‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 20 sur 87 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

dessus de la tête du péroné, du jambier postérieur sur la gorge du calcanéum, du radial sur la face externe du radius, ete. De tels rapports les exposent, non-seulement aux ébranlements, à la commotion, ainsi que tout l'organisme dans les chutes, aux contusions, et à l'action de tous les corps contondants, mais encore à être gravement compromis où blessés dans les fractures , à se laisser renfermer dans le cal, x devenir ainsi la cause de douleurs inouïes, de mouvements convulsifs, et d'accidents tétaniques. Presque toutes les articulations importantes, l'épaule, le coude, le genou, le pied, en sont entourées de cette manière. Aussi quelques variétés de luxation sont-elles très-sujettes à faire naître les dangers que je signalais tout-à-l'heure, et souvent accompagnées ou suivies de paralysie.

La texture solide, quoique peu extensible, de leur névrilème, et la réunion d’un certain nombre de filets dans chaque cordon, leur donne une très-grande tenacité, une résistance presque insurmontable, dans le sens de leur longueur, tellement que leur déchirure n'a lieu qu'après celle des vaisseaux, ou même des muscles, et que les tractions exercées sur eux peuyent en ébranler les racines à la moelle, les détacher du cordon rachidien plutôt que de les rompre dans leur trajet, s'ils conservent quelque liberté au milieu des par- Lies dont ils traversent les interstices. C’est ainsi du moins que M. Flaubert (1) dit lavoir observé à la suite de violents efforts sur le bras pour réduire d'anciennes luxations de l'épaule. Tous leurs filets étant parallèles, il est au contraire très-facile de les déchirer, ou plutôt de les éparpiller transyersalement. Seulement, comme cela ne se peut faire sans rompre le üissu cellulaire qui les unit, ainsi que de trèspetits filaments qui vont de l'un à l’autre, et que leurs molécules se trouvent à la fois tiraillées et comprimécs dans tous les sens, il en résulte aussitôt une exaccrbation de sensibilité, des douleurs d'une violence extrême,

$ 2. — Norfs viscéraux.

Si la forme ganglionaire du grand sympathique lui donne une vie en quelque sorte indépendante, sa communication avec le système cérébro-spinal, par autant de racines qu'il y a des troncs nerveux venant du cerveau et de la moelle, la rattache d'une manière assez intime à cette dernière pour que sa destruction le prive bientôt de la plus grande partie de sa puissance, et finisse par en anéanlir complètement les fonctions. Ne transmettant point au centre commun les impressions reçues par es organes auxquels il fournit l’innervation ,

(1) Répert. d'Anat: et de Phys., elc. Paris, 1827.

on peut couper, diviser plusieurs de ces orga-

nes sans produire de douleurs. 11 faut noter

toutefoisque la section, la simple division des

cordons de l'autre système n’est pas non plus

très-douloureuse , et que, sous ce rapport, le

grand sympathique et les nerfs encéphaliques

diffèrent moins qu'on ne serait porté à le pen-

ser. N'ayant point de névrilème, se modifiant

plus où moins dans le plexus et dans les gan-

glions qu'ils sont obligés de traverser, les ra-

meaux du trisplanchnique ne doivent con-

duire qu'avec peine les impressions jusqu’au cerveau , et encore ne lesy amènent-ils qu'après leur avoir imprimé des caractères particulicrs. La compression, la torsion, la déchirure du testicule, des intestins, sont accom-

pagnées de souffrance de même nature, parce que leurs nerfs sont fournis par le grand sympathique ; mais toute personne qui les a ressentiesune fois ne les confondra jamais avec celles de l'autresystème. Comme ces filaments se mêlent d'une manière intime aux organes, il est à peu près impossible de les en séparer , etc'est à cette cause sans doute qu’il faut s'en prendre si, quand on étrangle une partie qui ne renferme que des nerfs ganglionaires, la douleur moins aiguë, plus sourde d'abord, dure plus long-temps, et finit par devenir plus vive que s’il y parvenait des cordons du système ra chidien. Le mélange devient tellement intime dans certains appareils organiques qu'on finit par ne plus pouvoir en suivre les traces. C’est ainsi que le système vasculaire des membres, et mème de tout le corps, ne laisse apercevoir des filets nerveux autour de ses branches qu’à leur origine, et qu'il est bientôt impossible d'en démonter .le moindre vestige dans aucune de sestuniques, pas plus dans l'épaisseur dela tunique externe que dans les tuniques profondes. Aussi est-il à peu près certain que la ligature , la torsion, la piqüre des artères et des veincs ne seraient accompagnées d'aucune douleur si le chirurgien pouvait ne toucher à aucune des fibrilles nerveuses qui se distribuent dans la gaine cellulaire et ses environs.

Les branches du grand sympathique sont d'ailleurs tellement ‘accollées aux artères ou enchevétrées dans leur gaine, qu'ilest en général très-difficile de les en isoler, Heureusement queleur ténuité, et le peu de développement de leurs propriétés vitales, ne les exposent que très-peu à l'inflammation et à ses produits, qu'il est par conséquent très-rare qu'on ait à pratiquer sur eux la moindre opération. Il faut observer cependant que, destinés à ne former qu'un lacis, par l'intermède de ses plexus et de ses ganglions, au lieu d'être conslitué par une série de cordons divergents, le grand sympathique ne peut guère être affecté sur l'un de ses points sans que les autres ne s'en ressentent. Ses lésions physiques devraient

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