BRIQUES 8ILICO-CALCAIRE
Il y a déjà longtemps que l'on fabrique des briques à l'aide d'un mélange de .sable et de chaux seuls ou additionnés de ciment. Mais les agglomérés de ce genre n'ont pu concurrencer industriellement les briques en argile cuite que depuis que MiCHiCUs a découvert que les pièces moulées pouvaient acquérir en quelques heures une très grande dureté par l'action de la vapeur à haute pression. Ce résultat peut être obtenu même lorsque la proportion de chaux est faible, 6 à 8 p. loo, suivfint la nature du sable. Le durcissement qui se produit est dû à l'action chimique de la chaux sur la surface des grains de sable ; il se forme un silicate de chaux qui agglomère les grains de sable isolés.
Matières premières. — Pour la préparation des briques silico-calcaires, on donne généralement la préférence aux chaux les plus pures, car elles fournissent le meilleur rendement. Cependant, on a aussi observé que la chaux ne renfermant que 85 p. loo environ de chaux pure conviennent particulièrement bien pour la fabrication des briques silico-calcaires en ce sens qu'elles durcissent plus rapidement et avec une pression de vapeur moindre que les briques de chaux pure. 11 semble que les chaux
CHAUX, MORTIBRS, CIMBNTS ET PLATRE 23
jouîs&ant de propriétés hydrauliques offrent un avantagée sous ce rapport. En ce qui concerne l'essai de la chaux, le nécessaire a déjà été dit. Pour «e fabricant d'agg'iomérés, ce qui importe le plus, ce n'est pas la composi** ttoo de la chaux, mais avant tout sa parfaite cuisson et son extinction facile et rapide. Les chaux trop cuites sont dangpereuses pour la fabrication ; c'est pour cette raison qu*il est bon d'examiner chaque livraison de chaux au point de vue de sa faculté d'extinction.
• Parmi les sables, on préfère aussi les plus purs. Il paratt cependant que lea sables argileux fournissent dans certaines conditions des briques d'une dureté suffisante, mais peu résistantes à la gelée. Cette question n'étant pas cemplètement élucidée, il est bon de se prémunir contre les sables argileux. Pour les applications pratiques, un simple essai de lavage suffit pour doser l'argile. On lave le sable jusqu'à ce que Teau qui s'écoule soît claire, puis on détermine la perte de poids subie par le sable séché avant et après le lavage.
La grosseur des grains de sable joue un rôle très important en dehors de sa pureté. Un sable qui se tasse bien et dont les grains laissent le moins possible d'espaces libres exige évidemment moins de chaux pour son agglomération- qu'un sable occupant à poids égal un plus grand volume. Dans beaucoup de cas, les différentes couches d*un gisement de sable différent extrêmement sous ce rapport, môme lorsque la pureté du sable des différentes couches est la môme. Il est, par suite, très important de déterminer le poids d'un litre de sable parfaitement sec et bien tassé. Il existe des sables pesant moins de 1600 gr. par litre tandis que d*autres dépassent 1800 gr. Comme la densité du sable quartzeux pur est égale à 2,6 il en résulte que les grains d'un sable pesant 1.600 gr. par litre n'occupent
qu'un volume de — -r- = 6i5 cm' ; les espaces vides représentent donc
385cm*. Lorsque le poids du litre est de 1800 gr., les grains de sable prennent 694 cm* et il ne reste que 3o6 cm' d'espaces vides. La différence dans les espaces vides peut donc s'élever à 3o et môme à 4o p. 100 ; il en résulte une notable différence dans la quantité de chaux nécessitée par chaque sable. Il est par suite tout indiqué de déterminer de temps à autre le poids du litre de sable et de veiller attentivement aux différences des diverses couches de sable. Une autre propriété du sable importante pour la fabrication des agglomérés silico-calcaires, .est la plus ou moins, grande facilité avec laquelle il est attaqué par la chaux, propriété sur laquelle repose l'agglomération. Il n'existe pas encore de méthode d'un emploi pratique pour établir cette propriété. On est donc réduit à déterminer la résistance à l'écrasement d'agglomérés fabriqués industriellement dans les mômes conditions en se servant de différents sables.
La question de savoir si un sable convient bien pour la fabrication des agglomérés silico-calcaires ne peut donc ôtre définitivement résolue ni par la composition chimique ni par la grosseur des grains. Seul l'essai pratique est décisif.
La méthode la plus sûre pour se faire une opinion sur la résistance que
24 CHAPITRE .MX
l'on |>cut atteindre avec ua sable donné consiste à pi^parer des cubes identiques à ceux dont on se sert pour l'essai de la résistance des ciments & rêcrascment (voir p. 35). On se sert pour cela d'un moule mesuraot 70,7 X 70.7 mm., comme pour les ciments, mais d'une hauteur à peu pr^s double. Par un essai préalable, on détermine la hauteur que prend l'épronvette remplissant complètement le moule quand on la soumet à l'action de la presse. On calcule ensuite jusqu'à quelle hauteur le moule doit Cire rempli pour qu'il en résulte une éprouvette e.\actement cubique. On confectionne ensuiteun certain nombre d'éprouvettes eubiques semblables (pas moins de ro), on les soumet à l'action de la vapeur sous pression, dans les conditions du travail industriel, puis on détermine leur résistance Âl'écrasemcnten procédant exactement comme il estdécrit pour les éprouvettes de ciment (p. 36 et 48).
Fabrication. — Pour une fabrication règ'uliére, il est en premier lieu nécessaire de maintenir aussi constante que -X- la possible la proportion de chau\'
du mélan^. Pour pouvoir déterminer la teneur en chaux aussi rapidementque possible, H. Segeh et B. Cramer' ont indiqué le procédé suivant :
On recueille aoo gr. de masse mélang'ée que l'on divise
en deux portions de loo irr.
Fig. 6. — Appirfil deSeirer et Cramer pour , -, . ■ , ,
le doLgc de I. rJi.u. dans les morlie!,. ^a première sert à doser les
matières sèches par dessiccation, à l'étuve. On se sert avantageusement pour cela de l'étuvo décrite plus loin (p. 35, fîg:. 7). Dans les autres 100 gr. on dose la chaux.
La burette de forme spéciale (fig. 6), dont on se sert pour cet essai est divisée en demi-centimètres cubes et plonge dans un flacon k deux tubulures qui contient l'acide chlorhydrique de richesse déterminée nécessaire pour l'essai. Cette disposition a pour double avantage de donner à la burette une stabilité suffisante et de rendre son remplissage très facile. Il suffit de presser la poire en caoutchouc pour que l'acide s'élève dans le tube gradué, en passant dans le petiltube intérieur qui commence avant le robinet. Lorsque le tube gradué est rempli et que l'on cesse de presser In
I Tonindatlrit-Zeitiing, njoi, p. i7io>
poire, l'acide chlorhydriqae se trouvant au-dessus de l'oaverture du petit tube redescend daos le fiacoD. Gomme cette ouverture correspond fxactemeDt au trait zéro du tube gradué, la burette se trouve automalîqnement ajustée au zéro. Le tube gradué s'élarf^t à sa partie supérieure en une boule de 5o cm*, dont la préscace a pour hut d'aug'mcnter la précision des lectures des volumes compris entre 5o et loo cm'. La liqueur acide est préparée de telle façon que lo cm' correspondent à i gr. do chaux vive. Comme le tube est divisé en demi centimètres cubes, le dosaf^ de lacbaujc peut se faire à i/ao*^ p. loo prés.
Pour effectuer ce dosage, on pèse eiaclemcnt loo gr. de masse silicocalcaire pass^ à travers un tamis de 60 mailles au centimètre carré. On introduit cette masse dans un flacon i large ouverture bouché à t'émeri, en se servant d'une main en cuivre, on ajoute un petit gobelet de sel ammoniac (sS gr. environ), on remplîl le Bacon à moitié d'eau en lavant son col avec la 6ole à jet, puis on ajoute 30 gouttes de pbénolphlaléine el OD agite le flacon bouché. On fait ensuite couler 5o cm' d'acide chlorhydrique de la burette ; la coloration rouge semble disparaître mais elle réapparaît par agitation énergique. On ajoute une nouvelle quantité ; d'acide el on continue à agiter jusqu'à disparition totale de la coloration rouge. Le titrage est terminé lors- f;^. y. . qu'il n'apparait qu'une coloration Tougp vineux an bout de cinq minutes. Le sable mis en mouvement par l'agitation ne gène pas l'obscrvatioQ du virage, car il se dépose très rapidement au fond.
Le nombre des centimètres cubes d'acide employés, divisé par to, indique la proportion de chaux en centièmes. L'exécution de l'essai est si simple qu'on l'effectue plusieurs fois par jour et même toutes k's heures dans le travail industriel.
Si l'on veut effectuer des essais industriels comparatifs avec diverses cbaux ou en faisant varier la durée du durcissement, la pression de la vapeur etc., il est très important que les divers échantillons soient préparés dans des conditions identiques. Pour cela, il oc suffit pas de doser la chaux dans le mélange, il, faut aussi que la proportion d'eau qu'il contient soil constante. Dans les essais de ce genre, il est toujours nécessaire de déterminer la proportion d'eau ; on y parvient en séchant au baln-marie ou mieux à l'étuvc un échantillon de mortier passé à travers un tamis à larges^maillcs. Sî l'on se [sert d'une éluve, la tempéroture ne doit jamais
dépasser i5o<*. Pour les usages industriels, il est à recommander de se servir d'un petit four à dessiccation composé d'anoeaux en terre réfractaire, comme le montre la figure 7 et chauffé par un brdleur de Buwsbn ou par un brûleur de Bartarl si on n'a pas le gaz à sa disposition.
Produit fabriqué. — L'essai des agglomérés silico-calcaires a pour but d'établir leurs qualités pour la construction et comprend :
lO Forme et dimensions des briques ;
B^ Aspect de la surface et de la cassure ;
30 Densité apparente, poids spécifique et degré de compacité (pouvoir absorbant par Teau) ;
4*^ Résistance à l'écrasement ;
5^ Résistance à la gelée ;
60 Résistance à Tusyre ;
7® Résistance au feu.
Comme tous ces essais se font exactement de la môme manière que pour les briques, nous pouvons renvoyer au paragraphe où il est question de ces dernières, dans le chapitre suivant.