LOS
APPAREIL MUSCULAIRE. qu plaie. Il en est résulté une telle rétraction du tendon d’Achille, que maintenant le pauvre garçon ne peut plus toucher le sol que de la pointe du pied.
Le rôle de la contraction musculaire est plus remar-
uable encore dans Les luxations que partout ailleurs. Elie
a. produit quelquefois seule, comme on le voit à la màchoire inférieure et à l’humérus ; mais le plus souvent, c'est en venant au secours de l’action des agentsextérieurs qu’elle les cause. Disposés autour des articulations de manière à en opérer, sans danger, les divers mouvements, les muscles ne favorisent les luxations qu’accidentellement. Pour cela, il faut que ceux qui devaient ramener le membre à sa position naturelle rencontrent au moment de leur action une résistance inattendue, comme après l'élévation du bras, par exemple, lorsque le coude se trouve arrêté au moment où les muscles pectoraux et le grand dorsal se contractent brusquement pour ramener l’humérus contre la poitrine. Gomme les cavités articulaires opposent un point d’arrêt aux rétractions musculaires, ilest tout simple qu'une fois la luxation opérée, l'extrémité de l'os soit entraînée vers la racine des muscles les plus forts, comme on le voit à la tête de l’humérus et du fémur, qui remortent els’enfoncent consécutivement vers le tronc dans les luxations internes de l’un et externes de l’autre.
La tonicité a tant de puissance dans les muscles autour de beaucoup d’articles , que les surfaces osseuses, naturellement en contact, s’écartent parfois de plusieurs pouces, au point de laisser le membre pendant et susceptible de se luxer au moindre effort, quand il y a paralysie, que, pour réduire les os à leur place, on est obligé de mettre tout en
œuvre dans le but de l’anéantir momentanément. C’est ainsi que l'ivresse, une forte dose d’opium ou d’émétique, une saignée et la syncope, LÀ peur, une puissante distraction deviennent une ressource importante quandil s’agit de réduire une luxation de quelque grande articulation. Enfin, c’est encore la contractilité de tissu et l’élasticité qui font qu’en rentrant dans leur cavité, les têtes osseuses produisent ordinairement le bruit caractéristique que tout le monde connaît, et qu’il est souvent si difficile de changer la direction du membre luxé, de le mouvoir dans un sens
ou dans l’autre.
ART. Il. — Annexes des muscles.
$ 1. — T'endons.
Dépourvus de vaisseaux appréciables et de nerfs, les tendons ne vivent en quelque sorte que par les tissus qui les entourent. Aussi l’inflammation et la suppuration de leur surface en causent-elles assez souvent la mortificatiæ, qu’ils aient subi ou non le contact de Fair. On conçoit par la même raison que, dans les pläies, ils aient peu de tendance à se réunir, et que certains auteurs aient pu donner le conseil d'éviter les points du corps qui en sont abondamment pourvus, quand on est forté de pratiquer une aimputation. Ce conseil , toutefois, né mérite pas l'extension que lui accordent beaucoup de personnes. La matière glutineuse qui s'échappe des tendons dans les vmgt-quatre premières heures qui suivent leur section est aussi propre que celle de-tout autre tissu à la réunion immédiate, et leur
permet dese coller très-vite à la surface interne des tégu-
ments. Ge n'est que lorsqu'il faut attendre ka suppuration et le développgment des bourgeons celluleux, que les teudons entravert réellement la guérison des plaies.
Le feutrage et la nature même de leurs fibres font des tendons un des éléments les plus résistants de l’économie, à tel point que leur rupture pend ant la vie, encore contestée par quelques auteurs, est au moins très-rare. Quand elle a lieu, enfin, leur défaut de contractilité explique pourquoi la plaie ne s’écarte pas autant que celle des muscles. On ne doit pas oublier en outre que cet écartement, tout entier sous l'influence des muscles dont ils forment la corde , est quelquefois empêché ou plus ou moins borné par les adhérences naturelles du tendon lui-même.
Si la rupture et les plaies des tendons sont si longues à guérir, c’est que, à moins d’une coaptation immédiate, elles passent par presque toutes les phases de la cicatrisation des os, soit que les lèvres de la blessure se vascularisent, soit qu'il se développe entre elles une substance fibro-celluleuse comme entre les bouts d’un muscle. L’extrême lenteur de leur travail de cicatrisation dépend en outre de ce que le tissu cellulaire du pourtour n’est ni assez abondant, ni assez intimement uni à leur surface, ni doué d'une assez grande vitalité pour compenser l’état d'inertie presque complète de leur substance propre. Cette absence de vitalité permet à son tour de les couper, de les blesser, Sans causer de douleurs manifestes, sans déterminer de réaction sensible, et d’en pratiquer la suture avec une entière sécurité. Seul moyen d'en affronter les bouts, la suture , que les chirurgiens du dernier siècle en ont proscrie, ne mérite point l'abandon où elle est tombée. Les
prétendus dangers qu’elle devait faire naître, en pareil |
cas, sont purement imaginaires. Traversant un tissu solide et peu irritable, elle réunit avec toute la force désirable les parties divisées. Dès que le contact est parfait , l'agglutmation de la plaie tendineuse se fait en général trèsbien. La crainte de voir l’'inflammation diffuse s'emparer de leur surface, pourrait seule arrêter.
$ 2. — Gaïnes et toiles synoviales.
La nécessité où se trouvent les tendons de transmettre
l’action des muscles à d'assez grandes distances exigeait
que des brides, ou de véritables coulisses fibreuses, vinssent en prévenir la déviation. La mobilité dont ils jouissent, les glissements auxquels ils sont obligés expliquent la présence des toiles ou des surfaces synoviales autour d’eux. Dans les gaînes et les coulisses , à l'extérieur même des tendons, on ne voit que des surfaces séreuses ; c’està-dire qu'il n’y a point de membranes distinctes sous Îles
brides, ni à la face interne des ligaments. Dans les espaces,
que laissent entre eux les tendons, au contraire, le tissu synovial se présente sous la forme de toiles, tantôt trèsfines comme aux mains, tantôt d’une certaine épaisseur comme au poignet. La disposition membraneuse du tissu synovial et son poli font que les phlegmasies qui l'envahis sent, presque toujoursdiffuses, s'étendent avec une rapidité extrême. Le danger de ses lésions traumatiques tient surs tout à ce qu’elles sont promptement suivies de suppurar tion, et à ce que dans les canaux et les arcades il en résulte souvent un étranglement des plus douloureux:
meet tn mm mme”
APPAREIL MUSCULAIRE. F à
Comme, d'un autre côté, la surface synoviale est ordinairement commune à plusieurs tendons, une fois qu’elle s ‘enflamme sur un point, il est à peu près certain que le mal va bientôt gagner les ‘autres. C’est là, comme nous le verrons, ce qui rend les amputations du pied et de la main si redoutables. ;
Offrant tous les caractères des membranes séreuses, le ‘ussu synovial tendineux se comporte aussi comme elles , dès qu'une phlegmasie s’en est emparée. Des adhérences sont donc la suite ordinaire de ses inflammations ; et, comme la mobilité est indispensable à ses fonctions, on doit craindre alors qu'il ne la perde plus ou moins complttement.
$ 3.— Bourses synoviales.
. Une dernière nuance du tissu synovial se rencontre sous forme de-bourse.ou de sac sans ouverture entre la face profonde de certains muscles et celle des 6s, entre le deltoïde et l’articulation scapulo-humérale, entre le tendon du biceps et la saillie du radius, l'iliaque et le corps du pubis, le grand fessier et le grand trochanter, le tendon d'Achille et le calcanéum, entre le ligamentde la rotule et le devant du tibia, par exemple,
Ces poches, qui ne diffèrent des bourses muqueuses souscutanées que par leurs rapports, sont exposées comme elles à mille frottements qui, avec le fluide onctueux qu’elles exalent dans l’état normal, donnent même, je crois,
l'explication des diverses formes de maladies qu'on y remarque assez souvent. Qu'il s’y fasse en effet un épan- chement de sang, et il arrivera l’une de ces quatre choses :
1° Délayé par l'humeur synoviale, le fluide sanguin disparaît graduellement sous l'influence de l'absorption ; 3° La matière colorante du sang est peu à peu résorbée, mais sa portion concressible reste mêlée à la synevie et se divise en grumeaux de volume variable, qui se durcis-
sent en se régularisant de plus en plus pour former ce
qu’on a désigné dans ces derniers temps sous le nem de grains cartilagineux des bourses muqueuses ;
3° La masse sanguine se dénature, irrite les parties, et finit par causer un abcès ;
4° La quantité de sang coagulé laisse un caillot qui, remplissant toute la poche, ne se décompose qu'en partie, et se transforme en une espèce de loupe.
Les toiles synoviales libres sont sujettes elles-mêmes à
ces altérations , ainsi que le prouve celle du poignet, mais
ce n’est que par exception et quand elles occupent un | grand espace. La continuité de celles:ci avec les syno- |
viales voisines, fait qu’en pareil cas F incision de la tumeur peut entraîner de graves dangers. Les autres, étant au contraire exactement circonscrites et parfaitement indépendantes, permettent d’en faire l'ouverture sans crainte.
La même disposition anatomique fait que la transformation
de ces membranes en kystes séreux, se traite avec avantage par la ponction et l’injection dans les secondes, tandis que la même médication, appliquée aux premières, pourrait avoir les conséquences les plus sérieuses.