‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 54 sur 183 · CHORION · texte numérisé non relu

CHORION

ni à celle des villosités ; ces parties se développent en vertu de leur vitalité propre, et au moyen des matériaux plastiques qu'elles reçoivent de la matrice. Les vaisseaux sont isolés par une mince couche de la trame de l'allontoïde (magma réticulé), formant une enveloppe mince à leurs plus fines divisions. Il résulte de cette disposition que rartêriole et la veinule qui sont dans leurs ramifications juxtaposées comme les canons d'un fusil double, en reçoivent une gaine qui les sépare entre eux sous forme de cloison et les isole de la paroi villeusc. Les deux vaisseaux se recourbent l'un vers l'autre au fond imperforé de la villosité, et s'unissent en formant une anse composée de plusieurs arcades qui entrent en connexion par des branches de communication, mais sans jamais s'anastomoser avec les éléments vasculaires des villosités voisines, de sorte que chaque appendice a une circulation propre.

Coste considère le développement de l'allantoïde comme l'apparition d'un nouveau chorion qui se substituerait à celui fourni par le blastoderme, ainsi que celui-ci l'a fait pour la membrane vitelline.

L'apparition successive de ces trois enveloppes n'a point le résultat que Coste a cru entrevoir. La membrane vitelline a disparu, il est vrai, peu de jours après l'apparition des villosités qui naissent du feuillet externe du blastoderme ; mais le chorion blastodermique ne parait nullement subir la même résorption ; l'allantoïde qui le double ne prend jamais l'aspect d'une véritable membrane, et les éléments qu'il présente môme à terme sont trèsdifférents de ceux du véritable chorion. La membrane vitelline a une texture amorphe ; le chorion blastodermique jusqu'à la sixième semaine est constitué par des cellules polyédriques, puis devient amorphe en conservant quelques petites places fibroïdes ; l'allantoïde a une texture lamineuse contenant beaucoup de corps fibro-plastiques étoilés ou fusiformes. Comme on le voit, la différence des éléments des trois membranes permet de constater leur substitution ou leur disparition. On ne peut donc admettre la théorie de Coste, ni celle des auteurs qui pensent que les trois membranes se soudent entre elles pour former un unique chorion.

L'état du chorion que nous venons de décrire n'est que transitoire. L'œuf se trouve, par une partie de sa circonférence, en contact direct avec la paroi utérine ; dans l'autre partie il est recouvert par la caduque réfléchie. Cette différence dans le milieu qui l'entoure va dessiner la limite d'une nouvelle transformation. Les villosités qui sont en rapport direct avec la paroi utérine vont croître et augmenter de volume et se ramifier de plus en plus pour constituer le placenta frondosum. Les villosités en rapport avec la caduque réfléchie cesseront de croître et de fonctionner, elles subiront l'oblitération de leur cavité, et leurs vaisseaux disparaîtront par un mécanisme dont l'étude est due à Ch. Robin.

Nous avons vu le tissu allantoïdien pénétrer dans les villosités choriales, en accompagnant les vaisseaux sous forme de gaine ; lorsque l'oblitération commence, ce tissu lamineux s'introduit en quelque sorte en masse dans la villosité, sans en altérer la conformation extérieure ; il pénètre jusqu'à leurs dernières ramifications, et les capillaires qu'il contient disparaissent peu à peu

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sans laisser de traces. L'oblitération est complète dès la cinquième semaine. C< lté disparition précoce des vaisseaux villeux périphériques a fait méconnaître à Bischoff la distribution primitive de l'allantoïde et lui a fait croire que son contact avec le cborion avait lieu seulement sur le point restreint de sa circonférence où liait le placenta. Les villosités oblitérées peuvent se retrouver encore à la fin de la grossesse, sous forme de courts filaments qui unissent le « horion à la caduque. Seulement ils paraissent beaucoup moins nombreux, car ils ont cessé de se multiplier, tandis que l'œuf a augmenté considérablement de volume.

J'ai indiqué eu commençant les rapports du cborion avec les parties voisines au terme de la gestation. Mais ils sont différents au début de la grossesse. La membrane choriale est en dehors, primitivement en rapport avec la membrane vilcllinc, peu a peu avec la muqueuse utéro-placentaire,sur le point où l'œuf touche directement la paroi utérine; sur le reste de son étendue, avec la caduque réfléchie. En dedans, le chorion est primitivement en rapport avec l'allantoïde et la vésicule ombilicale; puis, à partir du deuxième mois, avec l'amnios, dont il n'est plus séparé que par la mince couche du magma réticulé.

Dans mon mémoire ayant pour titre :

Hecherchea anaumiques sur la membrane laminense, j'ai démontré que le chorion, au niveau du placenta à terme, a subi de profondes modifications.

La membrane mince, transparente, dans l'épaisseur de laquelle rampent les grosses divisions des vaisseaux du cordon, et qui se trouve située à la face fœtale du placenta, eu dehors de l'amnios, a été unanimement prise pour le chorion par les auteurs qui ont donné les rapports de cette membrane au niveau du placenta. C'est une erreur.

Celte membrane, que j'ai nommée lamineuse, est constituéé par le magma réticulé, condensé à la face fœtale du placenta. Le magma n'est lui-même qu'un débris de l'allantoïde, de sorte que la membrane lamineuse procède du tissu ce point d'anatomie en étudiant le placenta. Je veux simplement ici exposer l'état du chorion.

Fl{î. ■'>!.— PlMMOXOMIE Ul> VM.tOMTt» »f MÏBCT

ir. i v cmcuLJiTioN uuunottMmm.— 1. Trôna

allantoidicns artériels. — 1'. Troncs allantoidicns reineu*. — Yillosité* animées par le* capillaire». — 3. Muqueuse Utérine pénétrant, a ielte époque, entre le» *illosités jusqu'au chorion. — 4. Chorion forîii. tnl une incnihiane continue interrompue par l'orifice de la vil lo>ité en constituant une cloison qui sépare en deux plan» la circulation de» troncs et des capillaires. — 5. Ca\ité de l'œuf.

allantoïdien. Nous reviendrons sur

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Lorsque la vésicule allantoïdc vient se mettre en contact avec la face interne du chorion, cette face est lisse, unie, continue, criblée de trous représentant les orifices des canaux villeux.A terme, celte disposition a cessé depuis longtemps d'exister. Les troncs et les capillaires ne forment plus deux plans réguliers et distincts séparés par le chorion (fig. 61 ). On constate que les troncs vasculaires volumineux ont pénétré au milieu des villosités sur une profondeur qui peut être de 2 et môme 5 centimètres. Leurs subdivisions ne se font plus régulièrement de la superficie vers le centre de la masse. On voit de toutes parts des vaisseaux d'un faible calibre ramper au-dessus de troncs beaucoup plus développés, et tous sont plongés dans le lacis des villosités. La base d'implantation de ces dernières a cessé d'avoir lieu, comme au début, sur un plan uniforme répondant à la surface placentaire ; elles s'insèrent uniquement sur la terminaison des vaisseaux, à toutes les profondeurs et

Fi?, fiî. — i. Cordon ombilical. — 2. Membrane lamineuse laissant voir l'orifice des vaisseau* coupés qui rampent entre ses deux feuillets. — 3. Feuillet superficiel. —4. Feuillet profond. — 5. Gros tronc terminé par un bouquet. — 6. Bouquets formés par des troncs secondaires — T. Muqueuse utéro-plarentaire et sinus utérins.

dans toutes les directions possibles. Pas une seule ne s'implante sur la membrane lamineuse ni sur le trajet des vaisseaux, mais seulement sur leextrémités des ramuscules vasculaires qui terminent les bouquets dont nous parlerons en décrivant le placenta. Si on isole par macération la masse «les villosités de l'enchevêtrement qui les unit entre elles, on peut comparer le placenta à un arbre dont les petits rameaux sont insérés dans toutes les directions relativement au tronc. Cette disposition a une importance que je ferai ressortir en examinant les connexions des villosités avec les sinus utérins. Il me suffît pour l'instant de noter que les touffes villcuses n'ont point pour base d'implantation la membrane lamineuse que l'on prend pour le chorion, et que leur direction est loin d'être toujours perpendiculaire à sa surface.

Dans ce renversement de rapports des éléments primitifs, le chorion a naturellement été entraîné par le déplacement des vaisseaux; sa surface, d'a-

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