‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 37 sur 87 · DU CRANE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU CRANE EN GÉNÉRAL

pas cette disposition , il n’est jamais indispensable alors d'opérer sur les sutures, Leurs engrénures ont fait croire que la disjonction en était impossible chez l'adulte ; maïs les observalions publiées par MM. Robert (1) Goubert (2), Lenoir (3), ont depuis fait justice d’une pareïlle erreur. En amortissant fe mouvement communiqué aux os, elles diminuent la fréquence des fractures par contre-coup, que leur disparition graduclle dans la vieillesse rend, par cela même, beaucoup plus faciles.

Dans le jeune âge, les os du crâne sont si souples qu'ils se dépriment ou se laissent enfoncer à la manière d'une plaque d'étain sans se fracturer. Chaussier en a cité des exemples, J'en ai observé de semblables, et les accoucheurs en recucillent chaque jour en foule:

La couche diploïque , qui en sépare les deux lames , fait que les fractures peuvent en at teindre la lame externe et la lame interne séparément , et comme celle-ci est moins large et plus fragile, ce qui lui a fait donnerle nom de vitrée , elle se brise ordinairement dans uné plus grande étendue que l'autre. Les canaux veineux quiles parcourent expliquent comment sa perforation est tantôt accompagnée , tan” tôt privée d’un écoulement sanguin assez abon= dant. N'ayant presque pas de vaisseaux pro® pres, ne recevant leurs fluides que par l'intermède du péricrâäne ou de la dure-mère , qui même leur en fournit à peine , les os du crâne se nécrosent avec une grande facilité et ne sé reproduisentpas.

Les artères qui en sillonnent la face interne font que dans les fractures le sang s’épanche souvent entre euxet la dure-mère. Dn reste les adhérences de cette membrane ne permet tent ni à ces épanchements , ni aux foyers pu= rulents de s'étendre en nappe, et deviennent une des causes qui rendent alors l'opération du trépan fort ayantageuse, tandis que dans l'a= rachnoïde , ou à la périphérie du cerveau; elle est à peu près constamment inutile, à cause de l’état des surfaces , qui obligent les liquides à se répandre en couches peu épaiss ses. Les fausses sutures , les sillons vasculaires de l'extérieur sont autant de causes d'erreur quand on cherche à reconnaître une fracture:

La disposition du diploé chez les vieillards rénd compte de l'atrophie qui. occupe tantôt toute la boite crânienne , tantôt quelques-uns de ses points seulement , et qui , comme le dit M. Blandin , est probablement due à l'obli tération graduelle des veines émissaires.

Quoique le crâne renferme l'organe le plus délicat de l’économie , on l'a vu détruit dans un grand nombre de points, soit par des trés

(1) Arch, t. 19, p. 205.

(>) Thèse. Observation recueillie à la Charité de Paris.

(5) Revue méd., 1851,t. 2, p: 564.

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panations répétées (1); soit par des maladies (2), sans que cet état ait amené la mort des sujets. Sa mollesse , ses nombreux vaisseaux , le font participer à toutes les secousses qu'ér prouve la tête, et permettent d'en expliquer la commotion , les épanchements et la contusion. L'importance de ses fonctions dit assez comment les blessures du crâne peuvent devez nir dangereuses , et la distribution de ses ramifications artérielles fait pressentir que les épanchements sanguins doivent s'opérer de préférence dans sa substance grise.

Les fontanelles doivent étre aussi, notées.

Celles qui se voient en bas des régions temporo-pariétales disparaissent en général de bonne heure chez le fœtus, et ne sont d'ailleurs d'aucun secours pour l'acçouchement. Il peut se faire, comme nous l'ayons déjà dit, des hernies encéphaliques par ces espaces membraneux, et c'est par là que des criminels ont quelquefois introduit dans le crâne de jeunes enfants des aiguilles et d'autres instruments pour les faire périr.

L'antérieure , la plus constante , la plus large de toutes, a la forme d’un losange , et les quatre sutures qui viennent s'y rendre se croisent à angle droit. Etant mieux connue et plus grande que les autres , on a supposé que des épingles ct d'autres corps étrangers grèles, trouvés par quelques chirurgiens dans l'intérieur du crâne , sans trace d'ouverture externe, avaient été introduits par cette voie (3). On la vue persister chez un jeune homme de vingt ans(4) , et même,chezun autre detrente ans (5). Exposant alors à l'encéphalocèle, c'est pour prévenir l'apparition de cette maladie , ainsi que l’action des corps extérieurs, qu'on ;a conseillé des bonnets matelassés de diverses manières,

La fontanelle postérieure , souvent fermée lors de la naissance , est plus importante que la précédente , sous le rapport de la parturition, puisqu'elle se trouve effectivement au centre de la partie qui descend la première.

On la distingue à son étroitesse, à sa forme triangulaire , et surtout aux trois branches de sutures qui y arrivent en conyergeant. La direclion de ces lignes est même le seul caractère sur lequel on puisse compter pour lareconnaître , quand l'angle de l'occipital m'est pas encore ossifié, ou quand la suture sagittale se prolonge versle trou rachidien , en séparant cet os en deux parties symétriques.

(1) Quesnay, Pott, Solingen, Y. D. Wiel, M. Toussaint.

(2) Lacharière , Blegny, M. Richerand , M. Paillard, etc.

+ (1) Valentin, Voyage en Italie , ete. Manne, Buletin de la Société médicale d'Emulation, mai, 1810.

(2) Bauhin.

(6) Bartholini.

L'arrangement des divers os du crâne fait qu'il en résulte une boîte ovalaire ou sphéroïde qui résiste aux chocs extérieurs, à Ja manière des voûtes suivant Bertin, et à la manière des sphères suivant Béclard. L'abondance des veines qui en parcourent l'épaisseur et l'état vasculaire de leur diploé (1) les exposent à l'hémorrhagie, quand on les perfore (2), aux fongus médullaires (3), aux tumeurs érectiles (4), xla dégénérescencefibreuse (5) ;à se ramollir au point de devenir saignants à la moindre pression (6) et comme charnus (7) ; à prendre une épaisseur considérable , de huit lignes (8) et même plus (9), ainsi que je l'ai observé une fois à la Pitié, en 1831. Alors cependant leur substance spongieuse disparaît assez souvent. Sur une pièce que M. A. Andral, interne des hôpitaux, m'a fait voir, en 1832, leur épaisseur, d’un pouce sur les côtés, d'un pouceet demi dans le trajet de la suture sagittale, était accompagnée d'une éburnation presque complète (10). La nature de la duremère rend compte destumeurs fibreuses qu'on y observe souvent , ct les épanchements produits par la violence des chocs extérieurs qui se font ordinairement entre cette membrane et les os, étant retenus entre deux surfaces solides, se transforment aisément en tumeurs fongueuses sanguines , qui doivent être distinguées des précédentes:

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