‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 75 sur 87 · TITRE I · texte numérisé non relu

TITRE I

Espèces de cônes irréguliers , les membres , portion essentiellement mobile du corps, forment, avec les sens, les organes principaux de la vie de relation. Généralement velus, leur peau a besoin d’être soigneusement rasée dès qu'ils sont le siége dela moindre plaie. Les rides transversales ou en demi-kune qu'on y observe, avoisinant en généralles articulations, servent de guide dans une foule d'opérations. Des sillons, des rainures, des dépressions sy remarquent aussi en grand nombre. Étant parallèles aux muscles ou aux vaisseaux et aux nerfs, ces derniers objets sont d'un grand secours dans les ligatures d artères, et indiquent la direction à donner aux incisions que peuvent réclamer les affections de la partie. 11 en est de même des reliefs soit osseux, soit charnus, soit fibreux. La couche sous-cutanée s'y présente partout avec les caractères indiqués en parlant du tissu cellulaire en général (p. 9). Aussi sont-ils très-sujets aux inflammations phlegmoneuses et aux inflammations diffuses. Les veines superficielles qu'ils renferment, volumineuses pour la plupart, très- apparentes à l'extérieur, sont presque les seules qu'on ouvre aujourd'hui dansla phlébotomie. Les aponévroses des membres sont les plus complètes et les plus compliquées de l'organisme. Les cloisons ou lames qui se détachent de leur face interne les transforment en autant d'étuis ou de gaînes secondaires qu'il existe de faisceaux charnus.

D'ailleurs, tout ce que j'ai dit des enveloppes fibreuses en général, s’y applique particulièrement ( p. 11). Il en est de même des muscles , des artères, des veines, des nerfs, des lymphatiques, ainsi que des os et des articles. Leur grande mobilité en explique les luxations. La raison des fractures dont ils sont si fréquemment le siége se trouve dans leurs rapports avec les agents extérieurs et dans la disposition de leur squelette. Enfin , les usages multiphiés auxquels ils sont destinés, et leur

‘contexture même, rendent compte des mala-

dies sans nombre qui s'y manifestent et de la quantité d'opérations qu'on y pratique. Se développant par une sorte de végétation, et commençant à poindre dès le quinzième jour de la conception, ils se prêtent à une infinité de vices de conformation, les uns par anomalie de développement, les autres par destruction, par maladie, etc. J'ai vu, avec M. Gasnault ; un fœtus, énorme du reste, dont les quatre membres n'avaient que quelques pouces de longueur, quoiqu'ils continssent tous les os de l'état ordinaire, Une petite femme , qui vint à l'hôpital de l'École en 1825, née dans le même élat, sy était maintenue, quoiqu'agée ‘de

trente ans. J'ai vu un fœtus dont les bras et les cuisses manquaïent , quoique les avant-bras et les jambes fussent bien conformés. On connaît toutes les nuances des pieds-bots., des difformités de naissance.

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