CHAPITRE PREMIER
PARTIES CONTENANTES.
ART. 1or. — Parois molles en général.
Il ya dans cette partie du tronc une portion mobile , extensible , composée de tissus mous, et une portion solide et fixe qui renferme le squelette. La première constitue la paroi abdominale proprement dite. Beaucoup plus importante en chirurgie que la seconde, elle mérite une attention toute particulière dans quelques-uns de ses points. Sa forme est celle d'un carré losangique, lorsqu'on la suppose séparée du corps et aplatie, ou celle d'une croix de Malte, inégalement échancrée. Ses angles latéraux se prolongent en arrière entre la crête iliaque et les côtes, pour aller se fixer à la colonne vertébrale. En haut, elle tient aux cartilages des fausses côtes, s'attache à l’appendice du sternum, et remplit la grande échancrure antérieure de la base du thorax. Enfin, en bas, elle se fixe à toute la longueur dela crête iliaque ou du ligament de Poupart, et remplit ainsi complètement l'échancrure pubienne du grand bassin. C’est sur elle qu'on voit à l'extérieur, chez un sujet adulte , maigre et bien musclé: 1° en haut, sur la ligne médiane, une excavation qui termine la gouttière moyenne de la région sternale et qui constitue le creux épigastrique , ou, vulgairement, la fossetto de l'estomac ; 2 plus bas, une rainure en général peu pro-
DE L'ABDOMEN
fonde, continuant la fossette précédente, et qui n'arrive pas jusqu'au pubis; 3 tout près du pubis, un relief plus ou moins marqué, qui commence le pénil ou le mont de Vénus; 4° en dehors de la ligne médiane, deux saillies parallèles à l'axe du corps , interrompues d'espace en Cspace par des dépressions transversales, et qui correspondent aux muscles droits ; 5° plus sur les côtés, deux larges dépressions, superficielles d'abord, et qui deviennent ensuite de plus en plus profondes , à mesure qu’elles se prolongent vers le rachis.
a, Lapeau en est généralement assez mince, et présente des caractères particuliers dans chaque région spéciale.
b. La couche sous-cutanée, composée de lamelles nombreuses, renferme les ramifications des artères tégumenteuses, divers rameaux des artères et yeines lombaires , iliaques antérieures, intercostales, mammaires internes, etc., quelques filets nerveux et des vésicules graisseuses. Ses feuillets profonds constituent le fascia superficialis (1). J'ai dit plus haut que ce fascia n'est point particulier à l'abdomen et qu’on trouve une lame tout-à-fait semblable sous la peau des autres parties du corps. Sil revêt moins fréquemment le caractère fibreux et présente généralement moins d'épaisseur ailleurs, cela dépend uniquement de ce qu'ici le tissu cellulaire, plus abondant et répandu en nappe sur une large surface, est formé de lamelles souvent pressées les unes contre les autres par le changement continuel dans le volume du ventre. Tousles anatomistes savent, au surplus, que, chez les sujets jeunes ou les individus gras, cette lame est à peine distincte, même à l'abdomen comme aponévrose ; qu’elle est, au contraire , épaisse et très-facile à séparer chez les personnes maigres et dans l'âge de la décrépitude; enfin, qu’elle se continue avec le tissu cellulaire sous-cutané du thorax, du pourtour du bassin et des membres inférieurs. Ainsi, le fascia superfcialis n'est autre chose que le tissu cellulaire condensé, dont les lames, plus ou moins fortement appliquées les unes contre les autres, finissent par se présenter sous la forme d'une sorte d’aponévrose chez beaucoup de personnes. Sur l'abdomen, il semble naître de la ligne médiane où il est fixé par de nombreux filaments denses, serrés, peu extensibles , qui paraissent se séparer de l'aponévrose, pour s'attacher à la peau d’une part, et, de l’autre, pour se raréfier et former une simple toilecelluleuse sur les côtés. Sa régularité fait que les phlegmasies de sa face profonde sont presque toujours diffuses; que ses ecchymoses s'étalent avec une étonnante facilité; que les fluides qui s’y épanchent cherchent surtout à s'éloigner de la ligne médiane, à se porter en haut, en bas ou sur les côtés,
(1) Voyez Aponév., p. 11.