‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 53 sur 87 · L. Petit (2), et pratiquer ici sans crainte · texte numérisé non relu

L. Petit (2), et pratiquer ici sans crainte

l'opération dutrépan. L'os est d'ailleurs assez

mou, assez spongieux chez le plus grand nom-

bre des adultes, pour qu'il soit facile de le per-

forer, même -ayec l'instrument tranchant.

Cette mollesse, qui tient à sa grande vascularité, explique aussi la fréquence de ses maladies et pourquoi la nécrose y est moins communce que la carie, pourquoi les contusions l'enflamment si facilement et deviennent si souventdangereuses au-deyantde la poitrine (8). Susceptible d’élévation et d'abaissement pendant la respiration, comme suspendu à l'extrémité de cartilages flexibles, flexible lui-même jusqu’à un certain point, le sternum doit être très-diffcile à se fracturer ,etencore ne semblet-il pouvoir se rompre que par cause directe. En effet, on conçoit difhcilement qu'il puisse se diviser par cause indirecte. Cependant l'exemple rapporté par David, et dans lequel on voit qu'un homme, tombant de très-haut sur le cartilage ensiforme, se fractura l'os sternal au milieu de sa longueur , s’est reproduit plusieurs fois depuis. Chaussier en a fait connaître un second (4) et MM. Comte et Maxtn (5) en ont publié un troisième, recueillis sur des femmes qui, pendant la violence du travail s'étaient renversées le tronc avec force en arrière. On pense bien du reste que dans ces fractures, produites par une cause ou par l'autre, les désordres antérieurs doivent plus occuper le chirurgien que la lésion du sternum. Cependant il est possible qu'un des fragments se déplace en arrière, et alors il ne pourrait manquer d'agir d’une manière fâcheuse sur le cœur, ou les principaux troncs vasculaires. La consolidation en est d’ailleurs très-prompte, à cause de la grande vitalité de l'os, qui est, en outre, interposé entre deux couches fibreuses d’une certaine épaisseur. Il importe seulement de maintenir les fragments dans l'immobilité; ce qui est facile, en obligeant la respiration à se faire aux dépens du diaphragme. La youssure qu'il présente dans son tiers supérieur explique la fréquence des fractures qu'on rencontre dans ce point. Sa position superficielle permet d’ailleurs d'en reconnaitre facilement la crépitation et le moindre déplacement. Fixé par le muscle droit du ventre en bas, et par le sterno-mastoïdien en haut on conçoit que de violentes contractions, avec renversement du tronc en arrière, parvien= nent à le rompre. La résistance qu'il oppose aux collections de l'écartement antérieur du médiastin rend compte des déviations qu’elles

(a) Obs., t. 1, p.120.

(2) Malad. ch., t. 1, chap 5.

(3) 3. L. Petit, Malad, ch., t. 1, p. 158.

(4) Procès-verbaux de la Maternité.

(5) Revue méd., 1827 , t. 2, p. 260.

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