‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 66 sur 183 · C0RD03 OMBILICAL · texte numérisé non relu

C0RD03 OMBILICAL

précier si elles appartiennent à une formation nouvelle, ou si la fonction réside dans les cellules de l'épithéliuin utérin.

Je suis très-disposé à croire que la fonction n'a point pour siège un appareil spécial dans l'espèce humaine. Nous verrons plus tard, en étudiant la glycogénie chez le fœtus, que cet élément se rencontre également dans la peau et les muqueuses. Or, il est difficile d'admettre dans l'organisation des membranes aussi étendues un appareil spécial qui ne se révélerait par aucun caractère à l'observation, et qui disparaîtrait sans laisser de traces. 11 est donc probable que dans le placenta la glycose a pour siège d'origine les cellules hypertrophiées de la muqueuse ôpithèliale.

Placmta dans les grossesses multiples. — Dans les grossesses gémellaires, il arrive parfois que les placentas sont isolés ; alors ils ne présentent rien de particulier à noter. Le plus souvent ils sont unis vers leur bord par une espèce de pont membraneux, ou mémo ils sont confondus en une seule masse circulaire ou o valait e ; la fusion semble complète sur la face utérine, et les cotylédons unis entre i?ux ne laissent voir aucune trace de séparation. Il n'en est pas de même pour la face fœtale, qui se trouve divisée sur toute son étendue par une espèce de cloison formée par l'adossement des membranes chorion et amuios. La caduque n'en fait pas partie, elle est unique pour les deux œufs. Les communications entre les deux placentas sont excessivement rares, et lorsqu'elles se produisent, elles ont lieu, non par les vaisseaux villeux, mais par de grosses branches qui rampent sous la membrane lamineuse. Dans les grossesses triples, quadruples, et môme quintuples, on peut voir sur le môme sujet des placentas unis et isolés ; la cloison qui indique leur division sur la face fœtale affecte naturellement des dispositions variables déterminées par le groupement des placentas. Lorsque dans ces cas il existe des unions vasculaires, elles ont lieu au moyen de gros vaisseaux, soit qu'ils se divisent primitivement dans le cordon, soit par des anastomoses sur la surface placentaire. Jamais dans aucun cas on n'a observé que l'union des vaisseaux eût lieu par des villosités. Du reste, la constitution de l'organe, d'après ce que nous avons dit, explique parfaitement celte disposition.

COBDON OMBILICAL

Le cordon ombilical estime tige molle, cylindroïde et vasculaire, qui relie le fœtus au placenta.

Origine. — Au moment où les capuchons amniotiques supérieurs se rapprochent, ils circonscrivent une ouverture d'abord assez large qui contient les pédicules de la vésicule ombilicale de l'allanloïde, leurs vaisseaux et une anse intestinale du fœtus. Lorsque l'amnios est complètement développé, il forme une gaine à ces éléments, et à la fin du premier mois le cordon est constitué.

Vaisseaux du cordon. — Us sont d'abord au nombre de huit ; quatre appartiennent à la circulation omphalo-mésentérique ; bieutôt réduits à une veine et à une artère, ces derniers ne tardent pas à disparaître complètement. Les quatre autres forment la circulation allantoïdienne ; les deux artères

OVOLOCIE ET EMBRYOLOGIE

persistent, mais une des veines disparait vers le trentième ou quarantième jour, et la circulation définitive se compose des deux artères et de la veine ombilicale. Nous ne reviendrons pas sur leur origine et leur terminaison qui ont déjà été indiquées en décrivant l'allantoïde. Le volume de la veine égale celui des deux artères ; elle est plus courte, moins flexueuse, et sa paroi plus mince. Au début de la formation du cordon, les vaisseaux ont un trajet presque rectiligne; mais à partir du deuxième mois, les artères se contournent autour de la veine ordinairement placée au centre. Ce mouvement a lieu de gauche à droite, environ neuf fois sur dix. On a donné plusieurs explications de cette disposition. On l'a crue déterminée par les mouvements du fœtus, mais ces mouvements impriment une torsion (qu'on observe parfois) à tout le cordon, et non pas aux vaisseaux dont les rapports sont invariablement fixés par la gaine du cordon. Haller a attribué ces circonvolutions à ce que les vaisseaux croissent plus rapidement que la gaine qui les contient. Schrœder van del Kolk pense qu'elles sont dues à la pression du sang, qui est plus considérable dans les artères que dans les veines. Simpson cherche à expliquer cette disposition par la disposition de l'iliaque primitive droite, qui serait plus volumineuse, et dont l'angle avec l'aorte serait moins considérable que celle de l'autre côté. Le courant sanguin aurait pour cette raison plus d'énergie, et imprimerait à l'artère ombilicale, qui en émane, la direction fréquente que l'on observe et que l'autre artère subirait passivement. Ces hypothèses peuvent être ingénieuses, mais à coup sûr elles ne sont point convaincantes.

Les vaisseaux du cordon ne fournissent ni rameaux ni anastomoses dans leur trajet, et Robin a noté que les vaisseaux propres de leurs tuniques, dont on constate l'existence dans leur portion intra-abdominale, disparaissent aussitôt qu'ils ont franchi l'ombilic. La veine ombilicale n'a pas de valvules. Les anomalies que présente ce système vasculaire sont assez rares ; cependant, on a observé deux et même trois veines; une seule artère, surtout chez les monstres, ou trois vaisseaux artériels. .

Éléments du cordon. — Les plus importants sont les vaisseaux que nous venons d'examiner. Le pédicule de la vésicule ombilicale qui existait au début s'allonge bientôt devient filiforme et disparait complètement. Le pédicule de l'allantoïde, loin de disparaître, augmente de volume et enveloppe mollement les vaisseaux dans son tissu aréolaire. Ce tissu est formé de fibres lamineuses, isolées, ou en nappes entre-croisées, contenant une substance amorphe transparente et des corps fibro-plastiques, plus nombreux dans la première moitié de la gestation. Comme on le voit, sa composition est la même que celle du magma réticulé ; aussi ont-ils une Origine commune, et cette substance qu'on désigne sous le nom de gélatine de Wharton n'est autre chose que le tissu de l'allantoïde. Son rôle est probablement de protéger la circulation des vaisseaux qu'elle enveloppe contre les pressions qu'ils peuvent subir lorsqu'il existe des nœuds sur le trajet du cordon, ou des circulaires autour des parties fœtales. Pendant la grossesse et le travail, la compression que la tige ombilicale pourrait subir de la part du fœtus se trouve considérablement atténuée par cet agent de protection. Les éléments dèfi-

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