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SIGNES CERTAINS DE I.A GROSSESSE

, Les signes certains de la grossesse nous sont fournis par le fœtus lui-même. Us comprennent :

1° Les mouvements passifs, qu'on communique artificiellement au nouvel être. Ils donnent simplement la notion de sa présence.

2° Les mouvements actifs ou spontanés du fœtus, qui permettent d'affirmer sa présence et sa vitalité.

3° Les mouvements du cœur qui permettent, dans certaines circonstances, de reconnaître non-seulement la présence et la vitalité du fœtus, mais encore l'état d'intégrité ou de souffrance de sa circulation.

Mouvement* pamlf», ballottement. — Smellic* me parait être le premier auteur qui ait signalé le ballottement; je n'en ai trouvé aucune mention dans les écrivains qui l'ont précédé, et beaucoup de ceux qui l'ont suivi n'ont pas noté ce phénomène dont ils ont méconnu l'importance. Voici en quels termes il en parle : « Au septième mois, on sent souvent la tête de l'enfant posée sur la partie inférieure de la matrice, entre son orifice interne et le pubis, et si on la repousse vers le fond, elle se précipite de nouveau par son proprepoids. ><

La manifestation de ce signe repose sur la différence de densité qui existe entre le fœtus et le liquide amniotique : Supposons un corps solide et mobile immergé dans un liquide moins lourd que lui et contenu dans une enveloppe à parois souples. En vertu de sa pesanteur le corps reposera sur la partie la plus déclive de la surface enveloppante. Si on la percute sur ce point au moyen d'un léger choc, la secousse sera transmise au corps mobile qui subit immédiatement un mouvement d'ascension, d'une énergie proportionnelle à la force déployée ; puis, sollicité par son poids, il retombera sur

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le point qu'il occupait d'abord, en imprimant lui-même un choc à cette surface. C'est la perception de ce choc en retour qui constitue le ballottement.

L'embryon est mobile dans la cavité utérine à une époque rapprochée de la conception, etil est certain que les ébranlements directs communiqués à l'utérus doivent lui imprimer des mouvements passifs ; mais son volume est trop faible et son poids trop minime pour qu'on puisse les percevoir à travers la paroi utérine. Ce n'est que vers le milieu du quatrième mois, et lorsque le fœtus a acquis déjà un certain développement que le choc en retour est perçu par le doigt explorateur.

P. Dubois pense que le plus souvent la sensation du ballottement n'est pas fournie par le déplacement en toUlitè $u fœtus, mais par un mouvement de flexion de la tête, momentanément mobilisée, et qui reprend assez brusquement la place qu'elle occupait. C'est en effet surtout dans la présentation du sommet que cette sensation est perceptible, et on comprend qu'elle soit plus nettement accusée, que le choc en retour soit mieux appréciable de cette manière, que lorsque le fœtus, déplacé en totalité, retombe doucement sur le segment inférieur de l'utérus.

On peut rechercher le ballottement, la femme étant debout ou dans le décubitus horizontal.

Dans le premier cas, on la place le dos appuyé sur un plan résistant, et on introduit l'indicateur et le médius de la main droite dans le vagin, de manière à ce que la face palmaire de la dernière phalange du médius dépasse en arrière la base du col et repose sur le segment inférieur de l'utérus. On prendra préalablement quelques précautions, qu'on ne doit pas négliger lorsqu'on pratique le toucher et que nous signalerons en traitant de ce mode d'exploration. La main gauche, appliquée sur l'abdomen, immobilisera l'utérus, dont le grand diamètre sera limité en haut et en bas par les deux mains qui doivent agir de concert. On a dit que celle qui s'applique sur le fond de l'organe peut percevoir un choc, que le fœtus, brusquement déplacé, imprime à sa paroi supérieure. L'épaisseur des parties est trop considérable, et la sensation qu'on pourrait ressentir trop faible pour qu'elle puisse traverser un pareil obstacle. I/C rôle de celte main est simplement d'empêcher un déplacement de l'organe, qui gênerait la production du phénomène ; il ne faut donc pas égarer son attention sur un point où il ne peut se produire.

Ces conditions remplies, on imprime un brusque mouvement de flexion a la dernière phalange du médius, le fœtus déplacé par ce choc, subit un mouvement d'ascension, puis, au bout d'un temps très-court, retombe à son point de départ et le doigt resté appliqué sur l'organe qu'il déprime légèrement, perçoit le choc en retour. La sensation peut être extrêmement faible, il faut alors réitérer plusieurs fois la manœuvre pour èlre certain qu'on n'est pas la dupe d'une illusion. Si le médius, gêné dans sa flexion, n'a pu donner une impulsion suffisante, on imprimera à la main un léger mouvement de totalité qui sera plus actif, et le résultat plus sensible. Car le choc en retour est d'autant mieux perçu que le déplacement du fœtus est plus notable.

On a conseillé d'agir directement sur le col pour déterminer le ballottement. A cette époqii" le col est déjà ramolli dans une partie de son étendue

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