OV0LOGIE ET EMBRYOLOGIE
L'ovaire se distingue bientôt du testicule par sa forme plus allongée et aplatie. Il prend une situation oblique plus transversale. En môme temps il descend, mais beaucoup moins que la glande séminale.
Hein». — Us naissent, vers la septième semaine, d'un blastéme particulier qui semble indépendant du feuillet séreux. Situés d'abord derrière les corps de Wolff, ils remontent bientôt au-dessus de ces organes. Leur surface lisse et leur forme ovale prend, au bout de peu de temps, la figure d'un haricot. .Durant la neuvième semaine, ils sont composés de plusieurs petits lobes, au nombre de huit vers le soixante-dixième jour ; ce nombre augmente, puis se réduit à quinze au moment de la naissance. L'élude de ces organes est due â Muller, ltalhke et Valentin. Ce dernier auteur pensait quel'urètbre, le bassinet et les canaux urinifères se développent isolément et qu'ils n'entrent en communication que pendant le cours de leur formation. Bi-choff croit au développement simultané de ces différentes parties et à leur union constante; cependant, il les considère comme pleines au début et se canaliculant plus tard.
Capitales surrénales. — Si l'onjugc de leur importance d'après leur volume, elles semblent devoir jouer un rôle notable et encore inconnu dans la vie fœtal»'. Arnold les fait naître dos corps de Wolff. On n'est pas certain que leur origine n'ait pas lieu par une seule masse qui se sépare ensuite pour former deux organes distincts. Elles sont relativement plus volumineuses chez l'embryon que chez l'adulte. Jusqu'à la dixième ou la douzième semaine, ils sont plus volumineux que les reins. A cette époque, leurs dimensions sont égales. A six mois, les reins sont plus gros. Ces deux organes paraissent complètement indépendants, et semblent n'avoir que des rapports de juxtaposition.
Vessie. — Elle naît du pédicule del'allanloîde et s'étend, sous forme allongée et cylindrique, de l'intestin à l'ombilic; dans ce dernier point, elle reste étroite, se termine en pointe, se transforme en cordon, parfois seulement après la naissance, et constitue l'ouraque. Son extrémité opposée se distend et prend seule une structure musculcusc. Elle communique d'abord avec l'intestin et porte alors le nom de cloaque. Voici de quelle manière ce réservoir se transforme en vessie urinaire : la réunion du gros intestin et du cloaque se fait sous un angle aigu dont la pointe, sous forme d'éperon, se dirige en bas. L'éperon s'accroit, descend vers l'anus, et divise le cloaque en deux ■cavités ; l'une appartient au rectum, l'autre devient la vessie.
Le mode de développement du vagin n'est pas (exactement connu, et les explications si diverses qui ont été données à ce sujet sont si peu précises, que je préfère les passer sous silence.
«lande thyroïde. — Suivant Huschke, elle naîtrait des arcs viscéraux antérieurs. Elle apparaîtrait dans le courant de la septième semaine, et serait pourvue au début d'un conduit'excréleur. Bischoff l'a trouvée au sixième mois composée de vésicules à contenu grenu, unies entre elles par une masse translucide. A cette époque il n'existait plus de conduit excréteur.
Thymus. — Les travaux si nombreux qui ont été publiés sur celte glande n'ont jeté que peu de lumière sur sa nature et son origine, llaugsted fixe son apparition à la huitième semaine. Arnold pense qu'elle procède de la muqueuse des organes respiratoires vers l'endroit où se forme le larynx. Il naît en deux
DÉVELOPPEMENT DU FŒTIS. 265
portions distinctes, qui s'unissent partiellement sur la ligne médiane; et s'accroît jusqu'à la naissance sans présenter de conduit excréteur à aucune époque.
Formation de I intestin et de aea annexe*. — Depuis les importants travaux de Wolff sur le développement de l'intestin du poulet, l'étude de cette question a marché avec une extrême lenteur, et on a dû souvent procéder par analogie de ce qui était connu chez les ovipares, pour admettre ce qu'on n'avait pu observer sur les mammifères. Il est vrai que pour un certain nombre de points vérifiés ultérieurement par Baër, Kiesser, Oken, etc., l'analogie ne s'est pas trouvée en défaut.
La formation de l'intestin, bien que postérieure à celle du système nerveux, remonte cependant a une époque très-voisine du développement de la tache embryonnaire. Les rudiments apparaissent alors que l'embryon n'a pas encore pris complètement la forme naviculaire, lorsque les deux feuillets du blastoderme sont encore en contact par toute leur périphérie (figures 5 i et 55). Lesdeux,extrèmitésdu fœtus se soulèvent, et le pédicule de la vésicule ombilicale commence à se dessiner. Alors on voit au fond de la dépression embryonnaire le feuillet muquetix passer à plat sur la partie moyenne du rachis et se terminer aux deux extrémités en deux espèces de culs-de-sac qui se continuent avec la vésicule ombilicale. Le cul-de-sac supérieur, qui se trouve en rapport avec le renflement céphalique a été appelé par Wolff fovea cardiaca ; en se dilatant il donnera naissance à l'estomac. Une opinion, qui n'est plus admise, consistait à faire pénétrer ce cul-de-sac plus avant, de manière à former l'œsophage, le pharynx et la cavité buccale par l'érosion de son extrémité close.
Le cul-dc-sac inférieur, fovea inferior de Wolff, produirait en se renflant le rectum, sur lequel naîtrait le pédicule de l'allantoîde.
Le feuillet muqueux du blastoderme tapisse donc la cavité de l'embryon en suivant son contour interne, mais il représente plutôt un sac qu'une cavité intestinale, car il n'est point clos du côté de la vésicule ombilicale, avec laquelle il communique si largement. Peu à peu, l'embryon se recourbe sur son plan antérieur et les lames ventrales convergent en avant. En môme temps le futur intestin se détache de la paroi embryonnaire, selon Baër, par l'interposition d'un liquide, et ses plans latéraux refoulés l'un vers l'autre dans le sens de l'axe rachidien forment une gouttière longitudinale fixée au devant de la colonne vertébrale. Les bords de cette gouttière se rapprochent et en se soudant d'abord aux deux extrémités donnent naissance au tube intestinal. L'ouverture qui existe encore à la partie moyenne se rétrécit de plus en plus de façon à former l'ombilic intestinal. Bientôt la communication n'a plus lieu entre l'intestin et la vésicule ombilicale que par le canal omphalomésentérique; puis celui-ci s'oblitère et s'allonge, et les vaisseaux de son pédicule sont les seuls liens qui rattachent la vésicule à l'intestin. Enfin ces relations vasculaires finissent elles-mêmes par disparaître.
L'intestin représente donc d'abord un tube tout à fait droit, fermé à ses deux extrémités et parallèle au grand axe de l'embryon. A mesure que sa partie médiane se ferme, elle se sépare delà colonne vertébrale sans toutefois s'en détacher complètement et forme une anse dont le sommet sort par l'om-
2Gfi OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.
bilic. Nous avons vu comment cette hernie ombilicale disparait par le retour tardif de l'intestin dans la cavité abdominale.
On peut donc déjà diviser l'intestin en trois régions : 1° supérieure: stomacale ; 2° moyenne : intestin grêle et colon; 5° inférieur : anale ou rectale.
L'estomac n'est point distinct au début; il apparaît sous forme d'une légère bosselure ; le bord convexe de cette bosselure, qui regarde à gauche, devient la grande courbure, l'autre d'abord droit, ensuite concave, tourné en avant et à droite, devient la petite courbure. Son grand axe est primitivement vertical, puis à mesure qu'il se développe il prend une direction horizontale. La valvule pylorique n'est visible d'après Meckel qu'à la fin du troisième mois. La portion stomacale en continuant à se développer donne naissance au duodénum.
L'intestin moyen subit des changements beaucoup plus considérables. Il se développe considérablement, surtout dans sa portion supérieure, qui dérrit les nombreuses circonvolutions du jéjunum et de Yiléon. Sa partie inférieure doit représenter les colons. L'intestin gréle est d'abord supérieur, puis, lorsque le côlon commence à s'enrouler, il se fait dans la masse intestinale un mouvement pendant lequel l'intestin grêle glisse au-dessous de l'autre qui devient antérieur et supérieur; alors les côlons prennent leur place définitive ; cependant le côlon ascendant est celui qui se fixe le dernier. Ces changements sont accomplis du quatrième au cinquième mois.
Le cœcum naît à la jonction de l'intestin grêle et du gros intestin, et son appendice vermiforme, qui n'a aucun rapport avec le canal omphalo-mèsentérique, est un diverticulum de son cul-de-sac.
On ignore à peu près complètement de quelle manière s'opère la division des diverses tuniques de l'intestin. Le peu d'accord qui règne sur l'origine réelle des divers appareils est une des causes qui ont jeté le plus d'obscurité sur cette étude. Ainsi Reichert fait dériver la plupart des appareils du fœtus de la couche intermédiaire, et accorde seulement que le feuillet muqueux du blastoderme fournit uniquement la muqueuse intestinale, et que tout le reste provient de la membrane intermédiaire. Il est certain que sa théorie simplifierait beaucoup la question, mais il lui manque pour être généralement admise une démonstration qu'il n'a pu produire.
Quoi qu'il en soit, Bischoff affirme que l'intestin peut être divisé en deux couches distinctes depuis le moment ou il forme un tube clos. L'une muqueuse interne, l'autre externe, qui serait le substratum d'où naît la tunique musculeuse, la trachée, les poumons et probablement le foie et le pancréas avec le concours de la tunique interne.
L'intestin anal croît peu et conserve sa direction droite. Il est d'abord fermé à son extrémité inférieure, mais bientôt il s'abouche avec l'anus, qui vient à sa rencontre de dehors en dedans.
Mésentère. — Il fixe dès le début l'intestin à la colonne vertébrale dans le sens de la longueur. De ce point de départ il s'étend et s'accroît à mesure que l'intestin se développe, et ses attaches successives naissent à mesure que le tube intestinal contracte ses rapports normaux.
Les épiploons se forment par le môme mécanisme.
DÉVELOPPEMENT DV FŒTTS. 267
Le péritoine, qui se montre d'abord sur la surface des intestins sous l'apparence d'un vernis, emprunte ses éléments à une couche fibreuse revêtue d'un épidémie propre.
Foie. — Itolando a admis que le foie procède d'une bosselure creuse de l'intestin. Cette opinion est généralement acceptée par les embryologistes, malgré Reichert, qui n'a vu à aucune époque de communication entre cet organe et l'intestin. Bischoff a observé qu'il naît par deux bourgeons de la paroi intestinale. Il a noté son existence alors que l'intestin communique encore largement avec la vésicule ombilicale. C'est donc un des premiers organes qui se développent chez l'embryon. Son accroissement est extrêmement rapide, et il occupe dans la cavité abdominale un si large espace qu'il masque presque tous les autres viscères. II s'y développe de très-bonne heure une circulation tellement riche, que l'étude de ses éléments devient fort difficile; aussi est-on très-peu d'accord sur la manière dont ils se produisent. La vésicule du fiel, qui se forme tardivement, est une branche du conduit biliaire. Son intérieur est lisse jusqu'à six mois; au quatrième elle contient du mucus, et de la bile au septième.
Panerons. — Suivant Bischoff, c'est un diverticulum de l'intestin ; il apparaît un peu plus tôt que les glandes salivaires, probablement vers la septième semaine.
Raie. — Elle procède de la grande courbure de l'estomac, dont elle se sépare vers la fin du second mois. Au début elle semble confondue avec le pancréas dont elle ne tarde pas à s'isoler.
Développement de* membre». — De la quatrième à la cinquième semaine, les membres de l'embryon apparaissent sous forme de languettes perpendiculaires à l'axe du corps, dans lesquelles on dislingue une extrémité libre aplatie et arrondie, attachée par un pédicule rond. La plaque est le rudiment du pied ou de la main, le pédicule représente le membre. Le milieu de la languette semble demeurer stationnairc, el l'accroissement se fait à ses extrémités supérieure et inférieure. Bientôt ces appendices deviennent plus saillants, et on remarque quatre légères dentelures à l'extrémité, libre, qui prend d'une manière marquée le caractère du pied ou de la main. Les membres supérieurs sont un peu plus développés que les inférieurs. Vers cinq ou six semaines se montre sur la portion la plus voisine du tronc une inflexion qui marque le lieu où les membres se diviseront en deux segments distincts. Les os qui forment la ceinture pelvienne, l'omoplate et la clavicule commencent à se développer; vers la septième semaine ce dernier os présente un premier point d'ossification qui s'étend rapidement, il s'en produit un autre en même temps sur le maxillaire inférieur. A cette époque la clavicule a un développement quadruple de celui du fémur.
c irculation — Nous décrirons ses diverses formes et son développement en traitant des fonctions du fœtus.
OVOI.OCIE ET EMBRYOLOGIE.
EXAMEX DE FŒTIS AUX DIFFÉRENTES ÉPOQUES