‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 53 sur 183 · CHORION · texte numérisé non relu

CHORION

Le chorion est à terme la membrane moyenne de l'œuf; il est en rapport en dedans avec l'amnios et en dehors avec la caduque sur toute la périphérie des enveloppes, excepté au niveau du placenta.

Le chorion ne reste pas étranger aux transformations que subissent les autres parties de l'œuf. 11 présente dans son évolution cette disposition remarquable : que l'élément primaire disparait pour être remplacé par substitution par des éléments de nouvelle formation. Cependant il ne faut pas voir là, comme on l'a dit, une résorption ; il est probable que la membrane primaire disparait parce que son tissu cesse de recevoir des matériaux d'accroissement, en même temps qu'il subit une distension progressive et considérable. Ix? premier chorion est constitué par la membrane vitelline, enveloppe primitive de l'œuf. Sous cette forme il traverse les périodes de maturation dans l'ovaire, de déhiscence, s'engage dans la trompe, entouré d'abord par le disque proligère, puis par la couche albuinineuse. Arrivé dans la matrice, il présente un aspect complètement lisse; mais presque aussitôt il se hérisse d'appendices villi formes qui servent a le fixer dans l'organe gestateur et probablement à absorber les éléments de nutrition nécessaires à l'œuf. Vers le douzième jour après la fécondation il ressemble, selon Yelpcau , à une hydatide velue. Ici commence une nouvelle phase de son évolution.

Nous avons vu que le feuillet externe ou séreux du blastoderme végétait aufpur de la tache enibrvonnaire, de manière à former au nouvel être une membrane enveloppante complète :

l'amnios, qui se détache par gemmation du feuillet qui lui a donné Fi*- * naissance : de sorte qu'après cette séparation, la portion du feuillet séreux qui est resté étranger à la formation de l'amnios conserve la même étendue et ses rapports de contact avec la face interne

— |, Premier chorion a peine apparent. — 2. Feuillet externe du blastoderme. — 3. AllanloMe ayant pénétré dans les villosités. — ^. Vt'sictile. ombilical. — 5. 1j résorption du liRmnent dorsal el la fusion des capuchons inférieurs ont convei ti en DM i witi close les éléments de l'amnios. — 6. Tache embryonnaire. — 7. l'ëdicule de l'allantoîdc.

ovoi-OGiK ft embiiyologif..

de la membrane vileUine. Aussitôt que cette séparation est accomplie, la membrane vitellinc diminue d'épaisseur : c'est le premier signe de sa disparition graduelle; mais, avant qu'elle ne disparaisse, des villosités creuses se montrent à la surace du feuillet séreux, devenu le chorion. Elles sont formées comme le reste de cette membrane par des cellules polyédriques à angles nets, possédant toutes un noyau et un petit nucléole central. Vers la sixième semaine ces cellules se soudent, ne sont plus distinctes les unes des autres, et leur tissu présente, ainsi que le reste du chorion, l'aspect d une substance continue, amorphe, résistante, grisâtre, un peu striée ou fibroïde par place, granuleuse et parsemée de noyaux.

Les villosités sont cylindriques sur un œuf de 8 millim., et Robin a constaté qu'elles ont 1 millim. a 1 millim. 1/2 de longueur. Elles sont divisées en 2, 5 ou 4 branches à sommet arrondi ou conique ; les plus courtes sont simples ou bifurquées, leur terminaison est beaucoup plus large que daHS le placenta complètement développé; sur leurs subdivisions on voit par places des petits bourgeons, pédiculés ou non, mais qui ne présentent point de cavité. Les villosités it cette époque sont séparées par un espace de un quail à un demi millimètre.

Au moment où le nouveau chorion se substitue à la membrane vitellinc, c'est-à-dire vers le douzième jour après la fécondation, ses villosités sonr absolument dépourvues de vaisseaux ; elles forment des espèces de petits

tubes fermés à leur extrémité libre, ouverts à la face interne de la membrane et qui pénètrent dans la muqueuse utérine pour y puiser des éléments de nutrition. Mais bientôt l'allantoîde apparait, chargé des vaisseaux qui émanent de l'embryon; il s'appliqueà toute la face interne, du chorion, et non sur un point limité. Aussitôt que le contact a lieu, les villosités choriales, à quelques rares exceptions près, reçoivent chacune ujic artère et une veine qui se subdivisent dans toutes les divisions de la villosité, excepté dans ces petits appendices pleins que nous avons signalés tout à l'heure.

L'œuf est donc au début de cette modification complètement entouré d'un appareil vasculaire.

Les vaisseaux qui pénètrent le chorion ne se distribuent ni à sa substance,

Fig. M). — Pormos ne mllomté. — 1 et î. Vaisseaux de la villosilé s'anaslomosant au fond du cuUde-sac— 3. Tissu chorial qui forme la paroi viHeuse.— 4. Tissu lamineux qui isole les vaisseaux entre eux et de la paroi villeuse.

Page 1