‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 22 sur 87 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

DU SQUELEITE.

Composé d'os, de cartilages, de ligaments c$ de membranes synoyiales , le squelette, partie la plus solide du corps, sert naturellement de point d'appui à tous les autres systèmes organiques, dont il occupe d’ailleurs le centre, et dont il détermine en même temps les formes principales. Ses propriétés physiques , orgamiques, vitales, exercent une telle influence sur ses affections que toutes ont besoin d’être étudiées ayec la plus minutieuse attention par le praticien, d'abord dans la continuité de ses différentes pièces, ensuite dans ses articulations.

Art. ler. — Os proprement dits.

$ Ler. — Structure.

A. La trame fondamentale du tissu osseux es l'élément cellulaire, ce qui le rend aptea contracter les maladies propres au reste de l'organisme; mais cet élément y est modifié de manière à receyoir une forte proportion de sels terreux, d'une part, et à sécréter de l’autre, la matière grasse connue sous le nom de moelle; ce qui imprime à toutes ses lésions les caractères qu'on leur connaît. Dans le jeune âge, la sécrétion graisseuse se faisant à peine, c'est la texture osseuse qui l'emporte. Seulement, comme il sy trouve en même temps une grande proportion de gélatine, les os sont d'autant moins disposés à se briser, et d’autant plus prompts à se consolider , une fois la fracture opérée, que le sujet est plus jeune. Danslavicillesse, on observe tout le contraires: la substance huileuse prédominant, la portion purement osseuse diminue en même proporlion. On serait porté à croire, d'après cela, que leur disposition aux solutions de continuilé ya en diminuant avec les progrès de l'âge; mais comme ils perdent en mème temps leur gélatine, la matière organique fondamentale, c’est leur fragilité et non leur souplesse quiaugmente après l'âge adulte. Le surcroît de phosphate calcaire admis dans le système osseux des vieillards par presque tous les auteurs, pour expliquer la fréquence de leurs fractures, n'existe récllement pas. L'huile médullaire deyient de plus en plus abondante, et la trame cellulo-vasculaire s'atrophie dans la même progression; mais la quantité, absolue de matières Lerreuses n'angmente pas.

La substance osseuse se présente sous Ja forme de fibre, et constitue le tissu compact partout où la moelle se remarqüe à peine.

Ailleurs elle se montre sous l'aspect de lamelles, de folioles ou de filaments qui, en se réunissant, s'entrecroisant de diverses manières, produisent le tissu réticulaire et le tissu spongieux. Que la raréfaction de la substance des os soit l'effet ou la cause de la surabondance de moelle qu'ils renferment, peu importe ; toujours est-il que plus elle est prononcée, plus ils sont faciles à briser, à écraser, eb vice versa. Aprèsl'âge critique, cette raréfaction et la prédominance du suc médullaire sont tellement marquées chez les femmes, que la portion moyenne deleurs os longs semble elle-mêmese transformer entissuspongieux, et qu'on peutl’écraser etla rompre avec une facilité vraiment surprenante. Il m'est souvent arrivé, dans nos amphithéâtres , de couper sans peine avec le scalpel les extrémités articulaires du fémur, du tibia, de l'humérus, le corps des vertèbres, les os du tarse de sujets semblables, quoique leur squelette n'eût jamais offert la moindre apparence delésion. C'est d'ailleurs un état extrèmement fréquent, digne de fixer l'attention, qui réclame des recherches nouvelles, et qui ôte une grande partie de leur merveilleux à ces observations de fractures presque spontanées dont parlent une foule d'auteurs. Saviard (1), M. Richerand (2), MM. Larrey (3), Cruveïlhier (4), entre autres. Dans l'enfance, et dans certains os, les os grèles , et quelques os plats en particulier, la matière est si rare, et l'élément gélatineux si abondant au contraire, que les fractures incomplètes, niées par tant de personnes, s'y remarquent quelquefois. Le crâne (5), l'humérus (6), le fémur (7), le peroné (8), les côtes (9), le tibia (10), en ont offert des exemples incontestables. IL n'est pas de jour qu'on n'en produise en ouvrant la poitrine, en brisant les côtes des cadavres (11), et tous les os longs paraissent en être susceptibles. C'est à la même disposition qu'il faut rapporter la possibilité des fractures en long , admises dès long-temps par V. D. Wiell, Duverney, Heister, rejetée avec force par J. L. Petit, toute l'ancienne académie de chirurgie.

(1) Obs, de Chirurg., p. 254.

(2) Mosograph. chirury.

(3) Cliniq. chirurg., t. 3.

(4) Bibl. méd.,t. 2, p. 429-1829. À

(5) Chanssier, Bullet. de la Faculté. Bégin, Méd. opérat. de Sabatier.

(6) M. Goubert.

(7) Edim. Journal. of Méd So, 1826.

(8) Campagnac, Journal hebdom., t. 2, p. 97. 1829.

(9) M. Manec, Vouv. Biblioth. méd. ,t.1er, p.44,

(10) MM. Fleury et Pourcher, Journal hebdom. 1829°

(11) Pailhoux, Bibl. méd., t.1,p. 441, 1898.

DU SQUELETTE

M. Boyer, M. Richerand, et la’plupart des mo-

dernes, mais que les exemples rapportés par

Leveillé (1), M. Haime (2), M. J. Cloquet (3),

M. Avenel (4), M. Campaignac, M. Ripault,

M. Delestre(5), ne permettent plus de révo-

quer en doute, quoique plusieurs de ces faits

ne soient guère plus concluants que celui de

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