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XI. Gaz des fours et générateurs. — Voir chapitre IV

Par MM. M. Pellet et G. Chenu (Paris)

|. — Qénéralités

A. — Canne à sucre

La plus grande partie du sucre consommé dans le monde entier est fourni par deux plantes saccharines, la betterave et la canne. Dans certains pays, on consomme le sucre de la canne, soit en utilisant directement la canne comme nourriture, soit en extrayant le jus de la canne, en le concentrant et en fabriquant du miel. Mais, au total, par rapporta l'ensemble de la production du sucre de cannes et de betteraves, la proportion reste faible.

Au 20 août 1908, la production du sucre dans le monde entier était ainsi répartie :

Sucre de cannes 6.894.272

Sucre de betteraves, Europe . . 6.542.000 1

Sucre de betteraves, Amérique . 44o.2oo J *^

Au total 13.876.472

On peut donc dire que, dans la quantité totale du sucre fabriqué, la canne et la betterave entrent à peu près en parties égales comme matières premières.

Pour chacune de ces plantes on a cherché à réaliser des améliorations et si pour la canne on est arrivé surtout à augmenter le rendement en poids, pour la betterave, tout en maintenant ou améliorant ce môme rendement, on est parvenu à augmenter principalement la richesse en sucre.

Renseignements généraux, — La canne s'obtient généralement par boutures plantées à quelques centimètres dans le sol ct*ces boutures sont mises soit bout à bout, soit un peu espacées. On écarte les lignes de 0,80-1^00 ou I m. 20.

Pour chaque pays il y a une époque spéciale de plantation.

1 Ce chapitre n'existait pas dans l'édilion allemande.

La durée de la culture varie de 8 à 12 mois (Eg-ypte) à 20-24 mois (Hawaï).

Pendant le cours de la vég^étation, la canne doit recevoir une certaine quantité de pluie. Là où il y a manque de pluies on est forcé d'avoir recours à l'irrig'ation ; on fait donc plusieurs arrosages. On récolte la canne lorsqu'elle est à peu près mûre.

La récolte de cannes varie la première année. Elle peut être de 4o à 70.000 kg*, en Eg'ypte, Ile Maurice, Espag'ne, etc., 80 à 120.000 à Java et atteindre jusqu'à i5o à 220.000 kg*, à l'hectare à Hawaï pour deux années de vég'étation.

La richesse en sucre est de 11 à ]4 0/0 dans plusieurs pays : Louisiane, Eg'ypte, Espag'ne, Java, Maurice, etc., mais elle atteint i5 et 16 0/0 à certains moments, même dans les pays ci-dessus, suivant l'année et l'époque de fabrication.

A Hawaï, en général, la richesse de la canne est plus élevée et atteint souvent de i5 0/0 à 16 0/0 en moyenne avec des passages à 17 ou 18 0/0 de sucre.

Une fois la première canne coupée, la bouture peut donner une seconde végétation et la canne est dite de seconde année. Dans certains pays on peut avoir aussi des cannes de troisième, quatrième, cinquième et sixième année, et parfois plus, mais le rendement diminue au fur et à mesure, dans une certaine proportion et suivant les soins apportés à la canne de repousse.

On est arrivé également depuis une vingtaine année à obtenir des cannes provenant de graines. Cela a permis de créer des variétés nombreuses et on a pu avoir quelques espèces avantageuses. Mais la culture par graine n*est appliquée que pour la recherche d'espèces nouvelles plus ou moins riches, ou à fort rendement, et dès qu'on a récolté un certain nombre de cannes, la reproduction se continue par bouture.

B. — Fabrication

Le plus grand nombre des fabriques de sucre de cannes extraient le jus au moyen de moulins et il n'y a que quelques usines qui emploient la diffusion directe de la cossette de canne.

Mais par les moulins on extrait plus ou moins de sucre suivant le nombre de pression ; il en est de môme si la canne est préalablement passée, ou non, par un dëfibreur.

L'imbibition agit également par suite de la dilution des jus et elle réduit la perte en sucre dans la bagasse ; les pertes sont donc très variables. Avec des installations comprenant deux pressions successives, on peut perdre jusqu'à 2,5o et 3 de sucre pour 100 kg. de cannes.

Avec les défibreurs et différentes pressions on peut descendre à i,5o 0/0; enfin quand on travaille dans de bonnes conditions, on descend à une

roojenne de i,io à 1,20 0/0. 11 y a peu de sucreries qui, employant l'extraction par moulins, arrivent à perdre moins de i 0/0.

Avec la diffusion directe de la canne on descend aux environs de o,4o à o,5o.

Enfin on a appliqué la diffusion simple ou la diffusion avec circulation forcée de Nauost à Textraction du sucre de la bag^sse et Ton a pu arriver à une perte voisine de o,3o 0/0 de la canne.

La quantité de litres de jus obtenue pour 100 kg*, de cannes peut donc être très différente suivant les installations ; elle varie en général de 60 à 100 litres, tandis que la dilution du jus varie de o à 4o 0/0 suivant les usines.

Le jus est épuré par simple défécation ou par défécation suivie de carbonatation.

La défécation s'opère en ajoutant une faible quantité de chaux au jus de cannes; on porte le tout à TébuUition, on laisse reposer et on obtient d'une part le jus décanté et de l'autre du jus trouble ou écumes.

Le jus décanté est envoyé aux appareils d'évaporation et le jus trouble est iiltré ; on en retire d'un côté du jus qui rentre en fabrique et de l'autre des écumes utilisées soit pour la nourriture des animaux, soit comme combustibles.

La bag-asse est envoyée aux g-énérateurs comme combustible.

Dans quelques pays on la dessèche plus ou moins au préalable et surtout si elle provient de la diffusion directe de la canne ou de la diffusion de la baguasse.

Suivant la quantité de jus et la richesse de la canne en ligneux, on n'a pas besoin de combustible supplémentaire pour la fabrique, ou bien on utilise du charbon, du bois, et au besoin des feuilles do cannes, etc.

La dépense de combustible traduite en charbon varie de 5 à 60 kg*, de charbon par tonne de cannes.

Après l'épuration du jus, la fabrication du sucre de cannes présenté beaucoup de ressemblance avec celle du sucre de betteraves.

On utilise l'acide sulfureux ou divers autres produits tels que le biphosphate de chaux pour clarifier le jus de cannes.

Les masses cuites sont traitées de la même façon qu*en sucrerie de betteraves et on obtient ainsi des sucres de diverses qualités suivant les pays et la nature des cannes.

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