PROCÉDÉS D'EXPLORATION
Devilliers a contrôlé les assertions de Frankenliauser dans nue cinquantaine de cas, et il a trouve une moyenne de iôii pulsations pour les garçons et de 138 pour les filles. Ces différences sont beaucoup moins tranchées que celles signalées par l'auteur allemand. Il est facile de comprendre que des moyennes aussi rapprochées doivent souvent donner des chiffres communs aux deux sexes ; aussi Devilliers s'est-il plusieurs fois trompé dans sou pronostic. Ce dernier auteur attribue la différence dans le nombre des battements au volume du fœtus indépendamment de son sexe. Ceux qui sont forts et volumineux auraient des pulsations moins fréquentes que les autres. Comme, en général, les filles ont un volume moindre que les garçons, il en résulterait une diminution de fréquence assez notable.
De nouvelles recherches sont nécessaires pour que cette question soit réso-r lue ; jusque-là je crois qu'il ne serait pas prudent de s'exposer à formuler devant la famille un pronostic que l'événement pourrait fort bien démentir ; et, pour mon compte, j'ai pu constater que l'événement donnait à la théorie de Frankenliauser d'assez fréquents démentis.
L'intensité des battements du cœur du fœtus augmente, en général, progressivement depuis le moment où on les perçoit, jusqu'au terme de la gestation. Il existe sur ce point des variations individuelles, qui tiennent à la vigueur du sujet, et d'un autre côté, on doit noter les conditions passagères ou permanentes qui peuvent masquer l'intensité des bruits, telles que l'embonpoint de la mère, la position du fœtus, etc. Dubois a signalé que dans certains cas, la contraction cardiaque du fœtus prenait une résonnauce particulière analogue au tintement métallique. Cazeaux croit avoir remarqué que cette nuance coïncidait avec une augmentation du liquide amniotique. Pendant la contraction utérine , après la rupture des membranes , l'intensité du bruit cardiaque diminue momentanément en même temps que sa fréquence, mais d'une manière générale, et enMehors de la contraction ; il devient plus osnore, après que le liquide amniotique s'est écoulé.
Lorsqu'il existe deux fœtus dans la cavité utérine, le double battement qui •;aractérise la contraction du cœur ne s'entend plus seulement sur un seul point comme dans les grossesses simples, mais sur deux points différents qui correspondent à la région du cœur de chacun des produits de la conception. Cependant, parfois, les battements ne s'entendent que sur un seul point, bien qu'il existe deux fœtus. Dans ces conditions, l'un des deux a succombé ou sa légion thoracique se trouve masquée par le corps de l'autre, qui intercepte les battements.
En résumé, le double bruit qui résulte de la contraction du cœur fœtal est le signe le plus certain de la grossesse, et on l'entend presque sans exception pendant les trois derniers mois de la gestation, à moins que le nouvel être n'ait succombé. (Voir Auscultation.)