‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 63 sur 87 · PAROIS MOLLES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

PAROIS MOLLES EN GÉNÉRAL

à cause de sa laxité plus grande dans ces divers sens; enfin que tout ce que j'ai dit du tissu cellulaire sous-cutané en général s’y applique avec exactitude comme à un type principal.

ce. Muscles. Les deux pyramidaux, nés du pubis, se prolongent, au moyen d’un petit cordon , jusqu'auprès de l'ombilic. Les muscles droits descendant de la poitrine sur le pubis, renfermés dans une gaîne fibreuse très-forte, servent surtout à maintenir le thorax et le devant du bassin dans les rapports qui leur conviennent. Les costo-abdominaux se portent obliquement en bas et en dedans, des sept dernières côtes à la crêle iliaque. Les obliques internes remontent de la crèle iliaque et de la gouttière que présente l'arcade crurale aux bords cartilagineux des fausses côles. Enfin les lombo-abdominaux, venant du sommet des apophyses épineuses, de la base et du sommet des apophyses transverses des vertèbres lombaires, par trois feuillets fibrewx, se terminent sur le bord externe de l'aponévrose abdominale et sont attachés, en outre, à la face interne des cartilages de toutes les fausses côtes , où leurs digilations s'entre-croisent ayec celles du diaphragme. Il faut remarquer que les muscles obliques et transyerses forment trois couches régulièrement superposées, qu'ils ne sont séparés que par du tissu cellulaire lamelleux très-fin; que les fibres du plus superficiel se dirigent en bas et en dedans, landis que celles du moyen vont obliquement en arrière et en bas, et que la direction de l'interne est transversale; en sorte qu'ainsi entrecroisés, ils offrent une bien plus grande résistance que s'ils étaient parallèles.

d. L'apondvrose,très-forte ettrès-compliquée, reçoit ou donne parson bord externe les muscles larges précédemment indiqués. Le grand oblique lui fournit une première couche, dont les fibres principales suivent la direction de celles du muscle. Ce feuillet, qui tombe sur le ligament de Poupart, marche simple jusqu'au bord externe du muscle droit. Là, il s'unit avec une lame du petit oblique dont le fascia, d'abord simple aussi, se dédouble en arrivant à cet endroit, de sorte que son feuillet antérieur s'unit immédiatement à la face postérieure du précédent, et passe avec lui pardévant Je muscle sterno-pubien, pour se fixer sur la ligne médiane. La couche postérieure

du muscle petit oblique se confond aussitôt Lavec l'aponéyrose du transverse, qui est trèsforte ct glisse ainsi doublée derrièrele faisceau bcharnu, pour arriver également sur la ligne bblanche où elle rejoint la couche fibreuse anltérieure. Mais il convient de dire qu'une telle disposition n'existe pas dans toute la longueur de la paroï abdominale. En effet, l'aponévrose du transverse cesse d'être distincte dans son cinquième inférieur , derrière le muscle droit, | qui n’est alors séparé du péritoine que par la

couche celluleuse. Au total, l'épais fascia du ventre est formé de troïs couches, une pour chaque muscle. L'aponévrose moyenne, ou du petit oblique, se séparant en deux lames quise confondent avec celles du grand oblique en avant ct du transverse en arrière, il n’y a plus que deux feuillets pour envelopper le muscle droit, en dedans duquel ils se réunissent et se confondent de nouveau. C'est donc à la ligne blanche que toutesces lames viennentse rendre à moins qu’on n'aime mieux les en faire partir. Cette ligne forme, en conséquence, une sorte de corde, ou de tendon à fibres parallèles, qui s'étend de l'appendice ensiforme àla symphyse des pubis, et qui peut être considérée commeun centre auquel viennent aboutir tous les éléments fibreux du ventre. Se continuantsupérieurement avec les couches aponéyrotiques, entre lesquelles setrouve placé le sternum, elle se perd inférieurement dans le tissu fibreux qui existe au-dévant du bassin, et, par suite, dans les aponévroses de la cuisse. Comme destinée à continuer le squelelle, qu'elle remplace sur la ligne médiane, comprenant toute la portion fibreuse qui sépare les deux musclesdroits, au lieu de représenter un ruban distinct, la ligne blanche n'offre ni la même largeur ni la même épaisseur sur ses différents points. Quelque élastique et dure qu'on la suppose, elle ne revétjamais le caractère du tissu fbreux jaune auquel on la compare, si ce n’est dans les grands quadrupèdes, où le poids des viscères qu’elle supporterendail une telle modification presque indispensable. Plus ou moins fortement tendue entre ses deux principaux points d'insertion, elle sert à en borner l’écartement; en sorte que sa section lransyersale ne serait pas sans danger. Ses fibres, étant presque toutes parallèles à l'axe du corps, s'éraillent, s'écartent chez les personnes dont le ventre acquiert un grand volume, chez les ascitiques et les femmes’ enceintes, par exemple, et permettent quelquefois aux viscères de faire saillie au dehors, de former de véritables hernies, qu'on appelle éventralions quand elles sont trèsgrosses, qui ont pour caractère particulier de ne point s'étrangler, parceque la poche conserve en général la forme d'un entonnoir, et reste plus large à son ouverture que dans son fond. Dans les circonstances où l'abdomen acquiert ainsi un très-grand dévelôppement, la ligne blanche n'est pas la seule partie qui subisse des changements. Toutes les aponévroses s’amincissent aussi. Plusieurs petites ouvertures dont elles sont naturellement percées s’agrandissent, ct favorisent la formation des hernies. Les muscles droits s'éloignent l’un de l'autre, s’aplatissent, el entrainent en même temps l'artère épigastrique en dehors; ce qu'il importe de ne pas oublier quand on est obligé de pratiquer la paracentèse abdominale, par exemple. Le relâchement du ventre amène bien d'au- :

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