‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 71 sur 183 · CU\ L · texte numérisé non relu

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Dans quelques circonstances cette prédominance a un peu fléchi, et les auteurs ont cherché à pénétrer la cause de ces oscillations.

Girou de Buzareingucs, après de nombreuses observations sur les animaux a formulé une doctrine qu'il a appliquée, avec une certaine raison, à la physiologie humaine. Cependant, je crois qu'il est bon de se méfier de ces sortes d'analogies. Chez les animaux domestiques, la fonction de reproduction s'accomplit sous la direction de l'homme, qui choisit son heure et en limite l'usage. Au moyen de la sélection, on obtient des résultats surprenants, qui vont jusqu'à transformer les espèces, jusqu'à créer à volonté des types nouveaux qu'on chercherait vainement dans le vieux catalogue des êtres. 11 faut donc se garder de h op généraliser, au point de vue de la physiologie humaine, les conséquences qui peuvent découler de la sélection, pour cette raison qu'elle ne pourra jamais être applicable à l'homme. Et certains faits pratiques chez les animaux resteront toujours, pour notre espèce, à l'état de pure théorie sans application réalisable. Cependant les laits de Girou doivent être enregistrés avec soin, car ils ont trouvé une sorte de confirmation dans les statistiques les plus récentes.

La pensée de Girou peut se résumer dans cette proposition :

Tout ce qui tend à accroître la force musculaire tant de l'homme que de la

femme contribue par ses influences sur l'organisme à la procréation du sexe

masculin.

Ainsi pour lui la procréation d'un mâle est l'expression de la vigueur fécondante ; la fatigue, la débilité, la dépression donnent naissance à un germe » plus faible : à une femelle.

Si nous traduisions sa pensée en lui donnant plus de précision, nous dirions que l'œuf entouré et pénétré par des spermatozoaires plus nombreux et plus vigoureux devient mâle.

Girou observa dans ses troupeaux que lorsque la monte était faite par de vieux béliers, la proportion des sexes était égale; les femelles étaient au contraire beaucoup plus nombreuses, lorsque les brebis étaient couvertes par de jeunes béliers moins vigoureux. Appliquant cette donnée à l'espèce humaine, mais naturellement obligé de rechercher dans des causes générales les oscillations qui parfois se manifestent dans la prédominance des mâles, il examine les relevés des naissances pendant une période de trente années : mais les preuves qu'il en tire à l'appui de ses idées sont loin d'être satisfaisantes. 11 fait jouer dans les naissances femelles un grand rôle aux excès erotiques des premiers temps du mariage. Il signale les années d'abondance et de prospérité comme déterminant un résultat analogue par l'intempérance et la mollesse qui en résultent. Les années de misère où de grands efforts de travaux sont nécessaires pour suppléer aux ressources moins grandes augmenteraient au contraire la proportion des mâles. Ce sont là, comme on le voit, de simples assertions trop discutables pour qu'on en tienne grand compte.

Emerson de Philadelphie en d 8 49, avec des idées analogues à celles de Girou sur les causes qui déterminent l'augmentation du nombre des nouveaunés féminins, reprit la question au môme point de vue et fournit à l'appui de sa manière de voir des documents un peu moins vagues, mais qui sont cependant loin encore d'avoir la valeur d'une preuve sans réplique.

Cet auteur a noté que les conceptions qui ont eu lieu pendant la première épidémie du choléra à Philadelphie ont produit des naissances dans lesquelles la prédominance des mâles était tombée de 7 pour 100 (état normal) à \ pour 100 jusqu'à la cessation de l'influence èpidémique. Il attribue le même résultat à la grande crise financière qui a bouleversé l'Amérique en 1857 et en 18.">8. La perturbation profonde qui a pesé sur toutes les classes de la société aurait eu une action manifeste sur la proportion des sexes, et la prédominance des mâles aurait également subi nue diminution très-notable. Il m'est difficile de dire jusqu'à quel point les affirmations d'Emerson sont exactes en ee qui concerne l'Amérique ; mais je dois noter que lorsqu'il veut étendre ses recherches dans cette voie sur les résultats du choléra de notre continent, il commet des erreurs en ce qui concerne l'épidémie à Paris.

En résumé, les recherches considérables de Girou et d'Emerson n'ont point suffi pour éclairer la question. Les causes de dépression qui agissent d'une manière générale sur toute une contrée ont des effets si complexes, qu'il est fort difficile de déterminer d'une manière exacte le rapport réel qui peut exister entre ces causes et certaines perturbations physiologiques qui se produisent «n môme temps.

Boudin a voulu trouver la cause déterminante des sexes dans l'âge relatif des parents. Pour lui la prédominance des mâles se montre lorsque le père es

OYOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.

plus âgé que la mère, et il appuie son opinion sur le résultat suivant de ses recherches personnelles :

SOMBRE DE GiRÇOSS POVK LOIN» ril I TS.

Père plus jeune quo la mère 910

Parents du même âge 945

Père plus âijé que la mère 1 ,092

La statistique générale de la France fournit un résultat analogue à celui de Boudin ; pour 5*2,31 i enfants nés à Paris de J85i à 1855, on trouve:

NOMBRE PE GAI1ÇONS WIR 1,000 Fil I l>.

Père plus jeune que la mère 97:»

Parents du même âge 1,021

Père plus âge" que la mère 1,014

Enfin les recherches de Hofacker de Tuhinge, Sadler de Londres, Gœhlert de Vienne, et Boulanger de Calais, confirment celles de Boudin. Or comme en général dans les mariages le père est plus âgé que la mère, on peut admettre comme réel que la prédominance notable des enfants maies tient a cette cause.

Au point de vue de la pratique on ne peut attacher aucune importance aux causes déterminantes des sexes; et si les études générales ont jeté quelques lumières sur ce sujet, on voit que les différences sont trop faibles et les exceptions trop nombreuses, pour qu'on puisse utiliser ces données pour les cas particuliers.

Thury de Genève crut, dans ces derniers temps, avoir trouvé la loi générale de la production des sexes. 11 dit, dans vingt-neuf expériences exécutées sur des vaches, avoir déterminé à volonté la naissance d'un mâle ou d'une femelle. L'auteur suppose que l'œuf passe avant la fécondation par deux périodes distinctes ; dans la première il serait mâle, et femelle dans la seconde. Il suffirait, selon lui, de régler l'accouplement de manière que la fécondation ait lieu, dans la première ou la seconde de ces périodes, selon le sexe qu'on veut obtenir. Coste a combattu ces idées, non-seulement théoriquement au moyen des données qui semblent acquises sur le rut et la menstruation, mais encore au moyen de l'expérimentation. On sait que chez les ovipares la fécondation peut s'accomplir avant la maturité de l'œuf, et qu'une seule copulation en imprègne un certain nombre à des périodes diverses de développement. Coste et Gerbe ont soumis une poule à un seul rapprochement, à la suite duquel 14 œufs ont été pondus en 20 jours. Si la loi de Thury était exacte, les premiers pondus, c'est-à-dire ceux dont la maturité avait été plus précoce, auraient donné naissance à des mâles, et les autres à des femelles; or les sexes se sont trouvés alternés sans ordre dans cette expérience et dans une autre semblable exécutée sur la même poule. Les résultats ont été les mêmes sur des mammifères â gestation plurifœlale. Des lapines ont été couvertes dans les conditions les plus propres â vérifier la réalité des idées de Thury. On les a sacrifiées 28 jours après la copulation, et les fœtus trouvés dans les cornes utérines présentaient des alternances sexuelles qui ne permettent pas d'admettre que l'état plus ou moins avancé de maturité de l'œuf soit la cause déterminante de la production des sexes. Cependant comme les expériences de Thury ne portent que sur des mammifères à gestation umfœtale,

Coste réserve sur ce point la question, jusqu'à ce que des expériences pratiquées dans ces conditions, et qu'il n'a pas encore publiées, la jugent définitivement.

Proportion de la mortalité dan* le* »exe» pendant la première année de la naiwaanee. — Nous avons noté tout à l'heure que la proportion des naissances mâles fournissait un excédant d'environ 5 pour 100 sur celle de l'autre sexe. Nous allons voir maintenant que les lois générales qui président aux naissances régissent également la mortalité.

Bertillon, dans son étude statistique sur les nouveau-nés, embrassant la période décennale de 18i0à 18-49, a fait connaître l'état général de leur mortalité, et en prenant la moyenne des variations assez grandes que présentent les différents départements, il a constaté qu'au bout d'une année d'existence, sur 1,000 enfants, on ne trouvait plus que 840 survivants. Sur 1,000 filles, il en reste encore 858 à la première année ; sur le même nombre de garçons, 828 seulement. Il est donc mort 112 filles et 172 garçons, c'est-à-dire un excédant de 50 pour le sexe maculin, soit environ 20 pour 100 dans la proportion des décès. Suivant l'auteur, cette loi s'est vérifiée en Suéde, en Angleterre, xmi Belgique, en Prusse, en Bavière et en Piémont, non-seulement pour notre époque, mais encore pour le dernier siècle.

Simpson, dans son Mémoire sur le sexe de l 'enfant comme cause dedystocie, a construit, d'après les statistiques du Hegister gênerai d'Angleterre, pour 1811, un tableau qui indique la proportion relative des morts dans les deux sexes et leur classement par mois.

Nous prendrons seulement les résultats définitils de ce tableau.

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0 à 1 mois r.7 p. 100

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9 à 12 mois 5 »

1 à 2 ans 0 »

2 à 5 ans 1 »

La moyenne générale serait 11 pour 100, chiffre inférieur à celui noté par Bertillon. Il est très-remarquable que la proportion qui présente un excédant considérable pour les premiers mois diminue progressivement pour tomber à 0 à la fin de la première année.

L'auteur attribue la mortalité plus grande des garçons, dans les premiers mois de la vie, aux lésions que leur tète plus volumineuse subit pendant le travail. Celte opinion me parait difficile à admettre, et l'on ne saurait étendre aussi loin les conséquences de lésions heureusement plus rares que ne semble le croire l'auteur.

Les différentes statistiques que j'ai examinées dans ce chapitre mettent pour moi en lumière un fait intéressant et qui mérite de fixer l'attention des statisticiens. On voit d'abord les naissances masculines fournir sur les autres un excédant d'environ 6 pour 100; puis bientôt la mortalité frappe sur les garçons de manière à diminuer de moitié environ la disproportion qui existe entre les sexes. Je disde moitié, car le chiffre 20 pour 1 OU, moyenne qu'on peut prendre pour les résultats de Bertillon, ne s'applique qu'à la différence entre les morts. (I ne serait plus que de 3 pour 100, si on l'appliquait au total des survivants.

l282 0V0L0G1E ET EMBRYOLOGIE.

iTTITl'DE l»U FŒTUS BANS L'UTERUS.

Vers une époque rapprochée du terme, le fœtus perd en partie sa mobilité. Le tronc est incliné sur son plan antérieur ; la tête fléchie sur la poitrine ; les bras sont appliqués sur les côtés du thorax ; les avant-bras croisés sur le devant de la poitrine ; les genoux sont écartés ; les jambes fléchies sur les cuisses; les cuisses appliquées sur le devant de l'abdomen, et les lalons croisés et rapprochés des ischions.

Dans cette situation, le fœtus, pelotonné sur lui-même, occupe le moins de place possible ; il présente une figure ovoïde dont le grand diamètre est d'environ 28 centimètres et dont les deux extrémités seules sont bien disposées pour franchir sans obstacle la filière pelvienne.

H*. Si. - Snoims m mr» m» 1/wt.w. Ordinairement c'est l'extré-

mité céphalique qui occupe la partie la plus déclive de la matrice. La situation que nous venons de décrire n'est pas toujours absolument la même ; il peut se faire que la tête soit défléclue ; les membres supérieurs peuvent être relevés sur les côtés ou le devant de la tête, ou abaissés le long du tronc. Les jambes peuvent être égalementappliquées sur le plan antérieur «lu fœtus et se trouver dans un état d'extension relativement aux cuisses. Le mouvement du pelotonnemenl est beaucoup moins prononcé dans les premiers mois de la gestation, le liquide amniotique est proportionnellement beaucoup plus abondant. Je ne connais que quatre faits d'incurvation du fœtus sur son plan postérieur; ils sont relatifs à des fœtus anormaux, et celte disposition coïncide avec des vices de conformation. J'en ai publié deux cas, l'un de Cbaussier, l'autre de Monlault, dans ma Thèse d'agrégation; le troisième est dans le musée delà Clinique; le quatrième a été présenté à l'Académie de médecine, en 185*, par V cl peau.

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