SECTION DEUXIÈME
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Partie rétrécie du corps, placée entre la tête et le thorax, le cou varie presque à l'infini pour la longueur, suivant l'embonpoint et Ja constitution des sujets. Gros et très-court chez quelques-uns, il est, au contraire, grêle et très-long chez beaucoup'd'autres. Si le premier cas ne tient pas à l'embonpoint seul, ïl coïncide ordinairement ayec la disposition apoplectique. Le second se remarque souvent chez ceux qui sont prédisposés à la phthisie. Fortement élargi transversalementenbas pour se continuer avec les épaules, il descend moins, par la mémeraison , sur la poitrine en arrière qu'en ayant ; mais sa portion libre , remontant beaucoup plus loin, à cause de la face, dans le premier sens que dans le second, rétablit ainsi l'équilibre sous ce point de vue. Il n’en résulte pas moins que les lésions du tiers inférieur de sa région antérieure, et du tiers supérieur de sa région postérieure, sont beaucoup plus difficiles à panser au moyen des bandages circulaires que sur les points correspondants de la région opposée. Le moelleux de ses contours, dans l'enfance et chez la plupart des jeunes femmes , permet à peine d'y en apercevoirles inégalités ; tandis que chez l'homme adulte on distingue une série de dépressions et de saillies à sa surface. On y trouve cn effet une dépression sus-sternale, une dépression thyromaxillaire,une dépression sterno-parotidienne, une dépression sus-claviculaire, une dépression sterno-cléidienne, une dépression sous-occipitale, une saillielaryngienne, unesaillie sternomastoiïdienne, unesaïllie trapézoïdienne, etc., qui peuvent toutes servir d'indices dans quelques opérations chirurgicales. L'une d'elles, celle qui appartient au muscle sterno-mastoïdien , se portant en diagonale, du sternum qui est en avant, jusqu'à l'occiput qui est en arrière ou de côté , a besoin d'être indiquée ici, parce que , appartenant à plusieurs régions à la fois, 1l serait difficile de l'accorder à aucune en parliculier. La bifurcation de son extrémité inférieure est annoncée à l'extérieur par une excavation quitombe assez exactement sur le tronc de la carotide primitive. Aussi M. Ch. Sédillot (1) a-t-il proposé de pénétrer par là pour lier cette: artère. S'écarlant de plus en plus de la ligne médiane à mesure qu'il s'élève, lemuscle sterno-mastoïdien fait que la ligature de la carotide est d'autant moins difficile qu'on la cherche moins bas. C'est lui qui limite la fosse sus-claviculaire par son bord postérieur , ob la dépression sterno-parolidienne par son bord antérieur. En rapport par sa face pro-
(x) Bibliothèque méd., 1. 2, p.63, 1829.
fonde ou par ses bords avec les principaux vaisseaux el nerfs du cou, on conçoit toute l'importance que doivent lui accorder les chirurgiens. Perforé un peu au-dessus de sa partie moyenne par le nerf spinal, on voil comment il peut être influencé par les maladies de ce cordon. Croisée presque dans le même point par la veine jugulaire externe, sa face cutanée deviendrait, sans cela, le lieu d'élection pour la saignée du cou. Le relief qu'il forme de chaque côté est un obstacle à ce que les instruments portés en travers arrivent facilement aux vaisseaux dans le suicide. Seulement je ferai remarquer que, reporté en arrière en même temps que les artères sonb poussées en avant par le renversement de la tête, il perd alors de sa valeur au liew d'en acquérir davantage, comme le croit M. Gerdy (1). En y joignant le bord du itrapèze et la clavicule, il protége de la même manière les vaisseaux sous-clayiers ebl'origine du plexus brachial. Son insertion sur l'apophyse mastoïde explique le mouvement de rotation qu'il imprime à la tèle en agissant d'un seul côté , et la déviation faciale qui caractérise le caput-obstipum ou torticolis. Sa conlraction étant la cause de cette affection, on comprend que, si elle était permanente, on pourrait à la rigueur en obtenir la guérison par la section complète du muscle (2), si la crainte d’une rélraction consécutive n'était pas là pour arrèter l’opérateur. Du reste, le cou se divise assez naturellement en trois régions, une région antérieure, une région sus-claviculaire ou latérale, et une région postérieure.