‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 29 sur 87 · OU DES RÉGIONS DU CORPS HUMAIN · texte numérisé non relu

OU DES RÉGIONS DU CORPS HUMAIN

Pris dansson ensemble , le corpsde l'homme, étant composé de tous les systèmes organiques étudiés. dans la première section de cet ouvrage, doit être sujet à la réunion des diverses maladies propres à chacun d'eux. De la le besoin de le soumettre à un examen général avant de descendre dans les détails qui concernent ses régions spéciales. Le médecin opérateur, comme le peintre , doit avant tout en connaître la surface , les contours et les dimensions. En effet , presque toutes les lésions qui rentrent dans le domaine de la pathologie chirurgicale sont accompagnées de changements dans les formes extérieures , la plus simple inflammation aussi bien que les solutions de continuité les plus étendues, que les luxations, lesfractures, les abeès les plus graves. Sans cette connaissance, en un mob, le diagnostic du praticien serait à chaque instant en défaut, et la thérapeutique le plus souvent mal appliquée.

Poûls. — Il n'est pas jusqu'aux poils dont le corps de l'homme est couvert qui ne méritent de fixer l'attention. Leur abondance sur le devant du sternum , au creux de l’aisselle , à l’anus et autour des organes sexuels, explique la prédilection des insectes pour ces diverses régions. L'activité que leur racine donne à la peau est une des causes de la fréquence des boutons , des dartres , des pustules, des efllorescences qu'on y observe. Naturellement plus nombreux sur les lieux excayvés, en avant surtout, ils restent en général moinsapparents sur les parties convexes. Les frottements du linge ou des vêtements ont une grande part à cette disposition, On en trouve à peine sur le sommet de l'épaule, à la partie externe des cuisses, à la portion externe et postérieure du mollet. Comme ils se collent facilement entre eux ; et plus facilement encore aux substances diverses qu’on applique sur la peau, ils ne peu-

vent que nuire dès que l'emploi du moindre topique, dès que la plus légère opération devient indispensable sur le point qui en est couvert. Comme il suffit, d'un autre côté, de Jes rebrousser un peu quand les tégumentssont enflammés, pour causer de la douleur, comme leur interposition peut gêner le contact immédiat des compresses , de la charpie, de certains onguents , etc., il est tout simple qu'on ait établi en règle de les raser. C'est également à cause des érysipèles, del'irritation, des souffrances que produit leur tiraillement , qu'il convient de se conduire encore de la sorte, avant de recourir aux cataplasmes et aux bandelettes adhésives, avant de panser une plaie quelconque et de pratiquer les plus petites ineisions.

Les plaies, une foule de phlegmasies, les opérations, les pansements étant ainsi rendus plus graves ou plus difficiles, par suite de l'abondance des poils, lesfemmes et les enfants doivent offrir sous ce rapport quelques ayantages qu'on ne trouve pas chez l'homme adulte.

Rides et dépressions. — Les nombreuses dépressions de la surface du corps, indiquant quelque état spécial de ses parties constituantes, ne peuvent êlre négligées sans inconvénient. Sous la forme d'étranglement ou de simple resserrement circulaire, comme au cou, au flanc, au coude, au poignet, au bas de la jambe, elles font que les bandages ne s'appliquent bien que sur leurs portions moyennes, et que les emplâlres agglutinatifs n'ont aucune prise sur elles, quand il devient utile de les placer dans le sens de l'axe du corps ou du membre; d'où la difliculté d'en réunir immédiatement les solutions de continuité transversales, autrement que par la suture ou la position; et le principe de donner à leurs plaies, quand on y pralique des opéra-

lions, une direction longitudinale. Sansparler de celles qui tiennent à l'organisation de la peau où bien aux mouvements des articles, ctquiont été notées ailleurs (page !3) , il en existe une foule d'autres qui dépendent, soit de la proéminence des muscles, soit du relief de quelques organes particuliers, soit de l'absence du tissu cellulaire ou des masses charnues. Les premières , qu'on rencontre partout, correspondant en général à des cloisons intersmusculaires, indiquent d'abord la direction à suivre dans les incisions qui doivent pénétrer au-delà de l’aponévrose, et ensuite dans quel sens il faut porter le bistour1 pour ouvrir une gaîne fibreuse plutôt que Lautre. Leurs rapports ayec les vaisseaux en font en outre un des meilleurs guides à invoquer dans la ligature des artères. Enfin, le fascia continu à l'intersection sous-jacente, ne pouvant pas se relever au-dessous, fait que leur disparition pendant une inflammation phlegmoneuse est toujours due à l'état du tissu cellulaire sous-cutané, et que, par cela seul qu'un abcès s’y développe , il doit être superficiel, c’est-à-dire en dehors des aponévroses. Rien n’est d'ailleurs variable comme leur forme ct leur direction. Celles des digitations du grand dentelé sont obliques de haut en baset généralement peu marquées. À l'abdomen on en remarque de transversales sur les intersections du muscle droit, puis de longitudinales en dehors. À l'aisselle, au pli du bras, à laine, au jarret, sous le mollet, elles affectent encore d'autres directions, maïs elles n’en représentent pas moins partout des rainures assez régulières ou des demi-lunes plus ou moins courbées. On pourrait encore les diviser en deux ordres, attendu que les unes sont parallèles et les autres transversales ‘aux muscles. Leur importance relative rend même cette distinction indispensable. Il n'y a que les premières, en effet, qui veulent qu'on les suive dans la pratique des incisions, les secondes deyant aù contraire être Île plus souvent sacrifiées à la conservation des autres tissus.

Les dépressions amenées par la saillie d’un organe parüculier, n'ayant plus de rapport avec la direction des muscles, peuvent reyétir toutes sortes de formes. C'est ainsi que celle qui limite le sein inférieurement simule un étroit et profond sillon chez les vicilles femmes, tandis que celle qui sépare le même organe de Ja clavicule et de l'épaule appartient à l’ordre des éxcavations.

Les dernières, celles du troisième genre, étant ordinairement séparées par des tendons, dés muscles, où des reliefs osseux, indiquent presque toujours les adhérences des téguments au squelette. Aussi est-ce en les suivant qu'on avrive le plus sûrement à reconnaître le siége des fractures, aussi bien que de certaines luxations. Elle permettent, par la mêmeraison,.

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