I. — Alcool
A) Force de l'alcool. — Pour déterminer la force des eaux-de-vie, on se sert de Talcoomètre. Cet instrument s'enfonce plus profondément dans les eaux-de-vie fortes que dans les eaux-de-vie faibles, car la densité de Talcooi est moindre que celle de Teau ; il prend donc une position variable suivant la force de Teau-de-vie. En outre, cette position varie égale-
772 CRAPITRB XXVIII
ment avec la température. Toutes les déterminations à Falcooinètre devront donc être accompagnées de la mesure de la température. Dans ce but, l'alcoomètre est réuni à un thermomètre et l'ensemble consfîtae le thermo-alcoomètre. La force de l'alcool peut être exprimée en volume pour 100 (deg'rés volu métriques) ou en poids pour loo (degrés pondéraux)
Les degrés volumétriques indiquent le rapport entre le volume d'alcool contenu dans une eau-de-vic et le volume de cette eau-de-vie.
Les données centésimales de l'alcoomètre se rapportent à une certaine température dite température normale. Cette température normale est, on Allemagne, de i5^5C. pour les degrés volumétriques et de i5* C. pour les deg'rés pondéraux. La forc-e lue sur l'alcoomètre, à la température normale, est la force vraie ou réelle; les indications lues à d*autres temperatures constituent les forces apparentes à ces températures.
[L'alcoomètre allemand * a été longtemps l'alcoomètre volu métrique de Trallbs : il a été remplacé par celui de Richter qui donne le résultat en poids et ceux qui, par habitude, se servent encore de l'ancien alcoomètre sont obligés de passer des richesses en volumes aux richesses en poids au moyen de la table de la page 777].
Depuis le i^^ juillet 188g, l'alcoomètre pondéral est exclusivement employé en Allemagne : température normale i5* C.« poids spécifique de l'alcool absolu o,79ij25. Mais, pour essaj'er l'alcool avec le thermo-alcoomètre, il faut une quantité de liquide plus grande que celle qu'on a quelquefois à sa disposition. On détermine alors la densité par la méthode du flacon et on en déduira la teneur en alcool au moyen de la table des poids spécifiques des mélanges d'alcool et d'eau, table calculée par le D' Karl Windisii d'après les nombres adoptés par la commission impériale (Voir les tableaux suivants pour plus de détails).
[Les prototypes étalons allemands pondéraux se composent de six alcoomètres, divisés en dixièmes de degrés, permettant une approximamation à un millième près.
En France, l'alcoomètre centésimal de Gày-Lussac a été adopté, à titre officiel, par la loi du 24 juin 1824*, les travaux de Gay-Lussac, étudiés et vérifiés par les savants du monde entier, ont fait adopter son alcooniètre dans un grand nombre de pays étrangers. En 1881, cet alcoomètre a été remplacé par l'alcoomètre légal rendu obligatoire pour les déclarations fiscales et dans les transactions commerciales par la loi du 27 décembre i884« Le Journal officiel de cette date publie bien une table indiquant les densités des mélanges d*eau et d'alcool de o à 100*, mais comme elles diffèrent assez sensiblement de celles qui avaient été calculées par Gat- Lussac, sans qu'on ait jamais rien publié à ce sujet, nous donnons plus loin la table de correspondance des deux graduations.
* Aichordnung far des Deutsche Reich du tj décembre 1884. Mertwerkseuge nr, bestimmung des Stn'rkegrades Weingeistiger Flnssigkeiten. Âlkohometer und Thermomêler, page 5o» ( C9.
u BT LEVURE PHBSSBB
L'échelle centésimale de l'alcoomètre léga\ français est subdivisée en trois instruments respectivement de o à 35, 35 à 70 et 'jo à 100° ; elle est également fractionnée en 5 alcoomètres de o â ao, ao à 4o, 4o à 60, 60 à 8q, 80 à 100' {6g. 377). Chaque de^réesl divisé en i/5; enfin, pour les essais extrêmement précis, on construit des instruments très sensibles ne por-
Fig. S77. -
e \ig,] (Tro
islrumenli).
tant que to" subdivisés en 1/10' de de^rè, l'échelle totale des 10 alcoomètres dépasse alors i mètre de lonj^ueur.
L'alcoomètre Xègal porte, gravés sur sa carène, le nom du constructeur, un numéi-o d'ordre, le poids en mUlijframmes et, sur sa tige, des repères gravés destinés às'assurersi l'échelle n'a pas ètédéplacée, soit accidentel-
Poids de l'alcoomèlre
Les jellrca A, B, C, D, etc.
indiqucnl les mois
Janvier, Février, etc. — Aanit
lement, soit iotentionnellement. Les agents vérificateurs inscrivent également, sur la carène, le signe de la bonne foi « deux mains enlacées », le mois désigné par une dos premières lettres de l'alphabet et l'année déterminée par les deux derniers chiffres du millésime (fig. 378. Les thermomètres, qui accompagnent l'alcoamèlre, sont également contrAlés par l'Etat; comme pour l'alcoomètre, la graduation entre les degrés ne doit pas être inférieure à 3 millimètres.
774 caiPiTiB uiTiii
L'alcoomètre légal i884i tel que celui de Gat-Ldbsâc, donne, en litre par hectolitre, et A la température de i5*, la richesse en alcool do liquide dans lequel il est ploo^. La graduation est centésimale ; le zéro correspond à l'eau distillée et le point too à l'alcool absolu pris i la même température (densité 794i33; Gat-Lussac avait trouvé 794.70).
L'instrument est gradué et étalonné à la température de +i5; afin de pouvoir opérera des températures différentes, Gat-Lossac a calculé des tables qui sont restées les mêmes pour l'emploi de l'alcoomètre de 1884 et qui permettent de faire de suite, sans calculs, les corrections de température indispensables pour obtenir des résultats exacts concordants à ce qu'ils seraient réellement si la température du liquide était ramenée â 10'. Il suffit doue de prendre avec un thermomètre la lempérature du liquide en même temps que son degré-alcool avec l'alcoomètre et de reporter les deux indications sur la table (voir page Gat-Lussac n'a calculé sa table que de de^ré en degré, Ddjardin l'a calculé par i/io* de degré de o  3o; il a également établi pour l'essai des eauxde-vie et des alcools d'industrie une règle calculée aussi par dixièmes, qui évite l'emploi des tables et Fie a-o '^"'^ '" sensibilité des lectures plus grandes en évi-
Echelle ilcoomi- tant tont calcul à l'opérateur lorsqu'il a à apprécier iriquc. ^^g fractiops de degré par interpolation (fig. 379) '.
On a vu que l'alcoométrie légale en France était uolamétrîgue ; on peut en transformer les indications en richesses pondérales d'alcool par hectolitre, en utilisant la table publiée par M. Blokdsau dan^ le Bulletin de l'association des chimistes de sucrerie et de distillerie. de septembre 1908 (n* 3, tome XXVI). Celte table évite ainsi la construction de deux alcoomètres et permet ainsi de donner satisfaction à ceux qui, dans les opérations commerciales, préfèrent avoir recours k l'alcoométrie pondérale.
Méthode officielle française de détermination da litre alcoolique^. — • On délerinine le titre alcoolique apparent en notant les indications données par le thermomètre et l'alcoomètre. On a amené, au préalable, le liquide à une température aussi voisine que possible de i5*. On se reporte ensuite aux tables de Gay-Lussac pour faire la correction de température. »
< Pour déterminer le titre alcoolique réel, on distille 260 cm* de liquide, mesurés à une température aussi voisine qne possible de i5*. Si le titre alcoolique de l'alcool à examiner atteint ou dépasse 65*, on en
> On trouvera dans le Gaide pratiqat iTnleoomitrie, publié ïous les aospiccs de I> Direclion Générale des Conlribulions indireclei, tous lei docaneala, loi*. Aéertii, tables que I'qd peol avoir à coosalier.
' Journal officiel du 18 février 1907.
TABLE
donnant la teneur réelle en aloool et en ean des mélanges d'alcool
et d'ean et la contraction produite»
Poids spécifique
100 volâmes
contiennent
en volume
Alcool
Eau
Contraction
0,000 lit
Poids spécifique
100 volumes
contiennent
en volume
Alcool
Eau
Contraction