‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 32 sur 87 · DU TRONC · texte numérisé non relu

DU TRONC

Le tronc, partie du corps qui renferme tous les organes spéciaux , se compose de quatre portions essentielles : la tête, le cou , la poitrine et l'abdomen. En le supposant séparé des membres , ses plus grands diamètres seraient au milieu de la poitrine, si ce n'est au bassin, comme chez quelques femmes. Généralementun peu aplati, ses quatre plans alors s'inclinent tous plus ou moins vers le cou. Sa longueur, qui comprend environ la moitié de Ja hauteur totale de l'homme , encore plus considérable chez la femme, varie beaucoup moins que celle des membres. La différence, à ce sujet , est si grande que le tronc d'un individu

de quatre pieds et demi égale souvent les dimensions de celui du plus beau grenadier , et que Les hommes de tailles les plus diverses ’ pourraient bien paraître de niveau s'ils étaient

ol

à cheval.

La peau du tronc ne présente de poils, à 1 exception des cheveux et de la‘ barbe , que sur sa région antérieure et sur la partie inférieure du bassin. Son épaisseur, qui va en augmentant des côtés versla région postérieure, explique pourquoi les furoncles, les anthrax y sont si fréquents, et le volume de ses cryptes rend compte de l'aspect boutonneux qu'on y observe souvent. Protégée par les vêtements contre l’action de l'atmosphère et des rayons lumineux, elle se colore naturellement moins qu'à la figure et sur les autres parties découvertes , mais sa blancheur tient aussi à ce qu'elle reçoit moins de vaisseaux que dans une foules d'autre régions; ce qui luipermet de résister un peu davantage aux causes d’inflammation et d'érysipèle.

La couche sous-cutance y est extrêmement irrégulière. Mince et purement lamelleuse dans certains points, elle est épaisse dans d’autres, et plutôt filamenteuse dans quelques-uns. Aussi y observe-t-on tous les genres de phlegmasies diffuses ou phlegmoneuses. Cependant, comme les téguments qu’elle double jouissent d’une densité très-grande , les abcès y acquièrent rarement un grand volume. Aucune veine , aucune artère un peu importante , aucun nerf digne d'attention ne s'y rencontrent. Aussi les plaies , les opérations n'y sont-elles jamais suivies d'hémorrhagie , d'accidents nerveux, inquiétants. Du reste, comme ses adhérences ne sont nulle part bien difficiles à détruire, on parvient aisément à décoller les lèvres des plaies qui s'y rencontrent , et dont on veut obtenir l'agglutinationimmédiate. Le fascia superficialis s'y voit à tous les degrés, et les aponévroses n’y offrent non plus aucune régularité; en sorte que ladivisiondes inflammations et des dépôts en superficiels et en profonds n'y est pas également possible sur tous les points. ;

Si quelques-uns de ses muscles , les droits de l'abdomen et ceux du cou, par exemple, ont une gaine fibreuse, on ne peut nier que la plupart n'en soient dépourvus. Leur forme aplatie ou rubanée empêche d'en reconnaitre toujours la direction à l'extérieur , mais l'adhérence de leur face profonde à des portions fort étendues du squelette en rend les incisions aësez peu dangereuses. Ne formant ordinairement qu'un plan, et n'ayant d’ailleurs que très-peu d'épaisseur , ils ne masquent pas absolument la présence des os ou des viscères sous-jacents.

Les vaisseaux, les nerfs forment deux ordres ici. Les uns rampent à la surface ou dans l'épaisseur des parois des cavités splanchniques, et

Page 1