‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 98 sur 183 · SIGNES CERTAINS · texte numérisé non relu

SIGNES CERTAINS

donne un historique détaillé do la plupart des travaux parus jusqu'à crlle époque. Malgré des longueurs et des répétitions qui en rendent la lecture pénible, c'est un assez bon ouvrage qu'on pourra consulter avec fruit; et si l'auteur n'a rien ajouté à cette découverte , il a eu au inoins le mérite de ne rien omettre de ce qui s'y rapporte.

Je n'insiste pas davantage sur l'auscultation qui sera étudiée tout à l'heure, en traitant des procédés d'exploration, qui éclairent le diagnostic.

Les battements du cœur du fœtus, sont en général perçus vers la fin du quatrième mois, et souvent seulement dans le courant du cinquième. Depaul croit les avoir entendus deux fois chez des femmes, dont la grossesse remontait seulement à trois mois etdemi. Il cite même le fait beaucoup plus extraordinaire encore d'une dame qui lui a présenté ce phénomène à la fin de la onzième semaine, c'est-à-dire une semaine avant le troisième mois. Jl suffit d'examiner un embryon de cet âge pour comprendre que ce fait est impossible, et que l'auteur a été victime d'une erreur ou d'une illusion.

Quelques circonstances peuvent retarder la manifestation des bruits du cœur, (liiez les femmes grasses, l'épaisseur de la paroi abdominale est un obstacle assez important dans les premiers temps. 11 en est de même des positions du fœtus, c'est par sa région dorsale que les bruits sont transmis; lorsque son plan postérieur regarde en arrière, la transmission est plus difficile, et les bruits beaucoup moins intenses. La distension considérablcde l'œuf par le liquide amniotique, l'interposition d'une anse intestinale, les borborygmes, peuvent également empêcher la perception de ces pulsations.

Les battements du cœur du fœtus ont été comparés avec assez d'exactitude, par Kcrgaradec, au tic-tac d'une montre enveloppée d'un linge ; ils forment deux bruits séparés, par un intervalle extrêmement court. Le premier est plus vibrant que le second, qui parfois s'entend à peine ; cependant il est à peu près constamment perceptible. Churehill-Fleetwood prétend, au contraire, que c'est le second bruit qui est le plus fort; cette opinion est inexacte. La double pulsation est un caractère important, qui empêche de confondre les battements du cœur avec aucun des bruits qui peuvent se produire dans le voisinage.

Il existe une différence très-grande, et qu'on utilise au point de vue du diagnostic entre la fréquence des pulsations du cœur de la mère de celles du fœtus. Tandis que le cœur de la première bat environ soixante-cinq fois par minute, celui du second, bat de cent vingt à cent cinquante fois dans le même espace de temps. Cette différence permet de s'assurer, en touchant le pouls de la mère, que les bruits qui frappent l'oreille ne viennent point de sa circulation, car le défaut d'isochronisme est un point facile à vérifier de cette manière.

La fréquence des battements du cœur chez le fœtus semble ne point varier depuis le moment où on commence à les constater jusqu'à la naissance. C'est l'opinion de tous les accoucheurs qui ont écrit sur l'auscultation fœtale. Bouillaud, Barthe et Roger, sont d'un autre avis, et ils croient que la fréquence est moindre à mesure qu'on se rapproche du terme. 11 est maintenant démontré que cette dernière opinion est inexacte. C'est seulement au moment

ghossesse.

de la naissance que ce phénomène se produit. Quelques circonstances modifient passagèrement le rhythme des mouvements du cœur chez le fœtus; on a remarqué qu'après qu'il s'est agité avec un peu d'énergie, les pulsations sont momentanément plus fréquentes. Pendant le travail, mais seulement après la rupture des membranes, lorsque la contraction commence, on note un peu d'accélération dans les mouvements cardiaques ; quand la contraction atteint son summum d'intensité, un phénomène inverse se manifeste, les pulsations se ralentissent, et enfin, le rhythme normal reparait aussitôt que l'utérus perd sa tension. Ces modifications sont probablement dues à la compression momentanée du placenta.

Parfois cependant les pulsations du fœtus qui oscillent entre un minimum de 120 et un maximum de K>0, s'élèvent au-dessus ou tombent au-dessous de ces limites d'une manière permanente. Ces conditions doivent inspirer des craintes pour la santé du fœtus, surtout si à une époque antérieure on a constaté un état très-différent. Il en est de même de l'irrégularité qu'on observe pendant le travail , lorsqu'elle coïncide avec un ralentissement très-notable et la disparition du second bruit.

Cette indication, formulée d'abord parBodson, est extrêmement importante à noter. Dans les cas où la circulation fœtale se trouble sous l'influence de la pression énergique et immédiate de l'utérus, prolongée pendant plusieurs heures après l'écoulement complet du liquide amniotique, il faut intervenir sans retard et extraire l'enfanl, sans cela il ne tarderait pas à succomber.

Les causes qui influent sur la circulation maternelle semblent être sans action sur celle du fœtus. Ilohl a multiplié sur ce point les expériences, il a remarqué que les émotions ou la fatigue passagère qui augmentent de 20 ou 30 pulsations par minute les battements du cœur de la mère, n'avaient aucun retentissement sur le fœtus. On constatait que le rhythme de sa circulation n'en était point modifié.

Hohl, qui eut occasion de noter la persistance des règles chez deux femmes enceintes, jusqu'au cinquième mois pour l'une et jusqu'au septième pour l'autre, n'a point observé que ces anomalies eussent une action sur la circulation fœtale, bien que pendant les règles l'accélération du pouls fût beaucoup plus marquée chez ces femmes.

Kennedy prétend que les saignées ont une action différente, et il dit avoir remarqué que sous leur influence les contractions du cœur de l'enfant diminuaient rapidement dans une proportion notable.

Frankenhauser croit avoir constaté que les contractions du cœur sont en moyenne moins fréquentes chez les fœtus mâles que chez ceux de l'autre sexe. Il a pu, dit-il, prédire dans cinquante cas le sexe du nouveau-né, trois mois avant l'accouchement. Les cinquante naissances ont donné 22 garçons et 28 filles. Les pulsations étaient en moyenne de 124 pour les premiers et de 144 pour les filles.

L'auleur recommande de pratiquer l'auscultation à plusieurs reprises avant le travail, car les contractions utérines lui ont paru apporter un trouble assez grand à la circulation, pour qu'à ce moment on ne puisse pronostiquer avec autant de certitude.

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