NERFS CÉRÉBRO-SPINAUX
perfcielles un peu volumineuses, et n'ayant
as à ce sujet de position bien fixe, se plaçant tantôt en dedans, tantôt en dehors, il est assez diflicile de les ménager toujours dans les opérations que réclament les maladies de ce genre de vaisseaux. Leur lésion, dans la phlébotomie, était la grande frayeur des anciens, et quelques filets nerveux sont à peu près constamment atteints dans la ligature, la seetion ou l'excision des varices. Heureusement que leurs branches sous-cutanées ne sont pas d'une grande importance , et qu'en les divisant d'une manière complète on ne produit que très-peu de douleur. Ceux qui côtoient les artères ou les vaisseaux profonds méritent beaucoup plus d'attention. Leur forme arrondie, leur fermeté, leur teinte blanche ou rosée, ne permettent de les confondre ni ayec les artères, qui sont jaunâtres et se laissent facilement aplatir, ni.ayec les veines, qui sont noirâtres et infiniment plus molles. Dépour- Vus de gaînes propres, ils sont tantôt plus, tantôt moins éloignés des vaisseaux. Quelquesuns de leurs cordons rampent souvent à la surface de ces derniers, de manière à ne pouvoir cn étre que difficilement séparés, ainsi qu'on le remarque à la veine jugulaire, à V'iliaque externe, à la fémorale, etc. Alors il faut de l'adresse et degrandes précautions, pour ne pas les comprendre dans le lien qu'on place autour de lartère, dans l'opération de Panévrisme et après les amputations. Ailleurs ils forment une sorte de natte, de plexus, qui enveloppe et cache tellement le tronc artériel , que les opérations à pratiquer sur lui deviennent d'une difliculté extrême. Témoin le plexus axillaire. Le plus souvent, néanmoins, il n’en xeste qu'un le long du vaisseau principal, et de même que les nerfs sous-cutanés, il se tient ordinairement un peu plus superficiel. Sa po- &ition. étant assez fixe, il peut, de cette mamière, servir de guide quand-il s'agit de découvrir l’artère , ainsi qu'on le voit à la sousclavière, la cubitale, etc. Comme il se place Presque toujours du côté. opposé à la veine, et qu'il y a peu de danger de le heurter avec un instrument mousse, les chirurgiens ont Taison de commencer par le côté du conduit Xeineux, quand il s'agit de décoller une artère ayec la sonde cannelée, et de passer un fil autour d'elle. Une plaque, une cloison aponé- Yrotique ou fibro-celluleuse , des faisceaux charnus, un espace de quelques lignes enfin, es séparent en outre assez du vaisseau pour qu'il n'y ait rien à craindre en pénétrant de la eine vers le nerf, tandis que du nerf vers la veine il ÿ a toujours quelque danger. On voit par là que s'il est plus facile de les éviter que les veines dans les opérations qui se pratiquent sur les artères, leur lésion alors n’est pourtant pas non plus très-difficile. Les praticiens qui,
à l'instar de Molinelli (1), s étaient imaginé que la ligature des nerfs n'entrafne pas la paralysie, étaient jusqu'à un certain point excusables de les comprendre dans le même lien que l'artère, eux que l'anatomie chirurgicale n'avait point encore éclairés. On les distingue, dans une plaie d'amputation, à leur couleur grise, à l'aspect granulé de leur coupe et au peu de tendance qu'ils ont à se retirer dans les muscles. Ceux qui sont le plus solidement accollés aux artères s'en séparent en général assez facilement pour qu’il soit aisé de les éviter. Les simples rameaux font seuls exception. On y remédie en les étranglant avec une force suffisante pour en rompre la continuité. Ici, d'ailleurs, comme pour tout ce qui concerne les anévrismes, le chirurgien acquiert beaucoup d'assurance en se souvenant d’une règle quil convient de poser, savoir : Qu'en partant de l'os le nerf vient toujours en troisième lieu, tandis qu'on le rencontre le premier en venant de la peau. L’artère, la veine, le nerf, dans le premier sens ; le nerf, la veine, l'artère, dans le second. Tels sont les rapports à peu près constants de ces trois ordres d’organes:
Etant aussi rapprochés des vaisseaux, les nerfs doivent être déplacés , comprimés, aplais, tiraillés par les tumeurs anéyrismales, en sorte que l'engourdissement, les douleurs, la paralysie même sont alors des phénomènes presque naturels, et que là se trouve une cause puissante de gangrène, dès que la circulation artérielle vient à être interrompue. Un pareil accident n’est guère à craindre, toutefois, par cette cause qu'à l’aisselle et au jarret, que dans les lieux où tous les nerfs du membre peuvent être comprimés à la fois par la tumeur.
Les cordons nerveux qui n'accompaguent ni les artères, ni les veines, paraissent être plus particulièrement destinés aux muscles. Plusieurs d’entre eux traversent des ouvertures osseuses, ou ostéo-fibreuses, incapables de les comprimer jamais. Ainsi les nerfs du crâne, ainsi les nerfs du bassin, ainsi le nerf susscapulaire, ainsi tous les nerfs rachidiens.
D'autres passent dans l'intervalle de pièces mobiles du squelette, et peuvent être comprimés dans certains mouvements au point d'engourdir la totalité du membre. C’est ce qui arrive parfois au plexus brachial entre la première côte et la clayicule. La plupart finissent par se metlre en contact immédiat avec la surface de quelques os, et quelques-uns, par la contourner sur un point déterminé. Le circonflexe contourne le col de l'humérus ayant de se perdre dans le deltoïde; le radial en contourne le corps, et le cubital l'épitrochlée. Il en est de même du poplité externe, au-
(1) De Ancvrysmate à Læsa Brash., co.