‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 3 sur 150 · io5 X o,4oa · texte numérisé non relu

io5 X o,4oa

les mômes conditions à »• o gr. 4a9<

Table indiquant la quantité 4e matière à peser pour le dosaffe de l'aoide carbonique au moyen de l'appareil de Baur.

Barom.

12«.oC

mm.

7aK

QAU

Cette table publiée par Baur, contient en réalité deux petites inexactitudes. D'une part, elle ne tient pas compte de la petite quantité de vapeur d'eau contenue dans le gaz carbonique dég-agé, d'autre part, elle néglige la petite quantité de ce gaz qui est retenue par la solution chlorhydrique. Ces deux causes d'erreur se compensent ordinairement aux températures moyennes auxquelles on opère, lorsqu'on emploie la quantité exacte d'acide chlorhydrique. La table a d'ailleurs supporté l'épreuve d'une longue pratique ; des erreurs sensibles ne peuvent se faire sentir qu'à dAs températures anormalement élevées ou basses.

Pour disposer l'appareil pour une nouvelle expérience, il suffit de détacher le flacon à décomposition et de remplir l'appareil de pétrole jusqu'au zéro au moyen de la poire en caoutchouc.

La lecture doit être faite dès que le niveau du liquide dans le tube gra-

CBAOX, MOSTTBItS, CIKBIfTS ET PLATIII |f

du^ ne s'abaisse plus. L'ascension lente qui se produit ensuite est due à la diffusion (lu gaz carbonique à travers le lubc de caoutchouc '. En se ser> vant d'un tube h parois épaisses la diffusion est si ralentie que l'axaclitDile du résultat n'est pas influencée par elle.

Les précaalîoos spéciales à observer sont les suivantes : l'appareil doit jire placé dans un endroit bien éclairé, possédant une température constaote ; Is température du pétrole doit être la m£mc que celle de lair ambiant. Le flacon à décomposition ne doit jamais élre leDQ â pleine main, mais seulement uisi par soq col à l'aide de im doigts- L'anneau de caoutchouc servant de soupape daît Un Muvent humecté intérieurement ou enduit de savon. On ■Ufod toujours quelques secondes inolde faire la lecture, jusqu'à ce qu'il ne s'écoule plus de p6-

IroU. \l n'est pas nécessaire da >

dJr« qatlsbaromélre dont an se Krt doit indiquer la pression ritilede l'air au point où il se IroQTeetnon la pression rapporiM au niveau de la mer. Les baivinélres dont l'échelle est déplacée pour tenir compta de l'altitode ilo lieu on ils sont employés, comme on en trouve beaucoup dans le commerce, ne peuvent

servir pour aucune mesure de F'K- "■ — App*r*'' ' le dosDge de 1

irai.

La fiifure a représente l'appareil indiqué par Dibtrich et modifié par FnuBLmo.

Le récipient d est rempli d'eau ordinaire ; les tubea ael b sont remplis d'rau distillée, colorée par quelques gouttes de bleu d'aniline, en quantité suffisante pour qu'il en reste encore quelques centimètres cubes en a lorsque ce tube est placé le plus haut possible et que l'eau arrive au zéro dans le tube b.

On note la pression barométrique et la tempéniture. on pèse la quantité de calcaire pulvérisée indiquée par la table i, on introduit cette poudre daus te flacon e (qui doit élre lavé et séché après chaque essai), puis on descend dans le flacon & l'aido de brucelles ou d'une pince à creuset, la petit tube / rempli d'acide chlorhjrdriqne (densité t ,30) jusqu'au trait

■ Voir Fa. Koiaa, Toniiid. Zlt., iBgo, p. 197.

Tables pour l'emploi de l'appareil de Dietricht-FrUilingr.

Table I. — Poi<is de substance à employer pour que 2 cm* de gaz carbonique indiquent i pour iOO de carbonate de calcium.

Thermomètre

Degrés centigrades

Baromètre

Thermomètre

Degrés cfnli- .

grades

0, 8.')40 0,8302 0,826i A. 8224 0,8192 0,8154 0,8116 0.8078 0. 8040 0. 8002 O.IOfik 0,7924 0. 7886 0.7844 0, 7804 0, 7764

Baromètre

CBkVX, MORTIERS, CIMENTS ET PtATRB

1 Thermo- 1 mètre

Degrés centigrades

Barom.

Thermomètre

Degrés centigrades

Barom.

Table J

[A. — Correciwn a faire pour tenir compte de l'aùsorpttou d'acide 1 carbonique par la solution chlor hydrique, \

Dégagé . . . . .

Absorbé

Dégagé

Absorbé

Il Absorbé ! . ! I .

U cttAt>ttks ktk

marqué. On ouvre ensuite la pince c et on bouche le flacon e avec le bou-* Ishon de caoutchouc portant le tube g. Après s'être assuré que Peau occupe ie même niveau dans les tubes a et 6 et qu'elle est au zéro dans ce der-bier, on ferme le robinei c, puis on fait couler Tacide sur la substance en Inclinant le flacon e.

A mesure que l'acide c&i*bonique dégagé vient exercer une pression sur Teau de 6, on abaisse le tube a de façon que Teau occupe sensiblement le tnème niveau dans les deux tubes. Quand le dégagement de gaz est ter^ miné, on place le flacon à décomposition dans le récipient d plein d'eau de façon à ce qu'il reprenne la température ordinaire. Au bout de troia minutes, on amène les colonnes d'eau au même niveau, puis on lit ie volume d'acide carbonique dégagé.

Pour le calcul, on tient aussi compte de la quantité d'acide carbonique

que l'on sait être retenue par la solution chlorhydrique. On se sert pour

bêla de la table II.

Supposons, par exemple, que le baromètre indique 740 mm. et le ther«

momètre 16® ; la première table montre qu'il faut peser 0,8072 gr. de

iiubstance. S'il se dégage i3o cm' d'acide carbonique, la quantité absorbée

est de 6,46 cm*.

Lé résultat est donc :

Dans l'établissement de la première table, on a tenu compte des quan« tités de vapeurd'eau que l'acide carbonique produit contient aux diverses températures. Aussi ne faut-il pas négliger de faire la correction' relative à l'absorption de gaz carbonique par la solution chlorhydrique. En l*éalité; cette absorption est, elle aussi, influencée par la température, mais les variations qui en résultent sont absolument négligeables.

Pour effectuer sans calcul les corrections relatives aux variations de la

ffessioti atmosphérique et de la température, on se sert avec avantage de appareil de Sandeh (flg. 3).

Cet appareil permet do déterminer le poids de substance à employer |)our le dosage de l'acide carbonique dans un calcaire sans qu'il soit nécessaire do lire le baromètre et le thermomètre, comme avec les appareils de Bauk etdeDifitRicH-FnuHLiFfG. Il ^e compose d'un tube gradué a et d'un tube ascendant b reliés par uil tube de caoutchouc et remplis de mercure dans leur partie inférieure. La partie supérieure élargie du tube gradué, dont la capacité mesurée jusqu'au trait 0 est de 100 cm', contient tine quantité d'air telle qu'elle occupe exactement un volume de 100 cm* Bous 760 mm. de pression et à 0^. Le tube gradué a est divisé en cinquiè* mes de cm'. En plaçant le tuhe b de telle façon que le mercure se trouve au même niveau dans les deux tubes^ on sait immédiatement le volume occupé à la température et à la pression régnant dans le laboratoire par 100 cm' d'air ou de gaz mesurés à o® et 760 mm. (Comme le gaz carboni* que obtenu dans l'essai définitif est humide, l'appareil doit être rempli iavec de l'air saturé de vapeur d*eau.) 11 y a deux manières d'utiliser l'in?

(i^Abic, kORTiËtlS, (îtlifËNTS ET i>LA'rilB

dication de l'appareil de Sandeiî : on peut peser un poids constant de substance et diviser le volume de gaz obtenu par le chiffre indiqué par Tappareil. Il est cependant plus commode de diviser par ce môme chiffre le poids de substance employée, ce qui reviedt absolument au même. Le volume de gaz lu se trouve ainsi ramené aux conditions normales de température et de pression.

Pour éviter ce calcul, l'appareil est accompagcné d*une table indiquant le poids des substances à peser pour chacune de ses indications et pour que 2 cm' d'acide carbonique correspondent à 1 p. o/o de CaCO'. On est ainsi dispensé de consulter le baromètre et le thermomètre et la table se trouve être plus simple et plus commode.

L'appareil ne pouvant être expédié garni de mercure, il est nécessaire de le régler lorsqu'on le reçoit. Pour cela, on commence par calculer le volume occupé, dans les conditions du moment, par loo cm^ d'air mesurés à o^ et 760 mm. On se sert de la formule :

dans laquelle / représente la température du moment en degrés centigrades, b la pression barométrique et e la tension de la vapeur d'eau en millimètres de mercure à la température t.

Si la pression est de 780 mm., la température de i5^ C, la tension de la vapeur d'eau à i5^ étant de 12 mm. 7 de mercure^ la formule donne :

îoorr 111,3.

F\g. 3. — Appareil de Sander pottr la mesure dea volumes gazeux.

Le mercure doit donc emprisonner un volume d'air mesurant 1 1 ! cm' 8 dans la partie élargie du tube. Pour obtenir ce résultat, on verse une quantité convenable de mercure dans le tube a, on le bouche avec le pouce, on retourne l'extrémité bouchée c vers le bas, puis on laisse écouler peu à peu une certainequantitédemercure, jusqu'à ce que sa surface coïncide avec le trait 1 1,3 ; à ce moment, on a mesuré exactement 1 1 1 cm^ 3. Il s'agit maintenant de saturer cet air d^humidité. Pour cela, on recueille le mercure mesuré dans un gobelet, puis on fait couler une goutte d'eau dans la partie élargie du tube e ; l'ouverture c est alors reliée au tube de caoutchouc après que celui-ci a été rempli de mercure jusqu'en hau^. On chauffe la partie e sur un bec de Bunsen ou mieux au bain-marie jusqu a ce que la goutte d'eau soit évaporée. On laisse alors refroidir à la température ordinaire, on enlève le tube en caoutchouc puis on introduit la

quantité de mercure mesurée et conservée dans le g^obelet dans la partie élarg^ie e, de telle façon que tout ce mercure reste en e lorsqu'on dirig'e l'ouverture c vers le bas. Comme la chaleur de la main a produit une légère dilatation de l'air, on le laisse revenir à la température ordinaire puis on bouche l'extrémité c, comme tout à l'heure avec le tube de caoutchouc rempli de mercure. Il est facile de fixer le tube sans que le volume d'air varie. En inclinant convenablement le tube, on fait écouler dans le tube a le mercure contenu en e, puis on fixe l'appareil sur son suppport. Le volumètre à gaz est réglé une fois pour toutes*.

Parmi les autres appareils servant au dosage du gaz carbonique, nous devons citer celui de Finkener-Sgheibler *, qui est encore employé en sucrerie, bien qu'il tende à être remplacé par les précédentes et en outre le volumètre à gaz de Lunge, qui peut servir à mesurer n'importe quel gaz. Nous ne décrirons pas ces appareils ici, celui de Lunge a d'ailleurs été décrit dans le premier volume de cet ouvrage au sujet de l'essai du bioxyde de manganèse, dans le chapitre consacré au chlorure de chaux.

Certainsanalystespréfèrent titrer l'acide carbonique au lieu de mesurer son volume. Dans ce but, on décompose le calcaire en poudre par un excès d'acide chlorhydrique normal, puis on titre en retour par la soude normale, ou de préférence demi-normale, en employant la phénolphtaléine comme indicateur. Le calcul ne présente aucune difficulté particulière.

Contrôle de la fabrication. — Pour contrôler la marche des fours à chaux, il est important d'observer la composition des gaz, l'intensité du tirage et le degré de cuisson atteint. L'analyse des gaz de four à chaux s'effectue comme celle des produits de la combustion décrite dans le premier volume de cet ouvrage (Chapitre IV). Le tirage est généralement si faible que sa mesure au moyen d'un simple tube en U ne fournit pas de résultats assez exacts. On se sert par suite de l'un des modèles d'indicateurs de tirage décrits dans le chapitre suivant (Poteries), Pour déterminer le degré de cuisson atteint, la mesure de la température n'est nullement le procédé le plus exact. Si l'on voulait déduire le degré de cuisson atteint de la connaissance de la température du four mesurée au moyen d'un pyromètre, on serait exposé à se tromper complètement. Le degré de cuisson atteint ne dépend pas seulement de la température réalisée dans le four, mais aussi du temps pendant lequel elle a agi. Le résultat désiré est obtenu dans un temps d'autant plus court que la température dépasse davantage un certain minimum ; autrement dit, on atteint le même résultat en peu de temps à une température élevée qu'au bout d'un temps plus long à une basse température. Pour déterminer le degré de cuisson atteint, il faut donc employer des corps qui, comme la pierre A chaux, ne sont pas seulement influencés par la température momentanée mais qui subissent une lente modification, dont les progrès sont visibles,

< Cet appareil n*est fourni que par le laboratoire de H. Seger et E. Cramer, à Berlin.

* Frbsbnius, loc, cit., p. 38i,

Table indiquant les poids de substance à employer suivant les indications du volumètre i gaz de Sander.

itir

SOUS l'iaflucnce d'une chaleur prolongcée. Les corps les plus convenables sont les pyroscopes préparés à Taide de mélang-es de silicates. On préparaît souvent autrefois ces pyroscopes en mélangeant des argiles plus ou moins fusibles. Aujourd'hui, on les remplace avantageusement par les cônes de Ssger, mélanges de silicates, permettant d'apprécier les températures comprises dans d'assez larges limites ; ces cônes présentent le notable avantage de permettre la comparaison des résultats obtenus avec ceux qu'on a atteint dans une autre fabrique. L'emploi des cônes de Sbger étant plus important en céramique que pour la cuisson de la chaux, nous les décrirons en détail dans le chapitre consacré aux poteries.

La température à maintenir pendant la cuisson de la chaux est extrêmement variable et ne dépend pas seulement de la nature du calcaire, du mode de construction du four, de sa capacité, de l'activité du tirage, etc. 11 n'est pas rare quecettc température varie dans une môme fabrique, suivant que l'on est contraint à ralentir la marche des fours continus, par J. PosT. — Analyse chimique, a« cdit. fr., l. II. .•>

{9 CËAPlTllE \tX

suite d'un manque de débouché pour la chaux, où qu'il est nécessaire dé porter à son maximum leur capacité de production, en raison d'une demande active.

La température théorique de dissociation du carbonate de calcium est de 825* ; théoriquement, il est donc possible de décomposer ce corps dans Un four où le cône de SBGERn® oi4 est amené à fusion. Mais en pratique, 11 n'est pas possible de travailler à une température aussi basse ; il serait nécessaire de la faire aj^jj^ir pendant très longtemps et d'éliminer le ^az carboniqne au fur et à mesure de sa mise en liberté. La chaux caustique possède la propriété d'absorber de nouveau Taoide carbonique avec avidité, à la température du rouge, dès que la température est un peu inférieure à 826*, qui est le point de dissociation commençant. Cette circon* stance exige l'emploi d'une température notablement supérieure à ce point et la température doit être d'autant plus élevée que l'acide carboni-* que mis en liberté est moins rapidement évacué. C'est ainsi que de petites quantités de calcaire chargées dans un four à briques garni de tuiles cuisent à une température notablement inférieure à celle qu'il est nécessaire de réaliser dans un four entièrement chargé de calcaire. De même, la température à laquelle on cuit le calcaire est beaucoup plus faible dans les fours dont les gaz sont mécaniquement aspirés, en vue de leur utilisation pour la fabrication du sucre ou de la soude à l'ammoniaque, que dans les fours où l'acide carbonique n'est éliminé que par le tirage naturel. La présence de la vapeur d'eau réduit un peu la température nécessaire à la euisson, en abaissant légèrement la température de dissociation, mais cet abaissement est beaucoup moins important qu'on ne le prétendait autrefois.

Il ressort de ce qui précède qu'il est nécessaire d'établir dans chaque fabrique le degré de cuisson le plus convenable, eu se servant de cônes de Seger. Ce point étant reconnu, on l'observe aussi exactement que possible dans les opérations ultérieures, en conduisant le feu de la même façon. Il est à remarquer que l'emploi d'une température trop élevée et trop soutenue ne conduit pas seulement à une dépense exagérée de combustible, mais aussi ^ une diminution de valeur du produit obtenu. La chaux trop cuite ne s'éteint que lentement et elle devient même presque impossible à éteindre, lorsqu'elle a été portée à une température beaucoup trop élevée. Le danger de surcuisson est d'autant plus grand que la proportion de silice et d'argile est plus élevée. C'est dans le cas des chaux hydrauliques que la surveillance exacte du degré de cuisson atteint est le plus nécessaire.

Produits fabriqués. — Chaux pour mortiers aériens. — L'essai de la chaux cuite doit d'abord établir si elle est assez cuite et si elle ne Test pas trop. Ces points sont faciles à déterminer d'une part eu recherchant si la chaux contient encore de l'acide carbonique, de l'autre en examinant la facilité avec laquelle elle s'éteint.

Pour comparer la valeur de différentes chaux pour les usages pratiques, il est extrêmement important de déterminer leur rendement, c'est-à-dire

tlttAOk, lliORTiBRS, CittB^TS Et PLÀTRË t9

le volume de pâte de chaux que Foo peut préparer à l'aide d'uoe quantité doDdée de chaux. Le comité charg'é des essais de la chaux par Tassociar tion allemande des industries de la chaux, du ciment et de l'argile a fixé dans tous ses détails le procédé qui doit être suivi* Voici la façon d'opérer :

On commence par concasser de la chaux puis on en recueille 5 kg", passant complètement à travers un tamis dont les mailles ont a5 mm. dç iari^eur, mais restant sur un tamis à mailles de 7 mm. Cette chaux étant placée dans une auge de 3i cm. 7 de longetir et autant de largeur sut* 4o cm. de hauteur (dimensions intérieures), on y ajoute 6 litres d'eau à 20>C. Dès que l'extinction commence, on verse peu à peu 10 litres d'eau, en remuant codtinaellement la masse à l'aide d'une spatule de 12 cm. de largeur et 26 cm. de longueur ; il faut opérer de telle façon que la masse reste autant que possible en* ébullition et que l'eau froide ne vienne pas immédiatement en contact avec la chaux non éteinte. Deux heures après que l'extinction est terminée, la bouillie de chaux est agitée de nouveau, puis versée sur un tamis possédant 120 mailles au centimètre carré ; on doit se contenter d'agiter le tamis. La bouillie claire est recueillie dans une seconde auge pesée. On détermine le poids du résidu non éteint (iocuit) restant sur le tamis; après dessiccation, on essaie de décomposer ces morceaux en les humectant avec de Teau.

Après 20 heures de repos, on détermine le poids de la bouillie de chaux. La bouillie étant bien remuée, on en mesure, 5 litres que l'on pèse et que l'on introduit dans une poche en feutre, en forme de poire, destinée à servir de filtre et mesurant environ i^5 cm. de longueur et 22 cm. de diamètre <•. Ce filtre doit être préalablement humecté d'eau, exprimé et pesé. Ou note le poids d'un litre de bouillie et celui du filtre rempli. Le filtre étant lié, pour que son contenu ne s'échappe pas, on le place entre deux plaques métalliques planes, l'ouverture en haut, puis on le charge de 100 kg. pendant 3 heures. L'expression étant effectuée, on pèse le filtre avec la chaux qu'il contient et on retranche du résultrat trouvé le poids primitif du filtre vide. On détermine encore le poids d'un litre de bouillie exprimée et tassée et la quantité d'eau que l'on peut évaporer en chauffant au bain-marie 5o gr. de bouillie.

Pour obtenir des résultats comparables, if est indispensable que l'expérimentateur s'astreigne à appliquer exactcmeilt la méthode dans tous ses détails. Tout essai de simplification ou d'amélioration de la méthode conduirait nécessairement à obtenir des résultats non comparables avec les autres et par suite sans valeur.

Un exemple montrera la façon de calculef les résultats de fessai et de les exprimer. Le poids de 10 litres de chaux en pierre, en fragments mesurant de o cm. 7 à 2 cm. 5, a été trouvé égal à 6 kg. 62. L'extinction a duré 5 minutes ; 5 kg. de chaux éteinte tamisés sur un tamis de 120 mailles par centimètre carré ont laissé un résidu pesant 126 gr., soit 2,5 p. 100 par

' Oa peot se proevrer tes filtres en s'adressent* au laboratoire pour l'industrie céra-* inique de H. SiGUi et B« Cmajibi, à Berlin.

iÔ CHAPITRE XIX

rapport aa poids de chaux vive. La bouillie de chaux obtenue pesait ig kg, 65; le poids d*un litre de bouillie (rempli en secouant) était de I kg*. 209 (moyenne de trois essais). Le poids de 5 litres de bouillie de chaux était par suite de 6 kg, o45 avant l'expression et de 4 kg. i3g après expression. Le poids d*un litre de pâte pressée et secouée a été trouvé ég^al à I kg, 337, tandis que lé calcul à Taide des chiffres précédents indique I k. 338 (volume d^cau passé à travers le filtre 6,o45 — 4* i3g = 1 1. go6,

volume du résidu 5 — 1,906 =31. og4, poids du litre -^ — - = i kff. 338).

d,og4

Les ig kg. 65 de bouillie fournis par 5 kg, de chaux vive se réduisent

j ,, . , ig,65x4,i39 ig,65X4,i3q ,

donc par 1 expression à ,, — r= kg, ou ,. , ^ ^ ^ — — — = 10 1. i

0,045 0,045 Xi>337

de pâte pressée. Ce dernier chiffre 10,1 est le chiffre caractéristique de la

valeur de la chaux examinée. Il est évident que Ton ne peut pas dire que

le travail en g'rand fournira exactement cette môme quantité de pâte.

Mais ce chiffVe convient pour comparer la valeur de chaux de qualités

différentes. En outre, on établit encore la quantité d'eau que la pâte

pressée perd au bain-marie. Dans le cas qui nous occupe, la moyenne de

deux essais a été de 54f3g p. 100. Enfin, il est important d'observer la

manière dont se comporte le résidu à l'air humide ou au contact de Teau

et d'établir s*il reste inaltéré ou s'il s'cteiut ultérieurement. Ce deniicr

fait démontrerait qu'il y a lieu de craindre que les enduits faits avec

la chaux examinée ne soient sujets à se fendre, par suite de l'hydratation

ultérieure de g^rains difficiles h éteindre.

On conseille parfois de se servir de l'aréomètre pour déterminer la richesse des laits de chaux en chaux vive, mais ce procédé est absolument inexact. Il est bien préférable d'opérer par titragpe en dissolvant la chaux dans un excès d*ucide chlorhydrique normal et titrant en retour par la soude normale ou demi-normale. S'il s'ag'it d'une pâte ferme, comme celle que Ton emploie comme mortier, il suffit généralement de déterminer la perte de poids qu'elle subit par dessiccation complète au bain-marie pour connaître sa richesse en hydrate d'oxyde de calcium.

On détermine parfois la résistance de mortiers aériens à la compression et à la traction, mais les indications ainsi obtenues. ne possèdent qu'une importance secondaire pour l'appréciation de la valeur de la chaux, car les chaux aériennes pures ne possèdent qu'une faible résistance peu de temps après leur emploi et il est nécessaire de pouvoir faire les essais au bout d'un délai assez court pour qu'il soit possible de mettre leurs indications à profit. Les chiffres obtenus prématurément sont si faibles que les erreurs expérimentales dont ils sont inévitablement entachés peuvent conduire à porter un jugement faux sur la valeur de la chaux examinée. Par contre, les essais mécaniques des mortiers de chaux hydrauliques possèdent une grande importance.

Chaux hydrauliques. — Tandis qu'on recherche les calcaires les plus purs pour la fabrication de la chaux aérienne, les chaux hydrauliques ne peuvent être préparées qu^avec des calcaires riches en argile et en silice

désa^régeable. Les calcaires riches en carbonate de mag'nésium (calcaires dolomitiqaes) possèdent aussi des propriétés hydrauliques lorsque leur cuisson a été bien conduite, mais le plus souvent à un faible degré seulemeot. L'analyse complète d'un calcaire ne permet pas de tirer une conclusion certaine sur les propriétés hydrauliques que possédera la chaux cuite, car ces propriétés dépendent complètement de' la proportion de silice désagrégée pendant la cuisson, laquelle dépend elle-même de la constitua tîoo physique du calcaire. L'analyse des calcaires de ce genre est donc sans utilité, tandis que le dosage de ralumine,de la silice désagrégée et de la silice non désagrégée existant dans la chaux cuite possèdent une grande importance. On a souvent cherché à établir les proportions respectives de chaux libre et de chaux combinée à la silice contenues dans un calcaire ; aucune des méthodes proposées jusqu'à ce jour n'étant irréprochable nous ne les décrirons pas. Le plus silr est de s'en tenir à la détermination de la quantité de silice non desagrégée et d'alumine.

F'ig. 4 et 5. — Moule pour Tessai à chaud des chaux hydrauliques.

Par une cuisson ménagée des calcaires dolomitiques, on obtient souvent un produit jouissant de faibles propriétés hydrauliques. Mais la cuisson doit être plus forte qu'on ne l'indique ordinairement et la température doit dépasser le chiffre de 4oo^ qu'on indique parfois. La cuisson doit être assez prolongée pour chasser non pas tout l'acide carbonique, mais cependant la majeure partie, de façon à former un carbonate basique. Le carbonate de magnésie présente la particularité de ne pas se décomposer en magnésie caustique et en acide carbonique aune température déterminée : il fournit une série de carbonates basiques d'autant plus pauvres en acide carbonique qu'il a été soumis à une température plus élevée. Les chaux dolomitiques complètement privées de leur acide carbonique par la cuisson ne possèdent plus de propriétés hydrauliques.

Les chaux renfermant une forte proportion d'argile (i5 à 20 p» loo et pins) ne s'éteignent qu'avec difficulté, même lorsqu'elles ont été cuites avec précaution. Il en résulte qu'on ne peut les employer qu'après les avoir finement pulvérisées, mais non en morceaux. Lorsque la proportion de silice et d'aluniine devient encore plus grande, on arrive aux ciments

&2 CHAPITnB XIX

romains qui doivent être considérés comme le trait d'union entre les chaux hydrauliques et le ciment de Portland.

[Pour savoir d'une façon certaine si une chaux hydraulique contient ou non de la chaux libre, susceptible de g'onfler à la longpue et de desagrégper les mortiers, on soumet la matière à Vessai de déformation à chaud, qui est basé sur l'extinction très rapide et le g'onflement considérable de la chaux libre lorsqu'on l'éteint avec de l'eau bouillante. Pour effectuer cet essai, on gâche la chaux en pâte ferme, on en remplit des moules spéciaux de forme cylindrique et on laisse la prise complète s'achever sous l'eau* Lorsqu'on a constaté qu'il en est ainsi, à l'aide de l'aiguille de ViGAT (voy. plus loin), on immergée le moule plein dans de l'eau bouillante, ou on le laisse six heures, en maintenant toujours l'eau en ébuUition. On laisse refroidir et on retire le moule. Si la chaux essayée ne contient pas de chaux libre, le cylindre d'essai ne doit présenter aucune trace de fissures et aucun g'onflement n'a du se produire.

Les moules spéciaux (fig*. 4 ^t 5) employés pour cet essai sont de petits cylindres en laiton de 3o mm. de diamètre et de hauteur ; l'épaisseur du laiton est o mm. 5. Ces cylindres sont fendus suivant une génératrice et de chaque côté de la fente sont soudées deux aiguilles en laiton de 2 mm. de diamètre et i5 cm. de longueur. Lorsque la pâte se dilate par suite de l'extinction de la chaux libre, le cylindre tend à s'ouvrir suivant une génératrice et les pointes des deux aiguilles s*écartent en amplifiant dix fois le gonflement qui s'est produit].

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