'utérus. Pouchet est peut-être le seul, parmi les moiernes ayant une autorité scientifique, qui ait soutenu cette erreur que les grossesses extra-utérines avaient déjà rendue manifeste pour un certain nombre de savants des derniers siècles. Depuis Leuwenhoeck on avait trop souvent constaté la présence des animalcules dans les trompes et sur l'ovaire, pour qu'on puisse légitimement limiter à la cavité utérine la réunion des deux germes.

Inc opinion moins exclusive, et qui compte encore un assez grand nombre de partisans, consiste à admettre que l'imprégnation peut se faire dans l'utérus, la trompe et sur l'ovaire. Coste, en ces derniers temps, s'est élevé contre cette doctrine et localise l'union utile des deux germes à l'ovaire et au quart externe de la trompe. Il appuie cette manière de voir sur des considérations empruntées à la physiologie comparée et qui semblent assez probantes.

Nous avons vu que pour que la fécondation pût se produire, il fallait le contact intime des spermatozoaires et de l'œuf. Mais il faut aussi que ces deux éléments essentiels possèdent toutes leurs propriétés vitales. Le spermatozoaire peut vivre un certain temps après sa migration chez la femelle. On le voit, chez certains insectes et quelques mollusques, vivre un mois ou deux, confiné dans un réservoir spécial, en attendant la maturité de l'œuf qu'il doit féconder. L'ovule est doué d'une résistance vitale beaucoup moins énergique et il semble se décomposer presque aussitôt après sa dèhiscence, si le germe mâle ne lui vient pas en aide. Au lieu de présenter les phénomènes de la segmentation, indice de la nouvelle phase qu'il doit parcourir, il devient le siège d'une altération profonde qui le convertit en une masse informe ou en vésicules transparentes qui perdent bientôt tout caractère organique. A cette cause de stérilité s'en joint une autre non moins sérieuse ; a peine a-t-il franchi une portion de la trompe, que l'œuf s'entoure d'une couche albumineuse imperméable aux spermatozoaires.

Prévost et Dumas avaient déjà observé que la couche d'albumine qui entoure l'œuf des grenouilles est très-hygrométrique ; après un séjour d*» quelques heures dans l'eau, elle se gonfle, augmente de volume et oppose une barrière infranchissable aux animalcules. Coste a fait la même observation sur la lapine, lorsqu'on ne permet l'accouplement que cinquante heures après la rupture présumée de la vésicule. On trouve alors l'ovule, dans la partie supérieure de la trompe, entouré d'une couche d'albumine, sur laquelle on voit de nombreux spermatozoaires s'agitant avec vivacité; mais aucun d'eux n'a pu pénétrer même les parties superficielles de l'enduit albumineux, et le vitellus est déjà altéré. Il faut cependant noter que la couche albumineuse découverte par Warthon Jones en 1857, chez les mammifères , ne s'observe pas dans tous les ordres de cette classe et qu'on

FÉCO.NDATIOS.

n'est point en mesure d'affirmer qu'elle existe chez la femme. Si donc chez cette dernière on admet que la rapide décomposition de l'œuf le rend inapte à l'imprégnation, lorsqu'il est engagé au delà du tiers externe de la trompe, on a beaucoup moins de raison pour affirmer que la couche d'albumine vient former un obstacle tout aussi certain à la fécondation.

Coste a de la tendance à circonscrire le lieu où se fait la fécondation dans des limites encore plus étroites. On sent qu'en accordant qu'elle est possible dans une portion très-limitée de la trompe, il fait, comme malgré lui, une concession aux idées reçues; mais pour lui il semble n'admettre l'imprégnation qu'au moment où l'œuf quitte l'ovaire, ou lorsqu'il est encore contenu dans cet organe ; à priori il parait impossible d'admettre l'union des deux germes dans cette dernière condition. L'animalcule devrait traverser non plus seulement la membrane vitelline, mais encore la vésicule de Graaf, le tissu ovarien, et le péritoine qui forment à l'œuf une enveloppe protectrice. Si on admettait l'hypothèse de la lécondation iutra-ovarienne, il me paraîtrait nécessaire de compléter cette théorie par une autre hypothèse, et malgré mon peu de goût pour ce mode d'argumentation je la formulerai ainsi :

Les spermatozoaires en contact avec l'œuf lui imprimeraient une propriété nouvelle, mais sans effet immédiat. Il se trouverait dans les conditions île l'œuf fécondé des ovipares, avant qu'il n'ait subi l'incubation, et ce ne serait qu'à partir de la rupture de l'ovisac qu'il subirait ses métamorphoses. Car évidemment si l'embryon commençait à se développer dans l'ovaire, on ne comprendrait pas que dans certains cas le passage de l'œuf à traversin trompe fût possible. 11 n'est point rare de noter des copulations fécondantes, huit jours environ après la cessation des règles, c'est-à-dire près de trois semaines avant une nouvelle menstruation. Or, cet espace do temps serait plus que suffisant pour donner à l'œuf un diamètre hors de proportion avec le calibre des trompes.

Il est cependant démontré que la fécondation peut, chez certains animaux, se faire dans l'ovaire avant la maturation de l'œuf et à travers les obstacles que nous venons de noter. Coste a constaté chez les oiseaux la fécondation .l'œufs qui étaient encore à leur période de développement et dont la ponte n'a eu lieu que dix-huit jours plus tard. Il a constaté également avec Gerbe le même phénomène chez des crustacés. Chez la femelle du crabe commun, ils ont vu les spermatozoaires déposés dans une poche spéciale à une époque où I on pouvait à peine distinguer à l'œil nu dans l'ovaire les œufs de la ponte future. Six semaines après, le sperme était absorbé, bien que le germe femelle n'eût subi que des modifications insensibles, et les œufs fécondés ont été expulsés seulement quatre mois après.

Ces observateurs ont môme constaté qu'une seule copulation pouvait chez certains crustacés féconder deux générations d'œufs. Ces phénomènes n'ont pas été observés chez les mammifères ; cependant on a noté des cas où l'accouplement de sujets de races distinctes avait eu une influence manifeste sur des gestations succédant à celle qui avait donné naissance à des hybrides ou à un métis. Des juments couvertes par un âne ont, dans les gestations posté- Heures à celles qui ont produit des mulets, et après avoir été de nouveau

OVOI.OGIE ET EMnilYOLOCIE

saillies parmi cheval, donné naissance à des chevaux qui accusaient dans leurs formes quelques signes d'hybriditè.

Simpson, d'Edimbourg, a noté qu'une Femme blanche, accouchée d'un mulâtre, à la suite d'une cohabitation avec un nègre, donna plus tard naissance à une fille qui portait des traces évidentes de sang noir, bien que son père appartint à la race blanche.

Faut-il conclure de ces faits que l'imprégnation a lieu dans l'ovaire et qu'elle peut avoir lieu en quelque sorte par anticipation? Je ne le crois pas. Les faits relatifs aux mammifères ne sont point assez nombreux, ni assez concluants, pour qu'on en puisse tirer une semblable conclusion. Et si le doute n'est plus permis pour quelques oiseaux ou crustacés, on doit en ce qui concerne les mammifères attendre des éléments de certitude plus évidents avant d'admettre l'imprégnation intra-ovarienne. Je crois qu'il serait peut-être imprudent de formuler sur ce point de la génération des lois trop générales, l'induction pouvant conduire à l'erreur, tant sont grandes les différences qu'on observe sur le mode dont la fécondation s'opère dans les différentes « lasses du règne animal.

En résumé, nous acceptons la théorie qui admet la fécondation sur l'ovaire et dans la première portion de la trompe.

Cause de la progression des spermatozoaires. — Nous nous trouvons encore ici en face d'hypothèses et d'opinions opposées; mais les difficultés qui entravent la solution de cette question sont en quelque sorte artificielles. Lesspermatozoaires jouissent d'une grande motilité et d'une la eu lté de progression qui n'est pas niable, puisqu'on est d'accord pour reconnaître qu'ils peuvent parcourir un espace d'un centimètre en quatre minutes; mais quelques auteurs leur ont refusé l'animalité, c'est-à-dire la volition, l'instinct directeur; ils les ont considérés comme de simples corpuscules subissant l'impulsion du milieu où ils se trouvent. Il a donc fallu inventer pour ce milieu une force d'impulsion qu'on refuse aux animalcules.

Muller a invoqué, pour expliquer la progression du sperme, Faction «les cils vibratiles de la muqueuse de l'utérus et des trompes. Cette cause ne peut être admise, par cette raison que l'ondulation de ces éléments anatomiques a liëu dans un sens opposé à la progression ascendante; elle se fait toujours de dedans en dehors, c'est-à-dire dans le sens de l'expulsion, ce qui constitue un obstacle au lieu d'une condition favorable.

Pouchet, acceptant sur ce point la doctrine des anciens adoptée par Bischoff, croit à un spasme convulsif de la matrice; pendant le coït l'organe expulserait les mucosités qu'il contient, et par un mouvement d'aspiration consécutif il absorberait le fluide séminal déposé dans le vagin. Je crois que cette opinion n'est pas soutenable par les raisons suivantes : 4 «parce qu'on n'a jamais démontré sur l'utérus A l'état de vacuité ces contractions brusques qui ne trouvent point leur explication dans la constitution musculaire de l'organe fi cette époque; 2" si le spasme aspirateur existait, ce ne serait pas au bout de douze à quinze heures qu'on trouverait le sperme dans les trompes et et sur l'ovaire, mais au bout de quelques minutes ; 3° il arrive très-souvent ne le spasme erotique fait absolument défaut chez les femmes pendant un

FÉco>Dvrin.N.

cuit fécondant; 4" Coste a démontré que le liquide spermatique n'est point, comme les anciens le croyaient, lancé dans l'utérus, mais qu'il est simplement déposé dans le vagin et qu'il s'écoule de vingt à trente minutes avant que les spermatozoaires s'engagent dans l'orifice externe du col ; b" enfin nous avons signalé des cas où le liquide spermatique simplement déposé à l'orifice vulvairc suivait cependant la route tracée par la nature et arrivait sur l'ovaire pour opérer la fécondation. Il est certain qu'on ne saurait croire au spasme utérin dans de semblables circonstances.

Coste admet l'ascension du sperme sous l'influence de la capillarité. Il compare les deux surfaces de l'utérus en contact, à deux lames de verre ou à des tubes capillaires.

(1 me parait impossible de trouver une analogie sérieuse entre les parois sécrétantes de l'utérus et des surfaces capillaires inertes. Ce serait méconnaître les propriétés de la matière vivante et active. La muqueuse utérine est munie d'un épithélium vibratile constamment en mouvement et représentant une force qui imprime une direction aux corps mobiles en contact avec elle, et nous savons que cette direction est de dedans en dehors et non pas ascendante. Il est bien certain que l'action des cils vibratiles, qui est parfaitement démontrée, suffirait largement pour détruire l'effet de la capillarité, en supposant qu'elle existât. J'invoquerai une autre preuve pour combattre les théories de Coste. Si la capillarité joue un rôle dans l'ascension du sperme, il est évident qu'on n'en saurait limiter l'action à cette seule circonstance, car c'est une force dont l'activité est incessante. On la verrait donc se produire sur le mucus sécrété par le vagin, sur l'eau des injections, le sang des règles, les lochies de l'accouchement. Ces liquides, au lieu d'être expulsés par. la vulve,, seraient au contraire dirigés en haut et aspirés par les trompes, qui sont de véritables tubes capillaires, et versés enfin dans le péritoine. Je n'ai pas besoin de dire qu'on n'observe rien de semblable, mérne après l'accouchement, époque où l'absence de l'épithélium vibratile de l'utérus constituerait une circonstance favorable à l'action de cette capillarité.

Je crois donc pouvoir conclure que la capillarité ne joue aucun rôle dans la migration du sperme. Je pense que sa véritable et unique cause tient au mouvement des spermatozoaires; et on se demande en vain dans quel but la nature les aurait doués d'une molilité aussi active, si elle ne devait pas leur servir à la progression, à lutter contre les obstacles semés sur leur route et contre les changements dans les milieux qu'ils doivent traverser ; car les conditions de surface ne sont pas les mêmes dans le vagin, l'utérus, les trompes et sur l'ovaire.

Si l'on examine ce qui se produit pour le germe femelle, qui n'a pas de mouvements propres, on constate qu'il doit sa progression à une action mécanique dont les agents, placés en dehors de lui, sont bien plus faciles à déterminer. L'œuf est saisi par la trompe, qui l'embrasse complètement. On comprend les contractions de ce canal mince et flexible, pourvu d'éléments musculaires plus parfaits que ceux de l'utérus à l'état de vacuité, et qui trouvent encore un auxiliaire dans les ondulations des cils vibratiles. L'ovule, dans s» progression, ne change pas de milieu, et la force motrice cesse d'agir

OVOI.OGIE ET EMBItYni.or.lE.

au moment où il arrive ù sa destination, c'est-à-dire dans la cavité utérine. Pour le sperraatozoaire, on n'observe rien de semblable; il doit trouver daik sa motilité les éléments de progression pour parcourir les différents milieux qu'il traverse, et dans son instinct la direction qu'il doit suivre pour arriver à l'ovaire, dont il est parfois séparé par une distance de près de t>:» r.Mitimètrcs, lorsqu'il est déposé prés de la vulve.

J'ajouterai que pour les animaux à fécondation extérieure on ne peut invoquer une autre cause que l'instinct directeur qui les pousse vers l'œul auquel ils doivent donner la vie ; car au moment de leur émission ces deux germes sont séparés, daus le milieu liquide où ils sont déposés, par un intervalle parfois relativement assez considérable.

Après la copulation, le spermatozoaire séjourne dans le vagin, puis, nu bout de vingt à trente minutes, il s'engage dans la cavité utérine et dans les trompes ; ce voyage s'accomplit dans l'espace de huit à douze heures. Arrivé à l'extrémité libre de la trompe, il parvient sur l'ovaire] au moyen de ht frange qui unit le pavillon à cet organe. Nous verrons plus tard que m la migration du sperme se fait au moment de la déhiscence de l'œuf, le eontacJ des spermalozoaires avec l'ovaire est facile, car il est embrassé à ce moment par le pavillon de la trompe. Aussitôt que les animalcules touchent l'œuf, il> I entourent et le suivent dans sa migration; chez les animaux, où il s'enveloppe d'une couche d'albumine, on les voit s agiter entre l'ovule et cette couche, puis subir la dissolution que nous avons signalée plus haut.

Époque de la fécondation. — La vitalité persistante des animalcules permet de comprendre qu'un coït pratiqué en dehors des périodes menstruelles de la femme devienne fécondant à cette époque ; il se peut faire que le germe du mâle déposé dans l'organisme de la femelle un certain temps avant la déhiscence de l'œuf, se joigne à lui au moment où il quitte l'ovaire. Il est plu* difficile, si on admet la rapide décomposition de l'œuf après son expulsion de la vésicule, d'expliquer les fécondations qui ont lieu plusieurs jours aprè> cette déhiscence. Faut-il admettre avec Coste la fécondation intra-ovarienne, hypothèse que je n'ose accepter, ou une autre explication qu'il a donnée des fécondations inter-menslruelles?

« Le rul, dit cet auteur, est le signe de la déhiscence; chez la femme la cohabitation permanente peut ramener plus souvent la phlogose amoureuse et la chute de l'œuf qui eu est la conséquence, c'est-à-dire des ovulations suf^lfmentairea se produisant dans les époques inter-menstruelles. La déhiscencr de l'œuf détermine une héinorrhagie; mais, ajoute-t-il, on ne doit pas oublier qu'ici la cause même qui contribue à provoquer la chute de l'œuf est aussi celle qui le féconde, et qu'en le fécondant elle fait avorter l'hémorrliagic avant même qu'elle ait eu le temps de se manifester. *

Je crois que cette opinion de Coste n'est pas admissible, en voici la raison : (liiez beaucoup de femmes, l'orgasme vénérien reçoit des satisfactions journalières; or si l'excitation génitale déterminait l'ovulation avec ses conséquences, il faudrait de toute nécessité, pour expliquer l'absence dhèmorrliagie, que la femme fût presque constamment en état de gestation; une grossesse succéderait à l'autre, à de faibles intervalles. Ou si elle échappait A cette

FÉCONDATION

situation, elle subirait inévitablement des menstruations ù chaque instant répétées et qui seraient la conséquence de la chute d'un œuf non fécondé, ce qui est manifestement en désaccord avec l'observation.

L'époque la plus favorable à l'imprégnation est celle des règles, ou au inoins les quelques jours qui les précédent et les suivent. Ce fait a frappé même les médecins de la période antique. Mais il n'est pas moins vrai qu'on a souvent observé aussi la fécondation pendant tous les jours intermédiaires a cette période. U est peu d'accoucheurs qui conservent des doutes sur cipoint, et les statistiques de la Clinique peuvent en fournir la preuve basée sur une large échelle.

Il faut avouer que dans l'état actuel de la science il est difficile d'expliquer ce phénomène, à moins d'admettre la fécondation intra-ovarienne, ou bien que l'œuf chez la femme conserve sa vitalité plus longtemps que celui des autres mammifères. '

Les anciens croyaient que la fécondation s'opérait instantanément et au moment du coït; ce que nous venons de dire nous dispense de réfuter cette erreur. Les deux actes sont séparés au moins par le temps que les animalcules mettent à accomplir leur migration à travers l'utérus et les trompes. Le coït fécondant ne se révèle par aucun phénomène spécial, la femme n'a pas conscience de l'imprégnation et les assertions qu'elle formule sur ce point sont des prédictions après l'événement, auxquelles il ne faut attacher aucune importance. Cependant il en est de tellement fécondes, que lorsqu'elles négligent les précautions qui les met à l'abri d'une grossesse elles peuvent jusqu'à un certain point annoncer l'imprégnation : cette prévision est le résultat, non pas d'une sensation spéciale, mais uniquement de leur expérience.

Depuis l'antiquité on a fait de stériles efforts pour découvrir la loi mystérieuse qui préside à la procréation des sexes. Hippocrate pensait que chacun des testicules était destiné à un sexe spécial ; que celui du côté droit formait les mâles et qu'il fallait le lier avant le coït pour obtenir des filles. Les travaux de Godard ont continué ce qu'on savait depuis longtemps: c'est que des mouorchides ont donné naissance à des tilles et à des garçons. Millot, à la lin du dernier siècle, a attribué cette influence aux ovaires; le droit fournirait des œufs mâles, et la femme qui veut des filles devrait pour concevoir se coucher sur le côté gauche pendant la copulation. Cette hypothèse n'est pas mieux fondée que la précédente, et les preuves sur lesquelles il prétend l'appuyer n'ont aucune valeur, tes femmes qui accidentellement ou de naissance ont été privées d'un ovaire ont eu des enfants de l'un et l'autre sexe. Girou de Buzareinguesa prétendu que la vigueur de l'un des parents déterminait le plus souvent le sexe de l'enfant, et qu'un père vigoureux procrée surtout des mâles. .Nous exposerons les idées de cet auteur au paragraphe consacré à l'étude de la proportion des sexes dans les naissances.

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