‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 101 sur 173 · FT RE OM D DR A EEE SAT · texte numérisé non relu

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1 Saviard, in-8e, p. 274, obs. 62.

2 Clinig., t. 3, p. 426.

3 Bibl. méd., 1828, t. à, p. 435.

h Arch. méd.,t. 15, p. 19.

5 Archiv., t. 15, bp. 450.

6 M. Lantenois, Thèse, etc.

7 Dict. of Surgery, art. Fract., t. 1° de la trad, franc.

8 Journ. univ. des Sciences médicales, 1819.

APPAREIL MUSCULAIRE, 67 se l'était donnée en soulevant le bras près d'une poulie, pour arrêter un seau plein d’eau qui était sur le point de retomber dans le puits. C'était une grosse et forte. paysanne, âgée de vingt-un ans, qui n’avait jamais été malade et qui jouissait encore de la plus brillante santé.

Pour que cet accident arrive, il faut toutefois que Ja Contraction porte à faux, que les muscles soient insérés sur los à une certaine distance de leur origine, et que leurs antagonistes n’agissent pas convenablement. Dans le cas contraire, la rupture porterait sur les tendons ou . sur les faisceaux charnus, et nen sur les os , comme on l’observe parfois au tendon d’Achille , au tendon du droit antérieur de la cuisse, entre autres. Les muscles psoas , le droit antérieur de l'abdomen, quelques faisceaux de la masse du sacro-lombaire et long dorsal, ne se déchirent non plus que, parce que la résistance du squelette l’emportant sur leur puissance, ils sont comme forcés de réagir contre leurs propres fibres. Quand ils enveloppent les os ou peuvent se plaquer contre eux, en se raccourcissant , cette force extrême des muscles est une ressource précieuse, qui fait que certaines fractures non consolidées du corps du fémur ‘ ou même de son coi?, n'empêchent pas absolument le malade de marcher. Étant à peu près parallèles à l’axe de l'os, ils lui servent d’attelles alors, et lui permettent de supporter le poids du corps, sans plier nécessairement.

1 Carron, These. Paris, 1830.

2 Pailloux, Diblioth. méd., 1828.

08 APPAREIR MUSCULAIRE.

Si les muscles n'étaient arrêtés par aucune adhérence après leur'section complète, on les verrait, cédant à la contractilité de tissu, remonter indéfiniment vers leur racine, Aussi est-il en général plus nuisible qu’utile d'en conserver au sein des lambeaux, dans les amputations de ja continuité des membres. Ils se relèvent tellement à la longue , une fois qu’on les a détachés ainsi, que, même à la suite des désarticulations, c'est presque toujours la peau qui finit par correspondre à l'extrémité de l'os. Cette contractilité fait encore que dans les amputations cireulaires, il vaut mieux conserver les téguments que la couche musculaire superficielle, et que leur couche adhérente seuleest de nature à remplir les vues du chirurgien; encore faudrait-il avoir soin de la détacher à la manière de B. Bell, après lavoir coupée transversalement". Les uns comme les autres, étant garnis d’une abondante quantité de tissu-cellulaire , représentent des masses spongieuses , d'autant pres disposées à l’inflammation , et à s‘imbiber de pus, qu’on en a plus conservé à l'extrémité du moignon. Taillés en lambeaux obliques , ou seulement par excavation conique, ils perdent leur fixité , restent mobiles à leur extrémité divisée, et rendent ainsi l’adhésion des bords dela plaie sensiblement moins facile; en sorte. que, moins il y a de muscles dans un moignon, plus leur coupe est rapprochée de la perpendiculaire ; moins il ya de risques de les voir s’enflammer et suppurer, plus il y a de chances pour La réunion immédiate,

Les plaies qui n’atteignent que la peau ne sont que très-

1 Velpeau, Méd. opérat., t. 1, p. 597.

APPAREIE MUSCULAIRE. 69 peu influences par l’action musculaire, x moins que ce ne soit près des articulations. Celles des muscles eux mêmes sont loin d’en recevoir partout les mêmes modilications. En long, la continuité de l'organe n’étant pas interrompue, les bords de la plaie s’écartent encore moins qu'aux téguments. En travers, elles s’agrandissent, ces plaies, et par la rétraction du muscle divisé et par le mouvement que produisent ses antagonistes. L'éloignement de leurs lèvres est ensuite, en raison de la longueur du muscle, de la facilité avec laquelle il glisse dans sa gaîne fibro-celluleuse, et du point où il a été tranché.

Cette faculté qu'ont les muscles de se retirer vers leurs extrémités, fait que les bandages unissants , qui suflisent toujours quand il ne. s’agit que des téguments, ne . sont presque d’aucun secours pour guérir les solutions de continuité plus profondes. En supposant que la suture eût rapproché les deux bouts d’un muséle , la.moindre contraction la détruirait aussitôt, d'autant mieux que, tirant parallèlement à leurs fibres, elle n’aurait pour ainsi dire qu'à les décoller. La mollesse, la sécabilitédes muscles, dans quelque sens qu’on les prenne, empêcheront toujours la suture de pouvoir leur être appliquée avec avantage, d’aucune manière , tandis qu’il n’est pas une partie de la peau qui ne puisse la supporter. La position du corps étant alors le principal moyen de coaptation que l’art possède, on voit aussitôt combien il importe de connaître exactement les altäches, la direction et le trajet de l'organe blessé ; mais comme le rapprochement des deux extrémités du muscie ne remédie qu'à l’action contractile du moment, sans mettre à l'abri des effets cônsécutifs de sa tonicité, l'utilité

d’une compression modérée sur toute la longueur du membre ne peut pas être contestée en pareil cas non plus que dans le traitement des fractures.

Les seuls muscles qui adhèrent à la peau, entraînant cétte membrane avec eux, permettent l'emploi de toutes les espèces de sutures, et ne produisent point d’écartement inégal. Les autres, ceux qui, libres dans les enveloppes fibreuses, cèdent sans obstacle à leur rétractilité, amènent au contraire un écartement que ne partagent point les autres tissus. De là des plaies dont le fond est plus large que l’entrée, dont on ne peut fermer que l'extérieur, et qu'il est souvent dangereux, par cette raison, de vouloir réunir immédiatement. Le besoin-qu’ont les muscles d’agir en hberté et indépendamment les uns des autres, fait que le tissu inodulaire ou fibro-celluleux, qui finit par en confondre les portions rompues ou incisées, cause parfois des difformités irrémédiables. Les adhérences qu'ils contractent alors ; soit eniré eux, soit avec les aponévroses, soit même avec les os, en rendent le glissement impossibleet détruisent ainsi une partie de leurs fonctions. Aussi rien n'est-il commun après les plaies profondes des membres, où par suite d’abeès qui avaient leur siége entre les | diverses couches musculaires et qu’on a cru devoir ou- | vrir, comme de voir la plupart des mouvements de la ! partie empéchés et de fausses positions s'établir à jamais | dans quelques-unes des articulations voisines. Un jeune | homme de la campagne m’en a donné une triste preuve | à la Pitié, en 1832. Une vaste suppuration avait forcé le | chirurgien de son pays de lui traverser l'épaisseur du mollet d'un coup de bistouri et de pratiquer là une large

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