RÉGION ANTÉRIEURE OÙ STERNALE
avoir eu beaucoup d'embonpoint ; chez les personnes enfin dont la circulation veineuse est depuis long-temps gênée par une lésion organique des viscères du thorax. Cest encore aux veines sous-cutanées que sont dues ces sortes de vergetures que présente la peau de certains sujets, sur le devant de la poitrine.
7e Les {ymphatiques sont assez nombreux en approchant des régions axillaire et costale , et bien plus manifestes chezla femme adulte que chezl'homme. Ceux qui sont placés au-devant du musele grand pectoral remontent dans les ganglions du cou; de là leur gonflement , leur
‘altération, quand les mamelles sont affectées de cancer. La couche profonde se porte directement dans l'aisselle et communique, en outre, avec les lymphatiques de la cavité thoracique. Il existe quelquefois un ganglion dans la rainure qui sépare le bord inférieur du grand pectoral des autres parties, et ce corps estalors placé sur le plus gros faisceau de vaisseaux qui aille de la région sternale dans le creux dé l’aisselle. Au total, le système lymphatique est disposé de telle sorte ici, que les vésicatoires,, les cautères ainsi que toutes les maladies chroniques avec altération de tissu, persistent rarément au-delà de plusieurs mois sans réagir sympathiquement sur les ganglions du ereux sous-claviculaire.
8° Merfs. Les extrémités de terminaison des branches nerveuses intercostales sont les seules qu'on remarque dans le quart inférieur
de cette région, qui reçoit supérieurement des filets assez nombreux du plexus axillaire et l'épanouissement des branches sus-claviculaïres du plexus cervical. Ces nerfs ont peu de volume , et ne peuvent être l'objet d'aucune considération importante relativement aux opérations, à moins qu'on ne s'én serve pour expliquer les douleurs du cou et de l’aisselle dans les blessures et les maladies du devant de la poitrine. Il convient seulement de remarquer que ceux qui viennent duplexus brachial et des branches intercostales paraissent plus particulièrement se distribuer aux muscles, tandis que les rameaux ceryicaux semblent plutôt appartenir à la peau.
Laënnec (1) pense que l’angine de poitrine n'est souvent autre chose qu'une névralgie de ces derniers; mais il mé semble que cé qui a été décrit par Rougnon, Héberden , par beaucoup de médecins anglais et français, sous le nom d'angor, d'angina pectoris, est une maladie qui affecte des organes d'une autre importance que ceux dont il s'agit.
9 Le squelette est formé par la totalité du sternum , les cartilages sterno-costaux et l'extrémité sternale de la clavicule. Dans larticulation , les surfaces, disposées de telle sorte
(1) Locons au Collége dé France, 1825.
que l'extrémité claviculaire n’est pour ainsi dire qu'appuyée sur la facette sternale, sont fixées, en revanche, par le moyen de ligaments forts et très-courts. La nature des mouvements que doit exécuter la branche horizontale de l'épaule l'empêche de se luxer aussi souvent qu'on pourrait le croire au premier abord. L'espèce de capsule qui l'attache au sternum, très-forte en haut, se trouvant unie, d'autre part, à l'échancrure sus-sternale, et à l'os semblable du côté opposé ; la clavicule résiste long-temps avant de s’échapper dans ce sens de la cavité qui la renferme. Il est vrai qu'au moment de son abaïssement elle agit sur la première côte comme un levier du premier genre; mais la disposition de l'épaule en général et de l'omoplateen particulier, s'oppose x ce que ce mouvement soit porté assez loin pour opérer la rupture des ligaments. En arrière, elle fait saillie dans le sommet du thorax, etrépond : 1° du côté droit, à la terminaison de la veine sous-clavière gauche, au tronc innominé, qui en est séparé par l'attache des muscles sterno-thyroïdien et sterno-hyoïdien; 2° du côté gauche, à la même veine et à l'intervalle qui sépare les artèrés sous-clayière ét carotide gauches. Malgré ces dispositions défavorables, les luxalions postérieures sont cependant extrêmement rares. La raison s’en trouve dans la force de la capsule fibreuse, du ligament costo-claviculaire, et dans la position du scapulum, quine permettent pas au levier transversal de l'épaule de se porter assez en avant pour produire la luxation. En bas, les deux os étant en contact, toute espèce de déplacement est impossible.
En avant il n'en estpas de même. En effet, l'articulation n’est soutenue, de ce côté, que parle tendon sternal du muscle sterno-mastoïdien, qui, le plus souvent encore, est trop rapproché de la ligne médiane, et par le ligament antérieur, ordinairement moins fort que plusieurs des autres. En outre, rien ne borne les mouvements dé la clavicule en arrière, êt lépaule -: présente bien plus avantageusement aux puissances externes par Sa face antéricure que par la postérieure, pour permettre ce mouvement. Il n'y a donc rien d'étonnant que la luxation en avant soit la plus fréquente, et presque la seule possible.
Le sternum offre une épaisseur d'environ huit lignes, épaisseur qui est plus considérable vis-à-vis des cartilages que dans les intervalles, et plus grande surtout dans ce qu'on appelle la poignée de l'os. Dans l'enfance, il est formé de différentes pièces qui conservent quelquefois leur mobilité dans l'âge adulte, surtout les deux premières. IL convient de rappeler ces particularités, qui pourraïent quelquefois en imposer pour des fractures. Assez souyent aussile primi-sternal et le duo-sternal
en se réunissant, laissent un trou (1) qui n'est rempli que pardu tissu fibreux ou fibro-cellu- Jeux , et qui pourrait faire croire qu'une opération de trépan a été pratiquée, permettre aux instruments de pénétrer dans la poitrine, etrendre ainsi les blessures plus graves en cet endroit. D'autres fois, les points latéraux d’ossification ne se réunissent pas convenablement sur la ligne médiane. Le sternum alors reste bifide dans son quart, son tiers, sa moitié inférieure même, et rien ne serait plus facile que de blesser les organes centraux du thorax, à travers une semblable division. L’appendice xiphoïde, faisant saillie à l’extérieur , tiraiïlle assez la peau, chez les sujets maigres, pour déterminer l'ulcération de cette membrane. Renversé en arrière, ona cru qu'il pourrait nuire aux fonctions digestives, et donner naissance à des accidents semblables à ceux de la gastralgie (2). - M. Billard de Brest est même parti de là pour aller le redresser au moyen de la gasitrotomie. Il faut savoir en outre que ce cartilage peut s'incliner à droite, à gauche, dans tous les sens possibles, et qu'il est tantôt mousse, d'autres fois aïgu , tantôt bifurqué, même quand le sternum est bien conformé.
L’ossternal étant très-rapproché, en hautetà droite, du tronc brachio-céphalique, M. Drivon (3) a pensé qu'en trépanant immédiatement au-dessous et en dedans de la clavicule, on arriverait aisément sur l'artère; mais cette opération, qui se pratique sans de grandes difficultés sur le cadavre, me semble d’une application bien difficile sur l'homme vivant. Skielderup et Laënnec (4)ont donné le conseil auss; de placer une couronne de trépan sur le tiers inférieur gauche du sternum, dans le cas d'hydro-péricarde , comme quelques personnes le faisaient déjà du temps de Riolan (5). Alors il faudrait se souvenir que cet os est moins épais en bas qu’à la partie supérieure. Quoique destiné à protéger des organes depremière importance, le sternum peut être malade, en grande partie désorganisé, détruit même, sans que pour cela la vie du sujet soit véritablement en danger. L'exemple rapporté par Galien (6), et tant de fois répété depuis, celui dont parle Harvey (7), dans lesquels le cœur était pour ainsi dire à découvert, en sont des preuyes incontestables ; en sorte que si du pus, du sang , ou tout autre fluide était accumulé dans l'écartement antérieur du médiastin, et que l'évacuation du produit morbide püt sauver le
(1) Riolan, Man., anat., p. 55.
(2) Cordronchi, Maladies nouvelles, Boulogne, 1603, cité par M. Gerdy , Anat. des Formes ,p. 79.
(3) Communication particulière , 1824.
(4) Auscult, méd., t. 2, p. 671. 2e édit.
(5) Man. anat., p+ 919.
(6) Adm. anat., 1. 7, Ch. 15.
(7) De Gener. Animal.
DE LA POITRINE
malade, on devrait imiter V. D, Wiel (1),