LE
TISSU CELLULAIRE
À. Couches ardolaires. Obligé de passer d’une maille à l'autre pour s'étendre, pour gagner au large, l'inflammation des couches superficiclles tend continuellement à se circonscrire, à se transformer en foyer phlegmoneux. La pression exercée par les cellules distendues les premières sur les cellules circonvoisines, en favorise généralement l'adhésion, et semble chercher sans cesse à renfermer laphlegmasie dans un cercle aussi étroit que possible. 11 en est de même pour le pus qui sy dépose de prime abord. Son infiltration est bientôt limitée par lés mêmes obstacles, et sa réunion en collection détendue variable se remarque bien plus souvent que son extension en nappes ou pa fusées, Les masses squirrheuses, colloïdes, tuberculeuses, les kystes de différentes sortesqu'on observe parfois sous la peau, ayant aussi quelques-unes deces cellules pour point de Mer il.est tout simple qu’elles restent long tes sans contracter d’adhérence avec les aponévyroses, qu'elles réagissent plutôt sur C peau, et qu'il soit généralement fascile de QE C'est en ne pénétrant que jusŒue-là que l'érysipèle ordinaire se borne souyent à pfoduirelle etits abcès , au lieu de se lransformer en érysipèle phleemoneux. Les plaies qui s'y arrêtent s'écartent beaucoup moins que A autres, sont pius faciles à rapprocher, à réunir, d'abord en ce que la couche dont il s'agit fait, en quelque sorte, partie du tégumentsdont elle ne peut que diflcilement être décollée” ensuite, et pour le même molif, ce que l'inflammation traumatique est plus aïsée à retenir autour de la blessure.
B. Couche lamellée. — Dans la couche profonde, les choses $e passent un peu différemment. Sa disposition lamellée fait que l'inflammation de l’un de ses points se propage sur les autres ayec une étonnante facilité. Plus rien ne l’arrête, en effet, et elle se comporte ici comme dans les toiles synoviales ou les membrancs séreuses. La densité des aponévroses d'un côté, la forme entricaillée du tissu sousculané proprement dit, de l'autre, l'oblige à glisser entre les deux , à revétir le caractère diffus. Aussi est-elle l'origine la plus commune de l'érysipèle phlegmoneux, et rarement le siége primitif du phlegmon lui-même. Ses inflammations ne se circonscrivent que par le travail d'adhésion qui parvient souvent à s’opérer entre ses lames aux confins du foyer morbide. Le pus qui s’y forme la décolle si facilement, qu'on doit tout faire pour lui donner issue le«plus promptement possible. Autrement il fuse, s'étend en lames, pressé qu'il est par les téguments et la réaction des muscles. De là l'efficacité surprenante des incisions multiples dans le phlegmon diffus et toutes les suppurations en nappe de la couche sous-cutanée, de là le danger d'abandonner de semblables maladies à elles-mêmes; tandis que