DE LA GESTATION
Les organes dont nous venons d'exposer l'évolution apparaissent surtout dans les premiers mois de la vie fœtale. Tour compléter ce qui se rapporte au développement du nouvel être, nous allons reprendre brièvement cette exposition en classant les organes selon l'ordre de leur apparition successive jusqu'à la naissance. Nous noterons en outre les autres faits intéressants qui n'ont pu trouver place dans le chapitre précédent.
11 est impossible de déterminer l'époque précise de l'apparition des nombreux organes qui surgissent dans les premières semaines, par cette raison qu'il est à peu près impossible d'établir l'Age exact des embryons qu'on examine. Aussi lorsque les physiologistes les plus autorisés décrivent les éléments embryonnaires, ils signalent seulement le diamètre de l'œuf ou la longueur du germe sans parler de l'Age qu'il peut avoir. Les détails si précis qui ont été donnés par quelques auteurs sur les diverses périodes du premier mois, relativement au poids, au volume, à l'aspect, etc., de l'embryon, sont dépourvus de certitude. La seule chose qu'on connaisse assez exactement, c'est l'ordre dans lequel les modifications successives se manifestent. Nous aurons donc recours à ce mode d'exposition. L'incertitude se dissipe à mesure qu'on s'éloigne du moment de la fécondation. Mais ce n'est guère que vers le troisième mois qu'il n'existe plus de doutes; alors les données sont assez exactes, et une erreur de quelques jours a moins d'importance qu'au début de la gestation.
Premier mois. — Formation de la tache embryonnaire et des lignes primi. tives. — Rudiments du système nerveux central, lames dorsales, corde dorsale. — Incurvation de la tache embryonnaire, apparition des trois cellules cérébrales. — Cœur, première circulation. — Intestin, rudiments du mésentère. — Lames ventrales. — Vésicule ombilicale. — Amnios. — Liquide amniotique. — Allantoîde. — Myolemrae, premier rudiment des muscles.
L'embryon s'est peu à peu recourbé sur son plan antérieur, il a pris la forme naviculaire; la tète se dessine et égale le volume du tronc; l'extrémité opposée se termine en pointe mousse, il a l'aspect vermi forme. — Sa masse est transparente, gélaliniforme. — Le ventre est ouvert.
Première quinzaine du second mois. — Le ventre est clos. — Rudiment du cordon ombilical. — Apparition des membres sous forme de tubercules. — Corps de Wolff. — Arcs et fentes viscérales. — Ouvertures de la face. — Vésicule oculaire. — Corps ciliaire. — Appareil olfactif. — Sillon qui indique la division des membres en deux grands segments. — Organes génitaux. — Ovaires, trompes, testicules, canal déférent. — Division des vertèbres. — Cloisonnement des ventricules du cœur. — Développement de la seconde circulation.— La tète, toujours relativement très-volumineuse, se détache du tronc par un sillon plus marqué. — La face se distingue du crAne.— La vésicule ombilicale se flétrit, son pédicule n'est plus canaliculé. — Le cordon ombilical se forme. — L'intestin est fermé.— Les poumons se développent.— Les narines
KXAltEN DE FŒTUS
et la mâchoire supérieure sont constituées par deux .bourgeons. — Les arcs et les fentes branchiales disparaissent.
Deuxième quinzaine du second mois. — Apparition des reins, des capsules surrénales. — Glande thyroïde, thymus, pancréas. — Développement des méninges, — de la ceinture pelvienne, — du pigment choroïdien, — de l'iris. — Premiers pointsd'ossification à la clavicule et à la mâchoire inférieure. — On constate la présence de quelques nerfs, notamment du plexus brachial; — de l'oreille externe; — du conduit auditif ; —de l'estomac ; — de la rate.— Les éléments de la peau deviennent distincts. — Les corps de Wolff disparaissent. — La vessie se cloisonne.— Le cordon ombilical n'est pas encore contourné. lia la forme d'un entonnoir. Il mesure environ un centimètre et s'insère au bas de l'abdomen. — Points d'ossification sur les côtes, les pariétaux, la mâchoire supérieure, l'os malaire, les palatins, la clavicule, l'omoplate, l'humérus, le radius, le cubitus et le fémur.
Troisième mois. — L'embryon a pris la forme qu'il doit conserver, et les changements extérieurs qu'il doit subir désormais seront des modifications de volume. — Le cordon très-allongé est contourné en spirale et le placenta bien circonscrit; les feuillets de la caduque sont en contact. — Le poids du fœtus est d'environ AO grammes , et sa longueur de 6 centimètres. Mais ces chiffres varient dans des proportions considérables, on ne peut donc les considérer que comme des approximations peu précises. — Les paupières développées se touchent par leur bord libre, la bouche est fermée, le nez peu saillant, ses ouvertures sont dirigées en avant. — Le cou est nettement dessiné.
— Les muscles sont visibles. — Les membres supérieurs sont plus longs que les inférieurs, et leurs extrémités sont digitées. — La faux du cerveau est transparente, ainsi que les sinus et la tente du cervelet. — On distingue les nerfs crâniens, — la majeure partie du grand sympathique; — la choroïde,
— le* labyrinthe. — Les vésicules graisseuses apparaissent dans le tissu cellulaire sous-cutané. — La valvule pylorique est formée. — On voit le rudiment des ongles et la première trace de l'appareil pileux. — Les points d'ossification se montrent sur le sphénoïde, les pariétaux, les os propres du nez, l'isrhion, le tibia, le péroné, les métacarpiens, les métatarsiens et les phalanges.
Quatrième mois. — L'embryon prend le nom de fœtus ; sa longueur est de 1 8 centimètres ; |on poids, de "200 grammes. — Le développement de ses mus. cles lui permet d'exécuter des mouvements sensibles, et il peut vivre quelques heures hors de la cavité utérine. — L'insertion du cordon se fait sur un point plus élevé de l'abdomen. — Les circonvolutions cérébrales se dessinent. — La peau a ses papilles; à la fin de celte période l'intestin est fixé et complètement développé, la vésicule biliaire contient du mucus. — Les glandes sébacées sont organisées. — Les points d'ossification de l'occipital forment deux larges plaques semi-lunaires. — Les bosses frontales sont indiquées, les sutures et les fontanelles sont très-larges. — Le vomer et l'apophyse zygomatique sont ossifiés, des points osseux se montrent sur l'apophyse mastoïde.
Cinquième mois. — La longueur du fœtus est de 25 centimètres ; sou poids, de 500 grammes. — On distingue l'arachnoïde, — les glandes sudoripares
0V0LOGIE ET EMBIIYOLOGIE.
sont développées; — les ongles bien formés; — les poils très-apparenls. — Il existe parfois des traces d'enduit sébacé. — L'ischion s'ossifie.
Sixiètru' mois. — La longueur du fœtus est de 30 centimètres ; son poids, de H00 grammes. — Le mamelon et son aré«le forment un petit anneau. — La tête est encore très-volumineuse et les membres grêles. — La membrane pupillaire persiste. — Les cheveux sont plus apparents, ainsi que les sourcils. — Le scrotum est vide. — Le pubis s'ossifie.
Septième mois. — Longueur : ôi centimètres; poids : 1,500 grammmes.— L'apparition du petit splanchnique complète le grand sympathique. — Les bosses frontales sont complètement développées, et les bosses pariétales trèssaillantes. — La membrane pupillaire disparait; Velpeau nie son existence à toutes les époques. — L'enduit sébacé se montre plus abondant. — Les formes du fœtus s'arrondissent et deviennent moins grêles, il commence à devenir moins mobile dans la cavité utérine, et son attitude est plus stable. Il a des chances de viabilité. — Les testicules descendent dans le scrotum; le gauche ordinairement y arrive le premier.
Huitième mois. — Longueur: iO centimètres; poids : 2,000 grammes. L'accroissement se fait plutôt en épaisseur qu'en longueur. — La mâchoire inférieure est aussi longue que la supérieure; les chances de viabilité sont considérablement augmentées. — Les pariétaux complètement ossifiés sur les bords supérieurs sont séparés par les sutures et les fontanelles. — L'hyoïde s'ossifie.
Fœtds a terme. — Le poids ordinaire du fœtus à terme est d'environ 5 kilogrammes et demi, et sa longueur de 48 centimètres. Ces mesures sont sujettes à des variations considérables ; elles n'expriment que des moyennes basées sur des chiffres qui oscillent entre 7>9 et *>,f> centimètres pour la longueur, et entre 2 et 5 kilogrammes pour le poids; et encore trouve-t-on quelques faits en dehors de ces extrêmes limites. Cependant les cas cités de fœtus dépassant 10 kilogrammes ont besoin, pour qu'on les admette, d'être affirmés par des autorités indiscutables. Il est probable que les fœtus à terme, dont le poids est inférieur à 2 kilogrammes, ont subi un arrêt de développement déterminé par une cause morbide.
Dans l'immense majorité des cas, l'insertion du cordon à l'ombilic se fait sur un point situé à 1 ou 2 centimètres au-dessous d'une ligne transversale qui partagerait le corps du fœtus en deux moitiés égales.
La mensuration des différents segments du corps du fœtus, examinés dans le sens de sa longueur, ne présente aucun intérêt; la tète seule, qui peut être, à cause de son volume et de son peu de réductibilité, un obstacle à l'accouchement, doit être étudiée avec d'autant plus de soin que la connaissance des rapports des différents diamètres avec les diamètres du bassin maternel est absolument indispensable pour l'intelligence des phénomènes mécaniques du travail. Je traiterai donc d'une manière spéciale ce. sujet important. Mais avant je signalerai brièvement le diamètre transversal des régions supérieures et inférieures du tronc du fœtus, qui jouent également un certain rôle dans les phénomènes mécaniques du travail.
Diamètre du tronc. La partie supérieure du tronc est, après la tète, la
plus volumineuse du fœtus. Les articulations des différentes pièces qui unissent les bras a la cage thoracique sont assez mobiles pour leur permettre de se mouler, en quelque sorte, sur les différentes formes de variations du bassin, et pour qu'on obtienne sur ce point, sans de grands efforts, une réduction notable. Dans des expériences que je signalerai à l'article : Aideforceps, j'ai constaté que cette réduction peut dépasser très-notablement le chiffre de 25 millimètres, qui a été admis. Cependant, nous verrons plus tard, en traitant de la dystocie fœtale, que dans certain cas l'excès de volume de celle région peut être un sérieux obstacle à la parturition.
En moyenne, le diamètre bi-acromial, qui s'étend du sommet d'une è^paule à l'autre, mesure 120 millimètres. Le diamètre antéro-postérieur, stenio-dor- .vo/, 95 millimètres. Après la première inspiration, la distension des vésicules pulmonaires augmente la capacité du thorax de 25 millimètres dans les diamètres transverses et antéro-postérieur.
La région pelvienne du fœtus mesure d'une crête iliaque à l'autre 80 millimètres, entre les trochanters 90 millimètres, de la partie postérieure du sacrum à la face antérieure du pubis 55 millimètres. Ce dernier diamètre peut être presque doublé par la flexion des cuisses sur le plan antérieur du fœtus, mais il est en général facile d'obtenir la déflexion des membres lorsque cela est nécessaire pour terminer le travail.
Tête de fœtus à terme. — Elle présente dans son ensemble la forme d'un ovoïde dont la grosse extrémité est dirigée en arrière et la petite en avant. Le crâne est constitué par la réunion des os suivants, que nous énumérerons sans les décrire : 1° le frontal, divisé en deux parties chez le fœtus, forme le front et une partie de la face ; 2° les pariétaux, au nombre de deux, qui constituent par l'union de leurs bords supérieurs la plus grande portion de la voûte du crâne; 5° l'occipital, os impair situé en arrière, où il forme la région postérieure de la boite osseuse et la majeure partie de sa base ; 4° les temporaux, situés au-dessous du bord inférieur des pariétaux, qu'ils continuent pour compléter les parties latérales et former une portion de la base; 5° le sphénoïde et l'ethmoîde, qui appartiennent surtout à la base du crâne.
A la naissance, les différentes pièces osseuses que nous venons d'énumérer ne sont pas directement articulées entre elles comme on l'observe chez l'adulte et chez les nouveau-nés de la plupart des mammifères. Leur contact médiat a lieu au moyen de bandes fibreuses très-apparentes surtout -à la voûte du crâne et qui subissent plus tard l'ossification. Ces espaces portent le nom de sutures, ils sont plus développés sur les points où les angles des os tendent à s'unir, et portent là le nom de fontanelles. Cette disposition a une très- grande importance au point de vue de l'accouchement, elle permet aux os de se rapprocher, et même de chevaucher par leurs bords en contact, de manière à amener une réduction dans les diamètres .de la tète, lorsqu'il existe une disproportion entre ces diamètres et ceux de la cavité pelvienne. Nous verrons tout à l'heure dans quelle proportion cette réduction est possible. Les sutures et les fontanelles ont encore une autre utilité ; elles permettent au doigt qui les explore pendant le travail de reconnaître la position de
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la tète du fœtus et les divers mouvements qu'elle accomplit dans la cavité pelvienne sous l'influence des contractions utérines.
Toutes les sutures et les fontanelles concourent à la réductibilité de la tète fœtale, mais c'est uniquement à celles qui sont situées à la voûte du crâne que le diagnostic emprunte ses éléments. .Nous ne nous occuperons donc que de ces dernières.
1° La suture antéro-postèrieure ou sagittale s'étend de la racine du nez à l'angle supérieur de l'occipital ; elle est limitée dans sa partie antérieure par les deux portions du frontal, qu'elle divise sur la ligne médiane. Elle traverse* la grande fontanelle, passe entre les bords supérieure des pariétaux et aboutit à la fontanelle occipitale. 2° La suture lambdoïde, ainsi nommée a cause de sa ressemblance avec le A majuscule de l'alphabet grec, résulte de la bifurcation de celle que nous venons de décrire ; elle est limitée par les bords supérieurs de l'occipital, et parles postérieurs des pariétaux. ,"•* Les sutures fronto-pariétales ou transversales qui séparent le frontal des pariétaux.
Sur le point où les sutures antéro-postérieures et transversales se croisent à angle droit, il existe un espace membraneux losangique, résultant du défaut d'ossification des quatre angles osseux qui convergent sur ce point. C'est la grande fontanelle, appelée encore bregmatique, parce qu'elle correspond au bregma. Son angle antérieur, beaucoup plus allongé que le postérieur, s'étend en général jusqu'au niveau des bosses frontales. Les latéraux et surtout le postérieur se terminent d'une manière plus brusque et sont moins aigus. Il est très-important de se rappeler cette disposition lorsqu'on pratique le toucher pendant le travail. La fontanelle postérieure ou occipitale est située à l'union des sutures antéro-postérieure rt lambdoïde. Sa forme est triangulaire. Elle est très-petite lorsqu'elle existe ; le plus souvent elle manque entièrement , l'ossification des angles qui la constitue est presque complète à la naissance. De plus, pendant le travail, lorsque la tète est située dans l'excavation, l'angle supérieurde l'occipital chevauche le plus souvent sous lespariétaux et la fontanelle n'est pas perceptible lors même qu'elle existe. Cependant cette disposition est utile au diagnostic, car ce chevauchement donne un relief assez notable au bord postérieur des pariétaux, et à défaut de fontanelle la direction de la suture lambdoïde se trouve assez nettement accusée pour qu'on puisse facilement reconnaître la région qu'on explore. J'ajouterai que dans l'immense majorité des cas, lorsque la tète du fœtus est plongée dans l'excavation, la fontanelle occipitale, ou le lieu qu'elle doit occuper, est le plus accessible au toucher; si l'exploration a lieu avant la rupture des membranes, alors que la tète du fœtus n'a pas encore subi son mouvement de flexion, c'est la fontanelle bregmatique qui est la plus accessible.
Velpeau a signalé une cause d'erreur qui pouvait permettre de confondre entre elles ces deux fontanelles si différentes par leur forme et surtout leur diamètres. Il peut se faire que l'occipitale présente, comme la frontale, une .division sur la ligne médiane, qui donnerait alors à la suture occipitale uniforme quadrilatère. Cette disposition doit être assez rare, car je ne l ai jamais rencontrée chez les fœtus très-nombreux qui m'ont servi dans mes expériences sur Y aide-forceps.
Diamètres de la tête du fœitui. — Les diamètres sont des lignes droites fictives qui traversent la tète d'outre en outre. Il est important de noter ceux qui se trouvent pendant l'accouchement en rapport avec les diamètres du bassin de la mère. Il sont au nombre de sept.
Fi-. 7î>. TêTE de fœtos a tt.rve. — I, 1. F'?- — 1. 2- Diamètre orcipito-froiUal. —
Diamètre bipari< tal. — 2, t. Uilempo- 5- Occipilo-montonnier. — 5, 6. Menlo-lïuntal.
i al. — ô OiaïKlf fontanelle, fontanelle " *. ">■ Tradtèlo-bi étatique, hregiiiatnjue. — 4. Fontanelle occipitale. — 5 et fi. Suture sagittale.
I° Trois diamètres antèro-poslèrieurs : Yoccipilo-mentotmier, étendu de la protubérance occipitale à la pointe du menton, il mesure 155 millimètres ; l'octïpito-frontal, étendu de la protubérance occipitale au front ; il mesure 110 millimètres ; le sous-occipito-bregmatique, étendu du bregma au milieu de l'espace qui sépare le trou de la bosse occipitale ; il mesure 95 millimètres.
1" Deux diamètres verticaux : le trachêlo-bregmatiqne, s'étend du bregma . à la partie antérieure du trou occipital ; il mesure 95 milli ; le fronlo-mentonnier partant de la bosse coronale à la pointe du menton; il mesure HO millimètres.
5° Deux diamètres transverses: le bipariêtaly étendu d'une bosse pariétale à l'autre; — 00 millimètres; le bitemporal, limité par l'extrémité postérieure des arcades zygomatiques ; — 80 millimètres.
En circonscrivant la tète par des lignes circulaires qui passent par les extrémités des diamètres, on obtient des circonférences qu'il est tout aussi important de connaître au point de vue du travail.
La circonférence occipilo mentonnière , qui correspond au même diamètre, suit une direction horizontale, et passe par les parties latérales de la tète. Voccipito- frontale et la sous-oceipitobregmatique longent les faces internes des pariétaux. La circonférence faciale est verticale et contourne les os malaires. Les autres n'offrent aucune espèce d'importance.
La circonférence occipito-frontale mesure 55 centimètres. Les chiffres qui ont été publiés pour les autres me paraissent inexacts. Ils représentent à peu près trois fois l'étendue des diamètres, comme si la tète était ronde. On
OVOI.OGIE ET EMBRYOLOGIE
sait que sa forme est ovoïde, et que l'ovale est très-allongé dans son diamètre oceipitu-mentonnier. 11 ne peut donc exister entre les diamètres et les circonférences céphaliques les proportions qu'on trouve entre le diamètre et la circonférence d'un cercle.
Les fœtus que j'ai examinés à ce point de vue ne sont pas assez nombreux et les résultats de cette recherche sont trop peu concluants, pour que je les consigne ici. Je crois que c'est une étude complètement à faire ; elle devra porter sur un grand nombre de cas pour avoir quelque valeur.
L'importance extrême des rapports qui existent entre les diamètres de la tète du fœtus et du bassin de la mère nous engage à les résumer dans le tableau suivant.
WAMETItES PELVIENS DE \A M ERE.
M \ M ETRES DE 1. A TETE DE RKTl's .
ASTCriO-POhTÉMEm».
TB*>svtl>r».
*iTi:no-roiTtKtEriiv
TRjk1*VER»ES ET VERTICAL.
niilli.
Au (li'lroit supérieur. 1 10 Dan* l'excavation. . . 1420 Au (irtroit inférieur. 12o
mil li.
1"m ItiO
niilli.
Occipitrv-mentnunior. 1~>5 Ot-dpito-frontal. . . 110 Sous-occipito-breg-
Dlllll.
Nipariétal.. 90 Bi temporal. 80 Facial. . . 80
11 résuit»' de cette comparaison, que les diamètres de la tête du fœtus sont en général inférieurs aux diamètres pelviens de la mère, excepte l'occipitomentonnier qui mesure loî> millimètres. La progression de l'extrémité céplialiqne dans le bassin serait impossible, ni elle s'engageait par ce diamètre, ' car lors même qu'elle franchirait le détroit supérieur dans sa plus grande largeur, elle serait bientôt arrêtée par l'excavation, devenue plus étroite par la convergence de ses parois latérales. L'accouchement ne pourrait donc pas se faire dans ces conditions, si la partie engagée ne se modifiait pas dans sa situation.
.le ne veux pas entrer dans des détails qui appartiennent à l'étude des phénomènes mécaniques du travail ; je signalerai seulement ici les faits les plus importants qui forment la base essentielle de celte étude.
Le crâne présente une circonférence, lisse et solide, articulée sur la tige cervicale de manière à pouvoir exécuter des mouvements d'une certaine étendue. Cette disposition favorise le déplacement par glissement de la tôle sur l'obstacle qui se présente; le mouvement naturel qui a lieu alors est une exagération de la situation normale du fœtus, dont le menton est déjà rapproché de la poitrine avant le travail : c'est une flexion qui se produit. Établissons d'abord que rengagement par le diamètre occipilo-mentounier, infiniment raie, ne persiste jamais; c'est le diamètre occipito-frontal, qui se présente avant la rupture des membranes, il mesure 110 millimètres; l'engagement serait donc possible dans l'anneau pelvien qui en présente 112. Mais il serait encore plus favorable si la flexion s'opérait, car alors la tête se présenterait par les diamètres sous-occipilo-bregmatique, antéro-postérieur, de 95 mil-
limèlres, et par le bipariétal transverse de 90 : circonstance éminemment favorable pour que le travail ait une heureuse terminaison. Nous verrons plus tard que c'est justement ce qui se produit dans l'accouchement normal.
Il est à peine nécessaire de rappeler que les mensurations que je viens de signaler représentent seulement des moyennes qui varient selon les sujets. Indépendamment de ces variations individuelles, il existe une différence assez notable entre les deux sexes. Clarke a noté le premier en 178 '» cette particularité. .1 ai réuni dans le tableau suivant le résultat de ses recherches portant sur 1 20 observations.
DI.MKNSIUNS ADSOLl US
CO>VEUTIl> I* Hi:si:|iKo FRAIÇilxK-.
MOYENNES POUl CHAQUE CHANE
Ht Cà) CIlOKs
m: ni. le?.
de riiir-,.
Ci rcnnfi' renée occipito-
mi-tirs, inillim.
mètres.
inillim.
Iliilliin.
inillim.
Diainètre d'une oreille
à l'autre en passant
sur le l)i e<niia. . . .
La circonférence occipito-frontale des enfants mâles présente donc une augmentation, en moyenne de 1 centi. sur celle de l'autre sexe : cette différence serait seulement de 5 inillim. pour l'étendue de la voûte du crâne mesurée d'une oreille à l'autre.
Récemment Thulstrup de Christiania a obtenu des résultats identiques ;'i ceux de Clarke ; son examen a porté sur ."84 nouveau-nés.
Cette différence parait peu considérable et cependant on lui a attribué, au point de vue de l'accouchement, une grande importance.
Collins de Dublin a noté dans les statistiques de son Traité d'accouchements . (1856) la proportion des sexes dans les accouchements laborieux. Simpson trouva dans ces statistiques les éléments d'un important travail, où il démontre l'influence que le sexe de l'enfant exerce sur lesaccidents de la parturitiou, qui peuvent atteindre et la mére et le produit de la conception. N'ousauronsplus tard occasion derevenir sur ce travail, auquel j'emprunterai seulement ici quelques propositions qui se rattachent directement à ce point de la question. Sur 154 femmes mortes en couches, observées par Collins, 105 donnèrent naissance à des garçons, et 49 à des filles. Dans 401 cas où l'accouchement et ses suites se sont compliqués d'accidents de diverse nature, l'auteur compte 256 produits mâles, et 145 femelles. Sur 1121 morts- nés, il constate 61 4 garçons et 507 filles. Sur ce nombre prés de la moitié était dans un état de macération qui prouvait que la mort avait eu lieu depuis un certain temps et était étrangère au travail. Mais la proportion des sexes des fœtus macérés était précisément égale, ce qui augmente relativement d'autant le nombre des mâles qui ont pu périr pendant le travail. Ces derniers étaient au fœtus de l'autre sexe : 151 : 100. ,
t27l) OVOLOGIE ET EMBHYOI.OGIE.
Clarke avait déjà noté sur 05 morts-nés pendant le travail 50 mAlos et 15 femelles.
Ces chiffres mettent en relief un résullat assez imprévu, au moins dans de pareilles limites, et dont la gravité n'échappera à personne : la parlurition d'un fœtus mâle aecroilrait dans des proportions, relativement très-considérables, les dangers que courent la mére et l'enfant. Et la seule raison de ces dangers serait la petite différence qu'on observe dans le volume de la tète chez les deux sexes.
Je fais grand cas des statistiques, surtout lorsqu'elles se présentent sous la garantie de noms honorables; mais j'avoue que j'ai peine à attribuer de si grands effets à de si faibles causes, car il ne s'agit pas ici de bassins rétrécis, où quelques millimétrés en plus ou en moins dans le diamètre de la tète fœtale ont une grande importance. Il existe dans les conditions normales une marge assez grande entre les limites des diamètres du fœtus et ceux de la mère. Ajoutons à cela que la moyenne de Clarke repose sur des individualités variables, et qu'il est assez fréquent d'observer chez les nouveau-nés femelles une tète plus volumineuse que chez les maies. Je crois donc les conclusions de Clarke et de Simpson un peu sombres, et j'attendrai pour les adopter de nouveaux documents.
BédveciMlKé de la tétc du fœtus. — On accepte assez généralement sur ce point l'opinion de Baudelocque qui a cru pouvoir conclure de ses expériences que la compression la plus énergique au moyen du forceps, appliqué sur la tète d'un fœtus extrait des organes maternels, n'amenait pas une réduction de plus d'un centimètre, et que les diamètres verticaux ne sont point augmentés par la pression transversale. Les expériences de Baudelocque prouvent seulement que la réductibilité varie selon les sujets et le degré de résistance ou d'ossification des parois de la tète. 11 infirme lui-même dans le même chapitre (Forceps) sa conclusion principale, en citant des faits où la tète du fœtus avait acquis un diamètre vertical de 160 à 190 millimètres y compris la bosse . sanguine, tandis que le bipariétal était réduit de 68 à 74 millimètres. Il cite également une observation de Solayrès dans laquelle le diamètre trachélo-occipital mesurait 2H millimètres, tandis que le bitemporal était réduit à 08 millimètres après la naissance. Dès le lendemain les diamètres avaient repris leurs dimensions normales. On ne peut expliquer ces contradictions entre l'expérimentation et l'observation de Baudelocque, que par la manière dont il a pratiqué ses expériences. 11 est certain que la tète d'un fœtus placé sur une table et saisie par un forceps ne saurait subir des modifications semblables à celles qu'elle éprouve dans un bassin rétréci, où elle est soumise non-seulement aux pressions de l'instrument et de la paroi pelvienne qui portent sur des points opposés, mais encore à la contraction utérine.
L'affirmation de Baudelocque doit donc être oubliée, parce qu'il a pris soin lui-même d'en prouver l'inexactitude, et parce que Touret, Osiander, Velpeau*,etc, ont constaté des réductions du diamètre bipariétal de 15, 21 et 28 millimètres. Dans mes expériences sur Laide-forceps, j'en ai observé de bien plus notables encore.
En employant une force considérable qui peut être utilisée dans les expô-
EXAMEN DE l'ŒTL'S.
riences sur le cadavre, mais qui doit naturellement être proscrite de la pratique, j'ai obtenu quelquefois des réductions de 5k2, 55, 43 et même 45 millimètres sans fracturer les os du crâne. Dans ces derniers cas, non-seulement la tôle s'allongeait dans son diamètre vertical d'une manière très-évidente, mais encore la matière cérébrale s'échappait parles fosses nasales. Parfois il m'était impossible de faire franchir des rétrécissements identiques sans perforer le crâne, ou sans déterminer des fractures des os. Le degré de réduclibilité est donc, je le répète, très-variable suivant les sujets, mais il est évidemment plus grand que ne le pensait Baudelocque.
Cette question doit être envisagée encore à un autre point de vue. Il est utile de connaître approximativement le degré absolu de diminution qu'il est possible d'obtenir dans certains cas de dystocie pelvienne ; mais il serait au moins aussi utile de déterminer le degré de rôductibilité que peut subir la tête du fœtus sans que son existence soit compromise. Ce que nous avons dit plus haut permet de croire qu'on doit observer sur ce point des limites variables suivant les sujets. Il existe dans la science un certain nombre d'observations où l'on a vu des fœtus normaux franchir des rétrécissements 6 1/2 à 7 centimètres ; d'autres, dont les sujets sont venus au monde avec un enfoncement du pariétal présentant une dépression de plus d'un centimètre; mais ces faits sont exceptionnels. Des expériences, que j'ai consignées dans mon mémoire sur le Forceps et de la Version dans les rétrécissement du bassin, me permettent decroire qu'il sera possible, au moyen de la traction mécanique lente, soutenue et progressive, d'obtenir des enfants vivants, lorsque la réduction de la tête ne dépassera pas un centimètre et demi. La force qui m'a été nécessaire pour obtenir cette réduction a varié entre 45 (minimum) et 59 kil. (maximum). Cette dernière force est inférieure à celle qui est dépensée dans l'application manuelle du forceps.
Articulation de la tête avec la colonne vertébrale. — On sait que l'union de l'atlas avec l'occipital ne permet que des mouvements de flexion, et que l'articulation atloïdo-axoïdienne est un ginglyme dont les mouvements de rotation sont limités à un quart de cercle. Il serait donc dangereux d'imprimer à la tête du fœtus, lorsque le tronc est fixé, un mouvement qui dépasse celte limite. Il pourrait en résulter une luxation ou une compression de la moelle, mortelle. Cependant Dubois etRlot ont publié des faits d'où il n'est résulté pour l'enfant aucun dommage de cette rotation exagérée. Faut-il l'attribuer à la laxité de ses ligaments, ou à ce que le tronc du fœtus a suivi la direction imprimée à la tête? C'est ce qu'on ne saurait dire ; mais la prudence exige qu'on ne transgresse cette loi anatomique qu'en cas d'absolue nécessité.
Proportion de» neies dan» le» nal*»anee». — Nous ne nous arrêterons pas à discuter l'opinion des anciens et de quelques modernes qui ont voulu localiser dans le testicule ou l'ovaire, droit ou gauche, la production de chaque sexe, et qui indiquent les moyens de procréer à volonté des garçons et des filles. On sait parfaitement qu'un seul testicule et un seul ovaire renferment les éléments des différents sexes. Des observations d'ovariotomie, suivies de gestation, aussi bien que les récents travaux de Godard sur la monorchidie, le démontrent d'une manière indiscutable.
0V0L0G1E ET EMBllYOLOCJE.
Cependant, en dehors de ces vieilles hypothèses, il est une grande loi de la reproduction, que les statistiques des différents peuples de l'Europe ont mis* en lumière : c'est la prédominance des naissances môles, qui sont aux autres :: i 00 : 100. J'emprunte à Boudin la statistique la plus complète qui ait été publiée sur ce sujet :
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