‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 55 sur 183 · V0L0C1E ET EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

V0L0C1E ET EMBRYOLOGIE

bord lisse, s'est creusée d'anfractuositées, de gouttières. Le placenta, en augmentant progressivement d'étendue, a produit un êcartement de plus en plus notable entre les troncs vasculaires primitivement contigus, elles vides déterminés par cet êcartement ont été comblés par de nouvelles ramifications, Les villosités qui sont venues se loger entre les divisions si compliquées des vaisseaux ont encore augmenté le déplacement. Enfin le chorion a complètement DISPARU A L'ÉTAT DE MEMBRANE CONTINUE DE LA SURFACE DU PLACENTA A TERME,

et c'est seulement sur les villosités qu'on rencontre la substance cboriale qui

constitue leur paroi.

Ch. Robin, à qui j'ai communiqué-mes recherches sur ce point de la question, en a accepté les conclusions. Cependant il croit qu'on doit retrouver des vestiges du chorion sur les divisions vasculaires qui pénètrent dans le placenta* Théoriquement cela semble naturel, et on peut concevoir que les vaisseaux en déprimant le chorion s'en entourent comme d'un doigt de gant. J'en ai inutilement cherché les vestiges sans en rencontrer aucune trace.

Je ne voudrais pas donner à celte négation un caractère trop absofij, je parle seulement ici des vaisseaux d'un certain calibre. Sur de très-fins ayant parfois une longueur de plus d'un centimètre, et qui s'épuisent dans une villosité sans donner de branches collatérales autres que des capillaires, on voit sur leur trajet des franges villeuscs certainement reliées entre eHes à leur base par le tissu chorial qui forme leur gaine, mais cette gaine m'a complètement échappé sur le trajet des troncs. Du reste c'est un point tout à fait secondaire dans la question qui nous occupe. Ce résultat négatif s'explique par le peu d'étendue du chorion relativement à l'immense développement des vaisseaux qu'il devrait envelopper.

Cependant j" ai trouvé quelque chose sur les vaisseaux ; c'est le feuillet profond de la membrane lamineuse qui forme, une enveloppe adhérente à leurs tuniques, et qui les accompagne dans leurs subdivisions.

Je ne suis pas en mesure de déterminer exactement l'époque où disparait le chorion, comme membrane continue, de la surface placentaire, lime faudra pour cela étudier une série de placentas aux différents âges, et leur réunion demande beaucoup de temps. Il- est cependant probable que le phénomène se produit progressivement, et qu'il est complet vers le sixième ou septième mois, alors que la circulation a atteint un développement très-considérable.

Les usages du chorion sont : dans les premiers temps d'absorber au moyen de ses villosités les éléments de nutrition nécessaires à l'œuf; plus tard de former aux vaisseaux allantoïdiens une gaine qui empêche le contact direct du sang de la mère et du fœtus. Enfin il concourt à renforcer les enveloppes de l'œuf. Serres a voulu voir dans les villosités en rapport avec la caduque réfléchie de véritables branchies pénicillées qui, plongeant dans l'hydropèrione à travers la caduque, seraient destinées à la respiration de l'embryon avant le développement du placenta. Lorsque nous étudierons les fonctions du fœtus, on verra que celte hypothèse n'est point acceptable.

Anutomle comparée. — Lechorion chez les mammifères forme un vaste sac entourant complètement l'œuf. Chez les ruminants, il prend la forme de l'utérus et présente un corps et deux cornes. Sa surface externe en rapport avec

la plus grand»» partie de la muqueuse utérine ne contracte pas d'autre union que celle qui résulte du contact de deux membranes humides, excepté sur les points occupés par les placentas qui forment les adhérences de l'œuf avec l'utérus. Les villositês groupées par masses s'enfoncent dans la dépression du cotylédon qui constitue le placenta maternel. Chez la brebis la portion qui supporte les placentas est enfoncée dans la cupule que forme le cotylédon dont les bords se sont resserrés de manière à le pédiculer.

La face interne est en rapport avec l'anmios et l'allantoîde qui la tapisse seule dans les prolongements qui forment les cornes. L'adhérence entre les membranes a lieu au moyen d'un tissu cellulaire lamiueux. Celte face soutient en outre les ramifications vasculaires qui traversent le chorion pour former les placentas multiples, qui sont disséminés a la face externe de cette membrane.

Chez la truie le chorion n'a pas de cornes comme chez les mammifères; c'est un sac allongé dont les' extrémités dépassent celles du lœlus et sont en simple contact avec l'enveloppe des œufs voisins. La face externe supporte des groupes de papilles plus nombreuses et plus petites qui ne correspondent point à des cotylédons, mais à des papilles de la muqueuse utérine.

Chez les solipèdes, le chorion ressemble beaucoup à celui des ruminants, si ce n'est que ses cornes sont moins longues et plus larges. Sa face externe est entièrement recouverte de villositês très-courtes qui remplacent les placentas multiples des ruminants. L'adhérence que les villositês contractent avec la muqueuse utérine est tellement faible, qu'elle se détruit presque au début du travail. Il existe entre la muqueuse utérine et le chorion une petite quantité d'un liquide brunâtre. Sa face interne n'est point en rapport avec l'anmios, mais avec l'allantoîde qui fixe les vaisseaux placentaires d'une manière plus exacte que dans les espèces précédentes,

Chez les chiennes, le chorion forme un sac ellipsoïde, dépourvu de cornes, analogue à celui de la truie. Sa face externe, en rapport avec la muqueuse utérine et le chorion des autres fœtus, porte à sa partie moyenne une ceinture épaisse de villositês. Ces villositês s'implantent dans la muqueuse utérine qui présente sur ce point un aspect fongueux. Sa face externe est en rapport avec l'allantoîde avec lequel elle adhère moins intimement que chez les solipèdes.

La membrane choriale, chez les mammifères, est comme celle de l'œuf humain dépourvue de vaisseaux propres.

La caduque est la membrane la plus extérieure de l'œuf. Elle est fournie par l'utérus. Les anciens pensaient que le fœtus n'avait que deux enveloppes, le chorion et l'anmios. Quelques-uns cependant (Arélée, Fabrice d'Acquapendente, Harvey, Albinus) indiquèrent vaguement l'existence d'une troisième membrane, mais la première description de la caduque appartient ù W. Hunier (1774), qui reconnut exactement ses rapports et le divisa en decidua ute-

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