‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 56 sur 183 · JOCUS A'X · texte numérisé non relu

JOCUS A'X

|9-1 0V0L0G1K ET EMMIYOLOGIE.

rina et decidun refiera. Ilunter alla plus loin encore, car il formula tout d'abord la théorie qu'on accepte aujourd'hui sur la nature de la caduque en la considérant comme une exfoliation de la face externe de l'utérus. Mais la difficulté d'expliquer le mécanisme de la formation de son feuillet refléchi lui fit mutiler cette belle découverte et bientôt il ne vit plus dans cette enveloppe qu'une pseudo-membrane développée sous l'influence de la fécondation. Sabalier(1775), dans son Anatomie, et Deleurye*(l777),signalent l'exfolation de la muqueuse utérine et cependant n'accordent au fœtus que les deux enveloppes des anciens : le chorion et l'aninios. Depuis Hunier jusqu'à nos jours, tous les auteurs acceptèrent la caduque comme un produit d'exsudation et à défaut de documents nouveaux se contentèrent d'ajouter un nouveau nom à la nomenclature de cette membrane qui ne compte pas moins de vingt et une dénominations. Ils supposèrent qu'après un coït fécondant et pendant que l'omf parcourait la trompe, la muqueuse utérine, sous l'influence stimulante de l'imprégnation, sécrétait à sa surface une lymphe coagulable, qui, se condensant en pseudo-membrane, tapissait toute la cavité de l'organe, bouchait l'orifice de l'utérus et des trompes, et empêchait l'œuf d'être expulsé au dehors. De cette manière l'œuf situé derrière la caduque refoulait vers la cavité la portion de la membrane en rapport avec lui, et celte portion, immédiatement appliquée sur l'œuf, formait le feuillet réfléchi, tandis que le reste constituait la caduque utérine. Cependant Oken (1827) constata la véritable nature de la caduque, mais il ne fit guère que rééditer la première idée de limiter : la difficulté relative à la formation du feuillet réfléchi subsistait tout entière, il voulut l'expliquer par la coagulation sur ce point d'une humeur plastique unie à un peu de sang menstruel. Tout eu se rapprochant un peu plus de la vérité, il commettait encore une erreur, et sa théori* ne fut point adoptée

Lesauvage (de Caen), acceptant la caduque comme un produit de sécrétion, publia en 18ôô un premier fait qui portait une sérieuse atteinte à l'ancienne doctrine admise par llresehet , Velpeau, Moreau, etc. . sur la formation du feuillet réfléchi. Il prouvait que l'orifice utérin de la trompe communiquait librement avec la cavité utérine et que l'œuf en quittant l'oviducte était situé non derrière, mais dans l'intérieur de la caduque; c'était tout remettre en question.

Coste en 181*2 constata également les véritables situations de l'œuf dans la caduque, mais de plus il démontra analomiquement que cette membrane n'était autre chose que la muqueuse utérine exfoliée. Cependant il ne s'expliquait pas sur la formation du feuillet réfléchi, c'est-à-dire sur le point lopins obscur de ce problème, sur la difficulté qui avait causé l'erreur des savants qui l'ont précédé. Kn 1847, il combla cette lacune et formula la théorie maintenant généralement acceptée. Lesauvage revendiqua énergiquement et «plusieurs reprises la priorité de cette découverte, mais, à part la notation de la situation de l'œuf, elle appartient tout entière à Coste, et nul ne peut lui en disputer le mérite.

En Angleterre, Tyler Smith, dans son Manuel d'obstétrique, accepte la doc trine française sur la formation de la caduque. Mais llamsbolham, dans sa Mé-

decine et chirurgie obstétricale, s'en lient encore à la théorie de Hunter, et con sidère celte membrane comme un produit d'exsudation Rapport de l'œuf avec la caduque. — Formation du feuillet réfléchi. Pen-

Fiy. Gô. — PmmiIm vuxt-r. ur. la r<<\.4'jt-<\ m n lu ni ii.nr.-ni nn

LA C»Dt QUE QUI UOIRCUJSSE A LA BAbE

de l'œir.

Fig. 61. — FoilMATIOI TLl.- AVAN- CEE DU main RfPLfCHI ; i a ITCQgEPMi CTÉhlM; ENVCLOPPI

t'iKur rus court »'ti «m.

dant la période menstruelle, la muqueuse utérine subit une hypertrophie passagère; elle semble trop à l'étroit dans la cavité de l'organe, sa surface inlerne se creuse de sillons, et les saillies qu'ils limitent forment des espèces de circonvolutions. Cette turgescence disparait habituellement avec les règles; mais lorsque l'œuf est fécondé elle persiste avec une énergie croissante, et lamuqueuseplus épaisse et plus v.iseulairc encore oblitère complètement la cavité utérine. Aussitôt que l'œuf a franchi l'orifice interne de la trompe demeurée perméable, il mesure environ un demi millimètre de diamètre et n'a encore contracté aucune adhérence avec le nouveau milieu ou il se trouve. La muqueuse, partout eu contact avec elle-même, constitue un obstacle qui oblige l'ovule à se fixer dans un de ses plis, ordinairement sur un point très-voisin du pertuis qui lui a livré passage. liientôt les appendices villeui apparaissent sur toute la circonférence delà membrane vitelline; l'œuf, qui s'est accru rapidement, mesure alors deux ou trois millimètres .'La muqueuse devient sur ce poiul limité le siège d'un travail spécial; elle forme à la base de l'œuf un bourrelet circulaire qui s'élève de plus en plus de manière à l'enfouir complètement en convergeant au-dessus- de sa partie proéminente. Co.sle compare ce bourrelet aux bourgeons charnus

Fiji- — rrciuii nùucin BXTl&ltKvt.XT FF.p.yK. — I. Muqueuse utèrolilarentaire. — 2. Feuillet réfléchi «1** h ciiluque. — S. Œuf. — 1. Ombilic.

OVOIiOGIK ET EMBRYOLOGIE.

qui s'élèvent autour d'un pois de cautère, pour l'ensevelir dans leur intérieur. Le petit volume de l'œuf fait qu'il disparait bientôt sous celte nouvelle enveloppe; cependant on voit persister pendant quelque temps sur sa portion la plus saillante une petite dépression , ombilic, vers laquelle les vaisseaux viennent s'éteindre. Cet ombilic indique le point où les éléments dont nous venons d'exposer l'évolution se sont réunis. L'ombilic est encore apparent vers le vingtième ou vingt-cinquième jour après la fécondation.

Tel est d'après Coste le mécanisme de la formation du feuillet réfléchi de la caduque.

Si maintenant nous examinons les rapports de l'œuf avec les parties qui

l'entourent, un mois après

la conception, nous constaterons : i* qu'il est encontact immédiat avec la paroi utérine par un point de sa circonférence trèslimité, en raison de son petit volume ; mais ce contact s'étendra à mesure qu'il prendra un développement plus considérable.

C'est sur ce point que s'attachera le placenta. La portion delà muqueuse qui sépare l'œuf du tissu utérin est la caduque svvotine, membrane intermédiaire ou ntéro-épichoriale, etc., dest'auteurs. Pour des raisons que nous exposerons

n, <v H «vw,r,. .„r^ ,r plus loin, nous lui con-

fia. — lurriuiT di: i >n.r avec irs oirn ili m> roms de la « '

c»t>rQCE vi ns ir Ti;oi>ifcvi: uots. — 1. Membrane amniotique. — SCrV'CronS le 110m de mtt-

i. Caduque rt lléchic. — 3. Caduque pariétale. — t. Muqurtuc ; •

ut. ro-plarcntairc. - 5. Placenta. - G. Tunique musculaire H^eUSe Ulero-plOCentatrc

de i\.térus. qu'elle a également reçu ;

2° l'œuf est en contact immédiat par le reste de sa circonférence avec la caduque réfléchie, qui l'isole de la cavité utérine. Cette membrane a été également désignée sous le nom â'épichorialc, épichorion ; 3° enfin, l'œuf est en rapport médiat avec la caduque utérine qui tapisse les parois de l'organe; mais à mesure qu'il augmente de volume, il repousse la caduque réfléchie vers cette dernière membrane et bientôt les deux feuillets sont en contact et s'unissent entre eux. Sous l'influence des phénomènes de développement dont l'œuf est le siège, la muqueuse utérine subit donc des modifications importantes, non seulement dans sa forme, mais encore dans ses éléments constituants. Chacun des points que nous avons signalés comme des régions distinctes subit une

transformation en rapport avec le rôle qu'elle est appelée à jouer comme organe de protection ou de nutrition du fœtus.

Si la découverte de la caduque appartient à Coste, le mérite d'en avoir bien fait connaître les éléments et les modifications qu'ils subissent revient surtout à Ch. Robin, qui dans une suite de travaux a bien élucidé cette partie de la question. Nous lui ferons sur ce point de nombreux emprunts. Avant d'étudier les transformations particulières de chaque région, nous signalerons les modifications qui portent sur la muqueuse utérine tout entière.

Modifications générales de la muqueuse utérine. — Elle est épaissie, d'un rouge grisâtre, molle, glutineuse, sa turgescence, indépendamment de l'excès de vascularité, est œdémateuse, elle semble demi-transparente, ce qui tient à l'augmentation de la matière amorphe unissante déposée entre chacun de ses éléments, sa ténacité est diminuée, elle est facile à déchirer et s'étire avant de se rompre, les bords de la déchirure sont filamenteux et irréguliers. Les corps fusifonnes et les fibres lamineuses disparaissent presque complètement et ne s'observent plus que dans le voisinage du col. Les éléments constituants ne sont pas identiques chez tous les sujets examinés à la même époque de la gestation; on trouve plus ou moins de matière amorphe et de granulations graisseuses.

Les cellules propres de la muqueuse signalées par Ch. Robin, et qui dans l'état de vacuité sont rares et mesurent de 0,01 à 0.018 deviennent beaucoup plus nombreuses dans la caduque ; elles augmentent de volume et du troisième au quatrième mois mesurent de 0,02 à 0,005 ; elles sont grisâtres et transparentes. Leurs formes conservent des variétés qui en rendent la détermination assez difficile. Cependant au lieu d'un seul noyau elles en possèdent assez souvent deux pendant la grossesse. On constate également la présence de noyaux libres qui sont à peine reconnaissables dans l'utérus vierge. Rien que le rôle de ces éléments soit inconnu, leur augmentation en nombre et en volume prouve que leur modification est liée d'une manière intime à la gros sesse.

Les follicules de la muqueuse (pie nous avons étudiés à l'état normal en décrivant l'utérus subissent des changements remarquables, Nous avons vu qu'alors ils mesurent en longueur l'épaisseur de la membrane interne de l'utérus vide. 11 en est de mùme encore lorsque la muqueuse s' hypertrophie et devient caduque; on leur voit acquérir alors une longueur de fi à 7 millimètres ; vers l'orifice des trompes et du col, où cette membrane, devient trèsmince, ils peuvent être réduits à 2 millimètres, mais alors ils deviennent plus rares ou disparaissent tout à fait. Cet accroissement rapide ne tient nullement à une élongation de leurs parois, mais bien à la présence d'éléments nouveaux, car leur diamètre s'accroît en proportion, ils mesuraient dans ce sens 0,09 et après leur modification 0,03 à 0,05. La gestation diminue leur adhérence au tissu ambiant qui se trouve ramolli ; il devient plus facile de les isoler que dans l'état de vacuité. Leur paroi est alors molle, facile à déchirer, grisâtre, légèrement transparente et striée et d une épaisseur de 0,02. Un des points les plus importants de leur transformation est leur oblitération. A l'état normal, ces follicules sont tapissés par un épithélium nucléaire, sous l'influence

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