‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 36 sur 150 · II. — Canne à sucre · texte numérisé non relu

II. — Canne à sucre

lo Dosage du sucre

A. Méthode directe et méthode indirecte. Quantité de Jus dans la canne, — Un certain nombre de procédés ont été proposés pour le dosage direct du sucre dans la canne.

376 CHAPITRE XXlfl

Lorsqu'on analyse la canne par la méthode indirecte, c*est-à dire en polarisant le jus et en rapportant la richesse pour loogr. de jus à la richesse de la canne au moyen d*un coefficient, le résultat n*est pas exact.

La cause en est à la différence de composition du jus extrait par la pression, suivant Tintensité de cette pression et la proportion de jus extrait. De nombreuses expériences ont montré que le jus est d'autant moins riche en sucre et surtout moins pur que la pression exercée est plus forte et que par conséquent la proportion de jus extrait est plus considérable.

D'autre part avec les appareils de laboratoire dont on dispose, il est difficile d'obtenir une proportion de jus dépassant beaucoup Go à 65 o/o, d'où il résulte qu'on laisse dans le résidu un jus qui représente encore 27 k 28 0/0 de la quantité totale renfermée dans la canne ; si cette dernière était extraite la composition moyenne du jus serait modifiée.

Par conséquent, si on adopte comme coefficient, pour passer directement de la richesse du jus en poids k celle de la canne, la proportion de jus établie en retranchant de 100 le poids du ligneux, on obtient, pour la canne, une richesse trop élevée.

La différence peut atteindre 0,20, o,3o et 0,60 suivant la pression exer» cée sur la canne ou sur les cossettes. On ne peut donc, par cette méthode^ connaître la teneur réelle de la canne en sucre et on est oblig'é de recourir à l'analyse directe.

Mais celle-ci présente un inconvénient sérieux, résultant de la difficulté de la préparation de Téchantillon moyen.

On sait que jusqu'à présont il n'est pas possible de réduire la canne à un état de division aussi parfaitque celui atteint pour la betterave. Comme d'autre part la composition des fibres de la canne est encore beaucoup plus variable que celle des cellules de la betterave, il s'ensuit qu'il est difficile de préparer un échantillon homoj^ène, surtout lorsqu'il s'a^^it d'une livraison d'une certaine importance.

D'un autre côté les cannes possèdent chacune des richesses différentes et dans un lot on en rencontre do très riches et de très pauvres ; les écarts sont on g'énéral beaucoup plus g-rands que ceux constatés dans des lots do betteraves .

Par contre l'analyse indirecte prôsonte des avanta/^es parce que la pression peut-être exercée sur un grand nombre de tig-es et qu'on peut avoir facilement et rapidement du jus. Alors il suffît de faire quelques essais pour déterminer quelle est la correction à faire subir au coefficient de jus (représenté par 100 moins le lig-neux) pour passer de la richesse du jus à la richesse de la canne.

Voici comment on opère.

On prend une certaine quantité de cannes que l'on réduit d'abord en cossettes au moyen d'un coupe-cannes de laboratoire (fig. i52).

On mélang-e le tout et on prélève 200 ou 3oogr. de cossettes, représentant la moyenne de l'échantillon. Ces cossettes sont rapidement passées

«u mortier de Ter pour v être réduites à l'i^lat de filaments plus ou moins g-rosBiers. On a saio d'éviter l'évaporatioD par tous tes moyens possibles. On mélange et on opère un dosage direct du sucre

par un des procédés décrits plus loin.

Pendant ce temps on passe des cossettes entières (environ t kg.) soit au moulin à cylindre {Rg, 193) soit sous une forte presse à double vis (fig. iç^)-

On cherche dans les doux cas à obtenir le maximum de jus possible. On analyse ce jus et on en déduit par le calcul le sucre 0/0 gv. de jus.

Par l'analyse directe on trouve la quantité réelle cooM-oannes

de sucre contenue dans la pulpe et on examine les de Gallois eiDuponU résultats que nous supposerons les suivants :

Sucre 0/0 gr. de jus . . . i4,8o

Densité du jus 1.070

Sucre 0/0 gr. de cannes . . i3,oa

Par la méthode ordinaire on aurait calculé ;

100 — 10 = 90 gr. de jus qui avec i4,8o 0/0 de sucre donnent :

■''■''°^»° -,3,3,dc.„cr...

alors que la richesse réelle n'est que do i3.

Le coefficient 90 est doue trop fort.

On calcule le coefficient exact è prendre en établissant le rapport du sucre 0/0 gr. de cannes obtenu par l'analyse directe à la teneur en sucre du JUS ramené à 100 gr., soit ;

Pour l'exemple cité, c'est-à-dire lorsque la teneur moyenne du ligneux atteindrait 10 0/0, le coefficient â employer devrait être 87,6 au lieu de go.

Ce coefficient 87,5 est ce que nous appelons le coefficient a" 1.

Il peut varier de 86 à 90 suivant la proportion de ligneux. Seulement ces essais doivent être renouvelés pour obtenir une moycoue aussi exacte que possible qu'on adopte jusqu'à ce que dans la fabrique on puisse établir par le contrôle le coefficient industriel pour passer de la richesse du jus à la richesse industrielle de la canne. Ce coefficient, que nous nommerons coefficient n" 2, peut varier, suivant les circonstances, de 82 k 88.

B. Coefficient à adopter pour passer de la richesse da Jas à la richesse de la canne travaillée. Richesse industrielle de la canne. — I.a canne entrée  la bascule n'est pas en général travaillée immédiatement en totalité : les cannes des wagons ne sont pas toujours écra.sées ou J. PosT, — Analyie chimique, j* édil. fr. t. 1!, aS

378 CHAPITBB XXIII

découpées dans l'ordre d'arrivée et elles peuvent Biosî rester lo, la ou i5 heures avaut d'être passées soit aux moulios, soit aux coupe-caones.

Les arrëls dans la fabrication survenant pour quelque cause que ce soit peuvent prolonger cette durée d'attente jusqu'àdeux et trois jours.

La canne snbit par ce fait une pertede poids, principalemeat due & une dessiccation plus ou moins notable suivant l'état atmosphérique de l'air. Cette perte de poids varie avec le mode de chargement, l'endroit ci sont déposées les cannes, etc. Certains waf^ons peuvent perdre ains de 0,6 à 0,7 0/0 de leur poids en quelques heures. Dans d'autres circonstances cette perte atteint de 1 à i,5 0/0.

Mais il y a encore un déficit assez important qu'il est difficile d'établir et qu'on peut attribuer :

1' Aux cannes mangées par les ouvriers indigènes qui en sont généralement très friands ; a* Aux cannes écrasées par les wagons ; 3° Aux débris de feuilles restées sur les wagons ;

4° A la terre qui tombe peu k peu des rannes et qu'on retrouve sur la plateforme ;

5° Aux déchets mis au rebut lo.rs du nettoyage efFcctué le long des transporteurs.

Il V a donc perte réelle de sucre en poids et perle de cannes.

La perte en sucre correspond au jus Fig. 193. — Moulin i cnnne. . , ^

des cannes écrasées, aux cannes mangées et aux déchets. La perte en poids correspond aus débris de feuilles et à la terre.

Quels sont les proportions de ces deux sortes de pertes ? Cela est difficile à évaluer.

On peut compter eu moyenne ;

Déchets et (erre o,a à o,3 0/0

Cannes écrasées et mangées. , 0,1 à o,a 0/0

On peut donc avoir d'une part une dessiccation de i ,5 0/0 et une perti' en jus et divers déchets de o,â 0/0 soit au total a 0/0, En un mot, sur 100 kg. de caimos pesés, il en entre seulement 98 kg. à l'usine. D'un autre côté cette canne est plus riche que celle arrivée à la bascule puisqu'il y a eu dcsfiiccation ; lorsque cette dcrnif^rc est do faible durée (dix à vingt heures) il ne se produit pas d'altération du sucre, et il y a ainsi augmentation de la richesse.

La richesse de la canne, calculée avec le coefficient 86, 87 ou S8 est donc trop élevée si l'on veut connaître la richesse réelle rapportée à 100 kg. de cannes payées.

On peut alors calculer approximativement le coefficient n* a. Admet-

SDCRB DE CANNE 379

toDs que le coeFticient n* i soit é^l à 87, et que d'autre part il y ait 2 de perte totale ; on a 87 — a = 85 pour la valeur du coefficient n° a.

Mais on peut le calculer exactement par le contrôle de la Fabric4tioD .

Pour cela il faut connaître le volume du jus, sa richesse en Buére, la perte dans la baisse ou la cossette et la perte totale en sucre ^e qui donne le sucre total entré dans la fabrique ; connaissant le poids de la canne entrée, on en déduit la richesse iodustrielle de la canne payée. C'est un contrôle qui est plus ou moins facile & appliquer, maïs qui, en résumé, ne présente pas de difficultés sérieuses lorsqu'on se reporte au contrôle eGTectué dans les sucreries de betteraves. 11 faut des mesureurs de jus, puis un échantillonnage régulier du jus obtenu par un procédé

Fig. i{rf. — Pretie i double vU de Gallois el Dupont.

quelconque ', conservé et analysé une seule fois par poste de douze heures. Quaot aux résidus (basasse), il faut également en coonattre t'analyse et le poids ; ces déterminations peuvent préseuter quelques difficultés pour obtenir des résultats sérieux lorsqu'il s'eg^it des moulins, mais oéaumoins ces difficultés ne sont pas exagérées.

On peut donc connaître aussi le sucre total entré en fabrication.

D'après H. Pbllbt, le coefficient n» a varie de 8a à 87 suivant les années, les fabriques et l'époque de l'analyse ; sa valeur moyenne est de 84,5.

C. Appareil* servant à la préparation de F échantillon moyen de cannes, destiné au dosage du sucre. — a) Coupe cannes. — Lorsque l'usine

■ Voir dans l« Ballelin de l'Aitodalion des chimiiUt a france tt dei cilonia, tome XXiV, p. 1.714, la dcscripti loaaeor aulomalique de jus imBf ia6 par M. A. AaK/tuo.

travaille par les moulins, on doit analyser les échantillons de cannes entières prélevées plus ou moins fréquemment et en nombre variable. Ce nombre est toujours forcément considérable si Ton veut avoir une analyse sinon absolument exacte, du moins se rapprochant de la vérité. On peut donc avoir 20, 3o, 4o ou loo cannes à analyser, cette opération pouvant de plus se répéter un grand nombre de fois dans la journée.

Le seul moyen pratique est de passer tous ces échantillons à un coupecannes de laboratoire, découpant une ou plusieurs cannes à la fois, et possédant plusieurs couteaux pour que l'opération ne dure pas trop longtemps.

Il y a des coupe-cannes de divers modèles, les uns analogues à ceux employés dans les usines qui travaillent par diffusion (mais de dimensions moindres] les autres semblables à des hache-paille. L'appareil de MM. Gallois et Dupont (^g, 192), spécialement construit à cet effet, permet de réduire la canne en cossettes en la manœuvrant à la main. On ne coupe qu'une X'ige à la fois. Un réservoir placé au dessous permet de recevoir les cossettes.

Quelques laboratoires emploient ég'alement un appareil que les marchands de comestibles utilisent pour débiter certains de leurs produits en tranches minces et rég'ulières. 11 y a, de ces machines, divers modèles qui marchent à la main ou mécaniquement, mais l'inconvénient, comme pour l'appareil précédent, est de ne débiter qu'une seule canne à la fois.

Or, en supposant que chaque tranche ait de 2 à 3 millimètres d'épaisseur et que la longpueur de la canne soit de 1 m. 20 à i m. 5o, le nombre de rondelles variera de 4oo à 760 pour une seule canne. Pour une vingtaine de tiges on a donc un nombre considérable de coupes à effectuer et ce travail peut exiger une heure et demie à deux heures.

Une fois les cossettes obtenues, on les mélange le plus soigneusement possible et on en prélève un échantillon de i kg. Si ces cossettes sont encore trop grossières on peut les diviser rapidement au mortier, on mélange à nouveau et on prélève les poids de matière nécessaires pour l'analyse.

Maigre le soin apporté à la préparation de cet échantillon les analyses faites en double ou en triple peuvent différer et l'écart des résultats dépend principalement du degré de division de la masse.

D'un autre côté, plus la durée de l'échantillonnage sera grande, plus on aura à craindre une évaporation du produit; cette dernière pouvant atteindre 2 à 3 0/0 du poids de l'échantillon, il est possible d'avoir an écart de o,25 à o,5o sur le résultat de l'analyse directe. Lorsque l'usine opère par diffusion, il est facile de préparer immédiatement, pour le contrôle, un échantillon moyen avec les rondelles ou cossettes sortant des coupe-cannes, tout en prenant les dispositions nécessaires pour éviter la dessiccation.

b) Moulins et presses, — Pour l'analyse de la canne par la méthode indirecte, on se sert de moulins ou presses servant à extraire le jus sur lequel porteront les essais.

SUCRE DE CANNE 38t

Il 7 a divers moalins et l'un des plus employés dans les laboratoires des sucreries de cannes est celui représenté parla fig*. ig3.

On utilise ég'alement des moulins analog'ues aux cylindres à laminer» ces derniers étant rayés pour faciliter le passag'e des cannes.

Les presses nécessitent la division préalable de la tig'e en cossettes, et encore faut-il une presse excessivement puissante pour obtenir un rendement en jus suffisamment élevé. A ce point de vue la presse à double vis de Gallois et Dupont (fig. 194) donne d'excellents résultats et permet d'extraire en une seule fois le jus de a kgs. de cossettes. Enfin il y a d'au-* très presses dites sterhydrauliques avec lesquelles on obtient des pressions considérables.

D. Dosage direct du sacre dans la canne. — D'après les études qui ont été faites par un grand nombre de chimistes, l'emploi de l'alcool pour le dosag'e du sucre dans la canne, par extraction alcoolique, ne présente aucun avantage sur la méthode par digpestion aqueuse à chaud ou par épuisements successifs. Avec l'eau on obtient les mêmes résultats et l'analyse est plus rapide.

Les deux méthodes principales sont :

a) La méthode aqueuse à chaud.

6) La méthode par épuisements successifs.

Avant de les décrire ; nous dirons qu'elles ne doivent être employées que dans des cas spéciaux, sur de petits échantillons de cannes ou de cossettes. On peut s'en servir pour Tanalyse des cossettes prélevées à la diffusion pour établir la moyenne par poste, mais les résultats de l'analyse directe ne doivent pas être pris comme base de la richesse de la canne. On peut trouver une certaine relation entre les chiffres de l'analyse directe et ceux de l'analyse indirecte, et parfois on constate quelque condordance ; mais assez souvent il y a une différence entre les résultats soit dans un sens, soit dans l'autre, et cette différence peut être très sensible.

a) Méthode aqueuse à chaud. — La canne étant divisée pour obtenir un échantillon moyen et non desséché, on dose le sucre par la méthode de dig'estion aqueuse à chaud qui est absolument semblable à celle employée pour la betterave (voir page 277).

On pèse donc une, deux ou trois fois le poids normal dans des ballons de 100, 200 ou 3oo cm', on y ajoute la valeur de 10 0/0 d'une solution d'acétate de plomb ordinaire puis de Teau presque jusqu'au trait. Pour éviter que la pulpe ne remonte dans le col sous l'action de l'air dilaté, on peut y mettre un disque de plomb perforé suspendu par un moyen quelconque ; ce disque est d'un diamètre un peu inférieur à celui du col des ballons et a un ou deux millimètres d'épaisseur.

On chauffe au bain-marie bouillant pendant une heure et on agite de temps en temps. On laisse refroidir, on complète en lavant le disque, on agite, on filtre et on polarise ; on multiplie ensuite le résultat par le volume du ballon diminué d'autant de dixièmes de centimètre cube qu'on a pesé de grammes de cossettes et on divise le tout par 100.

Exemple : on a pesé i6,ao dans loo cm'; si on trouve i5 degrés de sacre,

ioo-i,6 le résultat devra être multiplié par = o,g84-

i5,oo X 0,984 = i4t76

Pour obtenir un dosage très exact sur un échantillon, rappelons qu'il est indispensable de faire deux ou trois essais et de prendre la moyenne.

Il est inutile de mettre des substances alcalines qui détruisent les réducteurs et faussent le résultat de la polarisation directe.

Comme le sous-acétate de plomb lui-même a une certaine action il faut employer racétate neutre de plomba que Ton prépare en dissolvant simplement 3oo gT. de ce sel dans un litre d'eau.

Cette solution est suffisamment alcaline pour assurer la conservation du sucre cristal lisable pendant toute la durée de la digestion. La solution même neutralisée par l'acide acétique suffit également.

b) Méthode par épuisements successifs. — On pèse 48 gr. 6 ou 52 gr. 096 de cannes', on met i5o à aoo cm* d'eau, on y ajoute une trace de sous-acétate de plomb ou mieux quelques centimètres cubes de la solution d'acétate neutre de plomb, on fait bouillir 10 minutes et on décante dans un ballon d'un litre contenant 4^5 cm* d'acétate de plomb On ajoute encore i5o cm* d'eau, on fait une nouvelle ébuUition de 10 à i5 minutes et ainsi de suite jusqu'à ce que le ballon soit rempli, c'est-àdire après avoir fait six extractions au minimum.

Lorsque Topération est terminée, on refroidit le litre et on complète à 1000 cm*, on polarise au tube de 4oo mm. et on calcule le sucre d'après un coefficient déterminé à Tavance. Par exemple si l'on a pesé 5a gr 096, complété à un litre et polarisé au tube de 4oo mm., la lecture devra être multipliée par 5 et divisée par a. En résumé, le nombre de divisions trouvées au saccharimètre devra î^tre dans ce cas, multiplié par 2,5, pour avoir le sucre 0/0.

On peut également employer l'appareil Zamaron (fig. 195) que nous allons décrire et qui permet d'opérer sur 100 gr. de matière.

Cet appareil est établi de façon à exécuter 5 ou 10 analyses à la fois, et sa construction spéciale permet d'obtenir un épuisement pratique de la cossette. aussi divisée que possible, avec 6 lavages pour un volume total d'un litre.

Cet appareil semble jusqu'à présent le plus pratique pour opérer le dosage du sucre dans la canne par épuisements successifs.

Le marc reste dans le panier intérieur en toile métallique et après dessiccation donne le ligneux.

Voici la description de l'appareil et le mode opératoire que donne M. Zamaron'.

< Suivant le poids normal du saccharimètre.

* Bulletin de l'Asiociation des chimistes de sacrer ie et de distillerie de France et des colonies, tome XV, p. 74.

SOCRB DR CANltB 383

< L'appareil se composé de cinq ou de dix r^ipients ç^Iindriqaes V en cuivre, reposant tons snr nne table mélalHque.

Chaque récipient est niani à'ua petit robinet en enivre R. ponr l'écoulement du liquide sacré dans un ballon de i.ooo cm' A.

Ud panier cylindrique, destiné à recevoir ta pulpe divisée, se trouve dans chaque récipient. Chaque panier a un petit pressoirmélallique rond T muni d'une ti|^.

An fond de chaque récipient se tronve un petit croisillon métallique ponr éviter le contact du fond da panier avec le fond du récipient.

Fig. igb a. — Appareil Z*M«roB.

Fig. T95 b. — Rampe à alcool spéciale pour le chauffage.

Une rampe de cinq ou de dix becs, Bensen Best placée sous les récipients pour chauiFer le liquide en contact avec la pulpe.

Une table mobile se trouve fixée aux pieds de l'appareil pour recevoir cinq ou dix ballons jaugés de t. 000 cm*. Ces ballons reçoivent directement le liquide sucré de chaque récipient. Des numéros (i à lo) sont ^avés sur les rdcipientsel sur les paniers métalliques.

Afin de pouvoir compléter le volume de i.ooo cm' aussitôt les dix anal^'ses terminées, on pourra adapter un récipient avec courant d'eau froide dans lequel baigneront les ballons recevant le liquide sucré

ehaud. Cette petite întallation pourra se faire dans chacun des laboratoires qui emploieront cet appareil.

Pour les analyses de cannes, on devra avoir :

i* Un coupe-cannes;

2® Un mortier en fonte (de dimension assez grande) pour diviser la canne ;

3o Un appareil pour le dosag'e direct du sucre dans la canne.

Dans les usines où Ton marche avec la diffusion on pourra prendre de nombreux échantillons de cossettes, afin d'obtenir à la fin de la journée, ou de la nuit, une moyenne qui, certainement, devra représenter la quantité du sucre contenu dans la canne.

Les cossettes prélevées aux coupe-cannes de T usine, ou celles que l'on obtient au laboratoire avec des cannes qui y sont envoyées spécialement, sont broyées très finement dans un mortier en fonte. On doit faire subir à la «cossette la plus gfrande division possible. De cette façon on obtient une pulpe de canne qui se mélang'e parfaitement, et s'épuise à chaud avec rapidité.

La préparation de cette pulpe doit se faire très vivement, afin d'éviter une évaporation d'eau, qui amènerait une aug'mentation sensible da sucre dans 100 gr. de canne.

Dès que la pulpe est préparée, on doit avoir soin de la placer dans un récipient muni d'un couvercle y afin d'éviter une évaporation d'eau ; ensuite on procède aussitôt à la pesée des loogpr. de matière intimement mélangée.

On prélève loo gr. de pulpe divisée et bien mélangée, et on les introduit dans le panier métallique de l'appareil servant à doser le sucre. Cela fait, on épuise la pulpe avec de Teau bouillante.

On commence par verser d'abord aoo cm' d'eau bouillante dans le récipient V de l'appareil qui contient le panier métallique et la pulpe, et on fait bouillir cette eau lo à 12 minutes. Par suite de cette ébullition, une grande partie du sucre de la pulpe se dissout rapidement, et, au bout du temps indiqué ci-dessus, on soutire le liquide sucré dans un ballon jaugé A de i .000 cm*. Lorsque tout ce liquide sucré est soutiré, on verse une seconde fois 200 cm' d'eau bouillante sur la pulpe ; on laisse pendant le même temps l'eau en contact avec la canne en faisant bouillir, et on procède ensuite au soutirage du liquide sucré.

Comme on doit faire six épuisements successifs, pour extraire la totalité du sucre, on ne devra plus ajouter après le second épuisement que 100 cm' cTeau bouillante (au lieu de 200 cm*).

Au bout du sixième épuisement on aura un volume de liquide sucré chaud, de 960 cm' environ, à cause de l'évaporatîon d'eau produite par l'ébullition.

Avant de recueillir le jus du premier épuisement on devra avoir soin d'ajouter 10 ou i5 cm' de sous- acétate de plomb à 28^ Baume afin de précipiter les matières organiques, et d'éviter l'altération du liquide sucré.

Lorsque les six épuisements sont terminés, on refroidit le jus sucré, recueilli dans le ballon, à la température de 20^ G. environ, on complète le volume à i.ooo cm', on agpite le tout et on filtre.

Le liquide filtré est polarisé dans un tube de 4oo millimètres.

Le nombre de deg'rés lus, multipliés par :

0,81 Sacchari m être Laurent .... Poids normal = 16 gr. 20

o,8i35 — — — = 16 gr. 27

i,3o24 — ScHMiDT et Haensch — = 26 gr. o48

= le sucre contenu dans 100 gr. de canne.

•On peut doser le glucose sur le liquide filtré.

La pulpe, une fois épuisée, est pressée assez fortement dans le panier même^ à Taide du petit pressoir T, pour en extraire le plus d*eau possible, et on la porte ensuite en la laissant dans le panier à Tétuvc chauffée à loo-iio' pour la dessécher complètement. Lorsque la dessiccation est terminée, on obtient la quantité de ligneux contenu dans la canne pour 100 gr. de matière.

Cette méthode est rapide et certaine ; et Ton arrive facilement à obtenir de très bons résultats.

Aucune altération ne se produit pendant rébuUition >.

2® Dosage du ligneux

La canne contient une proportion très variable de résidu insoluble dans Teau qu'on appelle ligneux ou fibre. La proportion de ligneux varie avec l'âge des cannes, la maturité, la qualité des cannes, etc. Dans une même canne, le ligneux varie suivant la hauteur, les nœuds ou entrenœuds, la partie intérieure ou extérieure, etc.

Mais en dehors de toutes ces considérations, la quantité de ligneux varie avec le procédé employé pour sa détermination.

Le tableau suivant dd à M. W. Kruger montre les différences obtenues dans le dosage du ligneux.

Par extraction alcoolique

Durée de

rextractton

Trois heures

Six heures

Neuf heures

Différence

NÔ"i

Par extraction aqueuse

Nombre d'épuisements successifs Dix Quinze Vinçt Diffère née

N® 3 io,i3 9,92 9,73 o,4o

D'après M. H. Prinsbn Gbbrligs, la différence entre le ligneax obtenu par extraction alcoolique et par digestion aqaeuse est d'autant plus élevé que la canne est plus jeune.

La méthode la plus simple et qui concorde le mieux avec les procédés d'extraction industriels est celle des épuisements successifs que Ton effectuera facilement au moyen de l'appareil Zamaron en même temps que le dosage du sucre (voir page 382). Le résidu du panier métallique est mis à l'étuve et pesé après dessiccation. On en déduit facilement le ligneux 0/0 de canne.

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