STÉRILITÉ
La stérilité est l'inaptitude à la fécondation, état fort distinct de limpuissance qui est caractérisée par l'impossibilité d'accomplir la copulation. Chez
OVOLOGIE ET E.MBHYOLOGIK
l 'homme l'impuissance est déterminée par l'absence de la verge ou l'impossibilité de l'érection: chez la femme par l'absence ou l'occlusion complète du vagin. Mon intention est de ne m* occuper ici que de la stérilité ; je passerai donc sous silence ce qui se rapporte à l'impuissance.
De la stérilité chez l'homme. — La stérilité reconnaît des causes fort diverses dont le résultat est Yaspennatisme ou absence d'éjaculation, et l'èjaculation d'un liquide absolument privé de spermatozoaires ; je nommerai ce dernier état Vaspevmatazie. S. Cosmao-Dumenez a publié sur l'aspermatisme un mémoire qui contient des observations intéressantes.
Dans certains cas d'aspermatisme l'affection semble tenir à une simple atome des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs. Parfois elle succède à des causes traumatiques : opérations de taille, plaies et contusions du périnée, cicatrices du canal de l'urèthre. Elle peut tenir encore à une dégénérescence ou à l'hypertrophie de la prostate, à un rétrécissement, à la contraction spasmodique de l'urèthre (cette dernière cause n'est pas absolue, car le sperme s'écoule en bavant lorsque l'érection a cessé). Dans ces cas, le sujet éprouve le spasme erotique ; il est puissant, mais stérile, aucune èjaculation ne se produit ; le liquide spermatique est arrêté par une barrière infranchissable; l'obstacle est situé en avant des vésicules séminales, dont le produit est également retenu. Le résultat est le même lorsque l'obstacle ii l 'èjaculation tient à une direction vicieuse imprimée par une cicatrice au\ canaux éjaculateurs, le sperme tombe alors dans la vessie et se mêle aux urines. Le traitement varie naturellement avec les causes de l'aspermatisme, le plus souvent l'art est impuissant à remédier aux cicatrices vicieuses de l'appareil séminal. Cependant l'électricité a été employée avec succès par Hicquet et par Schulz, dans des cas d'atonie, et il est possible qu'elle soit utile pour remédier au spasme de l'urèthre.
La seconde forme de la stérilité chez l'homme tient à l'absence d'animalcules dans le sperme éjaculé : aspeimatozie. L'anorchidie et la cryptorchidie sont des causes irrémédiables de stérilité. Que le sujet ait été privé congénitalement ou accidentellement des testicules, ou que ces organes soient retenus dans la cavité abdominale, le résultat est le même, et cependant l'érection peut se produire, on l'observe même chez les eunuques. Les criptorchides ont le sens génésique très -développé, ils ressentent vivement le spasme erotique, mais le liquide éjaculé est complètement dépourvu de spermatozoaires. Il est uniquement constitué par le produit des vésicules séminales et des glandes de l'appareil sécréteur. Godard a observé que la stérilité persiste lorsque les testicules, retenus dans l'abdomen jusqu'à la puberté, descendent à cette époque dans le scrotum. La monorchidie n'entraîne pas la perte de la fonction génératrice, et le testicule sain suffit à la fécondation. Hirtz a constaté assez fréquemment 1 absence des spermatozoaires dans le produit de l'èjaculatiou chez des hommes salaces, sans qu'on pût trouver l'explication du fait dans une maladie antérieure ou présente.
Les inflammations parenchyniateuses qui portent sur les deux glandes séminales peuvent entraîner la stérilité définitive, qui résulte, soit de l'oblitération du canal déférent, soit de l'arrêt de la sécrétion spermatiqwe persistant
FÉCONDATION
après que l'inflammation est dissipée. Dans quelques cas, les traces de la lésion disparaissent assez complètement pour que le malade reprenne ses facultés prolifiques. Gosselin est le premier qui ait étudié avec détails la lésion anatomique des canaux déférents oblitérés à la suite de l'épididymile blennorrhagique ; l'inflammation qui reconnaît cette cause peut s'établir au niveau de la queue de l'organe et former un obstacle à l'arrivée du sperme dans les vésicules séminales. Lorsque les oblitérations se produisent dans la tête de l'épididyme, elles peuvent n'intercepter qu'une partie des canaux afférents et laisser les autres perméables. Si l'affection que nous venons de décrire atteint, dans sa forme grave, un seul testicule, le malade se trouve dans les conditions du monorchide et conserve son aptitude à la fécondation; mais si les deux épididymes sont atteints, comme cela arrive assez souvent, soit simultanément, soit successivement , il devient stérile.
Godard a signalé une variété de tumeurs épididymaires constituées par l'accumulation de phosphate de chaux dans cet organe et dans le canal déférent. Les voies spermatiques sont oblitérées, le liquide continue à être sécrété et forme des tumeurs spermatiques qui peuvent amener la rupture des canaux tesliculaires. L'affection survenue des deux côtés entraine forcément la sté -ilité.
Les tubercules de la glande séminale déterminent un résultat semblable, même lorsqu'un seul des organes est atteint, Godard a noté à ce propos un fait assez remarquable: c'est que la stérilité précède, dans ces cas, d'un an ou deux le développement apparent des tubercules tesliculaires. L'impuissance accompagne la stérilité quand les deux glandes] sont atteintes. La diathèse tuberculeuse, limitée au poumon, lorsqu'elle se manifeste avant la puberté, empêche la sécrétion du sperme. La phthisie qui s'établit chez l'adulte n'a aucune influence sur la sécrétion de ce liquide. Les causes de stérilité tenant à une lésion de texture et qui viennent d'être émmiérées sont en général permanentes, mais il en est de passagères ; l'épuisement consécutif aux excès vénériens peut s'accompagner de la disparition plus ou moins complète, et pendant un temps variable, des animalcules du liquide fécondant. Il en est de même des maladies aiguës de longue durée qui ébranlent fortement l'organisme.
Les maladies spéciales aux spennatozoaires ont été peu étudiées ; cependant Godard a fait sur ce sujet nouveau des observations intéressantes. Il a constaté plusieurs fois que des individus éjaculent du sperme contenant des animalcules en apparence normaux, mais complètement privés de mouvement; ces hommes sont stériles. Le même auteur a noté chez quelques «malades atteints de pertes séminales, que les spermatozoaires du liquide éjaculé pendant les efforts de la défécation étaient privés de vie, tandis que ceux qui sortaient pendant le coït étaient parfaitement vivants. Godard attribue leur mort dans les premiers cas à leur mélange avec l'urine, qui s'opère • pendant l'émission lente du sperme dans les pertes séminales.
On a attribué aux unions consanguines une certaine influence sur la stérilité ; mais celle question est loin d'être résolue, et les affirmations pour et contre nous obligent à suspendre notre jugement.
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Ou sait que les produits de l'hybridité sont en général stériles, et que le mulet ne possède jamais de spermatozoaires. Cependant la stérilité n'est pas une loi absolue dans ces sortes d'unions, et l'on voit des hybrides jusqu'à un certain point aptes à la reproduction lorsqu'ils proviennent du croisement d'animaux d'une même famille, présentant entre eux de grandes ressemblances, comme le chien et le loup. Mais si on uiiil les produits de ces croisements, leur fécondité ne s'étend pas au delà de quelques générations 'et bientôt ils deviennent stériles. L'observation de ces faits est un argument important en faveur de l'unité du genre homme ; car les croisements de ses diverses races donnent naissance à des métis qui sont féconds à tons les degrés de leur descendance. Le. diagnostic de la stérilité est toujours facile chez l'homme, le microscope permet de constater avec certitude la présence et la vitalité des spermatozoaires qui constituent l'élément essentiel du germe mâle.
De la stlrilité chez la femme. — Kilo dépend de causes encore plus complexes et plus obscures ; les éléments de diagnostic échappent souvent à notre investigation. On peut divit>or eu trois groupes les causes de la stérilité de la femme : 1" sécrétions anormales agissant d'une manière défavorable sur le germe mâle ; !20 obstacles mécaniques à l'imprégnation ; 3° lésions fonctionnelles de l'organe producteur du germe.
La stvntion anormale du liquide xUèro-vaginal peut avoir une certain influence sur la vitalité des spermatozaïres, mais je crois qu'on en a exagéré l'importance en ce qui concerne le vagin, lionne a observé que le m ucu trop acide sécrété par la muqueuse vaginale tue rapidement les animalcules. Cela est exact lorsqu'on opère sous le microscope avec de petites quantités ; le contact des deux éléments de l'expérimentation est bientôt intime et l'effet signalé se produit. Il n'en est pas de même dans l'acte de la copulation, le sperme est déposé en masse dans la cavité vaginale, sa viscosité est un obstacle au mélange. 11 se trouve donc eu quelque sorte juxtaposé au liquide leucorrhèique qui agit seulement sur une mince couche de sa périphérie. J'en ai plusieurs fois renouvelé l'expérience avec des acides beaucoup plus énergiques que celui assez faible dont on invoque l'action. J'ai pour cela employé la solution du sulfate d'alumine et de potasse à différents degrés de concentration ; j'ai observé que pour obtenir dans ces conditions la mort des spermatozoaires il fallait opérer une espèce déballage qui mélangerait exactement les liquides en présence, sans cela les animalcules qui ne sont pas placés vers la périphérie des gouttes du liquide fécondant échappent à l'action de l'acide, llsuflit d'examiner ce qui se passe dans le coït, pour comprendre que dans les pires conditions la plus grande partie du, sperme conserve ses propriétés normales.
Je suis au contraire tout disposé à admettre qu'on n'a rien exagéré en ce qui concerne la sécrétion utérine anormale, bien qu'elle soit alcaline. Les alcalis ont sur la vitalité des spermatozoaires une action beaucoup moins énergique que les acides, mais la faible quantité de sperme qui traverse la matrice forme une couche mince et dans un état de division notable ; il est donc probable que l'action du milieu se fait sentir ici d'une manière plus
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inévitable que dans la cavité vaginale. De plus, la sécrétion utérine est trèsvisqueuse et peut former jusqu'à un certain point un obstacle à la pénétration du liquide fécondant, surtout dans les trompes. Les sécrétions anormales se lient le plus souvent à des inflammations plus ou moins aiguës des divers éléments anatomiques de la région : lésions qui peuvent entrer pour une part dans les obstacles à l'imprégnation. Le traitement est donc complexe et doit tendre à faire disparaître ce* lésions.
Les obstacles mécaniques à V imprégnation ont pour siège le vagin, l'utérus et les trompes. ^
Le vagin peut être obturé par.des brides cicatricielles, des cloisons ou un rétrécissement. La persistance de l'hymen très-développé et résistant appartient à ce groupe d'obstacles, qu'on peut considérer plutôt comme des conditions défavorables à l'imprégnation, que comme-des caiTses essentielles et irrémédiables de stérilité. L'écoulement des régies prouve que le passage est à la rigueur perméable, et la fécondation a été observée dans des circonstances où la communication se faisait au moyen d'un pertnis à peine perceptible. Je n'insisterai pas sur ces lésions dont le diagnostic est en général facile. Si l'obturation est complète et congénitale, les règles accumulées derrière l'obstacle ne se sont jamais écoulées au dehors. Dans ces cas, la fécondation est impossible jusqu'à ce qu'une opération fasse disparaître cette anomalie.
Il est une affection du vagin, encore peu étudiée, qui peut être un obstacle à la copulation, et secondairement diminuer les chances de fécondation : c'est la contraction spasmodique du vagin. Dans celle maladie, sur laquelle Charrier a fait une thèse assez complète, l'introduction dans le canal vaginal d'un corps étranger, même peu volumineux, détermine des douleurs parfois assez vives pour produire la syncope. Le coït est donc impossible. Les causes de la contraction spasmodique du vagin sont assez diverses; elle guérit en général au moyen de la dilatation brusque employée pour la fissure à l'anus.
L'utérus peut manquer; son absence ou son état rudimentaire entraînent naturellement une stérilité absolue. Il en est de même de l'imperforation de son col, jusqu'à ce qu'on y ait porté remède.
Le rétrécissement qui siège à l'orifice interne du col utérin est une des « anses les plus fréquentes de l'infécondité. On l'observe surtout chez les nulliparcs. Mais les femmes qui ont eu des enfants présentent parfois cette disposition qui coïncide le plus souvent avec une étroilesse extrême de la cavité cervicale. L'imbrication des plis de l'arbre de vie, bien décrite par (iuyon, rend compte des difficultés qui s'opposent à la progression du sperme. Avant que la sonde utérine ne fut introduite dans la pratique, on méconnaissait cette cause de stérilité qui s'accompagne en général des phéno- % mènes de la dysménorrhée. On en triomphe assez facilement lorsque la femme désire vivement être mère, et qu elle v>l décidée à suivre exactement le traitement nécessaire. J!e traitement consiste à dilater la région rélrécie. Plusieurs corps dilatants ont été proposés pour cela. Je leur préfère l'éponge préparée en cylindre de 5 à 6 millimètres de diamètre, pour commencer.
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J'ai obtenu deux succès par ce procédé, Ilecquerel quatre et Meisteler accuse sept succès sur neuf c;is. Dans les premières applications l'éponge ne franchit pas l'orifice interne; elle dilate simplement le col, mais plus tard cet orifice devient perméable. L'éponge appliquée se gonfle immédiatement, et la femme peut vaquer à ses affaires sans ressentir aucune incommodité. Au bout de vingt-quatre heures ou la retire au moyen d'un cordon attaché à son extrémité inférieure. Si ou néglige de l'enlever, en général vers le troisième jour il se fait un écoulement d'un liquide clair, abondant et fétide, qui disparaît aussitôt qu'on relire le corps dilatant, .le renouvelle ces applications deux fois par mois, dix jours avant et après les règles. Aussitôt que la dilatalion est suffisante, je suspens les applications pour les reprendre plus tard, lorsque le rétrécissement tend à se reproduire, car l'amélioration n'est que temporaire. Coghlan a proposé pour détruire l'atrésie cervicale le débridemeut avec un uréthrolonu'. Celte pratique est usitée en Angleterre; Simpson et Spencer Wels s'en montrent partisans. Il est certain que l'incision se cicatrise en laissant les choses dans l'état où elles étaient avant l'opération, à moins qu'on n'emploie simultanément les corps dilatants ; comme ce dernier moyen rend l'incision inutile et ne présente aucun danger, il est beaucoup plus simple d'y avoir recours. Le plus grand obstacle au succès du traitement est l'impatience des femmes qui négligent de s y soumettre aussi longtemps qu'il le faudrait ; cependant le premier bénéfice qu'elles en retirent est la disparition des accidents dysmènorrbéiques qui accompagnent le plus souvent le rétrécissement du col utérin.
On a fait jouer aux déviations utérines un rôle important comme cause de stérilité. Cette opinion est basée sur la croyance, qui me parait complètement erronée, que pendant la copulation l'extrémité de la verge doit se trouver directement en rapport avec l'orifice utérin. 11 m'est facile de démontrer que cette idée, acceptée sans réflexion, a été répétée de même. La verge en érection a une longueur de 10 à 12 centimètres; la partie inférieure du museau de tanche n'est distante de la vulve que d'environ 7 centimètres, comme il est facile de s'en assurer par le toucher; le doigt indicateur l'atteint et le dépasse même facilement. Si, pendant la copulation, les deux organes se trouvaient dans le rapport direct qu'on a indiqué, l'utérus subirait à chaque secousse un brusque mouvement de déplacement de totalité qui serait horriblement douloureux pour la femme ; c'est ce qui se produit justement dans l'anléversiou de l'utérus, lorsque le col, porté en arrière vers la cavité du sacrum, reçoit directement les chocs de la copulation.
A l'état physiologique, lorsque l'intromission est complète, l'extrémité du pénis ne se place pas vis-à-vis du col, mais passe en arrière dans le eul-desac Mëro-viujinaU de sorte que l'ébranlement douloureux est évité; le sperme esl simplement déposé dans la cavité vaginale, et non dardé, comme on le croyait, dans l'orifice utérin.
Il résulte de ce fait que les déplacements de l'organe ne sont point des obstacles sérieux à la conception.
Cependant il peut survenir que, dans les flexions utérines intenses, l'angle que forme le corps a\ec le col produise un rétrécissement artificiel assez
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notable pour qu'on doive entenir compte ; mais alors les accidents dysménorrhèiques pourront révéler l'importance de la lésion.
La dégénérescence cancéreuse de l'utérus, le développement de polypes ou de tumeurs fibreuses dans sa cavité ne sont point des obstacles qui rendent l'imprégnation impossible.
Les trompes peuvent être imperméables au liquide fécondant. Mercier a démontré que leur oblitération n'est pas absolument rare, et il est certain que cette altération, se produisant sur les deux organes, est une cause absolue de stérilité. Mais il faut bien reconnaître que le diagnostic de cette cause est à peu prés impossible. 11 peut se faire que l'oblitération des trompes soit due à leur inflammation, à l'extension d'une phlegmasie utérine, péritonéale, ou du tissu cellulaire qui les environne. Kl les peuvent être comprises dans les altérations de tissus qui se développent dans les régions voisines, etc.
Tyler Smith a proposé de pratiquer le cathétérisme des trompes au moyen d'instruments qu'il a imaginés dans ce but ! Ft il expose des expériences à l'appui de cette singulière idée qu'il nous est impossible d'accepter.
Les lésions fonctionnelles de l'onjane producteur du (ferme sont des causes certaines de stérilité, lorsque les deux ovaires sont atteints. Les dégénérescences cancéreuses, tuberculeuses, fibreuses, kystiques, etc., arrêtent naturellement d'une façon définitive le travail de l'ovulation et rendent l'imprégnation impossible. On a parlé de certains états où l'ovaire, sain en apparence, ne sécrète plus de follicules; niais le fait n'a jamais été démontré ; l'absence momentanée ou même prolongée des règles ne prouve pas la lésion de sécrétion de l'ovaire, car on a souvent vu des femmes devenir enceintes dans ces conditions. 11 en est d'autres qui sont restées stériles et chez lesquelles les règles ne se sont jamais manifestées. Dansées cas il y avait absence ou atrophie des ovaires. L'inflammation de ces organes peut également déterminer une stérilité incurable.
Une opinion assez répandue, surtout en Angleterre, que Burns * reproduit en avouant son incompétence à la résoudre, et qu'Év. Home semblait assez disposé à partager, consiste à admettre que les femmes nées jumelles avec un enfant du sexe masculin sont infécondes. Cette croyance était née de l'observation de ce qui se produit, en pareil cas, chez certains femelles domestiques unipaivs.
J. Hunier avait remarqué que la vache née dans ces conditions est stérile. La vulve et le vagin sont bien conformés ; mais l'utérus et les trompes ont subi un arrêt de développement, et les ovaires présentent un aspect analogue au testicule du mâle.
Scarpa, durit, Allnalt et Simpson confirmèrent ce fait déj'i entrevu par les anciens. Cependant, de nouvelles observations démontrèrent que cette règle subissait des exceptions et qu'elle ne s'étendait pas à toutes les espèces bovines.
Simpson rechercha dans quelles limites l'opinion qui étendait cette disposition à la femme était vraie. Kn dehors des faits publies par Cribb, au nombre de sept, et dans lesquels six femmes devinrent mères, et d'un autre de
1(16 ovoi.ouu; ft f.mdiiyoi.<k;ik.
Meckel, relatif à une femme également féconde, Simpson réunit M 5 observations dans lesquelles 100 fois les mariages produisirent des enfants ; 10 fois ils lurent stériles, c'est-à-dire I fois sur III. On n'a aucune raison de croire que. dans ces derniers ras, la stérilité fût la conséquence de la naissance gémellaire ; et cette proportion n'excède pas celle qu'on observe dans la généralité des mariages ; sur un chiffre de ltî.V2 mariages ordinaires réunis par Simpson à ce point de vue, i 41», c'est-à-dire \ sur S 1/7, ne donnèrent lieu à aucune descendance. On peut conclure de ce qui précède que la naissance gémellaire n'implique [joint la stérilité.
Telles sont les causes de la stérilité chez les femmes. On conçoit qu'elles peuvent se combiner entre elles de manière à rendre absolument impossible un diagnostic qui est déjà souvent fort difficile, lorsqu'on se trouve en présence d'un seul élément pathologique. A ces causes très-réelles de la stérilité on en a ajouté d'autres très-hypothétiques, telles que certains tempéraments, l'embonpoint, la maigreur, un défaut de convenance entre les époux ou plutôt entre leurs germes, l'excès de volume du clitoris, etc. Je crois que tout cela ne mérite point de fixer l'attention. 11 ne faut pas laisser usurper aux produits «le l'imagination une place qui doit être réservée aux résultats de l'observation.
Les recherches de Benoiston de Chàtcauneuf, Sadler, Quetelet, Far, etc., sur la fécondité des mariages en Knrope, fournissent des résultats assez concordants et donnent une moyenne de 4, 2 enfants par union.
RÉSUMÉ