‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 75 sur 183 · NUTRITION · texte numérisé non relu

NUTRITION

la plus grande analogie par ses caractères physiques et chimiques avec le contenu du canal alimentaire de l'adulte.

Il n'y a rien de surprenant a ce que Lee ait trouvé de l'albumine (dont il ne détermine pas la quantité) dans le contenu de l'intestin, puisqu'on en trouvé dans la plupart des liquides de l'économie et que la partie essentielle du suc pancréatique est une substance analogue aux matières albuminoïdes. Cependant ce n'est pas une raison suffisante pour créer, sans autre preuve et sans nécessité, une fonction spéciale et nouvelle au foie. 11 faut y mettre beaucoup de complaisance, pour trouver quelque identité entre le méconium du fœtus et les matières fécales de l'adulte, dans lesquelles on retrouve, en abondance, les résidus si variés de l'alimentation qui n'ont pu être digérés et absorbés. La théorie de Lee ne soutient pas l'examen et nous allons voir, en parlant du méconium, que les recherches récentes sur ce sujet l'infirment complètement. Le peu de documents que nous possédons sur la digestion fœtale expliquent comment il se fait que les idées de Lee aient été si souvent reproduites par les auteurs. Il est seulement regrettable qu'on ne les ait pas examinées avant de les accepter comme un fait démontré.

Fonction glycogénique. — Elle remplit un rôle d'une haute importance dans les phénomènes de nutrition du fœtus. Elle apparaît dès les premiers temps de la vie embryonnaire. En décrivant le placenta, nous avons signalé sa localisation dans cet organe avant le développement du foie. Mais ce n'est là qu'une des nombreuses sources qui produisent le glycose. Les surfaces limitantes telles que la peau et les muqueuses peuvent contenir de la matière glycogénique sous diverses formes. Elle se trouve à l'état d'infiltration dans le tissu même de la peau ou dans les cellules épidermiques qui la recouvrent. Chez les animaux on en rencontre également dans les dépendances cornées de cette membrane, griffes, sabots, cornes; elle persiste sur ces points plus longtemps que dans l'enveloppe cutanée, et on'peut constater sa présence au moyen du microscope et des réactions chimiques. Chez le veau elle disparait de la surface de la peau vers le quatrième mois de la gestation.

Dans les muqueuses des embryons du veau on trouve les cellules glycogéniques répandues depuis la surface de la bouche et de la langue jusqu'à l'extrémité inférieure du tube intestinal , mais on n'en trouve jamais sur les glandes de l'intestin. Leur existence est temporaire sur ces différents points ; au bout d'un certain temps elles disparaissent d'abord de la bouche, puis peu à peu vers les parties centrales. La matière glycogène se montre également sur les muqueuses des voies respiratoires et génilo-urinaires. Les systèmes osseux et nerveux en sont complètement dépourvus. Dans les muscles, lorsque la fibre apparaît sous formes de tubes, on voit dans leur intérieur des noyaux ou une substance grenue qui est de la matière glycogène ; à mesure que la fibre se développe, cette matière diminue, mais elle reste à l'état d'infiltration pendant toute la durée de la vie intra-utérine. Au moment de la naissance, elle disparaît très-rapidement sous l'influence de la respiration. Mac-Donnel conteste que la rcspiralion ait aucune influence sur la disposition de la matière glycogénique des tissus fœtaux.

Aussitôt que le foie a atteint chez le fœtus son développement histologique,

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c'est-à-dire vers la moitié de la gestation, en même temps qu'il commence à fonctionner comme organe biliaire, il devient le centre de production de la matière glycogénique ; avant cette époque il n'en présentait aucune trace. Alors les appareils temporaires qu'on rencontrait dans le placenta, la peau et les muqueuses, disparaissent progressivement; la muqueuse de l'estomac et de l'intestin grêle en présentent les dernières traces. Cependant le système musculaire fait, comme nous l'avons dit, une exception sous ce rapport et la matière glycogénique y persiste à l'état d'infiltration dans la substance de la fibre.

La quantité de glycosc produite n'est pas la même à toutes les époques du développement fœtal. Lorsqu'elle est localisée dans le foie on peut mesurer la quantité sécrétée; Stokvis en a trouvé 0,54 pour 100 dans cette glande chez un fœtus de six mois et demi, et 5, i2 pour 400 chez un fœtus à terme. Il existe donc un rapport entre la quantité de glycose produite et le développement du nouvel être.

Bien qu'il soit impossible, dans l'état actuel de la science, de déterminer d'une manière exacte le rôle que joue la glycogénie dans l'organisme, il est évident qu'elle fait partie du groupe des fonctions plastiques et qu'elle est aussi indispensable chez le fœtus que chez l'adulte; la multiplicité de ses sources dans les premiers temps de la vie fœtale est une preuve indubitable de son importance.

Rouget nomme zoaniylinc (substance amylacée amorphe) ce que Cl. Bernard appelle matière glycogénique : c'est une simple question de mots. Il l'a trouvée dans les tissus où nous l'avons signalée, et, de plus, dans les cartilages d'ossification où elle semble contenue dans les cellules du cartilage. Il conteste l'analogie fonctionnelle que Cl. Bernard a voulu établir entre les cellules glycogéniques répandues dans le placenta et les autres tissus, et la production de la glycose par le foie. Il considère le suc produit par les cellules transitoires comme le résultat de la désassimilation de la zoaiuylinc. Je crois cette interprétation un peu prématurée, et je me rangerais plus volontiers à l'opinion de Cl. Bernard qui se contente de constater simplement les faits que la physiologie n'est point encore en mesure d'expliquer.

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