CORDON OMBILICAL
nilifs du cordon sont donc les vaisseaux sanguins, la gélatine de Wharton, et l'enveloppe extérieure fournie par l'amnios. Peu à peu la portion d'intestin qui faisait hernie est refoulée dans l'abdomen du fœtus, et ordinairement le cordon n'en contient plus vers le quatrième mois de la gestation. Ce refoulement est déterminé par le resserrement des éléments du cordon qui s'opère du placenta vers le fœtus. Nous avons déjà parlé des illusions de Fohmann et de Lauth, qui croyaient avoir trouvé des lymphatiques dans cet organe, et de celles de Chaussier et de Home qui pensaient en avoir suivi les nerfs jusque dans le placenta. Durr, Riceke, ont nié leur existence, et Hirchefeld a constaté que ceux qui provenaient du plexus hépatique du fœtus ne s'étendaient pas au delà de quelques centimètres à partir de l'ombilic.
V insert ion placentaire du cordon se fait ordinairement vers le centre du placenta ; parfois il s'implante sur un point rapproché de la circonférence de l'organe qu'on appelle alors placenta en raquette. On a observé quelques faits de division prématurée des éléments vasculaires de cordons, qui se rendent isolément au placenta en rampant entre les membranes. Wrisberg, Sandifort, Lobstein, Gardien ont décrit cette anomalie, dont Benkiser a réuni un certain nombre d'xemples dans sa thèse. Dans un cas de ma pratique la division avait lieu à environ trois centimètres de la circonférence placentaire. L'insertion du cordon sur les membranes, qui rappelle celle de quelques mammifères, présente pour le fœtus des dangers pendant le travail. 11 peut se faire que la déchirure des enveloppes fœtales se produise sur le point où rampent les vaisseaux et en détermine la rupture, on comprend qu'alors le fœtus puisse succomber a une hémorrhagie, si son expulsion n'était pas immédiate. Ce mode de distribution a un autre inconvénient, c'est d'affaiblir la solidité du cordon et derendre sa rupture plus facile lorsqu'on est obligé d'exercerdes tractions pour extraire le placenta. 11 est probable que les auteurs tels que Schurigius Stalpart, etc. , qui ont cru observer plusieurs cordons pour un seul fœtus ont été trompés par cette disposition. Dans certaines grossesses gémellaires, le cordon affecte parfois des dispositions particulières que nous examinerons à l'article jumeaux. L'extrémité fœtale de la tige s'insère à l'ombilic du fœtus qui est d'autant plus rapproché du pubis que la grossesse est moins avancée. Dans quelques cas très-rares, et encore qui sont loin d'être tous parfaitement authentiques, on a vu cette insertion se faire sur divers points de la tète et du tronc.
Le développement du cordon ne suit pas une marche progressive. A la fin du premier mois, il est très-court, grêle et non contourné. Mais à la fin de la huitième semaine, il a acquis un volume relativement assez considérable; il pèsente ordinairement sur son trajet plusieurs bosselures, des vésicules et des renflements au nombre de deux ou trois, séparés par des étranglements signalés par Velpeau et qui disparaissent dans le courant du troisième mois; il semble alors avoir diminué de volume. A partir de celte époque, son augmentation est graduelle et en rapport avec le développement du fœtus. A terme, il est à peu près de la grosseur du petit doigt. Cependant il peut, sous l'influence d'une accumulation exagérée de la gélatine de Wharton, acquérir
«HLIX ACC. M
OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
un volume plus considérable: alors sa résistance assez grande à l'état normal se trouve affaiblie.
Indépendamment des nœuds accidentels dont nous venons de parler, il existe parfois sur le trajet du cordon, à une époque voisine du terme, des nodosités qui sont dues à des replis, à des reliefs vasculaires appartenant aux artères ou à la veine, qui peut être variqueuse.
La longueur du cordon est d'environ cinquante-cinq centimètres; exceptionnellement, il peut atteindre jusqu'à un mètre et môme un mètre cinquante centimètres. Le cordon trop long flotte dans la cavité ammiotique, et le fœtus dans ses mouvements actifs passe à travers ses circonvolutions; il en résulte des nœuds qui ne sont jamais assez serrés pour compromettre la circulation pendant la grossesse; mais il se peut que pendant l'accouchement, surtout si le cordon est grêle, des tractions sur le fœtus déterminent ce résultat. Car dans ces conditions il est assez fréquent de voir un cordon naturellement trop long devenir artificiellement un peu court par les circulaires qu'il décrit autour du corps ou du col du fa*tus.
John Beale, dans sa statistique sur la disposition et la longueur du cordon, comprenant 1220 observations, a trouvé qu'il s'enroulait une fois sur cinq autour des parties fœtales; il a également noté trois lois un, et une fois deux nœuds sur son trajet.
Il peut se faire au contraire que le cordon n'atteigne pas la longueur moyenne que nous avons signalée; il peut ne mesurer que trente, vingt et même dix centimètres. Monde en a observé un tellement court, que le ventre du fœtus touchait le placenta. Quelques auteurs citent des cas très-rares de cette anomalie.
L'usage du cordon est d'établir des relations vasculaires entre la mère et le fœtus; il constitue donc un organe essentiel de la vie intra-utérine. On a publié un grand nombre d'observations de fœtus qui semblaient être privés de cordon ombilical. Yelpeau, qui cite une trentaine d'auteurs qui ont cru voir cette anomalie, repousse avec raison ces observation comme absolument erronées et dépourvues de tout caractère scientifique. Et dans les cas où on a cru observer l'absence d'un lien qui unissait le fœtus au placenta, il s'agissait de morts-nés qui avaient probablement succombé à la destruction du cordon.
Anatomk) comparée. — Dans la série animale, les mammifères seuls sont pourvus de placenta. Les villosités qui lé constituent sont en rapport non avec des sinus ou des lacs sanguins, qui n'existent pas chez les animaux, excepté peut-être chez les singes, dont l'utérus est épais et non intestiniforme. Les connexions se font comme chez la femme dans les premiers temps du développement de l'œuf; les capillaires, contenus dans la muqueuse qui s'élève sous forme de plis, entourent les villosités, mais leurs parois ne se résorbent pas. Cette disposition explique l'absence de l'héinorrhagie dans la délivrance des animaux. An niveau de l'insertion placentaire les cellules épilhéliales de l'utérus présentent chez les animaux des modifications analogues a celles qu'on observe chez la femme. Entre les œufs la muqueuse conserve ses cellules prismatiques dont les cils vibratiles disparaissent. Jamais il n'existe, comme on l'a
AN MOMIE COMPAMÉE. 245
<lit, une pénétration des villosités dans les glandes utérines qui subissent la même oblitération que dans l'espèce humaine.
Le cordon ombilical des animaux mammifères contient un élément qui manque dans l'espèce humaine, c'est un ouraque canaliculé qui, du sommet delà vessie, parcourt la tige ombilicale et va s'ouvrir dans l'allantoïde. Dans quelques espèces , les vaisseaux omphalo-mésentériqucs persistent jusqu'à la fin de la gestation et font partie du cordon.
Cl. Bernard a découvert dans le placenta des animaux des cellules glycogôniques, fonctionnant comme chez l'homme, jusqu'à ce que le développement du foie rende leur action inutile. Un fait remarquable, c'est que dans les diverses espèces, le siège de ces cellules est complètement différent. Tandis que chez les rongeurs et les autres animaux à placenta unique, les cellules glycogéniques sont principalement situées entre le placenta fœtal et l'utérus, chez les ruminants, où l'organe est multiple, elles se développent à la face interne de l'amnios, elles recouvrent d'abord le cordon ombilical jusqu'au point où une ligne bien nette sépare la peau de l'amnios, puis elles s'étendent sur les autres parties de cette dernière membrane. Transparentes d'abord, plus tard opaques, elles prennent un volume progressivement croissant jusqu'au troisième ou quatrième mois, puis elles disparaissent peu à peu, ou se détachent par plaques qui flottent dans le liquide amniotique. Telle est l'origine des hippomanes volumineux qu'on rencontre dans l'amnios de la jument. Ici l'organe spécial est beaucoup plus évident que dans le fœtus humain. Cela prouve que si la glycogénie est une loi fondamentale et générale du développement du fœtus, cette loi s'accomplit au moyen de procédés extrêmement variables selon les différentes espèces.
Chez les 'ruminants, les placentas forment des plaques rouges ellipsoïdes, <le grandeur variable, disséminées à la face externe du chorion, plus larges à sa partie moyenne, plus nombreuses dans les cornes de cet organe. Les placentas, au nombre de 90 à 150 chez la vache, sont formés de villosités longues de 10 à 15 millimètres sur des fœtus assez avancés. Les cotylédons de la brebis forment des cupules dont les bords se referment sur les placentas, de manière aies pédiculiser"; ils sont au nombre de 80 à 150. Chez les ruminants, le cordon ombilical est composé de deux artères et de deux veines, lesquelles, suivant les cornes du chorion, restent isolées dans toute la longueur du cordon et ne se réunissent qu'en franchissant l'anneau ombilical. En sortant de la gaîne amniotique, les vaisseaux rampent entre le chorion et l'amnios dans la couche du tissu lamineux qui les enveloppe, et se divisent dans les membranes en nombreux rameaux qui se rendent aux placentas.
Chez les carnassiers, le placenta est unique et forme à la partie moyenne de l'œuf une ceinture épaisse d'un rouge un peu livide. Le placenta de la chienne est limité de chaque côté par une bordure d'un vert émeraude étudiée par Breschet. La matière colorante lui a paru être tout à fait analogue à la matière verte de la bile pure, dépourv ue d'éléments jaunes et amers. Breschet conclut que le placenta des carnassiers remplit une fonction analogue à • •celle du foie, qu'il considère comme un organe d'hématose. Il est curieux de
241 OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
voir signaler la coïncidence d'action du foie et du placenta plus de trente ans avant que Cl. Dernard, étudiant'Ja question à un point de vue différent, ait découvert la fonction glycogénique du placenta. Les vaisseaux omphalomésentériques persistent jusqu'à terme, et sont très-apparents dans le cordon du fœtus de la chienne ; ce qui s'explique par la persistance de la vésicule ombilicale dans cette espèce.
Le placenta chez les solipêdes recouvre toute la face externe du chorion ; il est constitué par des villositès très-courtes dont l'adhérence avec la matrice est tellement faible, que son décollement a lieu presque dès le début du travail. Il existe une petite quantité de liquide blanchâtre ou brunâtre entre les villositès et la matrice. Dans le cordon, les vaisseaux ombilicaux sont au nombre de trois, une veine et deux artères. Les vaisseaux mésentériques disparaissent avant l'époque du part, et ordinairement on n'en rencontre qu'un seul à mi-terme.
Le placenta ûnrongeurs est bilobé et'rcpose sur un épaississementde la muqueuse utérine hypertrophiée dans ses éléments superficiels. L'espèce de coussinet qu'elle forme ressemble à une plaque muqueuse, et adhère au placenta par quelques dentelures assez peu résistantes. Après la délivrance, cette plaque semble déprimée à son centre à cause du rebord saillant qui la circonscrit.
RÉSUMÉ
BLASTODERME, AMNIOB. CHORION, CADUQUE, VÉSICULE OMBILICALE, ALLABTOIDE, PLACENTA, CORDON OMBILICAL
Blastoderme. — La membrane blastodermique est constituée par l'agrégation des petites cellules vitellines condensées à la face externe de la membrane vite! line. — Ces deux membranes sont juxta|io>ées et n'ont aucune adhérence entre elles. — Le blastoderme se divise en deux feuillets, l'un interne séreux qui donnera naissance à la tache embryonnaire, les téguments et les organes de la vie de relation ; — l'autre externe séreux, forme la vésicule ombilicale et le tube intestinal du fœtus. — Développement des premières villositès. ~ Elles apparaissent sur le vitellus lorsque l'œuf est arrivé dans la cavité utérine. — La tache embryonnaire se développe sur un point du feuillet externe du blastoderme ; — elle est elliptique. — Elle est constituée par une partie centrale au milieu de laquelle on voit Ja ligne primitive. — Là, cette partie claire (area lucida) est entourée par une zone plus foncée. — La tache embryonnaire s'incurve et se relève vers ses liords en forme déboucher.
AmnloN. — L'amnios est la membrane la plus interne de l'œuf humain. — La tache embryonnaire, en s'incurvant vers le centre de l'œuf, entraîne dans ce déplacement la portion du feuillet blastodermique adhérent à son bord. — Ce feuillet relevé aux deux extrémités et sur les cotés de la tache tend à converger vers le point où apparaîtra l'ombilic du fœtus en s'appliquant immédiatement sur sou plan antérieur (formation des capuchons supérieurs). — Fn même temps que ces modifications s'opèrent sur le plan antérieur, il s'en produit une identiquement semblable sur le postérieur. Le feuillet externe du blastoderme se replie en arriére de la tache embryonnaire, et l'enveloppe de la même manière au moyen delà convergence des parties vers un point central qu'on dé-
ltÉSUMÉ.
signe sous le nom d'ombilic dorsal (formation des capuchons inférieurs). — Les capuchons supérieurs, en convergeant vers le plan antérieur, circonscrivent une ouverture cuti se rétrécit peu à peu, et qui persistera sous le nom d'ombilic; elle livrera passage au pédicule de la vésicale ombilicale et de l'allantoïde (plus tard cordon ombilical). — L'amnios, en s'éloignant du fœtus, leur formera une gaine. — Les capuchons inférieurs, dans leur mouvement de convergence, circonscriront l'ombilic dorsal, qui disparait complètement par leur soudure. — En se soudant ils donnent naissance à un pédicule (ligament dorsal). — Ce ligament disparait presque aussitôt formé ; alors l'amnios devient indépendant de la membrane blastodermique qui lui a donné naissance. — Anssitôt un liquide est sécrété à la face interne de l'amnios, le distend et l'écarte du fœtus avec lequel, jusque-là, il était en contact. — La membrane amniotique, repoussée vers la périphérie de l'œuf, est séparée du chorion pendant les deux premiers mois par le magma réticulé (débris de l'allantoïde). — On pense que l'amnios ne met pas plus de quatre à cinq jours à se développer dans l'œuf humain. — L'amnios n'a pas de vaisseaux ni de nerfs. = Le liquide amniotique est relativement plus abondant pendant les premiers mois de la gestation qu'à terme ; — sa quantité normale est d'environ 500 grammes. — II est plus abondant lorsque le fœtus est petit que lorsqu'il est volumineux. — Limpide au début, et moins dense que l'eau, il subit souvent, vers le terme de la grossesse, des altérations dans son aspect et sa composition chimique. — Vauquelin l'a trouvé composé de : Eau, 98,8; phosphate de chaux, chaux, et chlorhydrate de soude, 1,2. — Ce fluide nait de sa membrane, qui fonctionne comme une séreuse. — Son rôle est d'isoler le fœtus, de faciliter ses mouvements, d'empêcher ses adhérences, de le protéger contre les pressions de la matrice et les chocs extérieurs, d'assurer la circulation du cordon. — Le liquide amniotique favorise également l'expansion régulière de l'utérus ; en formant une poche, il coopère à la dilatation du col pendant le travail; il lubrilie le canal que l'enfant doit parcourir, et facilite l'introduction de la main et des instruments.
Chorion. — Les éléments primaires du chorion sont remplacés, par substitution, par des éléments de nouvelle formation. — Le premier chorion est formé parla membrane vitelline. — En arrivant dans la matrice l'œuf est complètement lisse ; mais presque aussitôt qu'il atteint cette cavité, il se hérisse d'appendices villiformes, destinés à fixer l'œuf et à le nourrir. — La portion du feuillet séreux blastodermique qui reste en contact avec la membrane vitelline, après la séparation de l'amnios, est destinée à lormer le second chorion. — Sa face externe se couvre de villosités avant que la membrane vitelline amincie ait disparu. — Ces villosités cylindriques sont creusées d'un canal qui se termine eu cul-de-sac à leur extrémité libre. — Elles se ramifient en plusieurs branches. — Elles sont au début dépourvues de vaisseaux et entourent complètement l'œuf. — L'apparition de l'allantoïde les anime d'une riche circulation, et elles reçoivent une artériole et une veinule qui se distribuent dans leur subdivision. — La substance propre de la membrane ainsi que celle des villosités ne reçoivent pas de vaisseaux. — Le magma réticulé accompagne partout les petites divisions vasculaires de l'allantoïde et leur fournit une enveloppe qui forme une cloison à l'artériole et à la veinule. — Ces capillaires se recourbent au fond de la villosité en s'unissant en anse. — 11 n'existe pas d'anastomoses entre et circulation de deux villosités. — Coste croit à tort que l'allantoïde forme un troisième chorion qui se substitue au second. — Les vaisseaux allantoidiens ont animé toutes les villosités, mais vers la quatrième semaine celles qui sont en rapport avec la caduque réfléchie sont oblitérées par la pénétration dans leur intérieur du magma réticulé ; — cette oblitération est complète à la cinquième semaine. — Les villosités en rapport avec la paroi utérine continuent à croître et à se ramifier, pour constituer le placenta frondosum.= Le chorion est primitivement en rapport en dehors avec la membrane vitelline, ensuite avec la muqueuse uléro-placentaire sur le point où l'œuf est en contact avec l'utérus