ALLANTOÏDE
des analogies, sans nier l'allantoïde de l'embryon humain, attendaient cependant une démonstration plus complète de son existence.
Pockels (1825) reprit l'étude de cette question, depuis longtemps stationnaire, et imprima à ses investigations une direction plus heureuse ; il rechercha l'allantoïde sur des œufs de deux à trois semaines, et le premier il l'observa sous forme de vésicule. Par une singulière aberration il la prit pour un organe non décrit jusqu'alors, et lui donna le nom de vésicule érythroîde. C'était jeter sur cette question si obscure un nouveau voile. Il avait bien aperçu dans son intérieur des globules sanguins, mais les vaisseaux lui avaient échappé, et bien qu'il l'ait vue se transformer en cordon ombilical, il la croyait d'une autre nature que l'allantoïde. Malgré cette erreur de Pockels, la description qu'il donna est assez complète pour que les faits observés depuis permettent d'affirmer qu'il est bien le véritable auteur de la découverte de l'allantoïde à l'état de vésicule.
Velpeau, de 1822 à 1835, examina un très-grand nombre d'œufs humains âgés seulement de quelques semaines, et il fit du magma réticulé, qu'il nomma d'abord sac réticulé, une étude très-complète. Il substitua aux esquisses vagues et trop laconiques des auteurs qui l'ont précédé une description minutieuse et basée sur de nombreux faits. 11 a suivi cette substance dans le cordon presque jusqu'à l'embryon. 11 reconnut « l'analogie la plus exacte » entre l'allantoïde des ovipares et le magma réticulé. Bien qu'il n'ait point observé le sac réticulé à l'état de vésicule, mais seulement entre l'amnios et le c horion, il admit cependant que son développement doit s'opérer au moyen d'une vésicule à transformations rapides, et dépendante de la cavité ventrale de l'embryon. Pourtant il hésite à l'accepter franchement; une des causes de sou indécision tient à ce qu'il a toujours rencontré l'ouraque non canaliculé. Cependant il termine son étude par ces mots qui contiennent une reconnaissance complète : « Je crois pouvoir dire qu il existe une allantoïde dans l'œuf humain. »
Nous verrons tout à l'heure que cette doctrine est vraie; mais ce n'est qu'environ trente ans plus tard que les travaux de Ch. Robin lui ont donné une consécration définitive ; pendant toute cette période elle a été repoussée par les embryologistes. Seulement on doit regretter une lacune importante dans la découverte de notre illustre maître ; Velpeau n'avait point assisté au développement des vaisseaux de l'allantoïde, et il croyait cet organe étranger à la formation du placenta.
Coste, en 1835, présenta à l'Institut deux œufs sur lesquels on pouvait observer cet organe à l'état de vésicule. Il le considéra comme essentiellement transitoire , et disparaissant après avoir porté au contact du chorion les vaisseaux allantoîdiens auxquels il formerait une enveloppe. Pour lui, et c'est là son erreur, le magma réticulé est absolument étranger à rallantoîde ; il serait préexistant à cet organe et constitué seulement par la coagulation des fluides dont l'œuf est imbibé. En 1843, il développa ses idérs sans modifications dans un nouveau travail. Serres, la môme année, communiqua à l'Institut un mémoire sur ce sujet. Les idées qu'il y expose sont à peu près celles de Coste ; seulement il déclare comme analomiquement impossible que
OVOI.OGIE ET EMBRYOLOGIE.
les vaisseaux allauloïdiens s'anastomosent avec ceux des villosités pour donner naissance au placenta.
La doctrine de Cosle fut généralement acceptée et l'on considéra l'allantoïde comme un organe disparaissant aussitôt après avoir porté ses vaisseaux sur la portion du chorion où ils doivent former le placenta.
Ilobin eu 1854 démontra que les vaisseaux allantoïdiens s'attachaient non pas sur un point limité du chorion, mais qu'ils s'étalent sur toute sa périphérie. Il prouva de plus en 1SGI que le magma réticulé était la portion persistante de l'allantoïde.
Enfin, dans mes recherches sur la membrane lamineuse, j'ai établi que cette dernière était constituée par le tissu allantoïilien condensé à la face fœtale du placenta.
Comme on le voit, personne ne peut revendiquer d'une manière exclusive la découverte de l'allantoïde, et son évolution, qui semble maintenant définitivement bien établie, n'a été èclaircie que par une longue suite de travaux.
Dans le bref historique (pie nous venons de faire nous avens dit ce qu'est l'allantoïde et la fonction qu'il remplit; examinons maintenant ses éléments.
Wêpoquede son apparition est difficile à déterminer d'une manière rigoureuse : d'abord parce qu'il est à peu près impossible d'apprécier exactement l'âge des embryons dans les premiers temps de leur développement, de plus il se pourrait qu'elle se montrât plus ou moins tardivement chez, les différents sujets. Il est probable quec'est vers le vingtième jour après la conception que cet organe apparaît sous forme de vésicule d'abord ronde, ensuite pyriforme (fig. ;»:> et 50). Alors l'amnios est formé et la vésicule ombilicale pédiculée.
Oriyine. — On voit saillir la vésicule allantoïdede l'extrémité inférieure de l'embryon, niais on n'est pas d accord sur son origine. Baer et Yalcntin la considèrent,conimcun diverti culum de la portion terminale del'inlestin, avec lequel elle communiquerait au début. Heichert pense qu'elle se développe d'abord à l'extrémité du corps de "YVolff sous forme de deux élévations qui se soudent bientôt pour former une éminence aplatie rapidement transformée en vésicule. Suivant Coste, elle procéderait immédiatement de la vésicule blastodermique. Après que celle-ci a commencé à se diviser en embryon et en vésicule ombilicale, elle s'en détacherait sous forme de prolongement creux, sur le point où le capuchon caudal supérieur est en rapport de continuité avec l'embryon. L'opinion de Baer est plus généralement acceptée. La vésicule allantoïde naîtrait donc de la portion terminale de l'intestin, sur ce point où dans les premiers jours de la vie embryonnaire la vessie et le rectum sont confondus sous le nonrtle cloaque.
Développement. — Lorsque l'allantoïde a pris la forme d'une vésicule, elle s'accroît d'une manière rapide; elle franchit l'ouverture ventrale du fœtus en suivant le pédicule de la vésicule ombilicale; mais le rapprochement des capuchons amniotiques supérieurs, et des lames viscérales qui vont fermer la paroi abdominale du fœtus, étrangle son pédicule et la divise en deux partics, dont la plus petite est renfermée dans le ventre de l'embryon où elle se métamorphosera en vessie urinaire. Au niveau de l'ombilic, elle se resserre