‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 2 sur 150 · CHAUX · texte numérisé non relu

CHAUX

Il n'existe pas de roche plus répandue dans toutes les formations g'éologiqaes, depuis les plusanciennes jusqu'aux plus récentes, que le carbonate de calcium et il n'en est pas qui soit Tobjet d'applications industrielles plus variées.

Si nous ne considérons que les propriétés de la roche elle-même, sans avoir égard aux gisements géologiques et aux modes de formation des différentes roches calcaires, nous pouvons distinguer les variétés principales suivantes :

Le spath calcaire cristallisé est à Tétat le plus pur parfaitement incolore et transparent. Les variétés moins pures sont moins transparentes et parfois légèrement colorées. Le spath calcaire n'est pas employé pour la fabrication de la chaux vive, car il se désagrège pendant la cuisson ; par contre, il est souvent utilisé en céramique, où il entre aussi bien dans la composition des masses plastiques que dans celle des glaçures. L'industrie chimique et k fabrication du verre emploient aussi de grandes quantités de spath calcaire.

J. PosT. — Analyse chimique, a* édit. fr., t. II. i

i dHAPlTRE JClk

Le marbre est une matière cristalline à cassure brillante ; il est surtout employé pour la sculpture et la construction. On le calcine souvent pour fabriquer de la chaux très estimée, en raison de sa pureté et de son rendement. Cette cuisson exige une température relativement élevée et soutenue.

Uanihraconite est une variété de calcaire colorée en noir par des bitumes ; elle convient peu pour la cuisson, car elle est très difficile à décomposer.

Les stalactites constituent également un calcaire cristallin qui n'est pas employé industriellement à cause de sa rareté relative.

Le calcaire compact possède une coloration grise, parfois aussi jaunâtre ou brunâtre; sa cassure est parfois conchoïdale, plus souvent finement lamelleuse. C'est la forme la plus répandue du calcaire et de beaucoup celle qui est la plus employée, aussi bien pour la construction que pour la fabrication de la chaux. Sa pureté est très variable ; à côté de carbonates de chaux presque purs, on en trouve d'autres qui renferment des quantités considérables d'arg-ile et de silice. Ces derniers sont surtout employés pour la fabrication de la chaux hydraulique. Parmi les variétés particulières, il faut citer :

Uoolithe, qui se compose de grains sphériques isolés, englobés dans un agglomérant calcaire.

Uaragonite globuliforme ne se distingue de la précédente que parce qu'elle est constituée par des cristaux d'aragonite, au lieu deTétre par des cristaux de calcite comme la précédente. Elle est généralement argileuse et sert à la fabrication de chaux hydraulique.

Les calcaires fétides doivent ce nom à l'odeur désagréable qu'ils possèdent; ils contiennent des matières bitumineuses, qui leur donnent une coloration variant entre le jaune et le gris foncé. La présence des bitumes diminue la quantité de combustible nécessaire pour la cuisson ; il existe même des calcaires qui peuvent être calcinés sans addition de combustible.

Le calcaire lithographique fournit les pierres lithographiques après préparation ; il est aussi employé comme ardoise pour la couverture des constructions et pour la fabrication de la chaux.

La craie se compose de grains calcaires amorphes, facilement agglomérés. Elle constitue souvent du carbonate de calcium très pur ; on l'utilise dans la fabrication des poteries. Elle présente l'avantage de se laisser pulvériser très facilement, raison pour laquelle on emploie volontiers la craie dans la préparation du ciment de Portland. Elle fournit par cuisson une chaux de bonne qualité, qui doit être longuement éteinte.

Le tuf calcaire présente un aspect poreux analogue à celui du tuf; il est souvent argileux. Sa cuisson est très facile mais il fournit une chaux maigre qui ne peut supporter qu'une faible addition de sable, surtout lorsqu'elle est "ferrugineuse.

Le calcaire des prairies est une masse blanche, molle, terreuse, renfermant beaucoup de débris organiques et qui est souvent un peu argi-

CttAQX, MORtiÈRS, CIMENTS ET PLATRE 3

leuse. On le trouve dans les terrains bas et marécag^eux, généralement recouvert de tourbe. Pour pouvoir le cuire, il est nécessaire de le mouler préalablement en briques.

Les écailles cT huîtres et les coquillages, ainsi que les coraux sont parfois soumis à la cuisson ; ils fournissent une chaux de qualité remarquable.

La dolomie est un méIaD);>pe équimoléculaire de carbonates de calcium et de magnésium. Si la proportion de magnésie est plus faible, on lui donne le nom de calcaire dolomitique.La dolomie est employée en métallurgie pour confectionner des revêtements réfractaires. Les calcaires dolo* miliques cuits sont souvent employés pour la confection des mortiers. Le volume de chaux obtenu après extinction est plus faible que dans le cas d*une chaux grasse, mais la chaux éteinte supporte une forte addition de sable et possède une grande dureté après la prise. La cuisson des calcaires dolomitiques doit être effectuée avec soin, car ils sont généralement très sensibles à la chaleur et il faut observer exactement la température de cuisson que Texpérience a indiquée. Certaines variétés, assez peu nombreuses cependant, possèdent des propriétés hydrauliques lorsqu'elles ont été assez faiblement cuites pour que tout l'acide carbonique ne soit pas chassé etqu*il en résulte un carbonate basique.

Sous le nom de marnes^ on désigne des mélanges de carbonate de calcium et d'argile possédant le plus souvent un aspect terreux. On distingue les marnes argileuses et les marnes calcaires suivant que Tun ou l'autre constituant prédomine. Les marnes calcaires conviennent souvent pour la fabrication d'une chaux hydraulique. De même, les rognons de marne calcaire, que l'on rencontre dans certaines argiles^ fournissent par cuisson UQ produit hydraulique (ciment romain).

Il est assez exceptionnel que le carbonate de calcium naturel soit à pou près chimiquement pur. Les substances étrangères qu'il contient ordinal* rcment sont le sable, l'argile, les dérivés du fer, le carbonate de magnésium et parfois aussi des dérivés du soufre et du manganèse. La pureté que Ton est en droit d'exiger du calcaire est extrêmement variable suivant sa destination. La majeure partie du calcaire extrait sert à la construction. On l'emploie à l'état brut comme pierre de construction ou après cuisson pour la préparation des mortiers aériens ou enfin^ après addition d argile, poUr la fabrication du ciment. La métallurgie du fer et la fabrication du verre consomment de très grandes quantités de calcaire. La fabrication du sucre et celle de la soude à l'ammoniaque utilisent simultanément Tacide carbonique mis en liberté pendant la cuisson et la chaux caustique restant comme résidu. La chaux vive est encore employée pour la production du chlorure de chaux, dans l'industrie du cuir, pour la préparation de l'acide stéarique, du savon et dans un grand nombre d'autres industries. Enfin, il ne faut pas oublier les grandes quantités de chaux que l'agriculture consomme comme amendement.

Matière première. — L'essai de la pierre calcaire destinée à la cons" truction est limité, en principe, à la détermination de sa résistance à

récrasement et de sa résistance aux agpents atmosphériques. La détermination de la résistance à Vécrasement s'eflFectue de préférence sur des cubes dont chaque Face latérale mesure 5o centimètres carrés. Les surfaces soumises à la pression doivent être parfaitement planes et parallèles. Le mode opératoire et les appareils employés seront décrits en détail au sujet de Tessai des briques de construction . Nous nous bornerons à dire ici que la meilleure façon d'obtenir les cubes d'essai est le sciage car le travail au marteau et au ciseau produit souvent une désagrégation de la structure. Celte remarque est surtout impartante pour les essais de gélivité.

La résistance à l'ccrasement du calcaire sec et du calcaire humide est souvent différente. 11 est par suite important de répéter l'épreuve sur le calcaire complètement saturé d'eau.

Résistance aux agents atmosphériques, — Les cubes à essayer étant complètement saturés d'eau, on les expose pendant i5 ou i6 heures à un froid de — i5\ produit artificiellement, puis on les fait dégeler dans de l'eau à -f- 20® environ. Cette succession d'opérations est répétée 25 fois. On détermine ensuite comparativement la résistance des cubes ainsi traités et un nombre égal de cubes nouveaux. L'examen des résultats indique jusqu'à quel point le calcaire est résistant à la gelée et aux agents atmosphériques. Les particularités de cet essai et les appareils dont on fait usage seront décrits dans le chapitre consacré aux poteries, au sujet des autres matériaux de construction.

Analyse chimique. — L'analyse chimique des calcaires est parfois effectuée en vue de connaître exactement la quantité de tous leurs constituants, tandis que dans la majorité des cas il suffit de doser la ch&ux, la magnésie et l'ensemble des silicates. Dans le premier cas, il est nécessaire de commencer par désagréger la substance, tandis que dans le second il suffit de dissoudre dans l'acide chlorhydrique le calcaire finement pulvérisé. Nous décrirons d'abord cette dernière méthode simplifiée.

i. Silicates insolubles. — Dans une capsule en porcelaine, on introduit 2 gr. de matière finement pulvérisée et séchée à ioo-i2o<>^ puis environ 20 cm' d'eau distillée; on ajoute de l'acide chlorhydrique étendu tant qu'il y a dégagement de gaz carbonique. Lorsqu'une nouvelle addition d'acide ne provoque plus d'effervescence, on chauffe à rébullition,que l'on maintient pendant quelques minutes. On reprend ensuite par l'eau, on sépare le résidu insoluble par filtration, on le lave à Teau chaude, on le sèche, on le calcine et on le pèse.

a. Silice soluble, oxyde de fer et alumine. — La liqueur filtrée est additionnée d*une quantité d'ammoniaque juste suffisante pour bleuir le papier de tournesol, puis bouillie à nouveau. Si le calcaire est fortement dolomitique, c'est-à-dire riche en magnésie, il est nécessaire d^ajouter préalablement une quantité de chlorure d'ammonium suffisante pour empocher la précipitation de la magnésie. Le précipité floconneux, composé d'alumine, d'oxyde de fer et de silice solublc se sépare rapidement de la liqueur claire; on le recueille sur un filtre et on le lave à l'eau chaude

jusqu'à ce que l'eau de lavage ne fournisse plus la réaction du chlore. Le filtre contenant le précipité est bien exprimé entre des doubles de papier à filtres, puis introduit encore humide dans un creuset de platine et calciné à une douce température ; on chauffe ensuite fortement pour incinérer le filtre. Il n'est généralement pas nécessaire de séparer l'oxyde de fer, l'alumine et la silice. Si l'emploi du calcaire nécessitait une connaissance exacte de sa richesse en fer, on doserait ce métal sur une prise (fessai spéciale, en procédant comme il sera décrit dans le chapitre suivant, au sujet de Targîle.

On a souvent l'habitude de s'éviter la séparation préalable des silicates insolubles dans Tacidc. La solution chlorhydrique convenablement diluée est directement neutralisée par l'ammoniaque et filtrée. Le précipité est désigné sous le nom de silicates insolubles.

3. Chaux. — La liqueur filtrée séparée de l'alumine et du fer est précipitée par Toxalate d'ammonium. Une courte ébullition accélère considérablement le dépôt du précipité et facilite la filtration, mais il faut éviter une ébullition prolongée. L'oxalate de calcium recueilli sur un filtre est lavé, séché, incinéré avec le filtre et finalement calciné au chalumeau. L'oxyde de calcium obtenu doit être d*un blanc pur; une coloration rougeàtre indiquerait la présence d'une petite quantité de manganèse. Si l'on n'a pas de chalumeau à sa disposition, on transforme Toxalate de calcium en carbonate ou en sulfate, en observant les précautions connues, elon le pèse sous cet état '.

Si le calcaire est magnésien, il est bon de précipiter la chaux d'une solution acétique, afin d'éviter qu'elle n'entraîne de la magnésie. Dansée cas, la liqueur filtrée de 2 est additionnée d'acide acétique, jusqu'à ce qu'elle rougisse nettement le papier de tournesol, puis on procède comme il vient d'être décrit.

4. Magnésie, — La liqueur filtrée provenant du dosage de la chaux est concentrée autant qu'il est possible de le faire sans amener la cristallisation des sels ammoniacaux. On lui ajoute alors un très grand excès d'ammoniaque concentrée, un tiers de son volume environ. S'il apparaissait alors un précipité floconneux d'alumine, on le séparerait par filtration, on le laverait à fond, puis on rajouterait à l'alumine déjà trouvée. Si la solution reste claire après l'addition d'ammoniaque, on lui ajoute une petite quantité de phosphate de sodium (solution à 10 p. 100), on agite bien le mélange, puis on l'abandonne au repos pendant au moins vingt-quatre heures. La magnésie est précipitée à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien cristallin ; cette cristallisation est très lente et comme les cristaux se forment en majeure partie sur les parois du verre et autour de l'agitateur et qu'ils sont parfois à peine visibles tant que le liquide les surmonte, il est très difficile d'apprécier la quantité du précipité formé. Pour faire passer le précipité sur le filtre et le laver, on ne doit jamais se servir d'eau pure, mais d'un mélange de 2 parties d'eau

* Rosi-Futjciifui, Qaaut, Anal., p. ^ ; Frésekius, Traité (T Analyse quantitative, septième èdit. française, par L. Gaotibr.

et I partie d'ammoniaque liquide, car le phosphate ammonîaco-magné- 3ien est très notablement soluble dans l'eau pure. L'insolubilité dans l'eau ammoniacale n'étant pas absolue, il faut se garder d'effectuer un lavage trop abondant. Le filtre doit être choisi aussi mince que possible, facile à laver. L'incinération est souvent assez difficile; on la réalise le plus facilement dans un creuset de porcelaine, que l'on chauffe modérément, au rouge naissant, d'une façon très soutenue. S'il est nécessaire, on doit la faciliter en écrasant les fragments non carbonisés, à l'aide d'un gros fil de platine, contre les parois du creuset. L'emploi d'un chauffage plus intense n'a généralement aucun succès. L'incinération dans un creuset de platine est à éviter, car le creuset serait détérioré. La masse calcinée est du pyrophosphate de magnésium : Mg'P'O'. On calcule la magnésie MgO correspondante en multipliant son poids par o,3624 *.

Dans la plupart des cas, l'analyse des calcaires destinés aux usages techniques est limitée aux dosages qui précèdent. Il y a lieu cependant d'excepter les calcaires riches en silice et en alumine et qui fournissent par cuisson des chaux hydrauliques. En général, les calcaires appartenant à ce groupe sont ceux qui laissent au moins loà i5p. loo d'éléments insolubles dans l'acide chlorhydrique. Avec ces calcaires, il est nécessaire d'examiner de plus près la composition des silicates et notamment de séparer la silice et l'alumine. Dans beaucoup de cas, il est utile de doser aussi les alcalis qui en général sont contenus dans la partie insoluble dans l'acide chlorhydrique. Vonv désagréger les silicates^ il suffit de calciner fortement au chalumeau le calcaire finement pulvérisé. La désagrégation est effectuée par la chaux elle-même, une addition de carbonates alcalins, telle qu'elle est nécessaire pour la plupart des minéraux riches en silice et de Targile, n'est pas indispensable pour les calcaires. Si l'on se trouvait en présence d'une marne très riche en matières argileuses, on lui ajouterait une certaine quantité de carbonate de calcium précipité et pur, suffisante pour que la proportion de chaux soit au moins trois fois plus forte que celle d'argile. Dans ce cas, on ne doit doser dans le mélange additionné de carbonate de calcium que la silice, l'alumine et l'oxyde de fer; la chaux et la magnésie sont dosées sur une prise d'essai particulière. Le dosage de la silice, de l'alumine et de l'oxyde de fer s'effectue par les méthodes communes aux autres minéraux et qui seront décrites en détail au sujet de l'argile.

Si l'on désire doser les alcalis dans un calcaire, on commencera par le désagréger par une forte calcination puison précipitera la silice, l'alumine, Toxyde de fer et la chaux comme il a été décrit. Dans ce cas, la précipitation de la magnésie ne s'effectue pas par le phosphate de sodium, mais par la liqueur de Sc»a.fpgotM1 ne faut pas oublier que la précipitation doit être effectuée sur la solution des chlorures aussi concentrée quopqssible et que le carbonate de magnésium précipité entraîne toujours un peu de carbonate de potassium, lorsque la proportion de polasse est un peu

1 RosB-FiNKBJfgR, loc. cU., p. 4« ; FiiBSBtfms, hc, cit., p. aoa.

* HOSE-FINKBNER, loC. Cit., p. 4^ ^ FrÉSEMUS, loC. Ctt,, p. 55 1.

ëlevéc; il est facile de séparer ce carbonate de potassium ea lavant la mag'nésîe calcinée. Si le minéral ne contient que de la soude et pas de potasse, il Q*est pas nécessaire de laver le résidu de mag'nésie, car Texpérience a montré qu'il ne retient pas de carbonate de sodium.

Lorsque le calcaire doit être employé dans l'industrie chimique ou pour la fabrication de ciment, il est ég-alement importantde connaître sa teneur en sulfate de calcium et parfois en sulfure de fer (pyrites). La détermination de ces substances s'effectue comme il suit :

a) Acide sulfurique {gypse), — Le dosage de l'acide sulfurique doit toujours être précédé de la séparation de la silice sol^uble, car sans cela la silice se précipiterait en môme temps que le sulfate de baryum. On dissout par suite i g-r. de calcaire pulvérisé (ou davantag^ei si la proportion de gypse est faible) dans l'acide chlorhydrique et on évapore complètement à sec au bain-marie en présence d'un excès d'acide. On chauffe ensuite la capsule à 1 1 o*^, à l'étuve, pendant une heure au moins pour insolubiliser la silice. Après refroidissement, la masse est humectée de nouveau avec de l'acide chlorhydrique, reprise par l'eau en chauffant et maintenue pendant quelque temps à l'ébuUition. La silice ayant été séparée par filtrat! on, on précipite la liqueur filtrée bouillante par le chlorure de baryum, on filtre la liqueur chaude complètement reposée, puis on lave le précipité à l'eau chaude ^ Le précipité de sulfate de baryum est séché, calcjoë et pesé. On calcule le poids de sulfate de calcium correspondant sachantque loo parties de BaSO^ correspondent à 34,3op. SO' ouà58,32 p. CaSO* ou encore à 78,76 p. CaSO* + 2 aq.

b) Soufre [pyrites). — S'il est nécessaire de doser le soufre existant à l'ëtat de sulfures, on traite, dans un ballon de verre, le calcaire très finement pulvérisé par l'acide azotique fumant ou l'acide chlorhydrique et le chlorate de potassium '. La solution est évaporée à sec comme il est décrit dans le paragraphe qui précède, la silice est séparée, puis la liqueur filtrée est précipitée par le chlorure de baryum. La différence des quantités de sulfate de baryum trouvées en a et en b correspond au soufre des sulfures. 100 p. BaSO^ = 18,73 p. S.

Si, par exception, l'on estime qu'il est nécessaire de doser l'eaa hygroscopique. Veau de constitution des matières argileuses et les substances organiques, on commencera par sécher le calcaire à 110-120^, ce qui donnera Teau hygroscopique. L'eau de constitution de Targile s'obtient en calcinant la matière séchée et en recueillant l'eau chassée dans un tube ^arni de chlorure de calcium, ou mieux, d'après Schmitz, d'acide sulfurique concentré et d'acide phosphorique anhydre. La quantité de matières organiques se déduit delà perte totale à la calcination, lorsqu'on retranche de celle-ci les quantités d'acide carbonique et d'eau. L'exactitude de cette détermination n'est pas généralement bien grande car les dérivés du soufre et de l'oxyde ferreux influencent le résultat.

Le manganèse existe très fréquemment à l'état de traces dans les cal-

* RosB-FiKKKNEn, loc. Cit., p. 454 ; Frksenius, loc. cit., p. 339.

* RosB-FiKKBNBH, toc. cU., p. 467 ; Frésetiius, loc. cit,, p. 507.

caires, mais il est reUtivemeat rare qu'il soït eo quantités ua peu considérables et ce fait se présente le plus souvent dans les calcaires dolomitiques. Une fois cuits, ces calcaires possëdeut une couleur ^îse, parfois presque Doire. En ce qui concerne la méthode de dosag-e du manganèse et notamment sa séparation du fer, nous renverrons au chapitre Fer du premier volume de cet ouvraf^e, où cette question est examinée en détail. Le dosage de l'acide phosphorique dans les calcaires est raremeot oéccssaîre. Les calcaires contenant de notables quantités de phosphate de calcium sont employés comme eng'raîs, aussi renverrons-nous au chapitre consacré Â cette question.

Acide carbonique. — Lorequ'on effectue l'analyse chimique compIMe, le dosage de l'acide carbonique ne présente que peu d'intérêt. Si l'on veut doser directement cet acide en vue de confirmer l'exactitude des résultats trouvés et de clore l'analyse, oo se servira de l'appareil de Geissler ou d'un appareil du même genre, dans lequel la quantité d'acide carbonique se déduit de la perte de poids que subît le calcaire lors> qu'on le décompose par l'acide chlorhjdrique *. On peut aussi se servir d'un tube de Liebig gvrnî de potasse ou d'un appareil analogue retenant l'acide carbonique et permettant de déduire sa quantité de l'augmentalion de poids '.

Dans beaucoup de cas et notamment lorsqu'il s'agît de l'essai technique fi-équemment répété d'uD calcaire dont la composition générale est connue, on se dispense de l'analyse complète et on se borne à calculer la pi-oporlion du calcaire contenu dans la roche ou le mélange à examiner, en se basant sur sa richesse en acide carbonique. Il est bien évident qu'un calcul de ce genre est tout à fait inexact, dès que le calcaire contient une quantité un peu importante de magnésie.

Les déterminations de ce genre sont très souvent pratiquées lorsqu'il s'agit d'essayer le calcaire destiné à la fabrication du cimeiitou employé en sucrerie. Oo a combiné plusieurs modèles d'appareils pour effectuer ces essais, parmi lesquels nous décrirons brièvement les plus pratiques,

> Roii-FulKEHEn, loc. cil., p. 7S4 ; Fhéskkiur, loe. cil., pp. 374 et ^^ù.

L'appareil de Baur, représenté par la fig'ure i, possède la disposition suivante * :

Un tube mesureur divisé en cm* plonge dans uû tube plus large, dont la partie inférieure est rétrécie et porte un robinet d'écoulement. Le prolon- Hl^ment du tube est engagé dans le bouchon d'un flacon et arrive presqu*au fond de celui-ci. Le bouchon livre passage à un tube recourbé à angle droit et relié à un soufflet en caoutchouc. En envoyant de l'air comprimé dans le flacon à Taide de ce soufflet, on fait monter le liquide dans le tube gradué et dans celui qui l'entoure. Le liquide dont on se sert est du pétrole saturé au préalable de gaz carbonique. L'extrémité supérieure du tube gradué est reliée par un tube de caoutchouc çl parois épaisses au flacon dans lequel s'efFectue l'attaque du calcaire. Le bouchon dé caoutchouc de ce dernier flacon est traversé par un tube de verre qui porte une petite ouverture latérale de i mm. de diamètre environ, dans la partie située au-dessus du bouchon. Cette ouverture peut être obturée en glissant au-dessus un petit anneau de caoutchouc de sorte qu'elle constitue une sorte de soupape. Au-dessous du bouchon, le tube de verre se termine par une boule qui porte, à la moitié de sa hauteur, une ouverture latérale de 10 mm. de diamètre. Cette boule sert à recevoir l'acide chlorhy-* drique destiné à servira l'attaque du calcaire. Comme l'acide carbonique est mesuré au lieu d'être pesé et que le volume occupé par un gaz dépend des conditions de pression et de température dans lesquelles il se trouve, il serait nécessaire de ramener chaque fois le volume de gaz mesuré à o^ et 760 mm. de pression. Pour éviter ce calcul, on fait varier le poids de calcaire soumis à la décomposition suivant la position du baromètre et du thermomètre. Une table indique le nombre de milligrammes de calcaire que l'on doit peser à une pression et à une température données, pour que le nombre de centimètres cubes de gaz carbonique obtenus représente directement la teneur centésimale du calcaire examiné en carbonate de calcium. Le poids indiqué dans cette table doit être pesé et inlroduit dans le flacon à décomposition.

La manipulation de l'appareil est la suivante : on enlève le flacon à décomposition, on ouvre l'ouverture latérale en faisant glisser Tanneau de caoutchouc, on mesure la température du liquide faisant joint hydraulique, puis on remplit l'appareil jusqu'au zéro. La substance ayant été introduite dans le flacon, on verse 3 cm' d'acide chlorhydrique dans la boule du tube, puis on ferme exactement le flacon au moyen du bouchon en caoutchouc.

En faisant glisser l'anneau de caoutchouc sur l'ouverture, on inte» rompt toute communication avec l'air extérieur. On fait alors écouler lo à 20 cm' de pétrole en ouvrant le robinet, puis on laisse couler l'acide chlorhydrique sur le calcaire en inclinant le flacon. Pendant toute la durée du dégagementde l'acide carbonique, il faut maintenir le liquide au même niveau

*■ On peot se procarer cet appareil, comme tous ceux qai seront décrits plus loin pour l'essai des chaux, ciments, arie^les et verres, en s'adressant au laboratoire pour l'indaslrie céramique de H. Seobr el E. Crambh, à Berlin.

d^ns les deux tubes concentriques en ouvrant le robinet aux moments voulus. Lorsqu'on s'est assuré que le volume du g-az n'aug-mente plus,en inclinant le flacon en tous sens, on ouvre le robinet, on amène le liquide au même niveau dans les deux tubes à l'aide du soufflet en caoutchouc, puis on fait la lecture.

Le nombre de centimètres cubes d'acide carbonique obtenu indique la richesse pour cent en carbonate de calcium de la substance examinée.

Si l'on veut opérer sur un poids de substance quelconque, on fera le calcul en tenant compte que »oocm' d'acide carbonique dégagés correspondent au poids de carbonate de calcium pur indiqué dans la table* C'est ainsi qu'à I7»."> et sous 740 mm. de pression 100 cm* de gaz carbonique correspondent ào gr. 409, to5 cm' correspondent par suite dans

Page 1