SYSTÈME NERVEUX
pendant, son plus fble degré suffit pour causer de vives douleurs, parce que le moindre gonflement des lamelles interposées réagit sur la substance nervale et la comprime. Cette texture serrée fait en outre que le pus, quand il s'y est formé, se dissémine sous l'aspect de stries ou de petits ponits dans les interstices linéaires des filaments nerveux, au lieu de se rassembler en foyers , et que les tumeurs scrofuleuses y sont tellement rares qu'on en conteste encore l'existence (1). Elle fait, par la même raison , que les productions et les dégénérescences douées de quelque prédilection pour les tissus durs , tels que les glandes et la matrice, sy remarquent assez souyent. Valsalva (2) y a vu une tumeur dure et homogène, comme un ganglion du grand sympathique; Cheselden (3), Beauchène (4)}, yont observé des kystes, et M. Richerand une série de renflements fusiformes (5). D'autres parlent de tumeurs cancéreuses (6) . Les petites masses connues sous le nom de névromes, qui se développent le plus souvent au-dessous de la peau, et qui causent de si vives douleurs ,y ont aussi été placées, mais à tort probablement , car des observations,relatées par M. Dupuytren , par M. Jaume , qui les décrit sous le titre de squirrhes enkystés(7),elpar moi-même, tendent à prouver qu’elles sont tout-à-fait étrangères aux nerfs. Leurs piqüres ne sont si douloureuses, que parce qu'elles en ébranlent plus ou moins les divers filets; et,commeil est difficile qu'elles ne touchent pas par quelques points la matière nervale , elles laissent souvent à leur suite une petite induration , une sorte de renflement. Quand on les divise incomplètement ils causent d’abord des douleurs très-vives, parce que les filets conservés réagissent plus ou moins sur ceux qui ne le sont pas. Leur section n'est point accompagnée de rétraction, ou n'en offre du moins qu'une très-légère, d'abord parce qu'ils sont en général très-libres, trèsmobiles au milieu des muscles; ensuite parce que leurs branches, leurs filaments , sont contenus dans des tubes presque incrtes. Il résulte de là qu'au lieu de rentrer dans les chairs après une amputation ; ils proéminent et pendent à la surface de la plaie, puis que si on se borne à les inciser sans produire de perte de substance, leur continuité manque rarement de se rétablir par agglutination immédiate. Aussi est-il probable alors que les fonctions ne tarderaïent pas à renaitre , et a-
(1) Descot. pag. 259.
(2) Morgagni, Let. 5o.
(3) Anatom., p. 206 , d'après Descot.
(4) Descot, pag. 255.
(5) Zv.
(6) Viel Hautmesnil, Z'hèse. Paris, 1807. — Delpech!, Dict. des Se. méd., art Cancer.
(7) Thèse. Paris, 60 décembre 1898.
t-on reconnu que la cautérisation ou l'excision devient indispensable, lorsqu'on veut en suspendre pour toujours les irradiations. Du reste, comme c'est la pulpe nerveuse qui conslitue leur essence , et qu'elle ma point de tissu cellulaire pour base, l'anatomie prouve qu'ils ne Peuvent pas se reproduire , que Fontana, Michacli, Hayghton, Mayer s'en sont par conséquent laissé imposer , et que Arnemann , Reïl , etc., ont raison contre eux. Les uerfs ne se réumissent qu'à la manière des muscles, c’est-à-dire que par l'intermède d'une couche plastique qui se dépose et s'organise entre les deux bouts de celui qu'on wient de couper , ou bien , par suite du travail qui s'opère dans leurs éléments communs, de la raréfaclion de leur tissu cellulaire, qui refoule la moelle au loin , ferme les orifices de tous les petits canaux qui la renferment , et se transforme peu à peu en une cicatrice ou un cordon fibro-celluleux capable d'en rétablir solidement la continuité ; mais, soit que l'influence médullaire traverse cette substance nouvelle, soit qu’elle trouve des voies de détour , il n’en est pas moins incontestable qu’au bout d’un certain temps la branche divisée, en eût-on même détruit une portion, finit par reprendre une grande partie, si ce n'est la totalité de ses usages.
Au demeurant, ces remarques prouvent que, dans les névralgies qu'on veut traiter par Vopération, il est prudent de recourir à la cautérisation ou à l'excision, et de ne sen tenir ni à l'incision ni à la ligature. Généralement moins tendus et plus souples encore que les vaisseaux, les nerfs s'accommodent sans peine à tous les mouvements, à tous les chan gements d'attitude du corps ; circonstance d'autant plus heureuse que le moindre tiraillement exercé sur eux soit dans un sens, Soit dans un autre, amène sur-le-champ de violentes douleurs, douleurs, au surplus, qui paraissent tenir bien moins aux tractions exercées sur le nerf qu'à la pression éprouvée par ses fibrilles. Une tumeur anévrismale ou autre, qui les déplace, agit en les comprimant. Il en est de même d’un corps étranger qui se serait arrêté dans leur épaisseur. Leurs rapports avec certains os les exposent à la commotion et aux contusions. Ün coup sur la face produit un éblouissement qui ne peut être dû qu'à la commotion des nerfs. Une violente secousse du coude engourdit momentanément toute la portion cubitale de l'avant-bras et de la main. Une chute sur le sacrum paralyse momentanément les membres inférieurs. Nonseulement ils peuvent être excités, froissés par les agents extérieurs à travers les téguments, mais ils peuvent encore s'engager entre les fragments d'une fracture , et y courir le risque d'être piqués, tiraillés, déchirés.
Accompagnant presque toutes les veines su-